Une pensée sur Exode 40 et Actes 2

(Traduit de l’anglais)
J.G. Bellett

[Courtes méditations 17]

Le tabernacle est dressé en Exode 40, la maison de Dieu de l’Ancien Testament. L’Éternel y entre, et l’adopte. La nuée demeure dessus, et la gloire y entre.

Il en est ainsi, quoique sous une autre forme, dans la maison du Nouveau Testament en Actes 2. Le Saint Esprit, comme un souffle violent et impétueux, y entre, et des langues divisées comme de feu reposent dessus. C’est le Seigneur (quoique je le dise encore une fois, sous une forme différente) qui adopte cette dernière maison, comme Il avait adopté la première. La maison était maintenant une maison vivante, et le Seigneur y entre personnellement, apportant avec Lui Ses dons, symbolisés par les langues de feu divisées. La maison autrefois avait été une maison matérielle, et ainsi seulement une maison d’ombre, et l’Éternel y était entré comme la gloire, l’expression ou l’éclat de la présence divine.

Nous avons toutefois, en lien avec ces choses qui sont apparentées dans les deux maisons, à remarquer un contraste important.

Aussitôt que l’Éternel se fut assis dans la maison de l’Ancien Testament, Il parle — comme nous le voyons dans les premiers chapitres du Lévitique, qui suivent immédiatement Exode 40. Mais Il parle comme Celui qui était assis là pour être adoré ou pour être approché. Si Son peuple Le saisissait dans une certaine mesure de Sa valeur divine, ils pouvaient en conséquence Lui apporter un holocauste ou un sacrifice de prospérités. S’ils trouvaient leur conscience souillée en raison d’une transgression ou d’un manquement, Il était là pour recevoir un sacrifice pour le péché ou pour le délit, afin que la brèche soit réparée, et que la propitiation ou la réconciliation soient accomplies. Il annonce donc les offrandes et les sacrifices, et donne les lois les concernant de façon détaillée et claire, aussitôt qu’Il a pris Sa place dans le tabernacle. Il en est ainsi.

De la maison du Nouveau Testament, l’Esprit parle, de la même manière, aussitôt qu’Il y est entré. Par les vases qu’Il a maintenant remplis, Il parle — comme l’Éternel Dieu, autrefois, avait parlé depuis le tabernacle de la congrégation (Lév. 1, 1). Mais ici se trouve le contraste. Il parle des « œuvres merveilleuses de Dieu ». Ce n’est pas à nouveau ce que l’homme devait faire, soit comme adorateur, soit comme confessant ; comme quand l’Éternel avait parlé depuis la première maison ; mais de ce que Dieu a déjà fait en faveur de l’homme. Les paroles de Pierre en sont un exemple — et elles répètent les merveilleuses œuvres de Dieu en Christ ; comment Il L’a approuvé durant les jours de Sa chair — comment, par Son conseil, Il a été livré à la mort — comment Il L’a alors ressuscité d’entre les morts, L’a exalté à Sa droite dans le ciel, et L’a fait et Seigneur et Christ.

Ce sont, parmi « les œuvres merveilleuses de Dieu » que l’Esprit, par l’intermédiaire de Ses vases, répétait, les œuvres de Dieu en grâce envers les pécheurs ; comme le ministère, la mort, la résurrection et la gloire du Sauveur des hommes. C’est ce que le Seigneur du temple faisait maintenant. Il ne parlait pas de ce que soit des adorateurs reconnaissants, soit des saints convaincus de péché devaient faire, mais de ce que Lui, le Dieu de salut, avait déjà fait. Il est certainement très opportun que le Bien-aimé soit adoré et satisfait — servi par nos sacrifices de louange, et recherché par nos confessions et nos humiliations. Pendant les âges éternels de gloire, ce sera le service reconnaissant aussi bien que convenable de Ses créatures rachetées, que de L’adorer. Mais cependant, si c’est une bonne chose, il y a une chose encore plus excellente avec Dieu. Dans la rédemption, Il brille comme avec une gloire plus complète que dans la création — et comme Il l’a dit Lui-même : « Il est plus heureux de donner que de recevoir ». Ainsi, c’est une chose plus élevée, une chose du Nouveau Testament, en contraste avec ce qui était de l’Ancien, que de Le trouver prêchant ou publiant Ses œuvres de grâce pour nous, plutôt que déclarant Ses droits et Ses exigences envers nous et de notre part. — Assurément, je le dirai encore, il en est ainsi.

La foi aussi, ajouterais-je, a son bon chemin, et son chemin plus excellent. Je vais illustrer ce que je veux dire.

Il y a une disposition, en certains d’entre nous, à conserver le Seigneur devant nous comme Celui qui a été rejeté et chassé ici-bas, et qui est, durant cette dispensation, un étranger céleste, accepté en haut comme Celui rejeté de la terre, un martyr par la main de l’homme. Tout cela est assurément vrai ; et il est bon et salutaire pour l’âme d’en avoir le sentiment. Mais si cela devient exclusif ou même prédominant, cela tendra au légalisme et à un esprit de servitude et de crainte. Si le Seigneur est vu sous cet aspect de façon excessive, cela tendra à produire bien des exercices d’accusation et de condamnation de soi dans l’âme ; car nous devons sûrement trouver combien peu dignement nous vivons, en communion pratique avec ce Christ de Dieu rejeté.

Nous devons, plutôt, chérir une disposition ou une tendance dans nos âmes à Le connaître dans la grâce qu’Il nous apporte, dans l’amour qu’Il a déclaré avoir pour nous, dans la sécurité éternelle que Son sang donne à notre condition, et dans la sûre et brillante bénédiction qu’Il nous prépare. Si l’autre peut être le bon chemin de la foi, celui-ci est le chemin plus excellent. Comme Il s’était révélé autrefois, comme nous l’avons vu ci-dessus, d’une bonne manière, et puis d’une manière plus excellente, tout d’abord dans la maison de l’Ancien Testament, puis dans celle du Nouveau ; ainsi, la foi doit s’exercer envers Lui dans des voies bonnes et plus excellentes, de la même manière.

Dans le cours du raisonnement divin de l’épître aux Hébreux, nous sommes enseignés à voir le Seigneur dans les cieux, dans ces deux attitudes ou caractères. Car Il est révélé y être, comme « attendant que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds », ayant été chassé ici-bas ; et comme « celui qui a fait la purification des péchés », l’ami des pécheurs accepté et glorifié, pour qui seule la place la plus élevée dans les cieux convient.

Nous pouvons Le contempler dans les deux, j’en suis convaincu — mais plutôt dans ces derniers attitude et caractère — car c’est le « chemin plus excellent » de la foi — le chemin, aussi, j’oserais ajouter, qui est Lui est le plus agréable. Voyez-en les preuves dans le Cantique des cantiques.

Dans ce petit livre, les exercices de l’âme ne caractérisent pas quelqu’un qui lutte pour être un imitateur ou un suiveur de Christ dans Sa position de martyr au milieu des hommes, mais de quelqu’un qui connaît Son amour, et qui désire le connaître mieux, honteux de L’honorer si pauvrement. Christ est là plutôt un objet qu’un exemple. L’âme est occupée de faire des découvertes à Son sujet, et à croître dans la jouissance de Lui — et Lui est occupé à procurer ces découvertes, et à encourager ces jouissances. Et Il le fait dans une grâce surprenante ; nous disant qu’Il fait des découvertes semblables de Ses saints, et éprouvant des jouissances semblables en réponse de leur part.