Chapitre premier

J’ai réservé Matthieu pour la fin, parce que je vais m’en occuper avec plus de détails. Il nous présente Emmanuel, le Messie, objet des promesses et des prophéties, l’Éternel au milieu d’Israël, Sauveur de Son peuple, mais rejeté comme aux chapitres 49 et 50 d’Ésaïe[1], et Sa présence sur la terre remplacée par le royaume en mystère (chap. 13) ; par l’Église (chap. 16) ; le royaume en gloire (chap. 17). Cependant, tout en insinuant la substitution de l’Église et du royaume, le principal sujet est toujours le Seigneur dans Ses relations avec Son peuple terrestre ; Sa rencontre avec Ses disciples après Sa résurrection a lieu en Galilée ; ils sont envoyés aux nations et il n’y a pas d’ascension. Voilà l’idée générale. Ainsi donc Matthieu commence tout naturellement avec la semence d’Abraham et avec la semence de David. Jésus est envisagé comme l’héritier des promesses, comme le fils de David. On se trouve dans l’atmosphère des pensées et des espérances d’Israël, mais des pensées et des espérances d’Israël selon Dieu. La généalogie est tracée selon la ligne de Joseph, duquel le Messie héritait la royauté selon la loi. Cependant Sa naissance de Marie quant au fait, présente des faits évidemment encore plus importants, comme tenant à Sa personne en tant que manifestée sur la terre. Sauf pour attirer l’attention de nos lecteurs sur eux, ces faits, tout importants qu’ils soient, sont si bien connus et si simplement narrés, que je n’ai guère besoin de m’étendre là-dessus ; Sa nature humaine, sans tache ni souillure, conçue dans le sein de la vierge par la puissance du Saint Esprit, est une chose parfaitement sainte ; aussi est-Il, selon la chair, né de Dieu, tout en étant la semence de la femme, vrai homme dans ce monde. Et non seulement cela, mais Il doit être nommé Jésus (soit Joshua ou Ja-hoshea), Jéhovah-Sauveur ; car Il devait sauver Son peuple de leurs péchés. Lui était l’Éternel ; le peuple était Son peuple. Ainsi nous avons un homme sans péché et l’Éternel manifesté en chair : fait qui est une preuve de grâce infinie et auquel rien ne ressemble ; fait qui reste unique dans les fastes de l’homme, comme dans les conseils de Dieu. Il est vrai que la rédemption était nécessaire, savoir Sa mort, pour que ce fait fût valable pour les hommes et que les conseils de Dieu fussent accomplis ; mais tout dépendait de ce que Dieu est devenu homme, de ce que la Parole a été faite chair.

Jamais ailleurs il n’y a eu un homme ayant parfaitement connaissance du bien et du mal sans péché ; jamais la perfection divine, Dieu Lui-même manifesté en chair, ce qui restera éternellement vrai et sans quoi la rédemption elle-même n’aurait pas pu être accomplie. Nous trouverons dans toute Sa vie l’obéissance parfaite de l’homme — la manifestation parfaite de Dieu. Aussi est-Il reconnu comme l’accomplissement de la prophétie du chapitre 7 d’Ésaïe : « Emmanuel, Dieu avec nous ! » et Joseph Lui donne le nom qui Lui avait été assigné par l’ange, le nom de Jésus (1, 23, 25). Il a pris ainsi, selon le témoignage de Dieu, Sa place au milieu de Son peuple. Mais les nations devaient espérer dans le rejeton d’Isaï, et les mages arrivent de l’Orient pour rendre hommage à Celui qui est né roi des Juifs.