Année 3, 18 mai

Ésaïe 28, 1-22

* Malheur à la couronne d’orgueil des ivrognes d’Éphraïm, et à la fleur flétrie de son bel ornement, qui est sur le sommet de la riche vallée de ceux qui sont vaincus par le vin ! Voici, le Seigneur a un [instrument] fort et puissant, comme un orage de grêle, un tourbillon de destruction : comme un orage de puissantes eaux qui débordent, il renversera par terre avec force. La couronne d’orgueil des ivrognes d’Éphraïm sera foulée aux pieds, et la fleur flétrie de son bel ornement qui est sur le sommet de la riche vallée sera comme un fruit précoce avant l’été : dès que celui qui l’aperçoit l’a vu, à peine il est dans sa main, il l’avale.

En ce jour-là l’Éternel des armées sera pour couronne de beauté et pour diadème d’ornement au résidu de son peuple, et pour esprit de jugement à celui qui est assis pour juger, et pour force à ceux qui refoulent la guerre jusqu’à la porte.

Mais ceux-ci aussi ont erré par le vin et se sont égarés par la boisson forte. Le sacrificateur et le prophète ont erré par la boisson forte, ils sont dévorés par le vin, ils se sont égarés par la boisson forte ; ils ont erré dans [leur] vision, ils ont bronché dans le jugement. Car toutes les tables sont pleines de sales vomissements, de sorte qu’il n’y a plus de place. À qui enseignera-t-il la connaissance ? et à qui fera-t-il comprendre ce qui est annoncé ? À ceux qui sont sevrés du lait, arrachés aux mamelles. Car commandement sur commandement, commandement sur commandement ; ligne sur ligne, ligne sur ligne ; ici un peu, là un peu… Car par des lèvres bégayantes et par une langue étrangère il parlera à ce peuple, auquel il avait dit : C’est ici le repos, faites reposer celui qui est las ; et c’est ici ce qui rafraîchit. Mais ils n’ont pas voulu entendre. Et la parole de l’Éternel leur a été commandement sur commandement, commandement sur commandement ; ligne sur ligne, ligne sur ligne ; ici un peu, là un peu ; afin qu’ils marchent, et qu’ils tombent en arrière, et qu’ils soient brisés, et enlacés, et pris.

C’est pourquoi, écoutez la parole de l’Éternel, hommes moqueurs, qui gouvernez ce peuple qui est à Jérusalem. Car vous avez dit : Nous avons fait une alliance avec la mort, et nous avons fait un pacte avec le shéol : si le fléau qui inonde passe, il n’arrivera pas jusqu’à nous ; car nous avons fait du mensonge notre abri, et nous nous sommes cachés sous la fausseté. C’est pourquoi ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Voici, je pose comme fondement, en Sion, une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse [pierre] de coin, un sûr fondement : celui qui se fie [à elle] ne se hâtera pas. Et j’ai mis le jugement pour cordeau, et la justice pour plomb, et la grêle balayera l’abri de mensonge, et les eaux inonderont la retraite cachée ; et votre alliance avec la mort sera abolie, et votre pacte avec le shéol ne subsistera pas. Lorsque le fléau qui inonde passera, vous serez foulés par lui ; dès qu’il passera, il vous prendra ; car matin après matin il passera, de jour et de nuit, et ce ne sera qu’effroi d’en entendre la rumeur ; car le lit est trop court pour qu’on s’y allonge, et la couverture trop étroite quand on s’en enveloppe. Car l’Éternel se lèvera comme en la montagne de Peratsim, il sera ému de colère comme dans la vallée de Gabaon, pour faire son œuvre, son œuvre étrange, et pour accomplir son travail, son travail inaccoutumé. Et maintenant ne soyez pas des moqueurs, de peur que vos liens ne soient renforcés ; car j’ai entendu du Seigneur, l’Éternel des armées, [qu’il y a] une consomption, et une [consomption] décrétée, sur toute la terre.


Une troisième subdivision du livre commence avec ce chapitre 28. Elle revient en arrière, pour détailler l’envahissement d’Éphraïm (les dix tribus), puis de Juda, par le redoutable Assyrien prophétique. L’orgueil agira comme l’ivresse, pour égarer le malheureux peuple juif. Il croira se protéger efficacement en faisant alliance avec la mort (c’est-à-dire avec le chef de l’empire romain). Mais cela même sera sa perte. Tel un cyclone, l’Assyrien ravagera Jérusalem. L’Éternel se servira de ce « fléau qui inonde » pour accomplir « son œuvre étrange… son travail inaccoutumé » : le jugement. Car son œuvre accoutumée, c’est de sauver et de bénir (Jean 3, 17). — Mais l’effondrement de toutes les valeurs et de tous les points d’appui humains est l’occasion, pour Dieu, de révéler le sûr fondement qu’Il a posé en Sion. Avec quel amour Il le considère, s’arrêtant avec satisfaction sur chaque expression : « une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse pierre de coin, un sûr fondement ». Oui, cette pierre, figure de Christ, « rejetée par les hommes », est « précieuse auprès de Dieu », et elle a aussi du prix pour nous qui croyons (lire 1 Pier. 2, 4, 6, 7). Pour chacun, le Seigneur Jésus devient, littéralement, la pierre de touche. Est-Il ou non précieux pour notre cœur ?