Année 3, 7 juin

Ésaïe 46, 1-13

Bel s’est affaissé, Nebo se courbe ; leurs idoles ont été [mises] sur les animaux et sur le bétail : celles que vous portiez sont chargées, — un fardeau pour la [bête] lassée ! Ils se sont courbés, ils se sont affaissés ensemble ; ils n’ont pas pu sauver leur fardeau : eux-mêmes sont allés en captivité.

Écoutez-moi, maison de Jacob, et vous, tout le résidu de la maison d’Israël, vous qui avez été chargés dès le ventre, [et] qui avez été portés dès la matrice : Jusqu’à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu’aux cheveux blancs, je vous porterai. Moi, je l’ai fait ; moi, je porterai, et moi, je chargerai sur moi, et je délivrerai. À qui me comparerez-vous et m’égalerez-vous ou m’assimilerez-vous, pour que nous soyons semblables ? — Ils prodiguent l’or de la bourse, et pèsent l’argent à la balance ; ils louent un orfèvre pour qu’il en fasse un *dieu : ils se prosternent, oui, ils l’adorent ; ils le chargent sur l’épaule, ils le portent, et le posent à sa place ; et il se tient debout, il ne quitte pas sa place ; on crie bien à lui, mais il ne répond pas, il ne les sauve pas de leur détresse. Souvenez-vous de cela, et montrez-vous hommes ; rappelez-le à votre esprit, transgresseurs. Souvenez-vous des premières choses de jadis. Car moi, je suis *Dieu, et il n’y en a pas d’autre ; [je suis] Dieu, et il n’y en a point comme moi, déclarant dès le commencement ce qui sera à la fin, et d’ancienneté ce qui n’a pas été fait, disant : Mon conseil s’accomplira, et je ferai tout mon bon plaisir, appelant du levant un oiseau de proie, d’un pays lointain l’homme de mon conseil. Oui, je l’ai dit, et je ferai que cela arrivera ; je me le suis proposé, et je l’effectuerai.

Écoutez-moi, vous au cœur dur, qui êtes éloignés de la justice ! J’ai fait approcher ma justice ; elle ne sera pas éloignée, et mon salut ne tardera pas ; et je mets en Sion le salut, [et] sur Israël ma gloire.


Le prophète poursuit sa comparaison par un nouveau tableau saisissant. D’un côté, de vaines idoles, qui sont de pesants fardeaux pour ceux qui s’en chargent ! De l’autre, un Dieu puissant et fidèle, qui s’est au contraire Lui-même chargé de Son peuple, du début à la fin de son histoire (v. 3 ; Deut. 1, 31 et 32, 11, 12). À cette position privilégiée, Israël a préféré le service ingrat de faux dieux impuissants et ridicules (v. 6, 7). Mais ces derniers l’ont fait lourdement trébucher, l’écrasant sous leur poids, et ils vont être finalement la cause de sa captivité. Moralement, il en est toujours ainsi. Les idoles les plus nobles selon le monde (celles-ci sont en or et en argent, alors que celles du chapitre 44 n’étaient qu’en bois), conduisent infailliblement ceux qui les servent à leur ruine finale. Et combien est grand le pouvoir qu’exerce l’or sur le cœur humain. Mais, en contraste, que nous propose le Seigneur ? Nous confier en Lui dès notre jeunesse ; continuer à nous reposer sur Lui d’année en année, tout au long de notre vie ; enfin, si nous devons parvenir à l’âge où les forces déclinent, jouir encore de cette belle promesse : « Jusqu’à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu’aux cheveux blancs, je vous porterai » (v. 4).