Année 4, 9 février

Psaume 74

Pour instruire. D’Asaph.

Pourquoi, ô Dieu, [nous] as-tu rejetés pour toujours, [et] ta colère fume-t-elle contre le troupeau de ta pâture ?

Souviens-toi de ton assemblée, que tu as acquise autrefois, que tu as rachetée pour être la portion de ton héritage, — de la montagne de Sion, où tu as habité.

Élève tes pas vers les ruines perpétuelles ; l’ennemi a tout saccagé dans le lieu saint.

Tes adversaires rugissent au milieu des lieux assignés pour ton service ; ils ont mis leurs signes pour signes.

Un homme se faisait connaître quand il élevait la hache dans l’épaisseur de la forêt ;

Et maintenant, avec des cognées et des marteaux, ils brisent ses sculptures toutes ensemble.

Ils ont mis le feu à ton sanctuaire, ils ont profané par terre la demeure de ton nom ;

Ils ont dit en leur cœur : Détruisons-les tous ensemble. Ils ont brûlé tous les lieux assignés [pour le service] de *Dieu dans le pays.

Nous ne voyons plus nos signes ; il n’y a plus de prophète, et il n’y a personne avec nous qui sache jusques à quand.

Jusques à quand, ô Dieu ! l’adversaire dira-t-il des outrages ? L’ennemi méprisera-t-il ton nom à jamais ?

Pourquoi détournes-tu ta main, et ta droite ? [Tire-la] de ton sein : détruis !

* Et Dieu est d’ancienneté mon roi, opérant des délivrances au milieu de la terre.

Tu as fendu la mer par ta puissance, tu as brisé les têtes des monstres sur les eaux ;

Tu as écrasé les têtes du léviathan, tu l’as donné pour pâture au peuple, — aux bêtes du désert.

Tu as fait sortir la source et le torrent ; tu as séché les grosses rivières.

À toi est le jour, à toi aussi la nuit ; toi tu as établi la lune et le soleil.

Tu as posé toutes les bornes de la terre ; l’été et l’hiver, c’est toi qui les as formés.

* Souviens-toi de ceci, que l’ennemi a outragé l’Éternel ! et qu’un peuple insensé a méprisé ton nom.

Ne livre pas à la bête sauvage l’âme de la tourterelle ; n’oublie pas à jamais la troupe de tes affligés.

Regarde à l’alliance ! Car les lieux ténébreux de la terre sont pleins d’habitations de violence.

Que l’opprimé ne s’en retourne pas confus ; que l’affligé et le pauvre louent ton nom.

* Lève-toi, ô Dieu ! plaide ta cause, souviens-toi des outrages que te fait tous les jours l’insensé.

N’oublie pas la voix de tes adversaires : le tumulte de ceux qui s’élèvent contre toi monte continuellement.


Le « pourquoi » qui commence le psaume, ressemble à la grande question sur laquelle s’ouvre le psaume 22. Mais le rejet — pour un temps — d’Israël a une raison, que ce peuple finira par comprendre : ce sont ses propres péchés (Zach. 12, 10), alors que l’abandon de Christ a eu pour cause nos iniquités. Dans ce troisième livre des Psaumes, il ne s’agit plus seulement du résidu de Juda, mais aussi des fidèles des douze tribus. Contre celles-ci aussi fumera la colère, qui toutefois ne sera pas « pour toujours » (v. 1 ; Ps. 30, 5). Ces pauvres croyants considèrent les ruines du sanctuaire, la cessation du culte public… et mesurent la puissance des adversaires. Ils n’ont aucun signe de la part de Dieu pour les encourager ; au contraire, ils comprennent que c’est Lui qui a permis une telle désolation. Mais ils se confient dans le « Dieu d’ancienneté », et rappellent tout ce qu’Il a accompli autrefois pour délivrer Son peuple. « Souviens-toi », répètent-ils (v. 2, 18, 22). Ils savent qu’ils sont Ses rachetés et que, par conséquent, l’ennemi, quand il s’est attaqué à Israël et à son culte, a en réalité méprisé et outragé Dieu Lui-même (v. 10, 18). C’est Lui que cette affaire concerne ; Il ne manquera pas de plaider Sa propre cause (v. 22).