En étant témoins de la grâce, de l’amour et de la puissance du Seigneur Jésus qui soulageait les hommes de leurs misères, les disciples voyaient en fait quelque chose de la félicité du royaume de Dieu. Mais ils le voyaient dans des circonstances de faiblesse, car le Roi était au milieu d’eux comme un homme pauvre, méprisé et rejeté, n’ayant pas où reposer Sa tête. Pour soutenir leur foi et la nôtre, alors que nous suivons un Christ rejeté dans Son humble chemin de souffrances et d’opprobre, le Seigneur fait passer devant nous une vision de la gloire à venir. Il nous montre ainsi que ce chemin de faiblesse apparente aboutit dans « le royaume de Dieu venu avec puissance ».
Versets 2 et 3. Pour qu’ils aient cette vision glorieuse, le Seigneur mène Pierre, Jacques et Jean « seuls à l’écart, sur une haute montagne ». Si, comme croyants, nous devons savoir regarder au-delà de la longue nuit présente et saluer le glorieux jour à venir, nous avons nous aussi besoin d’être élevés en esprit au-dessus de l’agitation de ce pauvre monde, pour nous trouver seuls avec Jésus. Dans de tels moments, comme ce fut le cas pour les disciples, notre âme sera occupée, par-dessus toute autre chose, de la gloire de Sa personne. Ainsi, dans cette vision, les disciples sont avant tout saisis par la gloire du Seigneur. « Il fut transfiguré devant eux ». Des années plus tard, parlant de cette scène merveilleuse, Pierre peut écrire : « Nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ ». Ils parlent non seulement de Sa venue, mais de « la puissance » de Sa venue. Ils ont vu un échantillon de l’immense puissance qui, à Sa venue, en un clin d’œil, nous transformera à Sa ressemblance. En un instant Il fut « transfiguré », et les vêtements de Son humiliation furent changés en vêtements « brillants et d’une extrême blancheur, comme de la neige ».
Verset 4. Nous apprenons en outre que, dans Son règne de gloire et de puissance, le Seigneur aura avec Lui non seulement les saints de la période actuelle, représentés par les trois apôtres, mais aussi tous les croyants qui ont vécu avant qu’Il vienne sur la terre. Ceux-ci sont évoqués dans la vision par Moïse et Élie, les deux principaux témoins de Dieu dans les temps de la loi et des prophètes.
Versets 5 à 8. Ces deux témoins seront associés à Christ dans Sa gloire terrestre ; mais aussi éminents qu’ils aient été en leur temps, ils doivent s’effacer devant Christ. Sa gloire personnelle est affirmée : Il est Celui qui est au-dessus de tous ! La nation L’avait couvert de déshonneur et de honte. Les disciples, sincères mais ignorants, Lui rendent à peine plus d’honneur et de gloire qu’ils n’en auraient rendu à Moïse et à Élie ; en effet, Pierre était prêt à mettre le Seigneur au même rang que ces serviteurs éminents. Plus tard, après la venue du Saint Esprit, il discerne la vraie signification de cette scène merveilleuse : il dit que le Seigneur Jésus « reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle gloire lui fut adressée par la gloire magnifique : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». L’honneur qu’Il a reçu du Père, et du ciel — la gloire magnifique — contraste avec ce qu’Il a reçu de la part des hommes, du monde et même de Ses disciples. Aujourd’hui, les croyants ne sont-ils pas parfois en danger de tomber dans le même piège et d’oublier que, aussi remarquables que puissent être la consécration et la spiritualité de certains serviteurs, le Seigneur est infiniment au-dessus d’eux ? Eux changent et disparaissent ; mais du Seigneur seul il peut être dit : « Tu demeures », et : « Tu es le même ». C’est ainsi que les disciples, après avoir entendu la voix venant du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le », « ne virent plus personne, sinon Jésus seul ». De plus, ils virent qu’Il était « avec eux ». Ils venaient de voir deux hommes « avec Jésus » dans la gloire ; ils voient maintenant Jésus « avec eux », dans le chemin qui mène à la gloire. Puissions-nous, pour notre bien, discerner la gloire de la personne de Jésus — Celui avec lequel nous serons dans la gloire, et qui est avec nous tandis que nous avançons vers la gloire.
Versets 9 et 10. Pour que cela puisse se réaliser, il faut que le Seigneur meure et qu’Il ressuscite d’entre les morts. Aussi un apôtre peut-il écrire plus tard : Il « est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui » (1 Thess. 5, 10). En ce temps-là, cette grande vérité soulevait une difficulté dans l’esprit des disciples. Ils croyaient bien en une résurrection générale au dernier jour (Jean 11, 24) ; mais ils ne pouvaient pas concevoir que quelqu’un puisse ressusciter d’entre les morts, tandis que d’autres resteraient dans leurs tombeaux, attendant une résurrection ultérieure. C’est pourtant la vérité fondamentale du christianisme. La résurrection de Christ d’entre les morts est la preuve éternelle que Dieu a accepté Son œuvre, que les croyants sont rendus agréables en Lui et qu’ils auront part à la première résurrection, celle des justes. C’est ainsi que nous lisons : « Chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue » (1 Cor. 15, 23).
Hélas ! comme nous le faisons trop souvent lorsque nous rencontrons des difficultés, les disciples gardèrent la chose pour eux-mêmes, « s’entre-demandant ce que c’était que ressusciter d’entre les morts », au lieu d’exposer leur problème au Seigneur.
Versets 11 à 13. Mais les disciples avaient une autre difficulté, et ils la placent cette fois-ci devant le Seigneur. Les scribes disaient qu’Élie devait venir premièrement, et apparemment Élie n’était pas venu avant le Seigneur. L’obstacle provenait du fait qu’ils acceptaient bien les Écritures qui parlaient de Christ venant en gloire, mais qu’ils négligeaient celles qui concernaient Sa venue pour souffrir comme Fils de l’homme. La prophétie de Malachie déclarait qu’Élie précéderait la venue de Christ en gloire. Cette prophétie aura certainement son accomplissement. Toutefois, moralement, il était déjà venu dans la personne du précurseur, Jean le baptiseur ; celui-ci était venu dans l’esprit d’Élie appelant le peuple à la repentance (voir Matt. 11, 14).
Versets 14 à 19. Dans le chapitre précédent, les pharisiens s’étaient mis à « disputer avec » Christ (8, 11). Lorsque le Seigneur redescend de la montagne, Il trouve les scribes « qui disputaient avec » Ses disciples. Plus tard, le Seigneur nous rappellera que « l’esclave n’est pas plus grand que son maître », et ajoutera : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20). Si les hommes osent « disputer avec » Christ, il n’est guère étonnant qu’ils soient hostiles aux croyants. Chez le Seigneur, cette opposition ne faisait que mettre en évidence Sa perfection ; mais chez nous, trop souvent, elle dévoile notre faiblesse. Ainsi dans cette scène, après avoir pu contempler la gloire du Seigneur sur la montagne, nous trouvons, au pied de la montagne, la misère de l’homme, la puissance de Satan et la faiblesse des disciples.
Lorsque le Seigneur envoya les douze, Il « leur donna autorité sur les esprits immondes », et pendant un temps ils firent usage de ce pouvoir, car nous lisons qu’ils « chassèrent beaucoup de démons » (6, 7, 13). Mais ici, leur foi fait défaut. Ils ne peuvent pas chasser l’esprit muet. La puissance pour opérer des miracles et triompher de tout le pouvoir de Satan était là, mais l’homme ne pouvait pas en bénéficier et les disciples n’avaient pas la foi pour y faire appel.
En face de cet échec, le Seigneur doit dire : « Ô génération incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand vous supporterai-je ? » — paroles qui indiquent la gravité solennelle du manquement des disciples. Cela signifiait que le témoignage de Dieu par leur moyen était ruiné, et, par conséquent, que la dispensation allait prendre fin. « Jusques à quand serai-je avec vous ? » indique que le temps du séjour du Seigneur sur la terre était limité. Ce n’était pas une génération plongée dans la misère et opprimée par le pouvoir du diable qui chasserait le Seigneur ; au contraire, c’était la profonde misère de l’homme sous la puissance de Satan qui L’avait fait venir dans le monde. « Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». C’est une « génération incrédule », et non pas une génération dans la misère, qui met fin à Sa mission de grâce et de puissance sur la terre. Lorsqu’il n’y a plus d’énergie pour faire usage des ressources qui sont en Christ, Son service sur la terre est terminé.
Cela ne parle-t-il pas aux chrétiens ? Car dans notre temps aussi, n’est-ce pas la faillite du peuple de Dieu, plutôt que la méchanceté croissante du monde, qui va mettre fin au jour de la grâce ? Ce qui professe être un témoignage public pour Christ sur la terre devient, dans sa dernière phase, si odieux pour Lui qu’il doit dire : « Je vais te vomir de ma bouche ».
Toutefois, la bonté du Seigneur n’est pas tarie par l’opposition des hommes ou par les manquements des siens. Parlant de l’enfant possédé d’un démon, le Seigneur peut ajouter ces paroles réconfortantes : « Amenez-le-moi ». Quelqu’un a dit[6] : « La foi, si petite soit-elle, n’est jamais laissée sans réponse de la part du Seigneur. Quelle consolation ! Quelle que soit l’incrédulité, non seulement du monde, mais des chrétiens, s’il se trouve une seule personne ayant foi dans la bonté et la puissance du Seigneur Jésus, elle ne peut venir à Lui avec un vrai besoin et une foi simple, sans rencontrer Son cœur prêt à la recevoir, et Sa puissance suffisante pour la secourir ». De même que sur la terre, en face des manquements de Ses propres disciples, Il pouvait dire : « Amenez-le-moi », dans les tout derniers temps, lorsque le Seigneur est sur le point de vomir de Sa bouche l’église professante, Il peut dire : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi ». Aussi sombre que soit le jour, aussi grande que soit notre ruine, Christ est le même, et Christ demeure. Il se tient toujours à la porte, prêt à bénir quiconque entend Sa voix et Lui ouvre. Puissions-nous être attentifs à Son appel !
Versets 20 à 27. En réponse aux paroles du Seigneur, ils « lui amenèrent » l’enfant. Mais, comme cela nous arrive trop souvent, ils viennent avec bien peu de foi dans la puissance du Seigneur. En effet, le pauvre père dit : « Si tu peux quelque chose, assiste-nous, étant ému de compassion envers nous ». Le Seigneur lui répond : « Le « Si tu peux », c’est : Crois ! Toutes choses sont possibles à celui qui croit ». Quelqu’un a remarqué très justement à propos de ces paroles : « La puissance est en rapport avec la foi ; la difficulté n’est pas dans la puissance de Christ, mais dans la foi de l’homme : toutes choses sont possibles à celui qui croit. C’est un principe important. La puissance de Christ ne manque jamais pour accomplir tout ce qui est bon pour l’homme ; mais, hélas ! la foi peut manquer en nous pour en profiter » (J.N.D.).
Versets 28 et 29. Lorsque le Seigneur est dans la maison, seul avec Ses disciples, Il leur enseigne cette vérité si importante que la foi qui Le fait intervenir dans toutes les difficultés ne peut être entretenue que par une communion intime avec Dieu, représentée par la prière, et par l’abstinence des choses de ce monde, figurée par le jeûne. Pour nous comme pour les disciples, derrière notre manque de foi pour faire usage de la puissance du Seigneur se cache une absence de communion avec Lui dans la prière.
Versets 30 à 32. La gloire du royaume avait été révélée ; la puissance et la grâce du Seigneur pour en introduire les bénédictions avaient été manifestées. Mais cela n’avait fait que mettre en évidence l’incrédulité du monde, et l’incapacité des disciples de profiter de la puissance qui était au milieu d’eux. Le départ de Jésus était proche et le temps de s’adresser publiquement à la nation dans son ensemble était passé. Certes, Il répondra en grâce à des besoins individuels, mais le moment de régner n’était pas encore venu ; aussi, traversant le pays, « il ne voulut pas que personne le sût ». Le péché de l’homme allait atteindre son point culminant dans la mise à mort du Fils de l’homme. Mais cela allait fournir l’occasion de manifester, par la résurrection d’entre les morts, toute la puissance de Christ sur le péché, sur Satan et sur la mort. Les paroles du Seigneur font de nouveau ressortir la faiblesse des disciples. Non seulement ils manquaient d’intelligence spirituelle pour comprendre la vérité de la résurrection, mais ils « craignaient de l’interroger ». Quand le cas de l’enfant possédé d’un mauvais esprit, leur foi était trop faible pour utiliser la puissance de Christ ; maintenant leur confiance est trop petite pour faire appel à la sagesse qui est en Lui. Souvent, hélas ! comme les disciples, lorsque les difficultés surgissent, nous cherchons une solution en discutant entre nous (v. 10), au lieu de nous tourner vers Christ, notre Tête, en qui est toute sagesse.
Versets 33 et 34. Seul dans la maison avec les siens, le Seigneur, par une simple question, touche la conscience de Ses disciples et dévoile l’une des causes fondamentales de leur faiblesse. En chemin, ils avaient disputé entre eux, et le sujet de leur dispute avait été « qui serait le plus grand ». Hélas ! que de fois depuis ce jour, le désir d’être le plus grand a été la cause profonde de disputes parmi les enfants de Dieu. Quel que soit l’objet premier de la discussion, il y a souvent, de façon sous-jacente, une large part du « moi » ; car le « moi » non seulement désire être grand, mais il veut être « le plus grand ». Si un croyant veut être le plus grand, tôt ou tard cela amènera une dispute, et l’on se saisira du moindre petit faux pas chez un frère pour tâcher de le rabaisser tout en s’exaltant soi-même. L’idée même d’être grand montre combien peu les disciples avaient compris la vérité du royaume. Ils ne discernaient pas que le but du royaume est la manifestation de tout ce que Dieu est en amour, en justice, en grâce et en puissance. Aujourd’hui aussi, nous pouvons tomber dans ce piège et nous servir de l’assemblée comme d’une sphère dans laquelle nous cherchons à nous exalter nous-mêmes. C’est ce que faisaient les Corinthiens au moyen des dons reçus et par une activité charnelle ; c’est ce que faisaient les Galates par le légalisme ; et c’est ce que les Colossiens étaient en danger de faire en recherchant une religion selon la chair.
Mais si les croyants peuvent disputer entre eux, ils doivent garder le silence dans la présence du Seigneur. Nous pouvons être certains que lorsque les croyants se mettent à disputer entre eux, ils n’ont plus la conscience d’être dans Sa présence.
Verset 35. Le Seigneur instruit Ses disciples avec une patience infinie. Devant l’insensibilité des siens qui recherchaient leur propre grandeur au moment même où Il leur rappelait qu’Il allait être mis à mort, au lieu de se lever indigné et de les laisser, Il s’assied, appelle les douze auprès de Lui, et leur enseigne avec bonté le chemin de la vraie grandeur. Si quelqu’un veut être le premier dans le royaume, qu’il soit le dernier dans le sentier qui conduit à la gloire — qu’il devienne « le serviteur de tous ». Nous pourrions être parfois prêts à servir une personne importante ou un croyant pieux, et à nous exalter nous-mêmes en le faisant, mais sommes-nous prêts à être le « serviteur de tous » ? On a dit très justement : « L’amour est la chose la plus puissante qui soit, et il aime à servir, non pas à être servi », et encore : « Celui qui est le plus petit à ses propres yeux, c’est celui-là qui est le plus grand » (J.N.D.).
Versets 36 et 37. Le Seigneur a enseigné à Ses disciples le chemin de la vraie grandeur ; Il illustre maintenant Son enseignement en plaçant un petit enfant au milieu d’eux et en leur montrant comment Lui-même pouvait s’abaisser vers un petit enfant pour le prendre avec amour dans Ses bras. Le disciple qui recevra l’un de ces petits enfants en Son nom, suivra ainsi le Seigneur dans le chemin de la vraie grandeur, il se penchera vers le plus humble au nom du Très-haut. En agissant ainsi, il se trouvera dans la compagnie de Christ ; et recevoir Christ, c’est recevoir Celui qui L’a envoyé. Ainsi en nous renonçant nous-même et en refusant de nous exalter nous-même, nous nous trouverons dans la compagnie des personnes divines.
Versets 38 à 41. Nous avons vu le danger de s’exalter soi-même ; l’incident qui suit nous montre un autre piège, le danger d’exalter une collectivité. Jean dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom, qui ne nous suit pas ; et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne nous suit pas ». Eux-mêmes, bien qu’ils aient suivi Christ, n’avaient pas pu chasser un démon, la prière et le jeûne ayant manqué. Maintenant ils défendent à quelqu’un de faire ce qu’eux-mêmes n’ont pas pu faire, parce qu’il ne suit pas le Seigneur avec eux. Dans Sa réponse, le Seigneur montre que ce qui importe par-dessus tout à Ses yeux, c’est la relation du disciple avec Lui-même. Il est possible que l’homme n’ait pas eu assez de foi pour se joindre aux disciples qui suivaient le Seigneur dans le chemin de la séparation ; mais s’il pouvait accomplir un miracle au nom de Christ, il était clair que ce nom avait de la valeur pour lui et qu’il n’en parlerait pas avec légèreté.
Le monde avait rejeté Christ d’une façon si absolue que, dans sa sphère, il ne pouvait y avoir que des adversaires de Christ. S’il y en a qui ne sont pas contre Christ, ils doivent donc être de ceux qui sont pour Lui, même s’ils n’ont pas suffisamment de foi pour s’identifier publiquement avec Lui. Pour Jean, ils n’étaient pas « avec nous », mais, même ainsi, le Seigneur peut dire qu’ils ne sont « pas contre nous ». Les disciples attribuaient trop de valeur à ce misérable « nous » — le faible petit groupe rassemblé autour de Christ — et en donnaient trop peu à Christ — la personne glorieuse autour de laquelle ils étaient rassemblés. Le Seigneur leur rappelle que c’est Son nom qui est tout. L’acte le plus insignifiant, même celui de donner à boire une coupe d’eau froide à quelqu’un qui appartient à Christ, s’il est accompli en Son nom, ne perdra pas sa récompense.
Versets 42 à 48. Des avertissements suivent. Prenons garde qu’en condamnant les autres, nous ne mettions pas une pierre d’achoppement dans le chemin d’un des petits qui croient en Christ. En outre, veillons à juger soigneusement toute mauvaise tendance en nous, en rejetant tout ce qui pourrait nous entraîner dans le péché. Cela peut conduire au refus rigoureux de ce qui est le plus précieux pour la chair — la main, le pied, l’œil, et toute forme de mal dans laquelle ces membres peuvent nous mener. N’oublions jamais que ces choses mauvaises conduisent les hommes au jugement éternel.
Versets 49 et 50. Tout sera mis à l’épreuve. Le feu éprouvera aussi bien les saints que les pécheurs. « Car chacun sera salé de feu ; et tout sacrifice sera salé de sel ». Le pécheur qui rejette Christ aura sa part dans le feu qui ne s’éteint pas ; mais le vrai croyant sera éprouvé par le feu sous la forme d’épreuves ou même de persécutions. L’apôtre Pierre nous dit que notre foi peut être éprouvée par le feu, et nous avertit de ne pas trouver étrange d’avoir à passer par « le feu ardent », mais plutôt de nous réjouir d’avoir part aux « souffrances de Christ », puisque ainsi nous aurons part aussi à « sa gloire » (1 Pier. 1, 7 ; 4, 12, 13). En outre, la vie du croyant ici-bas est considérée comme un sacrifice, car nous avons à présenter nos « corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » (Rom. 12, 1). Mais le sacrifice doit être conservé pur, « salé de sel ». Le chrétien, s’il marche dans la sainteté pratique, devient un témoin au milieu du monde. Sans la sainteté, sa vie est pareille à du sel qui a perdu sa saveur. Nous devons avoir du sel en nous-mêmes et marcher en paix les uns avec les autres.
Au cours de ce chapitre nous avons vu, d’une part, les perfections de Christ et, d’autre part, la manifestation de ce qu’est la chair, même dans de vrais disciples — ceux qui aimaient et suivaient le Seigneur. En présence de la gloire, les disciples « étaient épouvantés » (v. 6) ; en présence du pouvoir de Satan, il leur manquait la foi pour faire usage de la puissance qui était à leur disposition en Christ (v. 18, 19) ; derrière ce manque de foi se cachait la négligence quant à la prière et au jeûne (v. 29) ; étant peu en communion avec Dieu dans la prière, lorsque des difficultés surgissent dans leur esprit, ils en discutent entre eux, mais craignent de L’interroger (v. 10, 32) ; loin de Christ, ils disputent entre eux, chacun voulant être le plus grand, et condamnent ce qu’un autre accomplissait au nom de Christ, parce qu’il n’était pas avec eux (v. 38).
Toutefois, si notre propre faiblesse nous est montrée dans les disciples, nous découvrons aussi la plénitude de nos ressources en Christ. Sur la montagne, nous voyons la gloire et la puissance du royaume, et il nous est révélé que nous serons avec Lui dans la gloire. Au bas de la montagne, nous apprenons qu’au milieu de toute notre faiblesse et de toutes nos difficultés, Il est avec nous, notre ressource infaillible, Celui auquel nous sommes invités à apporter toutes nos épreuves et toutes nos questions embarrassantes (v. 33), Celui qui nous enseigne (v. 31), Celui au nom duquel nous nous rassemblons (v. 39), et qui récompensera l’acte le plus insignifiant accompli en Son nom (v. 41).