La résurrection et l’ascension (Chap. 16)

Versets 1 à 3. Pour la troisième fois, ces trois femmes dévouées — Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques, et Salomé — sont placées devant nous. Apparemment elles avaient déjà acheté des aromates pour embaumer le corps du Seigneur, une fois le sabbat passé. C’était de l’incrédulité que de penser trouver le corps du Seigneur dans le tombeau, et de l’ignorance que de chercher à Le retenir là. Mais l’Esprit de Dieu se plaît à séparer ce qui est précieux de ce qui est vil, et à s’attarder sur l’amour et le dévouement qui les ont amenées à acheter des aromates et à venir au sépulcre de fort grand matin.

En chemin, elles se demandent entre elles : « Qui nous roulera la pierre de devant la porte du sépulcre ? ». Pour l’esprit raisonneur de l’homme naturel, il y a toujours une grande pierre devant le tombeau de Christ. Éloigné de Dieu, l’homme déchu trouve une difficulté insurmontable dans la vérité de la résurrection. Les philosophes grecs, comme d’ailleurs ceux d’aujourd’hui, professent peut-être croire à l’immortalité de l’âme, mais ils refusent d’accepter la résurrection du corps. Pour l’esprit humain, il est agréable de penser que l’âme continue à vivre après avoir quitté le corps ; mais si le corps doit ressusciter, il est évident qu’il faut l’intervention de la puissance de Dieu ; et l’intelligence humaine repousse la pensée d’être dépendant de ce Dieu que l’on hait. Laissez Dieu de côté — la résurrection est impossible ; introduisez Dieu et Sa puissance — toutes les difficultés disparaissent, la pierre est roulée.


Versets 4 à 7. Arrivées au sépulcre, ces femmes découvrent que Dieu les a précédées, et que la pierre est roulée ; non pas certes pour que le corps du Seigneur puisse sortir du tombeau, mais pour que les disciples puissent y entrer et constater que le lieu où Il avait été mis était vide. Aucune pierre, aussi grande soit-elle, ne pouvait retenir le corps du Seigneur dans le sépulcre.

Entrées dans le sépulcre, elles se trouvent aussitôt en face d’un messager céleste, qui rassure leur cœur et calme leurs craintes en leur disant : « Vous cherchez Jésus le Nazarénien, le crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici ; voici le lieu où on l’avait mis ». Elles cherchaient Jésus, et en cela, malgré beaucoup d’ignorance et d’incrédulité, tout était bien. Que cherchons-nous ? Jésus est-Il l’objet de notre cœur ? On a dit : « C’est la consécration du cœur au Seigneur qui apporte la lumière et l’intelligence à l’âme » (J.N.D.). Que de fois notre aveuglement quant à la vérité et notre incapacité à distinguer entre le juste et le faux viennent de ce que nous n’avons pas cet œil simple qui a Christ pour son seul objet. Nous cherchons souvent notre propre volonté et notre exaltation plutôt que Jésus et Sa gloire. La mesure dans laquelle nous « cherchons Jésus » est celle dans laquelle nous recevons la lumière. Il se peut que nous cherchions beaucoup de choses qui sont bonnes en elles-mêmes, mais qui ne sont pas Jésus ; nous pouvons chercher des âmes, le service, le bien de l’homme et la prospérité des saints ; mais si nous « cherchons Jésus », chacune de ces choses trouvera sa vraie place, et nous aurons la lumière pour notre sentier. En cherchant Jésus, ces femmes reçoivent la lumière du ciel, et elles sont envoyées pour accomplir un service pour le Seigneur.

Elles devaient délivrer ce message « à ses disciples et à Pierre ». Il est touchant de remarquer que cette mention spéciale du nom de Pierre se trouve dans l’évangile qui donne le plus de détails sur sa grave chute. Si le message avait été adressé simplement aux disciples, Pierre aurait pu dire : « Ce n’est pas pour moi, je ne suis plus un disciple ». La mention expresse de son nom exclut une telle pensée. Les disciples doivent apprendre que, bien qu’ils aient tous abandonné le Seigneur et se soient enfuis, et bien que Pierre L’ait renié, le cœur plein d’amour du Seigneur n’a pas changé à leur égard. Maintenant qu’Il est ressuscité, comme dans les jours de Sa chair ici-bas, Il ira « devant » Ses disciples pour leur montrer le chemin. « Vous le verrez », leur est-il dit, et tout se passera « comme il vous l’a dit ». De façon plus générale, ne pouvons-nous pas dire que malgré la ruine de l’église responsable, la dispersion et les manquements des enfants de Dieu, le moment vient où le Seigneur ressuscité et glorieux rassemblera toutes Ses brebis autour de Lui ; alors nous Le verrons face à face, et toutes les paroles qu’Il a dites seront accomplies.


Verset 8. Les femmes avaient vu le sépulcre vide, elles avaient écouté l’ange, mais elles n’avaient pas vu Jésus. Dans l’évangile selon Luc, nous lisons : « Pour lui, ils ne l’ont point vu ». Sans la présence de Christ Lui-même, la grande pierre roulée, le sépulcre vide et la vision d’anges ne font que nous laisser tremblants et troublés.


Versets 9 à 11. Nous apprenons maintenant que le Seigneur était déjà apparu à Marie de Magdala, de laquelle Il avait chassé sept démons. Celle qui était le témoin de la puissance du Seigneur sur les démons, devient maintenant le témoin de Sa puissance sur la mort. Elle annonce la bonne nouvelle de la résurrection du Seigneur aux disciples qui étaient dans le deuil et pleuraient. Hélas ! ils entendirent le message, mais ils ne le crurent point.


Versets 12 et 13. La brève allusion à l’apparition du Seigneur aux deux disciples qui étaient en chemin vers Emmaüs nous indique que leur témoignage ne fut pas reçu non plus.


Versets 14 à 18. Enfin nous avons le récit de l’apparition du Seigneur aux onze, comme ils étaient à table. Le Seigneur leur reproche leur incrédulité qu’Il attribue à leur dureté de cœur. Est-ce qu’une grande part de notre incrédulité ne peut pas être imputée à la dureté de nos cœurs qui, si souvent, ne répondent pas à Son amour et sont bien peu sensibles à Sa Parole ?

Cependant, bien que l’état de leurs cœurs ait été dévoilé, le Seigneur les envoie immédiatement prêcher l’évangile. Nous pourrions peut-être penser que tant d’incrédulité et de dureté de cœur prouvaient qu’ils étaient tout à fait inaptes pour le service de prédicateurs. Mais cette manifestation même de l’état de leurs cœurs dans la présence du Seigneur était une préparation pour le service. C’est lorsque nous découvrons quelque chose du vrai caractère de notre cœur et apprenons que nous ne sommes rien en nous-mêmes, que Dieu peut nous employer pour la bénédiction des autres.

Ils devaient aller dans tout le monde et prêcher l’évangile à toute la création. « Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; et celui qui n’aura pas cru sera condamné ». Il serait contraire à la vérité de déduire de ce passage que le baptême ait une puissance quelconque de sauver devant Dieu, car le point essentiel est de croire à l’évangile. Aussi n’est-il pas écrit : « Celui qui n’aura pas cru, et n’aura pas été baptisé, sera condamné ». Quelqu’un a dit[12] : « L’incrédulité était le mal fatal à redouter par-dessus tout. Qu’un homme soit baptisé ou non, s’il ne croyait pas, il serait condamné ». Le baptême est important en ce qu’il est le signe visible devant les hommes de la foi que Dieu seul voit. Celui qui professe croire, et qui cependant refuse d’être baptisé, cherche pratiquement à cacher sa profession de foi pour rester en bons termes avec le monde. On peut à bon droit douter de la réalité de la foi d’un tel homme. Le vrai croyant confessera sa foi en se séparant du monde. Le baptême est le signe de la mort, ce grand séparateur. En étant baptisé, le croyant quitte le monde pour entrer, sur la terre, dans la sphère chrétienne parmi les enfants de Dieu.

Le Seigneur dit à Ses disciples que des signes accompagneraient ceux qui auraient cru. Au nom de Christ, ils chasseraient les démons. Ils parleraient de nouvelles langues et ils guériraient les malades. Remarquons que le Seigneur ne dit pas que ces signes accompagneraient tous ceux qui auraient cru, ou qu’ils subsisteraient toujours. Il convient de distinguer entre les dons-signes dont l’apôtre parle en 1 Corinthiens 12, 29 et 30, et les dons pour l’édification (Éph. 4, 11). Les dons-signes de l’épître aux Corinthiens ont été donnés à l’église primitive pour servir de témoignage public, pour attirer l’attention d’un monde incrédule. Les dons pour l’édification du corps ont été donnés par la Tête glorifiée. L’Église ayant complètement failli quant à sa responsabilité et étant ruinée, le Seigneur cesse d’attirer l’attention sur elle par des signes miraculeux et extérieurs. Mais bien que l’Église soit dépouillée de ses ornements extérieurs, le Seigneur ne cesse pas de chérir et de nourrir Son corps ; aussi les dons de l’épître aux Éphésiens vont-ils jusqu’à la fin.


Versets 19 et 20. Ayant donné Ses instructions à Ses disciples, le Seigneur fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la droite de Dieu. Son œuvre sur la terre, comme le parfait serviteur, est achevée. Toutefois, Il coopère avec Ses disciples, confirmant la parole qu’ils prêchaient par les signes qui l’accompagnaient.