Nous avons vu le parfait serviteur semant la bonne semence. Il nous est accordé maintenant de voir une autre forme de Son service — Sa manière d’agir avec les âmes individuellement. Dans ce service de grâce, nous voyons non seulement la bénédiction spirituelle des âmes, mais aussi la puissance divine triomphant du diable, de la maladie et de la mort. Il devient ainsi évident que, dans la personne du Seigneur, Dieu était présent en grâce et en puissance pour délivrer l’homme des conséquences du péché ; mais même ainsi, la présence de Dieu est intolérable à l’homme.
Versets 1 à 5. La première chose placée d’une manière frappante devant nous, dans l’histoire du démoniaque, c’est la misère complète de l’homme sous la puissance de Satan. Nous voyons un homme « qui avait sa demeure dans les sépulcres ». Les hommes meurent là où ils habitent, et on trouvera toujours un cimetière avec ses tombes près de leurs habitations, pour nous rappeler sans cesse que ce monde est sous l’ombre de la mort. Toute la puissance de Satan se déploie pour entraîner l’homme à la mort. « Le voleur ne vient que pour voler, et tuer, et détruire » (Jean 10, 10). Il voudrait nous dépouiller de toute bénédiction spirituelle, tuer le corps et détruire l’âme.
Deuxièmement, ce récit nous montre la totale incapacité de l’homme de se délivrer lui-même, ou de délivrer autrui, de la puissance de Satan. Les efforts pour réprimer la violence de ce pauvre homme ou pour le dompter, étaient tous vains. De même aujourd’hui, toute tentative de refréner le mal ou de réformer la chair ne parvient jamais à délivrer le monde ni de sa violence et de sa corruption, ni de la puissance de Satan, et est totalement incapable de changer la chair.
Versets 6 à 13. Troisièmement, nous apprenons que, malgré notre ruine et notre incapacité, nous avons dans la personne de Christ Celui dont la puissance et la grâce peuvent nous délivrer de tout le pouvoir de Satan. Le pauvre homme est si totalement identifié avec l’esprit immonde, que son corps est la demeure et l’instrument du démon qui agit et parle par lui. Mais les démons doivent s’incliner devant Celui qu’ils savent être le Fils de Dieu, Celui qui a la puissance de les livrer à leur juste jugement. Les hommes peuvent ignorer la gloire et l’autorité de Christ, mais pas les démons. Comme à la parole de Christ ils doivent sortir de l’homme, ils demandent d’être envoyés dans des pourceaux. Apparemment, les mauvais esprits ont besoin d’un corps naturel par lequel ils peuvent agir. Ayant obtenu la permission de le faire, ils entrent dans les pourceaux. Leur méchanceté et leur désir de destruction se manifestent alors immédiatement, car là, ils ne rencontrent pas de résistance dont ils ne puissent triompher instantanément. Ainsi tout le troupeau se rue aussitôt dans la mer et est anéanti.
Versets 14 à 17. Quatrièmement, cet incident solennel nous apprend que si le pouvoir de Satan est terrible pour l’homme, la présence de Dieu lui est intolérable, même lorsqu’elle se manifeste en puissance et en grâce pour délivrer. Quelqu’un a dit[4] que l’homme « redoute davantage Jésus et Sa grâce que le diable et ses œuvres ». Les hommes de la ville, qui sortent « pour voir ce qui était arrivé », sont tout de suite mis en présence de la manifestation de la grâce et de la puissance de Jésus. L’homme qui avait été pendant si longtemps un fléau pour le pays, ils le trouvent « assis, vêtu, et dans son bon sens ». Magnifique image d’une âme véritablement convertie, délivrée du terrible pouvoir de Satan, et amenée à goûter le repos aux pieds de Jésus ; elle n’est plus nue et exposée au jugement, mais vêtue et libérée de toute accusation, justifiée devant Dieu, Christ étant sa justice ; elle est dans son bon sens — réconciliée, toute inimitié contre Dieu ayant disparu.
Alors nous lisons : « Ils eurent peur ». Quel commentaire sur l’état des hommes de ce monde ! Ils ont la preuve que Dieu est venu tout près d’eux, et ils ont peur. L’homme coupable a toujours peur de Dieu. Adam, après la chute, a eu peur ; Israël, au Sinaï, a eu peur, et les Gadaréniens ont peur. Peu importe la manière dont Dieu vient, que ce soit comme un visiteur dans le jardin d’Éden, dans Sa majesté comme au Sinaï, ou en grâce comme à Gadara : la présence de Dieu est insupportable à l’homme coupable. Les hommes de Gadara préfèrent les démons, le démoniaque et les pourceaux, au Fils de Dieu, même s’Il est là en puissance et en grâce pour délivrer. Aussi nous lisons : « Ils se mirent à le prier de s’en aller de leur territoire ». Leur prière fut exaucée — Il s’en alla.
Versets 18 à 20. Enfin, en contraste frappant avec les hommes de ce monde, nous voyons celui qui a été si richement béni désirer être avec Jésus. En temps voulu, son désir recevra une réponse glorieuse, car nous savons que Christ est mort pour les croyants afin que « nous vivions ensemble avec lui », et très bientôt, nous serons pour toujours avec le Seigneur. En attendant, nous avons le privilège d’être pour Lui dans un monde qui L’a rejeté. Aussi le Seigneur peut-Il dire à l’homme : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a usé de miséricorde envers toi ». Et quel fut le résultat ? « Tous s’en étonnaient ». Plus nous réalisons notre ruine totale sous le pouvoir de Satan, plus nous prenons conscience de ce que Christ a fait pour nous, et de la compassion dont nous sommes les objets, plus nous pouvons nous étonner.
Versets 21 à 23. Les incidents de ce chapitre cachent certainement un enseignement dispensationnel, présentant les voies de Dieu envers Israël et les nations. Le récit du troupeau précipité dans la mer n’a-t-il pas pour but de nous apprendre que les Juifs allaient être dispersés dans la mer des nations, à cause du rejet de leur Messie ? Dans l’incident qui suit, celui de la jeune fille mourante, n’avons-nous pas une image de la condition morale de la nation lorsque le Seigneur était là ? Mais de même que le Seigneur ressuscite la jeune fille à la fin du récit, ainsi lorsqu’Il reviendra sur la terre, Il fera revivre la nation. En attendant, l’histoire de la femme malade nous enseigne que partout où des individus ont foi en Christ, ils obtiendront la bénédiction.
Verset 24. Dans l’histoire de cette femme, le Seigneur distingue entre la vraie foi et la simple profession extérieure. Il nous est dit : « Une grande foule le suivit, et elle le pressait » ; on pourrait en conclure que le Seigneur était entouré par un grand nombre de croyants qui Le suivaient. De même aujourd’hui, les édifices religieux remplis de ceux qui professent adorer Christ, le nom de Christ prononcé dans des cantiques et des prières par les lèvres d’hommes et de femmes du monde, le nom de Christ attaché aux œuvres des hommes, tout cela pourrait nous faire penser qu’il y a une multitude de personnes qui croient en Christ. En fait, les hommes en jugent ainsi, car ils se disent chrétiens, ils appellent leurs contrées des pays christianisés, et leurs gouvernements des gouvernements chrétiens. Mais cela implique-t-il que tous croient véritablement au Seigneur Jésus ? Que tous ont une foi personnelle en Christ ? Non, hélas ! Il y a encore aujourd’hui la grande foule de la profession extérieure ; et encore aujourd’hui le Seigneur distingue ceux qui ont une foi personnelle en Lui ; en effet nous lisons : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ». Les gens qui L’entouraient étaient peut-être sincères, car ils avaient vu Ses miracles et goûté Ses bienfaits, mais n’ayant aucune conscience de leur besoin de Christ, ils n’avaient pas de foi personnelle en Lui. Aujourd’hui aussi, on peut être tout à fait sincère en embrassant, comme on dit, la religion chrétienne. Mais cette profession extérieure de christianisme — se joindre à la foule pour suivre Jésus — ne sauvera pas l’âme, et ne réglera pas la question des péchés, de la mort et du jugement ; elle ne brisera pas le pouvoir du péché, et elle ne délivrera ni de la corruption de la chair et du monde, ni de la crainte de la mort.
Verset 25. Pour qu’il y ait une vraie bénédiction, il doit y avoir une foi personnelle dans le Seigneur Jésus. Dans le cas de la femme, ce contact personnel de la foi est illustré d’une manière admirable. Premièrement, nous voyons que là où il y a de la foi, il y aura toujours une certaine conscience du besoin d’un Sauveur personnel. Cette conscience peut varier beaucoup d’un cas à l’autre, mais elle existera.
Verset 26. Deuxièmement, la femme n’avait pas seulement conscience de son besoin, mais elle réalisait combien son cas était sans espoir, s’il était laissé à ses propres efforts et aux capacités des hommes. Elle avait beaucoup souffert de la part d’un grand nombre de médecins et avait dépensé tout son bien en vaines tentatives de trouver une guérison.
Versets 27 à 29. Troisièmement, la foi non seulement nous amène à la conscience de notre besoin et de notre propre incapacité d’y répondre, mais elle perçoit quelque chose de l’excellence de la personne de Jésus. Elle découvre qu’il y a en Lui la grâce et la puissance pour répondre à ses besoins. En outre, la foi rend humble. L’âme qui vient pour demander est prête à s’abaisser et à dire, comme la femme : « Si je touche, ne fût-ce que ses vêtements, je serai guérie ». Nous n’avons pas à accomplir quelque grande chose pour nous assurer la bénédiction — cela ne ferait que flatter notre orgueil ; mais nous sommes amenés à accepter de n’être rien, et à donner toute la gloire à Christ. La vertu est en Christ, non pas dans la foi ; le contact de la foi assure la bénédiction en nous mettant en relation avec Celui en qui est tout le mérite.
Versets 30 à 34. Nous voyons ensuite que le Seigneur se plaît à encourager la foi. Il ne veut pas que celui qui a été l’objet de la bénédiction disparaisse sans bruit. Il introduit le croyant dans Sa propre présence pour Lui dire là toute la vérité. Il aime que nous Lui déclarions tout, qu’il n’y ait pas de distance ni de réserve entre Lui et les siens.
Enfin, nous voyons ce qui résulte du fait d’être amené dans la présence du Seigneur et de Lui ouvrir nos cœurs. Comme la femme, nous pouvons alors poursuivre notre chemin, non pas en nous confiant dans nos sentiments ou dans quelque expérience, aussi réels soient-ils, mais en nous appuyant sur Sa propre parole. Ainsi la femme apprend de Sa bouche même qu’elle est guérie, car Il peut dire : « Ta foi t’a guérie ».
Versets 35 à 43. Pendant que le Seigneur s’occupe de la femme, quelqu’un vient de chez le chef de synagogue et déclare : « Ta fille est morte ; pourquoi tourmentes-tu encore le maître ? ». Le porteur de ce message connaissait bien peu la puissance de Sa main et le tendre amour de Son cœur. Si profondes soient nos peines, si grandes soient nos épreuves, nous n’avons pas à craindre de « tourmenter » le Seigneur avec nos fardeaux. Il est venu pour porter nos langueurs et se charger de nos douleurs. Entrant dans les sentiments du malheureux père, le Seigneur apporte une parole de réconfort à son cœur — « Ne crains pas, crois seulement ». Pour l’homme, la situation était manifestement sans espoir ; l’enfant était morte. Mais rien n’est trop difficile pour Christ. Ayant répondu à ceux qui ne manifestaient que de l’incrédulité et mis dehors ceux qui se riaient de Lui, Il ressuscite l’enfant et s’occupe de ses besoins.