Chapitre 28

Le but spécial de Dieu dans cet évangile apparaît aussi clairement qu’ailleurs, dans le récit de la mort et de la résurrection du Seigneur. En effet, il n’y a guère de passage qui l’illustre de façon plus frappante, que le chapitre qui est devant nous. Ainsi, nous ne trouvons aucune mention de l’ascension de notre Seigneur. Si nous n’avions que Matthieu 28, nous ne connaîtrions absolument pas, comme un fait, que le Seigneur est monté au ciel. Il est impossible, sans un propos divin, que l’apôtre ait pu omettre un événement aussi glorieux et aussi intéressant. Non que cette omission soit un défaut dans le récit de Matthieu ; au contraire, il fait partie et est une preuve de sa perfection, quand on en comprend sa portée. Si la scène de l’ascension avait été introduite ici, elle n’aurait pas été en accord avec l’histoire qui termine notre chapitre. Pourtant, encore aujourd’hui, c’est un des points sur lesquels achoppent les savants. En négligeant l’évidence du dessein, ils raisonnent a priori, et en conséquence, ils ne peuvent comprendre pourquoi un tel événement serait omis par notre évangéliste. De toute évidence, ils ne croient pas, au sens propre du terme, que Dieu a écrit ces évangiles ; sinon, ils en auraient conclu que la faute résidait dans leur ignorance et leur raisonnement erroné. Un croyant au cœur simple, quoiqu’il puisse ne pas comprendre pourquoi, demeure satisfait du fait que l’omission dans Matthieu est tout aussi parfaite que l’insertion dans Luc ; tout est comme il doit en être, dans la Parole de Dieu, telle qu’Il l’a écrite. Et la notion que quelque chose manque maintenant, à ce que Matthieu a autrefois écrit comme conclusion, est contraire à toute preuve, externe et interne.

Avant de conclure, je m’efforcerai de montrer comment sa présence ici aurait été incongrue et nuirait à la beauté du tableau que Dieu fournit ; d’un autre côté, sa présence là où elle se trouve ailleurs, j’ai à peine besoin de l’ajouter, est également belle et nécessaire. Les événements sont choisis en lien avec le sujet immédiat. En prenant le chapitre tel qu’il est, nous voyons que le Saint Esprit se limite ici à un Messie ressuscité d’entre les morts, qui rencontre Ses disciples en Galilée, en dehors de la ville rebelle. Dans d’autres parties de cet évangile, l’ascension est implicite ou supposée, comme en Matthieu 13, 41 ; 16, 27-28 ; 22, 44 ; 24 ; 25 ; et, par-dessus tout, 26, 64. Elle n’était donc pas omise par ignorance, et ce n’est pas non plus quelque accident qui nous l’a dérobé de l’original. Je dis ceci seulement comme réfutant entièrement les raisonnements ridicules et irrévérencieux des hommes, en particulier modernes.

« Sur le tard, le jour du sabbat, au crépuscule », etc. (v. 1). Ce n’était pas le matin du jour de la résurrection, mais le soir qui le précédait. Nous, dans nos manières occidentales de compter le temps, ne pouvons penser qu’au début du crépuscule ; mais cela signifie simplement que la semaine était proche de sa fin. Nous devons nous rappeler que pour un esprit juif, le crépuscule du soir commençait un nouveau jour[23]. Une expression exactement semblable se trouve en Luc 23, 54, où le sens juif est indéniable. Le Saint Esprit ne poursuit pas la description de cette visite des femmes au sépulcre. Il n’y a pas de fondement solide pour relier les circonstances des trois premiers versets de ce chapitre[24]. Le premier présente simplement le dévouement de ces saintes femmes. Quand les disciples s’en furent allés dans leur maison, ces femmes, en dépit des craintes naturelles en un tel lieu et à un tel moment, ne pouvaient rester à l’écart. Elles avaient préparé des aromates pour embaumer le corps, mais se reposèrent le jour du sabbat (comme nous le lisons en Luc), selon le commandement. « C’était le début du crépuscule » est ici la véritable pensée. C’était le crépuscule après le sabbat. Leur cœur les portait vers le sépulcre, étant liées avec Jésus, dès que la loi du sabbat le leur permettait.

« Et voici, il se fit un grand tremblement de terre », etc. Il s’agit d’un événement postérieur ; il n’est pas dit combien de temps après. Nous avons simplement un récit des événements, l’un après l’autre, dans ces premiers versets, sans que les intervalles de temps soient définis. Nous ne devons pas confondre la visite des femmes ici (au v. 1) avec leur visite au matin du premier jour, mentionnée par Marc et dans notre verset 5, etc. Le Seigneur ne se trouvait pas, lors de cette dernière occasion, dans le sépulcre, et l’ange, en descendant et en roulant la pierre, n’a rien à voir directement avec la résurrection du Seigneur. Une telle interposition n’était en rien nécessaire, pour Lui. Dieu L’a ressuscité, et Lui-même s’est ressuscité — reprenant Sa vie comme Il l’avait laissée. Telle est la doctrine scripturaire de la résurrection. Cette action angélique avait pour but, je suppose, d’attirer l’attention des hommes sur l’action divine dans la résurrection de Jésus, et de mettre de côté de la façon la plus claire les tromperies ou les raisonnements des ennemis[25]. Ainsi, la parole de l’ange est : « Venez, voyez le lieu où le Seigneur gisait ».

Une conséquence remarquable de la résurrection est toujours mise en avant : l’ange dit : « Ne craignez pas ». Cet acte puissant de Dieu est destiné à dissiper pour toujours la crainte de ceux qui croient en Jésus, en leur donnant la certitude de Son intervention en leur faveur. Jusqu’à la venue et à la résurrection de Jésus, il y avait une certaine part d’obscurité et d’incertitude, quelque grandes que soient la bonté et la miséricorde manifestées par le Seigneur. La résurrection laissait le monde entier sans perturbation apparente ; mais quelles étaient la grande vérité et la bénédiction qui en résultaient pour le peuple de Dieu ? Pour la foi, c’est le triomphe de Dieu sur les derniers efforts du péché et sur la puissance de Satan. Sans doute, la mort est encore dans le monde, poursuivant ses ravages. Et qu’est-ce que la résurrection, pour vous ? dit celui qui conteste. Tout, si Christ est ma vie. J’ai le droit de me consoler en elle ; mon âme est invitée à boire dans sa joie, quoique mon corps n’ait pas encore part à la délivrance. Dieu m’a montré, dans la croix de Christ, le témoignage parfait des souffrances pour le péché. L’homme ne croit pas qu’Il est le Fils, et ne peut pas comprendre comment Dieu pouvait permettre que Son bien-aimé souffre. D’autres aussi ont crié à Dieu ; et, malgré tous leurs manquements, ils ont été entendus ; pourtant, dans l’extrémité des souffrances de Christ, et en dépit de Sa grâce et de Sa gloire, et de l’amour du Père envers Lui, Il a crié et n’a pas été entendu ! Car en vérité, dans toute Sa vie, Il fut le Bien-aimé, sur qui les cieux s’ouvraient avec délices. Mais sur la croix, la crise est survenue, et tout en est changé. Il pouvait sembler au monde que c’en était complètement fini des revendications de Jésus. Il était mort sur la croix, et, de Son propre aveu, avait été abandonné de Dieu. Tout était-il désormais tel que l’homme ou le diable le désirait ? Au troisième jour, Dieu intervient : Jésus est ressuscité d’entre les morts, et toute la puissance de la terre et de l’enfer est ébranlée jusque dans son centre. La résurrection établissait toutes choses en paix pour le croyant. Tout motif de crainte et de tristesse incrédule était enseveli dans le tombeau de Christ. Toute bénédiction débordait, en Lui ressuscité. Les épîtres parlent abondamment de cela ! Rien n’est plus fondamental, ni n’a été l’objet de plus d’insistance. Des pensées vagues sur la bonté de Dieu, Son amour, etc., n’auraient pas suffi pour la consolation ferme du peuple de Dieu. Une paix complète et ferme est fondée sur la base solide que Dieu indique — la mort et la résurrection de Jésus. Si Sa mort répond à tout le mal en moi, Sa résurrection est la source et le modèle de la vie nouvelle et de l’acceptation — au-delà du péché, et de la mort, et du jugement. Notre vie, notre paix, notre nouvelle position devant Dieu, doivent maintenant être associées avec Jésus ressuscité.

Le cours de ce monde n’a pas été interrompu par la résurrection du Seigneur. Les hommes dormaient comme d’habitude, et se sont levés comme si rien ne s’était passé. Pourtant, c’était la plus grande œuvre de puissance que Dieu ait jamais opérée ; oui (fondée sur la souffrance la plus profonde qui fut jamais endurée), c’était la plus grande œuvre qu’Il fera jamais ; et je dis ceci en considérant le jour où toutes choses seront faites nouvelles selon Sa gloire. Elles seront les conséquences de la résurrection de Christ, les applications de la puissance manifestée en elle. Mais si le monde y était indifférent, que devrait-il en être de nous ? Ne dites pas que c’est une petite chose parce que c’est jusqu’à présent une question de foi. Au milieu de cette scène de faiblesse et de mort, la grande puissance de Dieu est survenue, et a été manifestée là dans la résurrection de Christ. Dieu ne pouvait pas faire davantage, et Il n’en avait pas besoin, pour ôter le péché : il a été ôté par le sacrifice de Christ. Jésus fut traité comme s’Il en était couvert, comme s’il était entièrement le sien. S’il devait être ôté, Il devait le porter entièrement : c’est ce qu’Il fit, et maintenant il a disparu ; et nous nous reposons sur ce que Dieu nous dit de Lui et du péché. C’est ce qui met à l’épreuve la confiance de l’âme en Dieu. Est-ce que je veux faire confiance à Dieu, quand je ne peux me confier en moi-même ? Le péché a amené la méfiance envers Dieu ; mais le don, la mort et la résurrection de Christ font plus que restaurer ce qui avait été perdu, et établissent l’âme dans une connaissance de Dieu telle que nul ange n’en eut jamais, ni ne peut en avoir. Ce dont mon âme a besoin, ce n’est pas que Dieu soit si miséricordieux qu’il ne me détruise pas à cause de mes péchés, mais d’une délivrance complète avec un jugement entier du péché (Rom. 8, 1, 3). Nous ne pouvons pas avoir communion avec Dieu, en dehors du fondement du péché ôté en justice. Jésus crucifié a aboli le péché devant Dieu, pour ceux qui croient. Croire Dieu au sujet de la mort de Son Fils à cause de nos péchés, c’est prendre le parti de Dieu contre nous-mêmes. Nous reconnaître devant Lui comme des pécheurs perdus, c’est la repentance envers Dieu, et elle est inséparable de la foi.

L’amour parfait se trouve en Dieu, et jaillit des profondeurs de Son être saint. Dieu est devenu un homme afin qu’Il puisse endurer toute la condition morale du péché : ce qui a été fait en Christ est le triomphe de la grâce. Il n’est alors pas étonnant que l’ange puisse dire : « N’ayez point de peur ». La résurrection montre que tout obstacle est ôté. L’ange Le reconnaît comme le Seigneur (« Venez, voyez le lieu où le Seigneur gisait ») ; mais quelle bénédiction de pouvoir dire : notre Seigneur ! Quelle joie de reconnaître ainsi que ce ressuscité, qui a été crucifié, a le droit de commander en toutes choses ! Sans doute, ce qui fit la valeur de Son œuvre, c’est qu’Il était Dieu Lui-même — Celui qui, tandis qu’Il était un homme, était infiniment au-dessus de l’homme — un arbitre — quelqu’un qui pouvait poser Sa main sur les deux côtés. L’ange indique cela, que dans la présence d’un Sauveur ressuscité, il n’y avait rien à craindre, pour le croyant le plus timide. D’un autre côté, Actes 17, 31 dit : « Il [Dieu] a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné à cela, de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l’ayant ressuscité d’entre les morts ». Si je ne me confie pas en un Sauveur ressuscité pour la délivrance de mon âme, je participe à la culpabilité de Sa mort. Si je n’ai pas fui pour trouver refuge en Lui, j’appartiens, en quelque sorte, à la même entreprise qui L’a crucifié. Mais par la foi en Lui, je suis lavé de cette culpabilité par Son sang. Combien il est juste que la provision de grâce qui signale la délivrance du croyant, devienne, si elle est méprisée, le fardeau mortel qui engloutit le monde ! Si je crois en Lui, je sais que c’est l’homme qui a crucifié Jésus ; et pas seulement l’homme profane ; car la culpabilité s’étend à tous. Et il y a une seule porte de délivrance pour quiconque, et c’est Jésus crucifié. « N’ayez point de peur ». Il n’y a pas besoin de s’alarmer, car Il est ressuscité. « Je sais que vous cherchez Jésus », etc. C’était le cœur fixé sur Jésus qui était apprécié. Il a toujours été dans la pensée de Dieu d’ôter le péché ; mais désormais, il a complètement disparu ; et Dieu attendait cela pour proclamer la bonne nouvelle. Celui qui était plein de saint amour en donnant Jésus pour qu’Il meure, L’a désormais ressuscité d’entre les morts et Lui a donné la gloire, afin que notre foi et notre espérance fussent en Dieu. Si ma foi et mon espérance sont en Dieu, mes délices sont en Christ ; si elles sont en moi, Christ est devenu comme rien pour moi, et je périrai justement pour toujours. Si je n’ai pas Christ pour mon repos et mon délice, pour mon Sauveur et mon Seigneur, je devrais bientôt trembler devant Lui comme mon juge.

Et maintenant, en revenant aux femmes, elles devaient aller et dire à Ses disciples que Jésus était ressuscité d’entre les morts, et qu’Il allait devant eux en Galilée. Dans Luc, il n’y a pas de mention de la Galilée, mais Il se joint là aux deux disciples allant à Emmaüs ; et quand ils furent retournés à Jérusalem le soir même, ils « trouvèrent les onze assemblés… disant : Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon ». Jésus Lui-même apparaît au milieu d’eux. Là, toutes les circonstances ont Jérusalem pour centre. Dans Matthieu, le point principal mis en avant est le lieu de rencontre désigné en Galilée. Et pourquoi ? N’est-il pas remarquable, à première vue, qu’un évangile donne la rencontre de Jésus avec Ses disciples à Jérusalem, et l’autre en Galilée ? Dieu n’a-t-Il pas quelque vérité à m’enseigner par là ? Nous sommes enclins à mesurer l’importance d’une vérité par ses résultats envers nous ; mais la véritable norme est son rapport avec la gloire de Dieu. La manière selon laquelle Dieu nous donne Sa vérité, après tout, est aussi la meilleure pour nous. Tout au long de l’évangile selon Matthieu, Jésus se trouve en Galilée. Jérusalem Le rejette ; elle était troublée à Sa naissance, et elle L’a rejeté jusqu’à la mort, la mort même de la croix. « Nous l’avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé », décrit de façon exacte leur sentiment. Ils attendaient du Messie quelque chose qui corresponde à leur idée terrestre ; ils exprimaient leur déception dans le rejet du Fils de Dieu. En accord avec cela, Matthieu rapporte donc que la scène de Ses travaux pendant Sa vie, comme aussi celle où Il s’est manifesté comme ressuscité après que la maison d’Israël L’a rejeté, était la Galilée — le lieu méprisé par les Juifs. Il se montre de nouveau Lui-même dans la Galilée des Gentils méprisée, quand toute autorité Lui est donnée dans le ciel et sur la terre ; et là, Il donne au résidu pieux de Son ancien peuple, sa grande commission.

« Et comme elles allaient pour l’annoncer à ses disciples, voici aussi Jésus vint au-devant d’elles », etc. Dans Jean, où Marie retrouve son Seigneur bien-aimé, comme elle le croyait, Il dit : « Ne me touche pas ». Comment se fait-il qu’ici, quand les femmes viennent et Lui saisissent les pieds, notre Seigneur ne le leur interdit pas ? Une vérité complètement différente est ainsi présentée par ces actes. La grande espérance d’Israël était d’avoir Christ au milieu d’eux. Mais pour nous, l’absence de Christ qui est en haut, alors que nous traversons notre temps d’épreuve, est caractéristique de la même manière que Sa présence le sera pour eux. Jean parle pleinement du départ de notre Seigneur ; une autre scène de gloire, entièrement distincte de ce monde, y est introduite. C’est pourquoi l’enseignement qu’elle implique est, en quelque sorte : Vous pouvez avoir recherché comme des Juifs une scène où je serai présent personnellement ; mais à la place de cela, je vous parle de ma présence actuelle en haut, et des plusieurs demeures que je vais vous y préparer dans la maison de mon Père. Il leur révèle une espérance céleste, entièrement distincte de Son règne sur Son peuple dans ce monde ; c’est pour cela qu’en Jean, le Seigneur dit à Marie : « Ne me touche pas, car… je monte », etc. Mais dans Matthieu, Jésus nous est montré rejeté par Jérusalem, mais se trouvant encore en Galilée, même après Sa résurrection. Quelles que soient Sa puissance et Sa gloire maintenant, et la consolation et la bénédiction pour les siens, Il est encore, pour ce qui regarde les Juifs et Jérusalem, le Messie rejeté et méprisé. C’est pourquoi c’est dans cette occasion qu’Il confirme le message de l’ange, disant aux femmes : « N’ayez point de peur ; allez annoncer à mes frères qu’ils aillent en Galilée, et là ils me verront » (v. 10).

Le gouverneur exerçait le pouvoir de l’empire romain ; mais qui étaient ceux qui l’incitaient en secret ? Les faux religieux de l’époque — les sacrificateurs, complètement aveuglés par le diable. Manquant toujours de simplicité de cœur, ils s’assemblèrent ensemble avec les anciens, et tinrent conseil ; et ceux qui avaient soudoyé un disciple traître avec « trente pièces d’argent » pour mettre Christ à mort, donnèrent maintenant « une bonne somme d’argent » pour nier la vérité de Sa résurrection. Tel est l’homme, tel est le monde ; et combien c’est solennel à dire, tel est sa phase la plus élevée et dont il est le plus fier. Tel était-il alors ; la situation morale a-t-elle changé de nos jours ? Si nous lisons correctement la Bible, nous trouverons en elle, non seulement le récit du passé, mais le livre des leçons divines pour le présent et le futur. Que nous le lisions pour nos propres âmes ! Il est certain que les Juifs, et en particulier les chefs religieux, prirent la tête du mal et de l’opposition à Dieu, avant la mort de Christ (Matt. 26 et 27), pendant qu’Il était dans le sépulcre (Matt. 27, 62-66), et après qu’Il est ressuscité (Matt. 28, 11-15). Mais l’incrédulité est, après tout, aussi faible contre Dieu que la foi est forte avec et par Lui. Leur propre garde devint le témoin de la résurrection le plus évident, le plus involontaire et le moins suspect. Quel témoignage que l’alarme des soldats, ajoutée aux doutes de Ses propres disciples ! Cela devenait désormais plus que de l’incrédulité ; c’était un mensonge délibéré et déterminé ; et tels sont les Juifs « jusqu’à aujourd’hui ». Leurs craintes étaient, sans qu’ils le veuillent, un témoignage assuré à Jésus ; mais leur inimitié les conduit maintenant à rejeter ce qu’ils savaient être la vérité, même si c’était pour leur perdition éternelle.

« Et les onze disciples s’en allèrent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Et l’ayant vu, ils lui rendirent hommage ; mais quelques-uns doutèrent » (v. 16, 17). « Quelques-uns doutèrent » — et ils étaient des disciples. Combien Dieu est bon ! Combien Il surpasse les pensées de l’homme ! L’homme aurait dissimulé le fait. Pourquoi dire que certains de Ses disciples doutèrent ? Cela n’en ferait-il pas broncher d’autres ? Mais il est profitable de connaître la profondeur de nos cœurs incrédules — de voir que même en présence d’un Jésus ressuscité, « quelques-uns doutèrent ». Peu importe Son amour pour Ses enfants, Dieu ne cache jamais leurs péchés, ni ne passe légèrement dessus.

« Et Jésus, s’approchant, leur parla, disant : Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre… Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle ». Il me semble là qu’avec une telle parole, la scène de l’ascension serait incongrue. Il avait dit : « Voici, je suis toujours avec vous » ; et là, le rideau tombe — la bénédiction ininterrompue de cette promesse résonne dans le cœur ! Ainsi, garder hors de vue Son départ me semble être le couronnement de la beauté de la promesse d’adieu, et de tout l’évangile.

Et pourquoi n’avons-nous pas ici « la repentance et la rémission des péchés » ? Pourquoi pas « prêcher l’évangile à toute la création » ? Quelle est la convenance particulière de cette conclusion de Matthieu ? Le Seigneur, rejeté comme le Messie juif, ouvre de nouvelles opérations de Dieu avec les hommes. Auparavant, ils ne devaient pas même aller vers les Samaritains ; mais ici, une sphère entièrement nouvelle est ouverte. Ce n’est plus Dieu ayant Son habitation dans une nation ; c’est désormais cette pensée plus large — « Allez donc, et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (v. 19)[26]. Le baptême est ici en contraste avec la circoncision, et la révélation plus complète de la déité est en contraste avec le nom de Jéhovah par lequel Dieu était connu en Israël. « Leur enseignant à garder toutes les choses que je vous ai commandées ». Ceci s’accorde avec le sermon sur la montagne, où le Seigneur dit, en contraste avec ceux de l’ancienne époque : « Mais moi je vous dis ». Il était le prophète comme Moïse, que Dieu avait promis de susciter, et qu’ils étaient tenus d’écouter. Quel guide spécial cela formait pour les disciples juifs ! Ils devaient enseigner toutes les choses que Jésus avait commandées. Il était le Fils bien-aimé de Dieu, qui devait maintenant être écouté par-dessus tout. Il ne s’agissait pas de mettre les Gentils sous la loi — ce qui a été la ruine de la chrétienté, le reniement du christianisme, et le plus grand déshonneur fait à Christ Lui-même.

Et tout se termine là. Les disciples allaient entrer sur une scène troublée ; mais « Voici, moi [Jésus] je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle ». Et c’était, et c’est encore, suffisant pour la foi. Que Seigneur permette que nous confions nos âmes, pour ce temps et pour l’éternité, à cette Parole qui demeurera, quand le ciel et la terre passeront !