Le témoignage de Jean (3, 9), n’acceptait pas le fait qu’on était fils d’Abraham selon la chair. Dieu pouvait susciter des fils à Abraham par Sa toute-puissance. Le jugement ou le royaume était en vue ; il fallait la repentance, il fallait porter de bon fruit ; et, pour l’homme pécheur, le tout premier de ces fruits c’était la repentance : son baptême, en un mot, était le baptême de la repentance à l’approche du royaume et comme préparation pour y entrer. Le peuple non repentant ne pouvait entrer en masse. Or, si lui, Jean, baptisait d’eau pour la repentance, il y en avait un là qui allait exécuter le jugement en purifiant Son aire, mais Celui-là baptisait du Saint Esprit. Trois caractères se rattachaient à ce témoignage : le jugement particulier et séparatif ; déjà la cognée était à la racine des arbres (v. 10). Celui qui baptisait du Saint Esprit était là. Lui, purifierait Son aire par un jugement définitif qui rassemblerait le bon grain et brûlerait la balle au feu qui ne s’éteint pas. Jésus se rend à son baptême. C’est Son aire qui va être purifiée, le grenier est à Lui, c’est Lui qui brûle la balle dans le jugement : mais Il vient se placer au milieu de Son peuple. Rien de plus frappant que ce rapprochement, rien de plus positif que la déclaration qu’Il est l’Éternel, rien de plus clair que le fait qu’Il se place au milieu de Son peuple dans le chemin où Sa grâce Le conduit. Il ne se joint sûrement pas au peuple rebelle et revêche ; mais, dès le premier pas que font ceux qui, par la grâce, écoutent la parole du témoignage de Dieu, dès le premier pas dans le bon chemin, Christ se trouve avec eux dans Sa grâce infinie. Au verset 14, le cœur répond de suite au témoignage de Jean, que Celui qui venait là n’avait aucun besoin de la repentance. Nous le savons : c’était bien le contraire ; Il accomplissait la justice. Mais pour les siens c’était le bien selon Dieu, la vie de Dieu qui exhalait son premier souffle dans l’atmosphère de Dieu, mais qui, au milieu des hommes, faisait son premier pas dans le chemin divin, le chemin vers le royaume qui allait paraître. Il ne veut pas les y laisser seuls. Il prend Sa place avec eux. Grâce infinie, douce pensée pleine de Son amour pour le cœur des siens !
Remarquez aussi comment le Seigneur s’abaisse ici au niveau de Son messager : « Ainsi il nous est convenable d’accomplir toute justice ». Tu as ta part, moi la mienne, en accomplissant la volonté de Dieu. Le voilà déjà serviteur. Le voilà baptisé et ayant pris Sa place au milieu des siens, au milieu du résidu fidèle qui marchait sous l’effet de la puissance de la parole de Dieu. Et maintenant où est-Il, Lui, ce serviteur qui s’est abaissé Lui-même, prenant Sa place avec Son pauvre peuple, les plus pauvres de Son troupeau ? Le ciel est ouvert, le Saint Esprit descend sur Lui, le Père Le reconnaît pour Son Fils. Il est le modèle de la position qu’Il a prise pour nous par la rédemption. Jamais le ciel ne s’est ouvert auparavant, jamais il n’y a eu, sur la terre, un objet que le ciel pût reconnaître comme faisant ses délices ; maintenant il y en avait un. Pour nous aussi le voile est déchiré et le ciel est ouvert ; nous avons été oints et scellés du Saint Esprit comme Jésus l’a été ; le Père nous a reconnus comme Ses fils bien-aimés déjà dans ce monde. Lui était tel de Son propre et plein droit, digne de l’être en Lui-même ; nous avons été introduits par la grâce et la rédemption : mais Lui, entré au milieu de Son peuple, montre quelle est la position qui, en Lui, leur appartient : comme je viens de le dire, Il en est le modèle. Quel bonheur ! Quelle grâce ! Mais, remarquez-le bien, Sa divine personne reste toujours telle, différence d’ailleurs qui ne se perd jamais, quels que soient Son abaissement et Sa grâce envers nous. Lorsque le ciel est ouvert à Jésus, Lui n’a pas d’objet là-haut auquel Il regarde pour fixer Son attention. Il est Lui-même l’objet que contemple le ciel. Lorsque le ciel est ouvert à Son serviteur Étienne (comme il l’est à nous pour la foi), Jésus Fils de l’homme est l’objet qu’il contemple. En grâce, le Seigneur prend place avec nous. Il ne perd jamais la sienne, ni pour Son Père, ni pour le cœur du croyant ; plus nous sommes près de Lui, plus nous L’adorons.
Remarquez encore ici une autre chose bien importante. C’est dans et par l’abaissement volontaire de Jésus que toute la Trinité est pour la première fois pleinement révélée. Le Fils est là, l’objet spécialement en scène comme homme ; le Saint Esprit vient et demeure sur Lui ; et la voix du Père Le reconnaît : merveilleuse révélation associée avec la position que le Fils avait prise ! Le Fils est bien reconnu pour l’Éternel (Ps. 2) ; le Saint Esprit se trouve partout dans l’Ancien Testament ; mais la pleine révélation des trois personnes dans l’unité de Dieu — base du christianisme — est réservée pour le moment où le Fils de Dieu prend Sa place au milieu des pauvres de Son troupeau, Sa vraie place au milieu de la race dans laquelle Il trouvait Ses délices, les enfants des hommes. Quelle grâce que celle du christianisme ! Quelle place que celle où se trouvent nos cœurs, si, enseignés de Dieu, nous avons appris à connaître cette grâce et Celui dans lequel elle nous est parvenue ! Telle est donc notre position selon cette grâce, dans le Christ Jésus : devant Dieu notre Père rendus agréables dans le Bien-aimé.