« Élevé dans la gloire » (1 Tim. 3, 16)

Aux jours d’autrefois, les anges avaient désiré regarder de près dans les choses qui concernent Christ (1 Pier. 1, 12). Leur désir fut exaucé, quand les choses elles-mêmes furent manifestées et accomplies. Dans les évangiles, nous les voyons, en effet, témoins oculaires de ce qu’ils avaient longtemps souhaité de contempler. Ils eurent le privilège d’avoir leur place dans l’histoire de Christ — dans « le mystère de la piété » — « Dieu manifesté en chair », et d’en jouir, de même qu’autrefois ils avaient eu cette place dans le sanctuaire. Là, il est vrai, tout était pour l’usage et le bien des pécheurs. Les autels, la cuve, le propitiatoire, étaient tous ordonnés en vue de nous. L’activité et la grâce de la sacrificature dans la maison de Dieu étaient pour les pécheurs ; mais les chérubins établis dans le sanctuaire contemplaient ces merveilles, et plongeaient leurs regards dans les plus profonds mystères.

Il en fut de même au jour où les types trouvèrent leur réalisation, au jour des choses célestes elles-mêmes, quand « Dieu fut manifesté en chair ». Alors aussi tout était pour le service et le salut des pécheurs. Dieu ainsi manifesté devait être « prêché parmi les nations » et « cru au monde » ; mais, en même temps, c’était pour être « vu des anges ».

Ainsi la place qu’ils occupaient dans le sanctuaire, ils la prennent dans le grand mystère lui-même. Ils en sont les témoins oculaires — ils le regardent et le contemplent avec autant d’intensité et d’intérêt que les chérubins dans le saint des saints. « Les chérubins étendaient les ailes en haut, couvrant de leurs ailes le propitiatoire ; et leurs faces étaient l’une vis-à-vis de l’autre ; les faces des chérubins étaient tournées vers le propitiatoire ». Tels ils sont vus dans l’histoire de Christ, Lui la vraie arche.

L’ange du Seigneur vient avec son message céleste, annoncer aux bergers de Bethléhem la naissance de Jésus. Mais dès qu’il a accompli sa mission, il y a soudain avec lui « une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre paix, et bon plaisir dans les hommes ». Plus tard, quand le temps d’un autre grand événement est arrivé, et que « Dieu manifesté en chair » est ressuscité d’entre les morts pour être bientôt après « élevé dans la gloire », les anges sont encore là. Marie de Magdala se tient près du sépulcre et se baisse pour y regarder, « et elle voit deux anges, vêtus de blanc, assis un à la tête, et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché ». Puis au moment solennel de l’ascension, nous les retrouvons, instruisant les « hommes galiléens », des voies à venir de Celui qui venait d’être élevé dans le ciel.

Que nous dit ce regard des anges tourné vers le propitiatoire ? L’hymne de louanges de l’armée céleste dans les champs de Bethléhem ne faisait pas partie du message apporté aux hommes ; c’était un acte d’adoration envers Dieu. Ils n’instruisaient pas les bergers, et même ne s’adressaient pas à eux d’une manière formelle, mais ils exhalaient le ravissement que causaient à leur esprit la pensée de Celui qui venait de naître. Il en est de même au sépulcre. Quand Marie apparaît, ils ont, il est vrai, une parole de sympathie pour elle ; mais ils étaient là avant son arrivée, et ils y auraient été alors même qu’elle n’y fût pas venue. Ils étaient là, placés comme les chérubins qui, sur l’arche, tournaient leurs regards vers le propitiatoire ; ils étaient l’un à la tête et l’autre aux pieds à l’endroit où le corps de Jésus avait été couché.

Quelles saintes contemplations ! « Dieu a été manifesté en chair — a été vu des anges ». Avec quelle ardeur, bien-aimés, devrions-nous désirer de contempler, de louer et d’adorer ainsi ! Nous avons lieu de nous humilier et de nous affliger à cause de tout ce qui nous manque sous ce rapport. Nous aurions besoin d’être attirés plus que nous ne l’avons été par ces choses merveilleuses. Nous nous sommes souvent plus arrêtés à considérer la lumière de la connaissance des dispensations divines, qu’à ressentir la chaleur émanant des mystères de Bethléhem, du jardin et du mont des Oliviers, mystères révélés aux anges ravis. Et ainsi nous avons perdu, oui, beaucoup perdu de cette communion intime qui a caractérisé autrefois le sentier et l’esprit d’autres saints. C’est pourquoi, considérant l’état de choses autour de nous et parmi nous, j’ai désiré contempler avec vous cette grande vision — l’objet glorieux placé devant nos yeux, l’adorable personne, toujours la même, « Dieu manifesté en chair », suivi par la foi de la crèche à la croix ; de la croix à la résurrection dans le ciel où Il est à présent, et de là, plus tard, dans les siècles à venir.

Le Saint Esprit, d’une manière que nous nous arrêterons à considérer pendant un moment, se plaît dans Sa grâce à nous aider dans la contemplation de cette vision de la foi, en déroulant soigneusement devant nous, pour ainsi dire, les anneaux qui relient entre elles les différentes étapes de ce merveilleux voyage, depuis « Dieu manifesté en chair », jusqu’à « élevé dans la gloire ». Comme nous l’avons vu précédemment, le Saint Esprit, par le ministère de l’apôtre Jean, révèle ou proclame tout spécialement le lien qui existe entre « Dieu » et « la chair », dans la personne de Jésus. C’est ce que nous trouvons au commencement de son évangile et de son épître. Toutes les Écritures d’ailleurs, selon leurs divers caractères, supposent ou expriment cette vérité aussi bien que Jean. Mais c’est un autre anneau : celui qui unit « Dieu manifesté en chair », et « la gloire », ou le ciel, qui fera maintenant le sujet de notre méditation. Avec les évangélistes et les anges, nous passerons de Bethléhem au jardin du sépulcre, et au mont des Oliviers.

L’évangile de Matthieu rend témoignage d’une manière générale à la résurrection. L’ange auprès du sépulcre l’atteste ; les femmes retournant à la ville saisissent les pieds du Sauveur ressuscité, et les disciples Le rencontrent sur la montagne en Galilée.

Marc parle de plusieurs apparitions du Seigneur après Sa résurrection. D’abord, Il se montre à Marie de Magdala ; puis aux disciples qui étaient en chemin, et enfin aux onze, comme ils étaient à table.

Luc insiste davantage sur les preuves que Jésus donna à Ses disciples pour leur montrer que c’était Lui-même, et non un autre, qui était de nouveau au milieu d’eux. Il mange devant eux ; Il leur montre Ses mains et Ses pieds percés ; Il leur dit de Le toucher, parce qu’un esprit n’a ni chair ni os, comme ils voyaient qu’Il l’avait ; et enfin, Il leur fait voir par les Psaumes et les Prophètes, qu’il devait en être ainsi.

Jean, dans le style qui lui est particulier, joint son témoignage à celui des autres évangélistes. Dans son évangile, tout ce qui se rapporte au Seigneur est puissance et victoire, et au sépulcre il en est de même. Lorsque les disciples y viennent, ils voient les linges à terre, et le suaire qui avait été sur la tête du Seigneur, plié en un lieu à part. Point d’apparence de désordre, nul indice d’effort ni de lutte, aucun signe qui indiquât que quelque chose de difficile se fût accompli là. Tout s’y présente comme trophée et témoin de la victoire, plutôt que comme marque de l’ardeur et de la violence du combat. « Gloire, gloire au Vainqueur qui a été immolé », est la voix qui sort de la tombe, telle qu’elle est ouverte devant nous par Jean. Et si le lieu du triomphe nous parle ainsi, le Seigneur agit ensuite de la même manière. Il ne donne pas de Sa résurrection les mêmes preuves qu’en Luc ; des signes aussi sensibles, que c’est Lui-même qui est de nouveau au milieu d’eux. Il ne mange pas avec eux, comme nous le voyons dans ce dernier évangile ; le poisson cuit et le rayon de miel qu’Il prend devant Ses disciples, ne sont pas rappelés comme montrant avec évidence que c’est Lui qui est devant eux. C’est dans des régions plus élevées, pour ainsi dire, que la vérité de Sa résurrection est rapportée. Il l’atteste aux cœurs et aux consciences de Ses disciples. Sa voix venant frapper l’oreille de Marie, lui dit qui Il était, parce que le cœur de Marie était familier avec ce nom sortant de la bouche de son Seigneur ; et Il montre à Ses disciples Ses mains et Son côté percés, afin de parler de paix à leurs consciences par l’assurance du sacrifice accepté, de sorte que, du secret et des profondeurs de l’âme de l’un d’entre eux s’échappe le cri d’une entière conviction : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

Ainsi les évangélistes nous conduisent au jardin du sépulcre pour nous montrer Christ ressuscité. Mais le mont des Oliviers a aussi ses témoins — les témoins de l’ascension de Jésus, comme ils l’ont été de Sa résurrection.

Cependant, ni Matthieu, ni Jean, n’en parlent. L’évangile de Matthieu se clôt, quand le Seigneur est encore sur la montagne en Galilée. Jean ne nous conduit ni à Béthanie, ni au mont des Oliviers. Dans une action figurative, comme je le pense, après que les disciples eurent dîné en Sa présence sur le bord de la mer de Galilée, Il leur donne à entendre qu’Il va dans la maison de Son Père, et qu’ils L’y suivront ; mais ce n’est pas l’ascension elle-même, ce n’est pas la scène à Béthanie, ce n’est pas la translation effective du Seigneur de la terre au ciel.

Marc affirme le fait de l’ascension du Seigneur en ces termes : « Le Seigneur donc, après leur avoir parlé, fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la droite de Dieu ». Ici le fait — le moment même de l’ascension — est indiqué. Mais c’est tout. C’est simplement l’élévation dans le ciel de Celui à qui appartenaient tous les droits et les honneurs qui L’attendaient là-haut. Mais il n’y a point de communion en esprit de la part des disciples avec cet événement. Marc ne nous dit même pas d’une manière positive si les disciples en furent les témoins oculaires.

Luc nous donne bien davantage. Dans son évangile, l’ascension du Seigneur est contemplée par les yeux et les cœurs d’hommes qui y avaient — et ils le sentaient — leur propre et immédiat intérêt personnel : « Et il les mena dehors jusqu’à Béthanie, et levant ses mains en haut, il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant, il fut séparé d’eux, et fut élevé dans le ciel. Et eux, lui ayant rendu hommage, s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie. Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu ».

Ainsi, comme homme ressuscité, du milieu d’une foule de témoins qui pouvaient attester qu’Il était bien leur Jésus, Il atteint les cieux. Et bien qu’une nuée Le recevant, L’emportât de devant leurs yeux, ils savaient qu’Il était au-delà, dans les lieux très hauts, toujours le même Jésus. Jésus, qui avait mangé avec eux dans les jours où Il était ici-bas au milieu d’eux, avait mangé avec eux dans les jours de Sa résurrection ; Jésus, qui avait autrefois amené des multitudes de poissons dans leurs filets, l’avait aussi fait après Sa résurrection ; Jésus qui, dans le lieu désert, avait béni les pains et les leur avait donnés, venait de le faire de la même manière ; et c’était Lui qui maintenant, à leur vue, montait au ciel. Combien distinctement, bien que d’une manière variée, tous les pas de ce merveilleux voyage sont retracés pour nous, par le même Esprit, dans les évangiles. C’est toujours la même personne bénie que nous avons devant nos yeux, à Bethléhem, dans le jardin de la résurrection et sur la montagne de l’ascension. Manifesté en chair, le Fils poursuit sa course de Bethléhem au Calvaire. Ressuscité d’entre les morts, avec Ses mains et Son côté gardant l’empreinte des blessures qui Lui avaient été faites sur la croix, Il se fait voir à Ses disciples durant quarante jours ; puis, avec les mêmes mains et le même côté blessés, Il monte au ciel. Après, comme avant Sa résurrection, Il leur donne Ses enseignements ; Il leur confie un message et un ministère ; Il les connaît et les appelle par leurs noms ; puis enfin, tandis qu’ils Le regardaient s’en allant au ciel, comme s’ils L’avaient perdu pour toujours, les anges leur apparaissent pour leur dire que ce même Jésus avait encore d’autres voies à accomplir à leur égard : « Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici en regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel ».

Et c’est là le secret ou le principe de toute religion divine. C’est « le mystère de la piété ». Rien ne ramène l’homme à la connaissance et à l’adoration de Dieu, si ce n’est l’intelligence et la foi de ce mystère, par l’Esprit. C’est la vérité qui forme et remplit la maison de Dieu : « Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire ».

Gardons-nous, bien-aimés, constamment et d’une manière vivante, cette adorable personne devant les yeux de notre cœur ? Il a passé ici-bas à travers les fatigues et les douleurs de la vie ; Il est mort sur la croix ; Il est sorti ressuscité des profondeurs du sépulcre et est monté s’asseoir au plus haut des cieux. Les anneaux sont formés et ne seront jamais brisés, bien qu’ils unissent ce qu’il y a de plus élevé avec ce qu’il y a de plus abaissé. L’Esprit Saint les place devant nous, tels qu’Il les a formés, et les maintient devant nos yeux avec délices. Avec quel souffle divin, dans les psaumes 23 et 24, Il transporte le prophète de la vie d’abaissement, de foi, de dépendance et d’espérance, que Jésus a vécu ici-bas dans les jours de Sa chair, aux jours de Son entrée comme « l’Éternel puissant dans la bataille », « l’Éternel des armées », « le Roi de gloire », dans « les portes éternelles » de Sa Jérusalem millénaire !

Sommes-nous aussi, en esprit, sur ce chemin avec Lui ? Et posons à nos âmes cette autre question, bien propre à nous humilier de nouveau : Sommes-nous, en vivante et réelle puissance, avec notre Seigneur dans la période actuelle de ce mystérieux voyage ? Car, dans ce monde, Il est encore le Christ rejeté. À quel degré sommes-nous, en esprit, avec Lui comme tel ? Comprenons-nous ce pauvre ; persévérons-nous avec Lui dans Ses tentations (Ps. 41, 1 ; Luc 22, 28) ? « Hommes et femmes adultères, ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu ? ». Jésus n’était pas davantage quelqu’un dans le monde après Sa résurrection qu’Il ne l’avait été avant. La résurrection ne fait quant à cela aucune différence. Le monde n’était pas plus pour Lui alors qu’il ne l’avait été aux jours où, comme nous le savons, Il n’avait pas où reposer Sa tête. Il le laissa alors pour le ciel, comme Il l’avait auparavant laissé pour le Calvaire. Lorsqu’Il naquit, la crèche de Bethléhem Le reçut ; maintenant, ressuscité d’entre les morts, le ciel L’a reçu. Né dans ce monde, Il se proposa Lui-même à la foi et à l’acceptation d’Israël, mais Israël ne voulut pas de Lui. Ressuscité, Il fut de nouveau présenté à Israël par les apôtres, mais Israël Le refusa de nouveau — et Jésus est encore l’étranger ici-bas. Le temps actuel est encore celui où Il est rejeté. Bien qu’Il fût l’homme ressuscité, Il était solitaire sur la route de Jérusalem à Emmaüs, comme Il l’avait été dans Son chemin de Bethléhem au Calvaire. Mais, bien-aimés, est-ce dans ce caractère que vous et moi, nous nous sommes joints à Lui dans ce chemin ?

Plus d’une pensée serait trop grande et trop élevée pour nous, si nous n’étions pas formés pour la recevoir selon la méthode de la sagesse divine : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant », dit notre divin Maître, et c’est ainsi que Sa « débonnaireté » nous « agrandit » (2 Sam. 22, 36). Nous sommes préparés pour recevoir de Lui de plus grandes communications. Jésus peut annuler les distances, de même qu’Il peut mettre un frein aux oppositions. Sur le lac de Galilée, Il marchait sur les eaux agitées ; puis, dès qu’Il entre dans la nacelle, elle prend terre au lieu où ils allaient (Jean 6, 18-21).

Lorsque les rayons de cette gloire cachée viennent à percer la nue et entrent dans l’âme, comme ils sont les bienvenus ! Et qu’avons-nous à faire, sinon à ouvrir toutes les avenues de notre âme pour laisser entrer Jésus ? La foi écoute. Le Seigneur voulait que la pauvre Samaritaine au puits de Sichar L’écoutât simplement, du commencement à la fin. Elle peut parler et elle parle, en effet, mais ce qu’elle dit ne fait que rendre témoignage de ce fait que l’intelligence, la conscience et le cœur, étaient ouverts aux paroles du Seigneur. Et lorsque le vase tout entier fut ouvert, Jésus le remplit Lui-même.

C’est cette attitude recueillie de la foi, que nous désirons garder plus simplement, et surtout en nous occupant de ces sujets si saints et si profonds.

Nous avons brièvement retracé, d’après les évangiles, les liens qui unissent les diverses parties de ce grand mystère, les moments de transition dans le chemin suivi par notre Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu. En d’autres termes, nous avons été avec les anges et avec les disciples à Bethléhem, au jardin du sépulcre et au mont des Oliviers.

En entrant immédiatement après dans le livre des Actes, on est frappé de voir que ce qui remplit la pensée des apôtres et forme le grand thème de toutes leurs prédications, c’est que Jésus, Jésus de Nazareth, l’homme rejeté et crucifié ici-bas, est maintenant dans le ciel. Pierre rattache d’abord et constamment toute la grâce et la puissance qui (aux jours de son témoignage) se déployaient du ciel au milieu du peuple juif, au fait de l’ascension de Jésus de Nazareth.

Après la descente du Saint Esprit, le jour de la Pentecôte, la prophétie de Joël devient proprement et naturellement, je dirai même nécessairement, le texte des discours de Pierre. Mais en le développant, il y trouve et y montre Jésus de Nazareth, le crucifié. Il annonce que l’homme qui récemment avait été approuvé de Dieu au milieu d’eux par des miracles et des signes était maintenant dans le ciel, et que, comme étant le Dieu dont il est parlé dans cette prophétie, Il avait répandu le Saint Esprit promis. De plus, l’apôtre déclare que ce même Jésus était le Seigneur que la prophétie mentionne, Celui dont le nom était maintenant pour le salut, mais dont le jour serait bientôt pour le jugement. Tel est le discours et l’exhortation de Pierre sur le texte de Joël. C’est l’homme qui maintenant est dans le ciel, qu’il trouve et annonce dans toutes les parties de ce magnifique oracle.

Si Jean voit Jésus sur la terre dans la plénitude de Sa gloire sans tache, Pierre voit dans le ciel, dans le lieu de toute grâce, du salut et de la puissance, le Fils de l’homme, le Nazaréen, autrefois méprisé et rejeté ici-bas.

Dans le chapitre suivant, c’est Jésus de Nazareth — le nom couvert de mépris et d’opprobre parmi les hommes — c’est Jésus, maintenant glorifié en haut, dont Pierre parle et par lequel il agit. Le mendiant boiteux à la « belle porte » du temple est guéri par la foi en ce nom, et ensuite l’apôtre annonce que le ciel a reçu et gardera ce même Jésus jusqu’au temps où Sa présence, quand Il reviendra, apportera avec elle le rafraîchissement et le rétablissement de toutes choses. Sommé par les gouverneurs du peuple, dans le chapitre suivant, de dire par quelle puissance ils avaient opéré ce miracle, Pierre proclame ce même Jésus de Nazareth, le méprisé, comme étant la pierre rejetée ici-bas par ceux qui bâtissaient, mais devenue, dans le ciel, la maîtresse pierre du coin.

C’est là le nom et le témoignage — soit que nous voyions les apôtres en face de la puissance du monde, ou au milieu des douleurs des enfants des hommes, c’est leur unique pensée — en cela consiste tout leur art, leur vertu et leur force. Et aussitôt après leur déclaration devant le sanhédrin, c’est ce même nom de Jésus qui est le fondement de leur confiance en la présence de Dieu et par lequel ils se présentent devant Lui. L’homme faible aux yeux du monde, le « saint serviteur Jésus », contre lequel se sont élevés Israël et les Gentils, Hérode et Pilate, les rois de la terre et les gouverneurs, et qu’ils ont rejeté, est Celui en qui ils espèrent devant Dieu. Ils savent que Jésus est maintenant dans le sanctuaire. Ils Le connaissent là, comme auparavant ils L’avaient connu devant les hommes. Et remarquez les manières variées dont ils emploient ce nom. Remarquez l’assurance avec laquelle ils le présentent à ceux qui sont dans le besoin, la hardiesse avec laquelle ils le défendent devant le monde, et la tendresse de cœur avec laquelle ils s’appuient sur ce nom devant Dieu. Le lieu où ils ont ainsi parlé à Dieu en ce nom est ébranlé, et ils sont tous remplis de l’Esprit Saint. Toute puissance est reconnue dans le ciel comme appartenant à ce nom, comme auparavant toute puissance en avait découlé ici-bas. C’est par ce nom que le mendiant à la porte du temple avait été guéri, et le souffle puissant d’en haut vient ébranler le lieu où ce nom avait été invoqué. Il y a plus ; le monde et l’enfer même, sont émus en l’entendant, car les principaux sacrificateurs et les sadducéens sont remplis d’indignation et font jeter dans la prison publique ceux qui rendent témoignage à ce nom.

En même temps, Pierre établit pleinement la faiblesse et l’humiliation de Jésus qu’il avait ainsi, à diverses reprises, proclamé être élevé au plus haut des cieux. Cela est un trait frappant de ces premières prédications. Jésus a été mis à mort, dit Pierre, couvert d’opprobre, livré, renié, saisi, crucifié, tué, pendu au bois. Il emploie sans restriction ces expressions, et semble se glorifier dans le nom méprisé de « Jésus de Nazareth ». Il l’a constamment sur ses lèvres. Dans son style puissant et plein de vie, sous l’onction nouvelle de l’Esprit Saint, il rappelle et énumère toutes les formes de douleurs et d’ignominie que le « Prince de la vie, le Saint et le Juste », a endurées et portées dans Son cœur, dans Son corps, dans les circonstances où Il se trouvait ici-bas au milieu des hommes. C’est là Celui en qui il se glorifie dans tous ces chapitres qui retracent son ministère des premiers jours auprès des Juifs (Act. 2 à 4). Et cependant, Celui dont il vient de parler ainsi, en termes qui décrivent Son profond abaissement, il Le proclame comme étant l’homme des desseins de Dieu : « Seigneur et Christ ». Un homme dans le ciel qui était le Seigneur de David, la semence d’Abraham qui avait été suscitée pour bénir, le prophète promis, semblable à Moïse, qui était monté en haut, voilà la parole que Pierre prêchait avec hardiesse.

De même que cette onction de l’Esprit Saint conduit Pierre à rendre témoignage à l’homme dans le ciel, à Jésus de Nazareth renié ici-bas, mais maintenant exalté en haut, ainsi peu de temps après, Étienne, rempli de l’Esprit Saint, rend le même témoignage (chap. 7). Pierre parle de Jésus dans le ciel ; Étienne Le voit là. L’apôtre Le proclame sans crainte, le martyr Le voit sans un nuage : « Mais lui, plein de l’Esprit Saint, et ayant les yeux arrêtés sur le ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu ; et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ».

C’est ainsi que l’Esprit Saint place Jésus, élevé dans le ciel, sur les lèvres et le présente aux yeux de Ses différents témoins. Mais il est précieux d’ajouter que Jésus dans le ciel était une aussi grande réalité pour Pierre que pour Étienne, bien que Pierre ne connût le mystère que sous l’onction seulement, tandis qu’Étienne le connaissait étant ravi par l’Esprit. Puissent nos âmes, bien-aimés, Le connaître davantage dans la même puissance ! Puissions-nous en jouir dans la lumière de l’Esprit Saint maintenant, comme nous en jouirons dans une vision plus claire durant l’éternité !

Telle est la première prédication dans les Actes, après que le grand lien a été formé entre « Dieu » et « la chair »[12], et entre « Dieu manifesté en chair », et le « ciel ». Mais quelle vaste et merveilleuse scène est ainsi placée devant les yeux de la foi, pour notre bénédiction, notre lumière et notre joie. Nous voyons les liens entre le ciel et la terre, entre Dieu et les pécheurs, entre le Père et la crèche de Bethléhem, entre la croix du Calvaire et le trône de la Majesté dans les lieux très hauts. La pensée de l’homme aurait-elle jamais pu former une semblable scène ; aurait-elle pu jamais y atteindre ? Mais elle est là devant nous, une grande réalité actuellement et pour l’éternité. « Or, qu’il soit monté, qu’est-ce, sinon qu’il est aussi descendu dans les parties inférieures de la terre ? Celui qui est descendu est le même… qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses ». L’Esprit avait révélé le Dieu de gloire dans le petit enfant de Bethléhem, et maintenant, quand toute puissance et toute grâce sont manifestées du ciel par l’effusion de l’Esprit Saint, la guérison des souffrances des hommes, le salut des pécheurs, la promesse des jours de rafraîchissement et de rétablissement, tout se trouve et est proclamé être dans et par l’homme glorifié dans le ciel. Quels divins mystères ! Combien ils surpassent toutes les conceptions du cœur ! « Qui disent les hommes que je suis, moi, le Fils de l’homme ? », demandait le Seigneur dans les jours de Son humiliation ; et la seule vraie réponse était : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Et lorsqu’au temps où les apôtres prêchaient, on leur demande : « Par quelle puissance ou par quel nom avez-vous fait ceci ? » la réponse divine est : « C’est par le nom de Jésus de Nazareth, que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité d’entre les morts : c’est par ce nom que cet homme est ici devant vous, plein de santé ».

C’est Jésus, toujours le même, l’unique. Il a laissé Son mémorial dans « les parties les plus basses de la terre », et l’a porté avec Lui en haut, « au-dessus de tous les cieux ». Il remplit toutes choses. Dieu a été ici-bas, l’homme est là-haut. La foi avait saisi autrefois que Dieu était sur la terre dans Sa pleine gloire, le Fils unique parmi les enfants des hommes, et de même la foi saisit maintenant que l’homme est dans le ciel, ayant passé là de la scène d’ici-bas où Il fut dans le mépris, l’opprobre, la faiblesse et l’humiliation. Oui, la foi s’empare de ce mystère que c’est Lui, le même, l’unique — que Celui qui est monté est Celui qui est descendu, que Celui qui est descendu est aussi le même qui est monté.

Quelqu’un a dit : S’Il était glorieusement propre à accomplir tous les actes et les devoirs de Son office de médiateur, c’est à cause de l’union de Ses deux natures dans la même personne. Celui qui fut conçu et qui naquit de la vierge était Emmanuel, Dieu manifesté en chair : « Un enfant nous est né ; un fils nous a été donné,… et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix ». Celui qui parlait aux Juifs, comme un homme ayant à peine plus de trente ans, était « avant qu’Abraham fût » (Jean 8). L’œuvre parfaite et complète dans chaque acte de Sa charge de médiateur, en tout ce qu’Il fit, en tout ce qu’Il souffrit, en tout ce qu’Il continue à accomplir, est l’acte et l’œuvre de Sa personne tout entière.

Tel est le mystère. La foi le saisit avec une pleine assurance et écoute avec intelligence et joie cette parole : « Justifié en Esprit, prêché parmi les nations, cru au monde ». Dieu, bien que manifesté en chair, fut justifié en Esprit. Tout en Lui était gloire morale parfaite ; tout, pour la pensée et l’acceptation divines, était infiniment et ineffablement juste. Nous, nous avons besoin d’une justification en dehors de nous, accomplie par un autre. Rien en nous ne peut se justifier par soi-même ; en Lui, tout le pouvait. Pas un mot, pas un soupir, pas un mouvement qui ne fût une offrande agréable, un parfum de bonne odeur : « Il était sans tache aussi bien comme homme, qu’Il l’était comme Dieu ; aussi pur au milieu des souillures du monde, que lorsqu’Il faisait chaque jour les délices du Père avant que le monde fût ». La foi reconnaît cela, sans qu’un nuage vienne l’obscurcir. Elle sait aussi que les travaux et les douleurs, la mort et la résurrection de cet Être béni, « Dieu manifesté en chair, justifié en Esprit », n’étaient pas pour Lui-même, comme s’Il en eût besoin, mais pour les pécheurs, afin que Sa précieuse histoire pût être « prêchée parmi les nations », et « crue au monde ». Dans le sacrifice qu’Il a accompli, dans la justice qu’Il a opérée et introduite, Il est présenté aux pécheurs, même les plus éloignés, quels qu’ils soient, près ou loin, Juifs ou Gentils, afin qu’ils se confient en Lui, et soient assurés par Lui de leur justification.

Le temps manquerait pour suivre et contempler dans la Parole de Dieu, tout ce qui se rapporte à ce mystère ; je voudrais seulement ajouter que, parmi toutes les épîtres, qui viennent après le livre des Actes, celle aux Hébreux Le présente à nos âmes d’une manière prééminente. « Reçu dans la gloire », est la voix qui se fait entendre d’un bout à l’autre de ce divin oracle. Oh ! que notre âme eût en puissance ce dont notre esprit jouit en écoutant cette voix ! Je ne puis écrire sinon avec ce sentiment, et ne voudrais pas écrire sans le confesser.

Chaque chapitre de cette merveilleuse épître, chaque phrase de l’argumentation de l’apôtre, présente à nos regards Jésus monté au ciel. Elle s’ouvre par cela tout à coup et directement. Elle semble nous imposer ce sujet d’une manière pour ainsi dire abrupte. Et cela certes est bienvenu à l’âme. Le Fils, le resplendissement de la gloire de Dieu, l’empreinte de Sa substance, est contemplé, après avoir fait la purification des péchés, assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux, héritier là d’un nom plus excellent que les anges, possédant un titre au trône qui demeure aux siècles des siècles, et occupant en haut la place de la dignité et de la puissance, jusqu’à ce que Ses ennemis soient mis pour marchepied de Ses pieds.

Le second chapitre nous présente le même objet sous un autre aspect. Celui qui sanctifie ayant condescendu à participer à la chair et au sang, à n’avoir pas honte d’appeler frères ceux qui sont sanctifiés, à prendre en main leur cause, est ensuite, dans l’humanité qu’Il a prise, considéré comme remonté dans le ciel pour y accomplir pour nous tous les services d’un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur. Et l’épître est tellement remplie de cette pensée, que le même chapitre nous la présente une seconde fois, en nous montrant, dans le psaume 8, cet « homme, fait un peu moindre que les anges », mais maintenant « couronné de gloire et d’honneur ».

Les chapitres qui suivent (3 et 4), forment comme une parenthèse se rapportant aux enseignements précédents ; mais cependant Christ y demeure toujours placé de la même manière devant nos yeux. Nous Le voyons ici sur la terre, tenté comme nous en toutes choses, à part le péché ; mais ayant traversé les cieux, Il est là, dans le sanctuaire, Jésus, le Fils de Dieu, afin que nous trouvions grâce et que nous soyons aidés au moment opportun.

Dans le sujet de la sacrificature, traité dans les chapitres 5 à 7, nous avons encore devant nous le Seigneur monté en haut. Le Fils est déclaré être sacrificateur « élevé plus haut que les cieux ». Il était descendu du ciel afin de naître de la tribu de Juda, et afin d’être consommé[13] dans les jours de Sa chair ici-bas, mais étant remonté en haut, Il est devenu l’auteur du salut éternel pour tous ceux qui Lui obéissent.

Il en est de même dans le grand sujet traité ensuite — celui des alliances (chap. 8 et 9). Dès le début, nous voyons Jésus « assis à la droite du trône de la Majesté dans les cieux, ministre des lieux saints et du vrai tabernacle que le Seigneur a dressé, non pas l’homme », ministre et médiateur d’une meilleure alliance.

Et dans le chapitre suivant, où la victime est la pensée dominante, comme l’avaient été la sacrificature et les alliances dans les chapitres précédents, c’est encore le même Jésus monté au ciel que nous avons sous les yeux (chap. 10). C’est Celui qui pouvait dire : « Voici, je viens ! » qui, révélé comme ayant sanctifié les pécheurs dans le corps qui Lui avait été préparé sur la terre, est ensuite monté aux cieux, nous ouvrant le chemin pour entrer en pleine liberté dans les parvis des plus hauts lieux, dans la sainte et ravissante présence de Dieu.

C’est ici que se termine la partie doctrinale de l’épître, nous montrant sous ses caractères différents et sous des aspects divers, la même admirable et glorieuse personne, le Fils de Dieu monté au ciel.

Mais si riche et abondante est cette épître en traitant ce sujet, si fidèle est-elle à retenir la même pensée, que la doctrine ayant été exposée, nous retrouvons dans les exhortations pratiques le même grand mystère — Christ dans les cieux. Jésus, « le chef et le consommateur de la foi », à la fin de Sa vie de foi ici-bas, est vu dans le ciel : « Fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu ». Ainsi, nous Le voyons dans le ciel sous ce nouveau caractère — la vie de foi L’y a conduit, ainsi que tout ce qu’Il a fait et souffert pour nous en grâce divine. Et c’est là qu’Il brille aux yeux de la foi ; et eussions-nous de l’intelligence pour le discerner et un cœur pour en jouir, nous saurions que le ciel lui-même resplendit d’une beauté et d’une gloire qui lui étaient inconnues avant que Jésus y fût entré, revêtu de tous Ses caractères conquis et acquis sur la terre pour nous pécheurs.

Et voici le mystère : le Fils a participé à la chair et au sang ; Il a ainsi pris en main la cause de la semence d’Abraham, et ensuite cette personne adorable a été reçue dans le ciel. « Dieu a été manifesté en chair — a été élevé dans la gloire ». Heureuse et bénie est cette occupation de l’âme qui cherche, comme nous l’avons fait, à découvrir les liens mystérieux qui unissent ces deux points extrêmes ; liens formés pour ne pouvoir jamais être brisés, bien que reliant ensemble des choses séparées par des distances que nulle pensée d’une créature ne saurait mesurer. L’Esprit Saint les place devant nous, tels qu’Il les a formés pour la gloire et les délices divines, selon les conseils éternels de Dieu. « La Parole devenue chair » de Jean, est ce « quelque chose de bon » venu de Nazareth (Jean 1). L’Emmanuel de Matthieu, était le petit enfant couché dans la crèche et adoré à Bethléhem (Matt. 1 ; Luc 2). Au milieu du trône se voit un Agneau comme immolé (Apoc. 5). Dans la personne de Celui dont les lèvres parlaient avec une sagesse qui s’adaptait aux choses journalières de la vie humaine, nous trouvons Celui qui, dans le secret de la déité en trois personnes, avait été établi comme le fondement de toute voie divine (Prov. 8). Dans le buisson d’Horeb, se trouvait le Dieu d’Abraham ; dans la nuée au désert, c’était la gloire ; l’homme ayant une épée nue en sa main près de Jéricho, était le chef de l’armée de l’Éternel ; l’étranger qui visitait Gédéon dans son aire et Manoah dans son champ, était le Dieu à qui seul est dû l’hommage de toute la création. Ce sont là quelques-uns des témoins qui montrent comment, en grâce infinie et pour le bon plaisir et la gloire de Dieu, les choses les plus basses et les plus élevées sont unies ensemble : « Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel ».

Avec quelle beauté exquise cette pensée de l’apôtre écrivant aux Éphésiens, surgit devant le cœur renouvelé : « Or, qu’il soit monté, qu’est-ce, sinon qu’il est aussi descendu dans les parties inférieures de la terre ? ». Les dignités et les offices dont Il est revêtu, les services qu’accomplit et rend Celui qui est monté au ciel, sont d’un caractère si éminent, qu’ils nous disent que Celui qui était descendu avait déjà été dans le ciel au-dessus de toutes choses, ainsi qu’il est écrit : « Celui qui vient du ciel est au-dessus de tout ». La dignité et la grandeur de Sa personne sont renfermées dans ce mystère : Il est monté et Il est descendu. Le passage d’Éphésiens 4, 8 et 9, semble l’indiquer, et l’épître aux Hébreux en développe pleinement les raisons. En effet, elle nous dit qu’avant de monter au ciel, Il avait accompli l’œuvre de la purification des péchés ; qu’Il avait détruit celui qui avait le pouvoir de la mort et délivré ses captifs ; qu’Il avait été consommé comme auteur du salut éternel pour ceux qui Lui obéissent (chap. 1 ; 2 ; 5). C’est dans ces caractères qu’Il est monté en haut, et maintenant qu’Il s’y trouve, Il remplit le vrai sanctuaire dans les cieux, le tabernacle que Dieu a dressé et non point l’homme, et Il est là pour nous assurer un héritage éternel (chap. 8 ; 9).

Qui aurait pu s’élever dans une telle gloire et une telle puissance, sinon Celui qui avait déjà été dans le ciel, « au-dessus de tout » ? « Or, qu’il soit monté, qu’est-ce, sinon qu’il est aussi descendu ? ». Les offices qu’Il remplit nous disent qui Il est. Ses souffrances, Sa faiblesse et Son humiliation même, nous disent la gloire divine de Sa personne.

Mais il est dit aussi : « Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses ». Cela nous dit l’étendue sans bornes de Sa souveraineté, de même que ce qui est mentionné auparavant nous avait révélé la dignité de Sa personne. Dans Ses œuvres, dans Ses allées et Ses venues, dans Ses triomphes, Il a visité et parcouru les régions les plus élevées et les plus basses. Il a été sur la terre, dans les parties inférieures de la terre. Il a été dans le sépulcre, le domaine du pouvoir de la mort. Il est maintenant dans les plus hauts cieux, au-dessus des principautés et des puissances. Ses royaumes et l’étendue de Sa domination sont ainsi placés devant les yeux de notre foi. Ni le faîte du temple, ni le sommet le plus élevé de la plus haute montagne, n’auraient pu offrir une telle vue. Mais la foi la contemple. « Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses ».

Tel est le mystère. C’est le même Jésus, Emmanuel, le Fils unique, et cependant Celui qui a participé à la chair et au sang, qui a pris la postérité d’Abraham. Mais ici, je me sens appelé à le dire : Nous ne devons pas confondre les deux natures dans cette personne glorieuse et bénie. Je m’incline avec foi devant cette vérité que Celui qui sanctifie a participé à la chair et au sang. Je reconnais de toute mon âme la vraie humanité de Sa personne ; mais ce n’était pas une humanité imparfaite ; elle n’était en aucune manière dans la condition ou sous les résultats du péché. Mais je demande en même temps : N’y aurait-il pas dans l’esprit de plusieurs, à l’égard du mystère de la personne de Christ, quelque incrédulité inconsciente et cependant réelle ? L’indivisibilité de Sa personne dans toutes les périodes et les transitions de Sa glorieuse et mystérieuse histoire, est-elle bien gardée devant les yeux de l’âme ?

Combien je désirerais la grâce de pouvoir me réjouir des termes dans lesquels l’Esprit Saint parle, et proclamer « l’homme Christ Jésus » ! L’homme qui est ressuscité est le gage de notre résurrection (1 Cor. 15, 20). L’homme monté au ciel, nous donne la pleine assurance que nos intérêts sont à chaque instant sauvegardés devant Dieu dans le ciel (1 Tim. 2, 5). L’homme qui doit revenir bientôt du ciel, sera la joie et la sécurité du royaume à venir (Ps. 8). Le mystère de l’homme obéissant, mort, ressuscité, monté au ciel et en revenant, supporte, peut-on dire, tout le conseil de Dieu. Mais, je le répète, l’âme doit garder avec soin l’unité de Sa personne. L’œuvre parfaite et complète de Christ dans chaque acte de Son ministère, dans tout ce qu’Il a fait, dans tout ce qu’Il a souffert, dans tout ce qu’Il continue à accomplir, est l’œuvre de Sa personne tout entière. Oui, certes, et toute Sa personne était sur la croix, comme partout ailleurs. La personne était la victime et dans cette personne était le Fils, « sur toutes choses Dieu béni éternellement ». Il remit Son esprit, bien que mourant sous le jugement de Dieu contre le péché, et bien que crucifié, mis à mort par les mains d’hommes iniques. Et cela est une grâce infinie.

C’était Lui, bien-aimés, Lui-même, du commencement à la fin. Il traça Lui-même Son mystérieux sentier, mais Il le traça seul, sans être aidé par personne. Nul autre que Lui, « Dieu manifesté en chair », n’eût pu le faire. Le Fils devint l’Agneau pour être immolé sur l’autel ici-bas, et ensuite l’Agneau qui avait été immolé a atteint la place de gloire au-dessus de tous les cieux. C’est la gloire de cette personne qui donne son efficacité à toute Son œuvre. Les services et les douleurs ne seraient rien, la mort, la résurrection et l’ascension ne seraient rien, si Jésus n’était pas Celui qu’Il est. Sa personne est le Rocher, et c’est pourquoi Son œuvre est parfaite. Là est le mystère des mystères. Mais Il ne nous est pas présenté pour que nous le discutions ; Il est placé devant nous comme l’objet de notre foi, de notre confiance, de notre amour et de notre adoration.

Dieu et l’homme, le ciel et la terre, sont ensemble devant les pensées de la foi dans ce grand mystère. Dieu a été ici-bas, sur la terre, et Il y a été en chair ; et l’homme glorifié est en haut dans le ciel. Ce sont les liens entre ces grands objets que j’ai cherché à considérer en détail ; et cet exercice de l’âme est bien propre à rendre réels et à rapprocher de nos cœurs le ciel et l’éternité. Les distances morales sont infinies, mais les distances elles-mêmes ont disparu maintenant. La nature humaine, envahie par les convoitises et la mondanité, rend difficile à l’âme d’entrer dans ces choses, mais la distance en elle-même n’est rien. Jésus, après être monté dans le ciel, se montra « en un moment, en un clin d’œil » à Étienne, hors de la cité des Juifs ; et dans un intervalle de temps tout aussi rapide, Il resplendit sur le chemin de Saul de Tarse, alors que celui-ci se rendait de Jérusalem à Damas. Nous n’avons pas aujourd’hui de telles manifestations de la gloire, mais sa proximité et sa réalité sont garanties et confirmées à nos âmes, par la vue de ces grands mystères.

Le royaume à venir ne sera-t-il pas la manifestation des résultats de ces liens mystérieux qui unissent le ciel et la terre ? Tous deux, de différentes manières, en seront les témoins et les célébreront. « Que les cieux se réjouissent et que la terre s’égaye ». L’Église, une avec l’homme exalté et glorifié, sera en haut, au-dessus des principautés et des puissances. L’échelle que vit Jacob, sera établie, le Fils de l’homme sera le centre aussi bien que le soutien de tout ce système à venir de gloire et de gouvernement. Les nations n’apprendront plus la guerre. Le bois de Juda et celui d’Éphraïm seront un, et un seul roi sera leur roi à tous deux. « Et il arrivera, en ce jour-là, que j’exaucerai, dit l’Éternel, j’exaucerai les cieux, et eux exauceront la terre, et la terre exaucera le froment et le moût et l’huile, et eux exauceront Jizreël ». Qu’est-ce que tout cela, sinon un fruit béni que l’on recueillera dans les jours du royaume à venir, fruit de ces liens qui ont déjà été formés, comme nous l’avons vu ? Les germes et les principes de toutes ces manifestations dans les cieux et sur la terre, parmi les anges, les hommes, toutes les créatures, et la création elle-même, se trouvent à Bethléhem, au jardin du sépulcre et au mont des Oliviers.

Puissent nos consciences et nos cœurs apprendre cette leçon ! Puissions-nous, associés plus intimement aux anges dans les champs de Bethléhem et au sépulcre de Jésus, contempler ces liens mystérieux dont nous avons parlé ! Ou encore, avec le même cœur que les disciples sur la montagne des Oliviers, arrêter nos regards sur ce glorieux lien qui se formait entre Jésus et les cieux (voyez Luc 24, 44-52). Semblables à Israël, ils célébraient alors la fête des prémices (Lév. 23, 9-14). Jésus, les vraies prémices, venait d’être recueilli, et Lui, leur divin Maître, leur avait expliqué le mystère de cette première gerbe cueillie, c’est-à-dire la signification de Sa résurrection. Ils contemplaient alors ce glorieux moment. Ils fixaient leurs regards sur leur Seigneur ressuscité qui montait au ciel, et ils célébraient la fête comme avec un sacrifice d’holocauste : « Eux, lui ayant rendu hommage, s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ».

Assurément, nous pouvons dire : « Le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire ».

Il a été reçu glorieusement ou en gloire, aussi bien que dans la gloire. Il est entré dans la lumière des plus hauts cieux, mais Il y est entré glorieux Lui-même ; et Il est là, dans le corps de Sa gloire, modèle de ce que seront les nôtres. L’humanité réelle est là, dans les plus hauts cieux, mais elle y est glorifiée. Et, bien que glorifiée, c’est cependant la vraie nature humaine. Jésus est au ciel, revêtu du même corps que celui qu’Il avait ici sur la terre, quand Il marchait au milieu des hommes. C’est cette « sainte chose », formée directement par le Saint Esprit dans le sein de la vierge. C’est là le « Saint » qui, bien que couché dans le tombeau, n’a point senti la corruption. C’est là ce corps qui fut offert pour nous, et dans lequel Il porta nos péchés sur le bois. Cette nature humaine dans laquelle Il souffrit toutes sortes d’insultes, d’ignominies, de mépris et de misères, est maintenant assise pour toujours dans une gloire ineffable. Le corps qui autrefois fut percé, et nul autre, est celui que tout œil verra. Ce tabernacle ne sera jamais abattu. La personne de Christ, qui comprend Sa nature humaine, sera l’objet éternel et divin de la gloire, de la louange et de l’adoration. Sa position actuelle est celle de la gloire la plus élevée, de l’exaltation au-dessus de toute la création de Dieu, et au-dessus de tout nom qui se nomme ou qui peut être nommé.

Il a été « élevé dans la gloire », avec l’amour ineffable et l’acceptation sans limites et sans réserve de Dieu le Père, après avoir opéré et accompli le dessein de Sa grâce dans la rédemption des pécheurs.

Il a été reçu en triomphe, ayant emmené captive la captivité et dépouillé les principautés et les puissances, et Il s’est assis à la droite de la Majesté dans les lieux très hauts, toute autorité Lui ayant été donnée dans le ciel et sur la terre.

Il a été reçu en haut comme le Chef de Son corps, l’Église, de sorte que de la plénitude de la déité, qui habite en Lui corporellement, elle « croisse de l’accroissement de Dieu », par le Saint Esprit qui nous a été donné.

Il a été reçu en haut comme dans un temple, où Il paraît pour nous en la présence de Dieu, assis là comme ministre du vrai tabernacle, faisant continuellement intercession pour nous, et en cela, comme en d’autres voies de grâce, servant dans Son corps devant le trône.

Il a été élevé et est entré comme notre précurseur dans la maison du Père, pour y préparer une place pour les enfants, afin que là où Il est, nous, nous y soyons aussi.

Et de plus, s’Il s’est assis dans le ciel, c’est comme quelqu’un qui attend. Il attend, en effet, le moment où Il viendra à la rencontre de Ses saints dans les airs, afin qu’ils soient avec Lui pour toujours. Il attend jusqu’à ce qu’Il vienne apporter à la terre des temps de rafraîchissement par Sa présence. Il attend jusqu’à ce que Ses ennemis soient mis pour marchepied de Ses pieds.

Notre affection est bien froide et notre énergie bien petite, mais en principe je ne sache rien qui soit digne de ces visions de la foi, si ce n’est cet esprit de dévouement qui peut dire avec Paul : « Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance », et cet esprit de désir qui s’élance vers Lui et dit : « Viens, Seigneur Jésus », viens promptement.

Bien-aimés, notre Dieu a ainsi Lui-même uni Sa divinité à l’humanité qu’Il a prise, par des liens qui ne peuvent jamais être rompus, et que le délice et la gloire qu’Il y trouve, aussi bien que Son conseil et Sa force, rendent sûrs et stables pour toujours. Nous les avons contemplés, ces liens, mystérieux et précieux à la fois. Lui-même les a formés, Lui-même les constitue, la foi les saisit, et, établi sur le Rocher des siècles, le pécheur croyant se repose en paix et en sécurité.

De toute mon âme, je dis : Puissent ces méditations aider à rendre plus réels et plus rapprochés de nous ces objets de la foi ! Elles seront sans valeur, si elles ne tendent pas à Le glorifier dans nos pensées, à Le donner, Lui, avec une fraîcheur et une force nouvelle à nos cœurs.

Plus près de toi, mon Dieu,
Toujours plus près de toi.

Que ce soit le soupir de nos âmes jusqu’à ce que nous Le voyions ! Amen.