Les chefs rejetés (Chap. 11, 27 à 12, 44)

Nous avons vu le Seigneur Jésus présenté à la nation comme le Roi — le Fils de David, mais rejeté par les chefs du peuple qui cherchaient « comment ils le feraient mourir ». Dans cette partie de l’évangile, les chefs des différentes classes composant la nation paraissent dans leur véritable condition et sont rejetés par Christ.


Chapitre 11, 27 à 33. Comme toujours, les adversaires les plus acharnés de Christ sont les chefs religieux d’un système corrompu. Les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens sont les premiers à être démasqués dans la présence du Seigneur. Par l’exercice de Sa puissance et de Sa grâce divines, le Seigneur avait rendu la vue à un aveugle. Comme Fils de David, Il était entré à Jérusalem et avait purifié le temple. Hélas ! ces chefs religieux, préoccupés uniquement d’eux-mêmes et de leur réputation en matière de religion, étaient aussi insensibles aux besoins des hommes qu’à la sainteté de la maison de Dieu. Soucieux de maintenir leur propre autorité, ils ne pouvaient supporter que, dans le domaine religieux, quelque chose se fasse indépendamment d’eux. Indifférents à la corruption qui existait dans la maison de Dieu et incapables d’y remédier, ils s’opposent à Celui qui peut et qui veut s’occuper du mal, et ils le font en soulevant la question de Son autorité.

Le Seigneur leur répond en les questionnant au sujet de Jean le baptiseur. Puisqu’ils prennent la place de chefs religieux, sont-ils en mesure de déclarer si l’autorité de la mission de Jean venait du ciel ou des hommes ? La question du Seigneur, non seulement démontre leur incapacité de juger en matière d’autorité, mais dévoile leur hypocrisie flagrante.

Le fait qu’ils raisonnent entre eux avant de répondre au Seigneur prouve qu’ils étaient dépourvus de tout principe. En bons politiciens, ils étaient prêts à répondre d’une manière ou d’une autre, indépendamment de leurs convictions. Mais ils étaient conscients que leur réponse, quelle qu’elle soit, les exposait à être condamnés, ou par le Seigneur ou par les hommes. Aussi se retranchent-ils dans le silence en déclarant : « Nous ne savons ». Leur méchanceté et leur hypocrisie ayant été démasquées, le Seigneur refuse de répondre à leur question.


Chapitre 12, 1 à 12. La fourberie des chefs religieux qui, ne pensant qu’à leur propre réputation, « craignaient le peuple » mais n’avaient aucune crainte de Dieu, a été manifestée. Le Seigneur place maintenant devant eux, dans une parabole, l’histoire morale de la nation. Il montre que, comme les principaux sacrificateurs de ce temps-là, ainsi dans le passé, les conducteurs avaient toujours failli quant à leur responsabilité. En outre, considérant le proche avenir, le Seigneur annonce le jugement qui allait venir sur les chefs et sur la nation. Comme la vigne de la parabole, Israël avait été établi dans un pays choisi ; le peuple avait été séparé des nations par une loi qui réglait la vie et qui, semblable à une clôture, établissait des limites autour de lui. De même que la fosse avait été creusée pour le pressoir, il avait été pourvu à tout pour que la nation porte du fruit pour Dieu. Et, comme la vigne protégée par une tour, ils avaient été mis à l’abri de tout ennemi. La nation avait donc reçu la responsabilité de maintenir sa position unique et de produire du fruit pour Dieu.

« En la saison », Dieu vient chercher ce que la nation aurait à Lui offrir en retour de toute Sa bonté. Hélas ! cette épreuve morale de l’homme, telle que l’histoire d’Israël la présente, ne sert qu’à prouver sa ruine totale. Il n’y a rien pour Dieu dans le cœur de l’homme, même quand il est aussi abondamment béni de Dieu et que tout lui est donné pour prendre conscience de cette bonté.

C’est ainsi que toute tentative de la part de Dieu pour recevoir du fruit de la nation est non seulement repoussée, mais traitée avec un ressentiment croissant. Le premier serviteur est renvoyé à vide. Le deuxième est couvert d’outrages. Les suivants rencontrent non seulement les outrages, mais la persécution, et même la mort. La nation manifeste de plus en plus l’échec de l’homme laissé à sa propre responsabilité. Mais il reste une dernière épreuve à faire, pour voir s’il est possible de toucher le cœur de l’homme. Dieu a un Fils, un Fils unique et bien-aimé ; c’est Lui qu’Il enverra, et s’il y a une étincelle de bonté dans la race humaine, ils auront certainement du respect pour Lui. On aurait pu trouver des motifs d’antipathie, et même de haine, dans les meilleurs des prophètes et des rois, mais dans le Fils il ne peut y avoir aucun motif de haine. Hélas ! Il a dû dire : « Ils me font la guerre sans cause. Pour mon amour, ils ont été mes adversaires… Ils m’ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour mon amour » (Ps. 109, 3-5).

La venue du Fils manifeste l’état réel du cœur de l’homme. Israël voudrait bien d’un royaume sans Christ, et les Gentils, d’un monde sans Dieu ; c’est ce qu’expriment les cultivateurs de la parabole : « Celui-ci est l’héritier ; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous ». Et aujourd’hui, le monde entier se comporte comme ces chefs d’Israël aux jours du Seigneur. Il apparaît de plus en plus clairement que la volonté de l’homme est d’exclure Dieu de Son propre monde. Les évolutionnistes veulent évincer Dieu de Sa création ; les politiciens, L’éliminer du gouvernement, et les modernistes, Le bannir de la religion.

Il nous est accordé de voir ici le vrai caractère de la chair qui est en nous. Elle peut être patriotique, sociale et religieuse, mais si nous la laissons agir à sa guise, elle mettra Christ à mort et Le rejettera du monde. Christ — le Christ de la révélation (car la chair peut même se forger un Christ selon sa propre imagination) — est la vraie pierre de touche ; cela démontre que malgré la belle apparence extérieure que la chair peut parfois revêtir, elle est toujours fondamentalement en opposition mortelle avec Dieu.

Ce rejet de Christ entraîne le jugement gouvernemental sur la nation juive et amènera Dieu à en susciter d’autres chez lesquels Il cherchera du fruit. Le Seigneur cite leurs propres écritures (Ps. 118, 22, 23) pour les convaincre du péché qu’ils commettaient en Le rejetant. Par ce terrible péché, ils s’opposaient directement à Dieu ; car Celui qu’ils allaient clouer à une croix, Dieu L’exalterait à la gloire suprême. Le Seigneur indique toutefois que le moment vient où un résidu repentant reconnaîtra que ce que le Seigneur a fait est une chose merveilleuse devant leurs yeux.

L’homme dont la conscience est touchée sans que le cœur soit atteint n’en est que plus exaspéré. Tel est le cas de ces hommes méchants ; ils cherchent à se saisir de Lui, mais pour le moment ils s’en abstiennent par simple politique : ils craignaient la foule. Aussi, « le laissant, ils s’en allèrent ». Quelle condition désespérée que celle de ceux qui tournent délibérément le dos à Christ et qui s’en vont !


Versets 13 à 17. Toute la haine des chefs religieux contre Christ ayant été démasquée, c’est maintenant l’état des différents partis divisant la nation qui est placé devant nous. Les pharisiens et les hérodiens sont les premiers à venir se présenter devant le Seigneur. Bien qu’opposés entre eux, ils étaient unis dans leur haine contre Christ et avaient le même désir de s’élever dans ce monde. Les pharisiens cherchaient à se forger une réputation religieuse par l’observation extérieure de formes et de cérémonies ; les hérodiens cherchaient leur propre avancement dans le monde social et politique. Ils sont tous obligés de constater que Celui qui est là exclusivement pour la gloire de Dieu ne peut que condamner de telles ambitions ; et c’est pour cela qu’ils s’opposent au Seigneur. Tout ce qu’Il était, chaque vérité qu’Il enseignait, chacun de Ses actes, avait pour origine des motifs entièrement différents de ceux qui dirigeaient leur vie. Aussi, s’ils viennent à Christ, ce n’est pas pour apprendre à Ses pieds, mais c’est avec l’espoir de Le surprendre dans Ses paroles. Les mobiles mondains qui les animaient les avait rendus tellement aveugles quant à la gloire de Christ et tellement remplis d’eux-mêmes, par la haute estime qu’ils avaient de leurs propres facultés et de leur importance, qu’ils pensaient réellement pouvoir surprendre le Seigneur de gloire dans Ses paroles.

Ils s’imaginent en outre que la tactique qui s’utilise souvent avec tant de succès envers les hommes peut aussi être employée avec le Seigneur. Ainsi ils essaient de Le prendre par la flatterie et la fausseté. Ils disent : « Tu es vrai, et… tu ne t’embarrasses de personne ; car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes, mais tu enseignes la voie de Dieu avec vérité ». C’était exact, mais ce n’était pas l’expression véritable de leurs mauvais cœurs. Ayant, selon leur estimation, ouvert le chemin par la flatterie, ils posent leur question : « Est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? ». Dans leur méchanceté, ils avaient imaginé une question qui, selon eux, allait Le compromettre aux yeux des Juifs ou à ceux des Gentils, quelle que soit la réponse qu’Il y donnerait, qu’Il dise « oui » ou qu’Il dise « non ».

Le Seigneur démasque leur hypocrisie par la question : « Pourquoi me tentez-vous ? ». En cherchant à Le surprendre dans Ses paroles, ils tombent dans leur propre piège ; ils manifestent ainsi leur mauvais état, en fait devant les hommes et moralement devant Dieu. À la demande du Seigneur, on Lui présente un denier, « et il leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? Et ils lui dirent : De César ». De toute évidence, il appartient donc à César ; pour cette raison, il n’est que juste de rendre « les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu ». Le pouvoir romain n’avait rien à redire au fait de rendre à César les choses de César ; les Juifs ne pouvaient pas critiquer le principe consistant à rendre à Dieu les choses de Dieu. Le fait même que la monnaie de César circulait dans le pays témoignait de l’abaissement de la nation, asservie aux Gentils. Hélas ! malgré leur position humiliante, ils ne manifestaient aucune vraie repentance, puisqu’ils se rebellaient constamment contre César et qu’ils rejetaient leur propre Messie. Percevant la sagesse de la réponse du Seigneur, ils étaient dans l’étonnement, mais hélas ! leur conscience n’était pas touchée, ni à l’égard de Dieu ni à l’égard de l’homme.


Versets 18 à 27. Les pharisiens et les hérodiens ont été démasqués et réduits au silence dans la lumière de la présence du Seigneur ; maintenant, ce sont les sadducéens qui viennent à Lui, mais seulement pour voir leur ignorance et leur incrédulité mises à nu. Les sadducéens étaient les matérialistes de ce temps-là et personnifient l’incrédulité de la chair. On a dit très justement : « La force de l’incrédulité consiste à créer des difficultés en soulevant des cas imaginaires qui n’ont rien à voir avec la réalité, et en introduisant les raisonnements des hommes dans les choses de Dieu » (W.K.). Ainsi dans cette occasion, ces hommes méchants cherchent à s’opposer à la vérité en la ridiculisant. Ils présentent un cas imaginaire qui, à leur avis, démontre l’absurdité de la résurrection. Comme c’est toujours le cas avec les incrédules, ils trahissent une grossière ignorance de l’Écriture et méconnaissent la puissance de Dieu. Si l’Écriture avait dit qu’on se mariait dans la résurrection, la situation qu’ils avaient imaginée aurait certes pu présenter une difficulté. Et si Dieu n’avait pas de puissance, la résurrection elle-même serait impossible.

Pas une ligne dans l’Écriture ne permet de dire que les relations terrestres subsisteront dans le ciel. Nous ne ressusciterons pas comme maris et femmes, parents et enfants, maîtres et serviteurs, mais, à cet égard, nous serons comme les anges. Nous ne serons pas des anges, comme on se l’imagine à tort, mais nous serons semblables à eux en ce que nous ne serons plus soumis aux relations terrestres. Le croyant jouira de privilèges et de liens célestes, infiniment plus élevés que les privilèges des anges et que les liens passagers qui concernent ce temps-ci.

Quant à la résurrection, le Seigneur montre de nouveau leur ignorance des Écritures. Ils avaient cité Moïse pour tenter de prouver que l’enseignement du Seigneur était en opposition à celui de Moïse ; aussi le Seigneur recourt-Il à Moïse pour démontrer leur ignorance de ce que Dieu avait dit. N’est-il pas écrit dans le livre de Moïse, au titre : « Du buisson », comment Dieu lui parla, disant : « Moi, je suis le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob » ? Lors de l’incident du buisson, Abraham, Isaac et Jacob étaient morts depuis longtemps, mais Dieu parle encore de Lui-même comme étant leur Dieu : Il n’est toutefois pas le Dieu des morts, mais des vivants. Ils étaient bien morts en ce temps-là, et pourtant ils vivent encore et ressusciteront pour jouir des promesses de Dieu ; promesses qui, le péché étant intervenu, ne pourront se réaliser que sur le terrain de la résurrection. C’est pourquoi le Seigneur peut dire aux incrédules d’alors comme à ceux d’aujourd’hui : « Vous êtes donc dans une grande erreur ».


Versets 28 à 34. Aux sadducéens succède un représentant des scribes, qui étaient les commentateurs de la loi, et qui croyaient que certains commandements avaient plus d’importance que d’autres. Il demande au Seigneur de donner Son avis sur le point suivant : « Quel est le premier de tous les commandements ? ». Dans Sa sagesse parfaite, le Seigneur laisse de côté les dix commandements, qui viendraient naturellement à l’esprit de l’homme, et choisit certaines grandes exhortations du Pentateuque qui résument la loi et expriment l’ensemble des devoirs de l’homme envers Dieu et envers le prochain.

Premièrement, l’homme est responsable de maintenir la vérité de l’unité de la déité, conformément à l’Écriture qui dit : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur ». Il s’ensuit que l’homme a la responsabilité d’aimer Dieu plus que lui-même, et de rejeter tout ce qui pourrait prendre la place qui Lui est due. Secondement, il doit aimer son prochain comme lui-même. Tel est le résumé de toute la loi et la présentation de toutes ses exigences à l’égard de l’homme sur la terre. Si ces deux commandements étaient gardés, aucun autre ne serait transgressé.

Le scribe rend témoignage à la perfection de la réponse du Seigneur. Sa conscience lui dit que le Seigneur a exprimé la vérité. Il reconnaît que rendre à Dieu ce qui Lui est dû et agir justement envers son prochain a plus de valeur que toutes les formes et les cérémonies extérieures de la loi. Comme toujours, la condition morale de l’âme a infiniment plus d’importance aux yeux de Dieu que les manifestations extérieures de piété.

Le Seigneur reconnaît l’intelligence de ce scribe. Pour ce qui en était de la compréhension et d’une reconnaissance honnête de la vérité, il n’était pas loin du royaume de Dieu. Mais hélas ! il était en dehors. Il discernait la vérité de ce que Christ disait, mais il ne voyait pas Sa gloire, ni ne s’inclinait devant la vérité quant à Sa personne. Comme quelqu’un l’a dit : « On peut être près ou éloigné du royaume de Dieu, mais si on n’y entre pas, cela est également fatal » (W.K.). Comme beaucoup d’autres, le scribe savait ce qui était dans la loi, mais il ne voyait pas sa misère profonde comme ayant complètement manqué à satisfaire aux exigences de la loi. Par conséquent, il ne discernait pas la gloire de la personne de Christ, ni la grâce qui était en Lui pour répondre aux besoins de ceux qui avaient totalement failli à leurs responsabilités.

Après cela, personne n’ose plus interroger le Seigneur. Des représentants de toutes les classes — sacrificateurs, chefs du peuple, pharisiens, hérodiens, sadducéens et scribes — étaient venue Le tenter par leurs questions, et s’étaient trouvés démasqués et réduits au silence. Le pharisien qui professait défendre la religion n’avait pas rendu les choses de Dieu à Dieu. Le hérodien qui prétendait maintenir les intérêts politiques de César n’avait pas rendu les choses de César à César. Le sadducéens qui glorifiait la raison s’était distingué par son ignorance. Et le scribe qui expliquait la loi ne l’avait pas gardée. Quoique adversaires les uns des autres, ils étaient unis pour s’opposer à Christ et manifester la ruine complète de l’homme responsable.


Versets 35 à 37. Après avoir répondu à toutes les questions et réduit au silence tous Ses adversaires, le Seigneur à Son tour pose une question d’une importance capitale — capitale parce qu’elle touche à la gloire de Sa personne et que de Sa personne dépend toute bénédiction pour l’homme. « Comment disent les scribes que le Christ est fils de David ? Car David lui-même a dit par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour marchepied de tes pieds ». Les questions de Ses adversaires étaient basées sur les raisonnements et les imaginations de leurs propres esprits ; celle du Seigneur est fondée sur l’Écriture et révèle la gravité de leur situation, car elle met en lumière le mystère de Sa personne qu’ils refusaient de reconnaître. Les scribes admettaient bien que le Messie devait être le Fils de David, mais ils ne voyaient pas ce que l’Esprit Saint établit clairement dans leurs propres Écritures : qu’Il n’était pas seulement le Fils de David, mais aussi le Seigneur de David. Comment peut-Il être à la fois le Fils de David et le Seigneur de David ? Il n’y a qu’une seule réponse possible. Il est véritablement homme, et tout aussi véritablement une personne divine. En refusant de reconnaître la vérité quant à Sa personne, ils passent à côté de la bénédiction, et Celui qu’ils rejettent s’assied à la droite de Dieu, où Il attend que le moment soit venu de juger tous Ses adversaires.


Versets 38 à 40. Après avoir manifesté l’état des chefs du peuple, le Seigneur prononce une mise en garde contre ceux qui faisaient profession d’être très religieux, mais dont le seul mobile était de s’exalter eux-mêmes. Ils aiment l’apparat — les « longues robes », l’honneur public — « les salutations dans les places publiques », la prééminence religieuse — « les premiers sièges dans les synagogues », les distinctions sociales — « les premières places dans les repas » ; ils cherchent à s’enrichir, même aux dépens des veuves, et font preuve d’ostentation religieuse lorsque « pour prétexte [ils] font de longues prières ». Quelle solennité dans les paroles du Seigneur : « Ceux-ci recevront une sentence plus sévère » ! Plus les prétentions sont élevées, plus le jugement sera grand.


Versets 41 à 44. En contraste avec ceux qui ont été démasqués comme étant des hypocrites religieux, il nous est accordé de voir que, dans la nation, il y en avait quelques-uns que le Seigneur se plaisait à reconnaître. Ils sont représentés par cette pauvre veuve. Dans cette femme dévouée qui a donné tout ce qu’elle avait, toute sa subsistance, pour l’entretien de la maison de Dieu, on retrouve l’esprit du résidu pieux qui, aux jours d’Esdras, était revenu de Babylone pour bâtir la maison de Dieu. Elle ignorait sans doute que le temple avait été corrompu par l’homme et qu’il allait être détruit en jugement ; mais son cœur était droit devant Dieu et ses motifs étaient purs. Elle n’a donné que deux pites, mais, aux yeux de Dieu, c’était plus que tout ce que les autres avaient donné, bien qu’ils aient jeté abondamment au trésor. Ils avaient mis de leur superflu, elle « y a mis de son indigence, tout ce qu’elle avait, toute sa subsistance ». Dieu juge de la valeur d’un don, non pas d’après son importance, mais d’après ce que l’on garde pour soi.