Le mauvais état des Juifs a été dévoilé et les chefs de chaque parti ont été condamnés en présence du Seigneur. Ils avaient rejeté leur Messie et étaient sur le point de Le crucifier. Cette méchanceté suprême allait placer la nation sous le jugement gouvernemental de Dieu conduisant à la grande tribulation annoncée par les prophètes. Cela entraînerait des difficultés et des dangers, des souffrances et des persécutions pour les vrais disciples du Seigneur — le résidu pieux au milieu d’une nation impie. Pour préparer Ses disciples en vue de ces jours terribles, le Seigneur, seul avec eux, prédit le déroulement des événements, les avertissant des dangers auxquels ils seront exposés et leur enseignant comment agir lorsqu’ils les rencontreront.
Versets 1 et 2. Ces instructions sont introduites par la remarque d’un disciple qui attire l’attention du Seigneur sur la beauté et la magnificence du temple. Le Seigneur reconnaît la majesté des bâtiments, mais ce que les hommes admiraient tant était devenu aux yeux de Dieu une caverne de voleurs, et était voué à la destruction. Il ne serait point laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas.
Versets 3 et 4. Cette déclaration, qui devait paraître bien étrange à ceux qui considéraient le temple comme la maison de Dieu et le centre glorieux de leur religion, amène l’un des disciples à demander : « Dis-nous quand ces choses auront lieu, et quel sera le signe quand toutes ces choses devront s’accomplir ? ».
Dans le discours qui suit, le Seigneur fait bien davantage que de répondre à ces questions. Les disciples pensaient aux événements, mais le Seigneur avait devant Lui les siens, leurs souffrances, et les dangers qu’ils rencontreraient au milieu de ces événements. En outre, dans le récit que nous donne Marc, le Seigneur, en harmonie avec le but spécial de cet évangile, exhorte d’une manière très particulière Ses disciples à accomplir leur mission en Lui rendant témoignage au milieu de la nation par laquelle Il a été rejeté.
Pour comprendre ces avertissements et ces instructions, il est nécessaire de se souvenir que les disciples représentent ici le résidu juif pieux et que, par conséquent, le ministère dont le Seigneur les entretient n’est pas à proprement parler le ministère chrétien, même si beaucoup de principes et de vérités s’appliquent aussi bien au peuple terrestre de Dieu qu’à Son peuple céleste. C’est un ministère qui a été commencé par les douze au milieu des Juifs pendant que le Seigneur était sur la terre, et qui, après Son ascension, s’est poursuivi parmi les Juifs jusqu’au rejet du témoignage du Saint Esprit, lors de la lapidation d’Étienne. Après l’enlèvement de l’Église, il sera repris par un résidu pieux parmi les Juifs et s’étendra à toutes les nations. L’évangile qu’ils ont prêché et qu’ils prêcheront encore n’est pas exactement celui qui est annoncé aujourd’hui. Ce sera, bien sûr, Christ et Son œuvre qu’ils proclameront, et la grâce de Dieu qui pardonne aux pécheurs sur le fondement de l’œuvre de Christ. Mais ce sera la bonne nouvelle qu’Il vient pour régner, et que la repentance et le pardon des péchés par la foi en Christ sont le chemin pour entrer dans les bénédictions du royaume terrestre (Apoc. 14, 6, 7).
Versets 5 et 6. Le Seigneur commence Son discours par cinq avertissements. D’abord Il met les disciples en garde contre les faux christs. Plusieurs viendront au nom de Christ, certains allant même jusqu’à dire : « C’est moi ! » et le Seigneur ajoute qu’« ils en séduiront plusieurs ». Cet avertissement prouve que le Seigneur a très clairement en vue le résidu pieux au sein de la nation juive. Des chrétiens, instruits dans la vérité chrétienne, ne se laisseraient pas séduire par un homme qui prétendrait être le Christ ; car ils savent bien que c’est dans les nuées qu’ils Le reverront. Le résidu pieux attendra à juste titre l’apparition de Christ sur la terre, et pourrait ainsi facilement se laisser séduire par l’annonce de Sa venue.
Versets 7 et 8. Deuxièmement, les disciples sont avertis de ne pas conclure que la fin est proche quand ils entendront parler « de guerres et de bruits de guerres ». « Car il faut que ces choses arrivent » dans un monde qui a rejeté Christ. Les guerres, les tremblements de terre, les famines et les troubles sont des commencements de douleurs, non pas la fin.
Versets 9 à 11. Troisièmement, les disciples sont prévenus que leur témoignage les mettra en conflit avec les autorités du monde. Mais ces persécutions seront le moyen dont Dieu se servira pour apporter l’évangile devant les grands de la terre — un « témoignage » pour les gouverneurs et les rois. De plus, cet évangile doit d’abord être prêché parmi toutes les nations avant la fin — avant le retour de Christ. En vue de ce témoignage et des persécutions qu’il entraîne, le Seigneur enseigne Ses disciples à ne pas être à l’avance en souci de ce qu’ils diront, quand ils comparaîtront devant les grands de la terre, et à ne pas préparer leur défense. Il leur sera donné en cette heure-là ce qu’ils auront à dire, car ce n’est pas eux qui parleront ; ils seront simplement les porte-paroles du Saint Esprit.
Verset 12. Quatrièmement, les disciples sont avertis que la présentation de la vérité dans la puissance du Saint Esprit suscite une telle hostilité dans le cœur humain que la persécution surgira du sein même de la famille. Et plus la relation sera étroite, plus la haine sera grande. Le frère s’élèvera contre son frère, le père contre son fils, les enfants se dresseront contre leurs parents et iront même jusqu’à les faire mourir.
Verset 13. Cinquièmement, les disciples sont prévenus que la persécution ne proviendra pas seulement des autorités et des plus proches parents, mais qu’ils seront haïs de tous parce qu’ils confessent le nom de Christ. Toutefois celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé — quelle que puisse être la fin : la mort comme martyr ou la venue de Christ sur la terre. Comme toujours, ce qui prouve la réalité, c’est la persévérance. Il peut certes y avoir des manquements, et l’amour de beaucoup peut même se refroidir, mais ceux qui ont une foi réelle persévéreront. Pierre est tombé, mais sa foi n’a pas failli ; il a persévéré jusqu’à la fin.
Versets 14 à 20. Dans la suite de Son discours, le Seigneur parle d’événements qui sont encore futurs. Il passe sous silence la période de l’Église et nous apprend ce qui aura lieu à Jérusalem pendant le temps de la grande tribulation qui suivra cet intervalle de l’Église. Cette époque terrible est expressément prédite par le prophète Jérémie qui dit : « Hélas ! que cette journée est grande ! Il n’y en a point de semblable ; et c’est le temps de la détresse pour Jacob » (Jér. 30, 7). Daniel a aussi cette période en vue quand il dit : « Ce sera un temps de détresse tel, qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation jusqu’à ce temps-là » (Dan. 12, 1). Ainsi, dans le passage correspondant de Matthieu 24, 21, comme ici en Marc, le Seigneur nous dit que ces jours d’affliction « seront une tribulation telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis le commencement de la création que Dieu a créée, jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais ».
La destruction de Jérusalem, avec toutes ses horreurs, est peut-être une préfiguration de l’avenir, mais elle n’est en aucun cas l’accomplissement de la prophétie de ce temps de douleur. Nous apprenons par ce passage que la venue du Seigneur sur la terre suit immédiatement la grande tribulation ; et il est évident que le Seigneur n’est pas venu après la destruction de Jérusalem. En outre, il ne peut pas y avoir deux périodes de tribulation « telle qu’il n’y en a point eu de semblable ». Enfin, Daniel nous dit que ce temps de tribulation pour la maison juive aura lieu pendant le règne de l’Antichrist, lequel sera reçu par la nation qui a rejeté son propre Messie (Jean 5, 43). C’est pendant le règne de cet homme inique que sera établie la forme la plus terrible de l’idolâtrie ; le Seigneur en parle comme de « l’abomination de la désolation ». Elle aura pour effet de répandre la désolation dans Jérusalem et dans la Judée.
L’établissement de cette abomination sera le point culminant de l’hostilité de l’homme contre Dieu. Ce sera le signe que le témoignage du résidu pieux a pris fin et que ceux qui sont en Judée doivent s’enfuir dans les montagnes. Il n’y a rien eu dans le passé et il n’y aura rien dans l’avenir qui puisse égaler les terribles afflictions de ces jours-là. Elles seront si grandes, tant pour la nation que pour le résidu pieux, que si le Seigneur n’abrégeait pas ces jours, nulle chair ne serait sauvée. Mais à cause des élus, les jours de cette grande tribulation seront abrégés.
Comme toujours, le Seigneur pense aux siens au milieu des épreuves et des afflictions. Il les avertit, Il les instruit et Il prend soin d’eux. Il pense aux ouvriers dans les champs et aux femmes dans les maisons, et Il n’est pas indifférent au temps qu’il fera.
Versets 21 à 23. Le Seigneur met les disciples en garde contre les faux espoirs de délivrance ; contre les annonces trompeuses de faux christs ; contre les faux prophètes, les faux signes, et les miracles apparents. Leur sécurité sera de se souvenir des paroles du Seigneur : « Voici, je vous ai tout dit à l’avance ».
Versets 24 et 25. « En ces jours-là », après la grande tribulation parmi les Juifs, toute autorité établie parmi les Gentils sera renversée. L’ordre établi de Dieu pour le gouvernement du monde tombera dans la confusion. Le pouvoir suprême, présenté figurativement par le soleil, est obscurci. L’autorité dérivée, typifiée par la lune, perd toute influence, et les autorités subordonnées, comparées aux étoiles, perdent leur place et leur pouvoir. Malgré tous les progrès dont se vantent les hommes, cette dispensation prendra fin dans une tribulation, une confusion et une anarchie sans pareille.
Verset 26. La méchanceté des Juifs et des Gentils ayant atteint son paroxysme, Dieu intervient publiquement par la venue de Christ comme Fils de l’homme, pour prendre possession de la terre. Sa première venue a été marquée par la faiblesse et l’humiliation ; Sa seconde venue le sera par une grande puissance et par la gloire.
Verset 27. Le rassemblement des élus d’Israël dispersés parmi les Gentils suivra immédiatement la venue du Fils de l’homme. Par d’autres versets de l’Écriture, nous savons que l’Église aura déjà été enlevée à la rencontre de Christ en l’air, et qu’elle apparaîtra avec Lui ; mais il n’en est rien dit dans ce passage. Le Seigneur s’adresse ici à des disciples juifs ; Il parle d’espérances juives, non pas de vérités concernant l’Église, que Ses auditeurs, à cette époque, ne pouvaient pas connaître.
Versets 28 et 29. Quand le figuier met ses jeunes feuilles, nous sommes assurés que l’été est proche. De même, l’apparition du résidu pieux au milieu de la nation apostate d’Israël sera le signe que le temps de la bénédiction pour la nation est tout proche.
Versets 30 et 31. La génération perverse et incrédule des Juifs ne passera pas avant que toutes ces choses ne soient arrivées. Ils ont certes été dispersés parmi les nations, n’ayant plus de patrie, mais, comme nous le savons, jamais ils n’ont été absorbés par d’autres nations. De plus, les paroles du Seigneur ne passeront pas avant que toutes ces choses ne soient accomplies. C’est assurément vrai de toutes les paroles du Seigneur ; mais cela est spécifié ici en relation avec Sa seconde venue, à cause de l’incrédulité de nos cœurs au sujet de l’intervention de Dieu dans le cours des événements de ce monde.
Versets 32 à 36. Quant au jour de Sa venue, personne n’en a connaissance, pas même le Fils devenu homme. Parlant comme serviteur, Il pouvait dire qu’Il n’en connaissait pas le jour. Ne sachant pas le jour de Sa venue, nous devons veiller et prier. Christ est comme un homme parti dans un pays lointain, qui a donné autorité à Ses esclaves, confiant à chacun Son ouvrage, et commandé au portier de veiller. Que les serviteurs du Seigneur veillent donc, de peur que s’Il arrive tout à coup, Il ne les trouve asservis par le monde, et spirituellement endormis.
Verset 37. Les dernières paroles du Seigneur sont une exhortation qu’Il adresse à tous les siens. Les détails concernant l’avenir peuvent ne pas tous avoir une application immédiate pour les chrétiens, mais le dernier « veillez » est pour tous. Les croyants de toutes les dispensations reçoivent leur autorité du Seigneur, et sont les serviteurs du Seigneur, chacun ayant reçu un ouvrage de la part du Seigneur. Chacun doit veiller à ne pas tomber dans le sommeil spirituel et à ne pas négliger le travail pour le Seigneur.