Jésus vient à la montagne des Oliviers. Les Juifs savaient bien ce qui avait été prophétisé concernant cette montagne ; ils auraient dû entrer dans l’esprit de ce que faisait le Seigneur.
L’envoi pour l’ânon montre le Seigneur comme l’Éternel, qui avait un droit parfait sur tout. « Le Seigneur (l’Éternel) en a besoin »[17] . Quoi de plus profond que Sa connaissance des circonstances à venir encore en gestation ? Combien est évident Son contrôle sur l’esprit et les sentiments du propriétaire ! Doux comme Il l’était, assis sur un âne, le Roi de Sion selon le prophète, Il était de fait aussi sûrement l’Éternel que le Messie venant en Son nom — Son « en a besoin » étant aussi étonnant que la gloire de Sa personne.
Le Seigneur poursuit Sa route vers Jérusalem. Et la foule crie : « Hosanna au Fils de David ! ». Ils appliquent le psaume 118 au Messie, et ils avaient raison. Ils pouvaient bien être très peu intelligents, et quelques-uns peut-être peuvent s’être plus tard joints à ce cri terrifiant : « Que son sang soit sur nous » ; mais ici, le Seigneur conduit la scène. Il vient à la ville ; mais Il est inconnu : les siens ne Le connaissent pas. Ils demandent : « Qui est celui-ci ? ». La foule a si peu de connaissance, qu’elle répond : « Celui-ci est Jésus, le prophète, qui est de Nazareth de Galilée ». Mais bien qu’ils ne voient que Jésus de Galilée, pourtant, Lui se montre comme Roi, et prend une position d’autorité et de puissance. Il entre dans le temple, et renverse les tables des changeurs, etc. On peut certainement considérer cela comme un incident miraculeux ; car il était étonnant que Celui qu’ils connaissaient seulement comme un prophète de Nazareth puisse entrer si hardiment dans leur temple, et chasser tous ceux qui le profanaient. Mais ils ne se tournent pas vers Lui. La puissance du Dieu du temple était là, et ils fuient ; leurs consciences, sans aucun doute, font écho aux paroles du Seigneur, qu’ils avaient fait de Sa maison une caverne de voleurs. Mais ici nous voyons, non seulement le témoignage de la foule à la royauté de Jésus, mais la réponse qui y est donnée, pour ainsi dire, dans l’acte de Jésus. Comme s’Il avait dit : « Vous me saluez comme Roi, et je vais démontrer que je le suis ». En accord avec cela, Il règne, en quelque sorte, en justice, et purifie le temple souillé. Dans quel état les Juifs n’étaient-ils pas tombés ! « Ma maison… une maison de prière… mais vous en avez fait une caverne de voleurs » !
Il y a eu deux purifications — une avant le ministère public de notre Seigneur, et l’autre à sa fin. Jean rapporte la première ; Matthieu la dernière.
Dans notre évangile, c’est un acte de puissance messianique, par lequel Il purifie Sa propre maison ou, du moins, agit pour Dieu comme Son Roi. En Jean, c’est plutôt du zèle pour l’honneur bafoué de la maison de Son Père — « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic ». Une raison collatérale, pour laquelle Jean nous parle de la première purification au début de son évangile, est qu’il suppose dès le début le rejet d’Israël. C’est pourquoi leur rejet par Christ, manifesté dans cet acte, était la conséquence inévitable de leur réjection de Lui : et c’est le point duquel part Jean quand il commence à parler des voies du Seigneur avant Son ministère.
Mais ici, les aveugles et les boiteux viennent à Lui pour être guéris. « Il guérit leurs infirmités, et il pardonne leurs iniquités » . Ces deux classes de personnes étaient haïes de l’âme de David — l’effet sur David de la moquerie (2 Sam. 5, 6-8 ). Quel contraste béni dans le Fils de David ! Il chasse les religieux égoïstes du temple, et y reçoit les pauvres, les aveugles et les boiteux, et les guérit — parfaite justice et parfaite grâce.
D’un côté, il y a les voix des enfants criant « Hosanna », etc. — la louange qui Lui est attribuée comme Roi, Fils de David ; d’un autre côté, il y a le Seigneur agissant comme Roi, et faisant ce que les Juifs savaient bien avoir été prophétisé de leur Roi. Il était là le Roi confessé ; certes pas par les principaux sacrificateurs et les scribes, qui en prennent ombrage, Le rejetant délibérément et sciemment — « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » . C’est pourquoi, naturellement, ils cherchent à fermer la bouche des enfants, et demandent à Jésus de les reprendre : « Entends-tu ce que ceux-ci disent ? ». Mais le Seigneur sanctionne leurs louanges : « N’avez-vous jamais lu : Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tètent, tu as établi ta louange » (v. 16 ). La puissance de l’Éternel était là, et il y avait une bouche pour la reconnaître, quoique seulement par les petits enfants et ceux qui tètent. Ainsi « il les laissa » — acte significatif et solennel. Ils Le rejetaient, et Il les abandonne, tournant le dos à la cité bien-aimée.
En revenant à Jérusalem le jour suivant, le Seigneur a faim, et recherche du fruit sur le figuier, mais n’en trouve aucun. Il prononce alors sur lui une malédiction, et à l’heure même il sèche. La sentence sur le figuier était une malédiction emblématique sur le peuple — Israël était le figuier. Le Seigneur n’y trouva rien que des feuilles, et la parole est que désormais, aucun fruit n’en sortirait plus à jamais. La nation avait manqué de produire du fruit pour Dieu, quand ils avaient tous les moyens et les opportunités pour Le glorifier et Le servir ; et maintenant, tous leurs avantages sont ôtés, et l’ancienne lignée est abandonnée — un arbre mort.
Marc dit que ce n’était pas encore la saison des figues. Beaucoup ont été rendus perplexes par cela, comme si le Seigneur cherchait des figues à un moment où il ne pouvait y en avoir. La signification est que le moment de récolter les figues n’était pas venu — ce n’était pas encore la saison des figues. Il aurait dû y avoir une manifestation de fruit, mais il n’y avait que des feuilles — seulement une profession extérieure. Il était complètement stérile. Les disciples s’étonnèrent ; mais le Seigneur leur dit de plus : « Si vous disiez à cette montagne (symbolisant la place d’Israël parmi les nations, comme exalté au milieu d’elles) : Jette-toi dans la mer », etc. C’est ce qui a eu lieu. Non seulement il n’y a pas eu de fruit produit pour Dieu, mais Israël, en tant que nation, a été jeté dans la mer — comme perdu dans la masse des peuples — foulé et oppressé sous le pied des Gentils.
Les principaux sacrificateurs et les anciens d’Israël viennent maintenant attaquer le Seigneur ; ils Lui demandent : « Par quelle autorité fais-tu ces choses ? » — chasser les changeurs des alentours du temple — « et qui t’a donné cette autorité ? ». Elle n’était en effet pas donnée par eux ; et leurs yeux étaient fermés quant à Sa gloire. Notre Seigneur répond en demandant quelles étaient leurs pensées sur le baptême de Jean. Il ne fait appel ni aux miracles, ni à la prophétie, mais à la conscience. Combien avait été évident l’accomplissement des anciens oracles dans Sa personne, dans Sa vie et dans Son ministère ! Combien le témoignage des signes et des prodiges opérés par Lui avait été complet ! Pourtant, leur question prouvait combien tout cela avait été vain, tout comme Sa question prouvait soit leur malhonnêteté, soit leur aveuglement. Dans tous les cas, qui étaient-ils pour juger ? Ils pensaient bien peu qu’en cherchant à éprouver le Seigneur de gloire, ils ne faisaient en réalité que dévoiler leur propre distance et leur aliénation de Dieu. De fait, il en est toujours ainsi. Notre jugement, ou notre refus de juger, sur ce qui concerne Christ, est une jauge infaillible de notre propre condition. Dans ce cas (v. 23-27 ), l’absence de conscience était manifeste — nulle part aussi fatale que chez les guides religieux. « Ils raisonnaient en eux-mêmes, disant : Si nous disons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc ne l’avez-vous pas cru ? Et si nous disons : Des hommes, nous craignons la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète ». Dieu n’était pas dans leurs pensées ; et ainsi, tout était faux et erroné. Et si Dieu n’est pas l’objet, le moi est l’idole. Ces principaux sacrificateurs n’étaient au fond que des esclaves du peuple sur la foi, ou la superstition, duquel ils dominaient. « Nous craignons la foule » ; ceci du moins était vrai. « Et, répondant, ils dirent à Jésus : Nous ne savons ». À quel misérable subterfuge sont-ils conduits — guides aveugles de leur propre aveu ! À de tels, le Seigneur refuse de rendre compte de Son autorité. Encore et encore, ils avaient vu les œuvres de Sa puissance en grâce, et leur question fournissait la preuve qu’une réponse était inutile. Ils ne voulaient pas voir, même s’ils le pouvaient.
Mais notre Seigneur fait davantage. Dans la parabole des deux fils, Il convainc ces chefs religieux d’être plus loin de Dieu que les classes les plus méprisées dans le pays. « En vérité, je vous dis que les publicains et les prostituées vous devancent dans le royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous ne l’avez pas cru », etc. (v. 32 ). Des formes décentes d’un hommage des lèvres — « J’y vais, seigneur ; et il n’y alla pas » — telle était la religion de ceux qui étaient le plus haut placés dans l’estimation du monde d’alors. L’hypocrisie s’y trouvait, pour cacher la propre volonté et l’orgueil avec le manteau de la religiosité, qui les rend plus obstinés que ceux qui déshonoraient les convenances de la société en faisant des émeutes ou autres activités peu recommandables. Ceux-là étaient plus accessibles aux vibrants appels de Jean que ces pharisiens. Sourds à l’appel de la justice, ils étaient également endurcis contre les opérations de la grâce de Dieu, même là où elles étaient les plus visibles. « Et vous, l’ayant vu, vous n’en avez pas eu de remords ensuite pour le croire ». La repentance éveille le sentiment de la relation avec Dieu, comme Celui contre qui on a péché. Les résolutions de la nature commencent et se terminent dans « j’y vais, seigneur ». L’Esprit de Dieu produit la conviction profonde de péché contre Lui, sans aucune place ni désir de s’excuser. Mais tout est perdu pour la religion du monde qui, en résistant à la fois au témoignage de Dieu et à la démonstration de la conversion chez les autres, sombre dans des ténèbres croissantes et dans l’hostilité contre Dieu. Le juge de tous déclare donc que ces hommes fiers et satisfaits d’eux-mêmes, étaient pires que ceux qu’ils dédaignaient. Ils n’étaient plus des juges maintenant — ils étaient jugés.
De nouveau, le Seigneur leur propose d’entendre une autre parabole, établissant non seulement leur conduite envers Dieu, mais l’action de Dieu envers eux, sous une double forme : d’abord, au regard de la responsabilité humaine comme étant sous la loi ; et secondement, au regard de la grâce de Dieu sous le royaume des cieux. La première est développée dans la parabole du maître de maison (v. 33-41 ) ; la dernière, dans la fête de noces du roi pour son fils (Matt. 22, 1-14 ). Considérons la première.
« Écoutez une autre parabole : Il y avait un maître de maison, qui planta une vigne, et l’environna d’une clôture, et y creusa un pressoir, et y bâtit une tour ; et il la loua à des cultivateurs et s’en alla hors du pays. Et lorsque la saison des fruits approcha, il envoya ses esclaves aux cultivateurs pour recevoir ses fruits » (v. 33, 34 ). C’est un tableau basé sur et complétant l’aperçu de Ésaïe 5 — une image des faveurs particulières de Dieu envers Israël. « Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? ». Il les avait tirés hors d’Égypte, et les avait établis dans un bon pays, avec tous les avantages accordés par Sa bonté et Sa puissance. Il y avait un arrangement définitif, une bénédiction abondante, une ample protection. Alors Il rechercha du fruit, leur rappelant Ses droits par les prophètes. « Et les cultivateurs, ayant pris ses esclaves, battirent l’un, tuèrent l’autre, et en lapidèrent un autre » (v. 35 ). Il y avait aussi une patience complète. « Il envoya encore d’autres esclaves en plus grand nombre que les premiers, et ils leur firent de même ». Restait-il encore une dernière possibilité ? un espoir, même ténu ? « Et enfin, il envoya auprès d’eux son fils, disant : Ils auront du respect pour mon fils. Mais les cultivateurs, voyant le fils, dirent entre eux : Celui-ci est l’héritier ; venez, tuons-le, et possédons son héritage. Et l’ayant pris, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent » (v. 37-39 ). Ils reconnurent alors le Messie, mais seulement avec l’effet de provoquer leur malice et leurs convoitises mondaines. « Tuons-le, et possédons son héritage ». Ce n’était pas seulement l’absence de fruit, un refus persistant de toutes les justes exigences de Dieu et Lui dérober tout retour qui Lui était dû, mais le débordement le plus complet d’une haine rebelle, quand ils furent mis à l’épreuve par la présence du Fils de Dieu au milieu d’eux. L’épreuve est terminée ; la question de l’état de l’homme et des efforts de Dieu pour obtenir du fruit de Sa vigne est close. La mort du Messie rejeté a refermé ce livre. L’homme — le Juif — aurait dû rendre une réponse appropriée à Dieu pour tous les bienfaits si généreusement répandus sur lui ; mais sa réponse fut — la croix . Il est trop tard pour parler de ce que les hommes devaient être. Éprouvés par Dieu dans les circonstances les plus favorables, ils trahirent et versèrent le sang innocent ; ils tuèrent l’héritier pour s’emparer de Son héritage. C’est pourquoi le jugement est désormais la seule part que l’homme sous la loi ait à attendre. « Quand donc le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces cultivateurs-là ? ». Pris comme l’étaient ces pauvres Juifs, ils ne pouvaient que confesser la triste vérité : « Il fera périr misérablement ces méchants », etc. (v. 41 ). La méchanceté des cultivateurs n’a pas réussi à atteindre son but égoïste, tout aussi sûrement qu’elle n’avait jamais rendu les fruits attendus pour Celui dont les soins prévoyants laissaient l’homme sans excuse. Mais les droits du maître de maison demeuraient intacts ; et s’il y avait encore « le maître de la vigne », était-Il indifférent à la culpabilité accumulée du fait de Ses serviteurs maltraités et de Son Fils outragé ? Il ne pouvait en être ainsi. Il doit, eux-mêmes en étant les témoins, tirer vengeance des plus sommairement, à cause de Sa longue patience et de Son incomparable amour, si honteusement repoussés et défiés. D’autres se verraient confier la vigne, qui Lui en rendraient le fruit en sa saison.
Ainsi, la mort de Christ est vue dans cette parabole, non pas comme dans les conseils de Dieu, mais comme l’apogée du péché de l’homme et la scène qui conclut sa responsabilité. Que ce soient la loi ou les prophètes ou Christ recherchant du fruit pour Dieu, tout fut en vain, non pas parce que les exigences de Dieu n’étaient pas justes, mais parce que l’homme — oui, l’homme favorisé, avec toute l’aide concevable — était désespérément mauvais. Sous cet aspect, le rejet du Messie avait la plus solennelle signification ; car il démontrait, sans contestation possible, que l’homme, le Juif, n’avait aucun amour pour Dieu, par lequel il avait été béni. Ce n’était pas seulement qu’il était mauvais et injuste, mais qu’il ne pouvait pas supporter l’amour et la bonté parfaits dans la personne de Christ. S’il y avait eu la moindre particule de lumière divine ou d’amour dans le cœur des hommes, ils auraient révéré le Fils ; mais maintenant, la preuve complète était là, que l’homme naturel est désespérément mauvais ; et que la présence d’une personne divine, qui venait en amour et en bonté, un homme parmi les hommes, ne fournit que l’opportunité finale de donner le coup le plus méchant et le plus insultant, à Dieu Lui-même. En un mot, l’homme était maintenant démontré et déclaré perdu . « Si je n’étais pas venu, et que je ne leur eusse pas parlé, ils n’auraient pas eu de péché ; mais maintenant ils n’ont pas de prétexte pour leur péché. Celui qui me hait, hait aussi mon Père. Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres qu’aucun autre n’a faites, ils n’auraient pas eu de péché ; mais maintenant ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père » . La mort de Christ fut le grand tournant dans les voies de Dieu ; l’histoire morale de l’homme, dans son sens le plus important, se termine là.
« Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les écritures : La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin ; celle-ci est de par le Seigneur, et est merveilleuse devant nos yeux ? » (v. 42 ). C’était la conduite de ceux qui prenaient la tête en Israël, révélée dans leurs propres Écritures. Action merveilleuse de la part du Seigneur ! — dans le renversement manifeste de ceux qui se sont établis eux-mêmes, et ont été acceptés, comme agissant en Son nom ; qui doit encore être rendue merveilleuse aux yeux d’Israël, quand le Sauveur maintenant caché mais exalté viendra, la joie d’un peuple converti, qui L’accueillera alors et bénira pour toujours son Roi autrefois rejeté ; car en vérité, Sa bonté demeure à toujours. En attendant, Ses lèvres prononcent la sentence d’un rejet assuré de leur état élevé : « C’est pourquoi je vous dis que le royaume de Dieu [non pas des cieux, car ils ne l’avaient pas] vous sera ôté, et sera donné à une nation qui en rapportera les fruits » (v. 43 ). Et ce n’était pas tout : car « celui qui tombera sur cette pierre » (Lui-même dans l’humiliation) « sera brisé ; mais celui sur qui elle tombera » (c’est-à-dire, en conséquence de Son exaltation), « elle le broiera » (v. 44 ). Ainsi, Il montre les chutes de l’incrédulité qui s’ensuivent ; et de plus, l’exécution positive d’un jugement de destruction, qu’il soit individuel ou national, des Juifs ou des Gentils, à Son apparition en gloire (comp. Dan. 2 ).
C’est une scène remarquable à tous égards, et le Seigneur, arrivant maintenant à la conclusion de Son témoignage, parle avec un jugement perçant. De sorte que, tout impotents et sourds spirituellement que soient les principaux sacrificateurs et les pharisiens, et quoique Ses paroles soient formulées sous forme de paraboles, leur force et leur but étaient clairement sentis. Et pourtant, quelle que puisse être leur volonté meurtrière, ils ne pouvaient rien faire jusqu’à ce que Son heure soit venue ; car le peuple, dans une certaine mesure, s’inclinait devant Sa parole, et Le prenait pour un prophète. Il amenait Dieu en présence de leur conscience, et leur crainte répondait faiblement à Ses paroles de malheur à venir.
Daniel
2 ◊ 1 Et en la seconde année du règne de Nebucadnetsar, Nebucadnetsar songea des songes, et son esprit fut agité, et son sommeil le quitta. ◊ 2 Et le roi commanda d’appeler les devins, et les enchanteurs, et les magiciens, et les Chaldéens, pour exposer au roi ses songes ; et ils vinrent et se tinrent devant le roi. ◊ 3 Et le roi leur dit : J’ai songé un songe, et mon esprit est agité pour connaître le songe. ◊ 4 Et les Chaldéens dirent au roi, en syriaque : Ô roi, vis à jamais ! Dis le songe à tes serviteurs, et nous en indiquerons l’interprétation. ◊ 5 Le roi répondit et dit aux Chaldéens : La chose est par moi prononcée : si vous ne me faites pas connaître le songe et son interprétation, vous serez mis en pièces, et vos maisons seront réduites en tas d’immondices ; ◊ 6 mais, si vous indiquez le songe et son interprétation, vous recevrez de ma part des dons, et des présents, et de grands honneurs. Indiquez-moi donc le songe et son interprétation. ◊ 7 Ils répondirent pour la seconde fois et dirent : Que le roi dise le songe à ses serviteurs, et nous en indiquerons l’interprétation. ◊ 8 Le roi répondit et dit : Je sais très certainement que vous voulez gagner du temps, parce que vous voyez que la chose est par moi prononcée ; ◊ 9 or, si vous ne me faites pas connaître le songe, il y a un seul et même décret pour vous ; car vous avez préparé une parole mensongère et perverse pour la dire devant moi, en attendant que le temps ait changé. C’est pourquoi, dites-moi le songe, et je saurai que vous pouvez m’en indiquer l’interprétation. ◊ 10 Les Chaldéens répondirent devant le roi et dirent : Il n’existe pas un homme sur la terre qui puisse indiquer la chose que le roi demande ; c’est pourquoi aucun roi, quelque grand et puissant qu’il fût, n’a demandé chose pareille d’aucun devin, ou enchanteur, ou Chaldéen ; ◊ 11 et la chose que le roi demande est difficile, et il n’existe personne qui puisse l’indiquer devant le roi, excepté les dieux, dont la demeure n’est pas avec la chair.
◊ 12 À cause de cela, le roi s’irrita et se mit dans une très grande colère, et commanda de détruire tous les sages de Babylone. ◊ 13 Et un décret fut promulgué [portant] que les sages fussent tués ; et on chercha Daniel et ses compagnons, pour les tuer. ◊ 14 Alors Daniel répondit avec prudence et avec sens à Arioc, chef des gardes du roi, qui était sorti pour tuer les sages de Babylone ; ◊ 15 il répondit et dit à Arioc, le grand officier du roi : Pourquoi ce décret est-il si rigoureux de par le roi ? Alors Arioc fit connaître la chose à Daniel. ◊ 16 Et Daniel entra et demanda au roi de lui accorder du temps pour indiquer au roi l’interprétation.
◊ 17 Alors Daniel s’en alla à sa maison et fit connaître la chose à Hanania, Mishaël et Azaria, ses compagnons, ◊ 18 pour implorer, de la part du Dieu des cieux, [ses] compassions au sujet de ce secret, afin que Daniel et ses compagnons ne fussent pas détruits avec le reste des sages de Babylone. ◊ 19 Alors le secret fut révélé à Daniel dans une vision de la nuit. Alors Daniel bénit le Dieu des cieux. ◊ 20 Daniel répondit et dit : Béni soit le nom de Dieu, d’éternité en éternité ! car la sagesse et la puissance sont à lui, ◊ 21 et c’est lui qui change les temps et les saisons, qui dépose les rois et établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui connaissent l’intelligence : ◊ 22 c’est lui qui révèle les choses profondes et secrètes ; il sait ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure auprès de lui. ◊ 23 Toi, Dieu de mes pères, je te célèbre et je te loue, parce que tu m’as donné sagesse et puissance, et que maintenant tu m’as fait connaître ce que nous t’avons demandé, nous ayant fait connaître la chose que réclame le roi.
◊ 24 C’est pourquoi Daniel entra auprès d’Arioc, que le roi avait établi pour détruire les sages de Babylone ; il alla, et lui parla ainsi : Ne détruis pas les sages de Babylone ; conduis-moi devant le roi, et j’indiquerai au roi l’interprétation. ◊ 25 Alors Arioc fit entrer Daniel en hâte devant le roi, et lui parla ainsi : J’ai trouvé un homme, des fils de la captivité de Juda, qui fera connaître au roi l’interprétation. ◊ 26 Le roi répondit et dit à Daniel, dont le nom était Belteshatsar : Peux-tu me faire connaître le songe que j’ai vu et son interprétation ? ◊ 27 Daniel répondit devant le roi, et dit : Le secret que le roi demande, les sages, les enchanteurs, les devins, les augures, n’ont pu l’indiquer au roi ; ◊ 28 mais il y a un Dieu dans les cieux qui révèle les secrets et fait savoir au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera à la fin des jours. Ton songe et les visions de ta tête, sur ton lit, les voici :
◊ 29 Toi, ô roi,… tes pensées, sur ton lit, sont montées [dans ton esprit], ce qui doit arriver ci-après ; et celui qui révèle les secrets te fait savoir ce qui va arriver. ◊ 30 Et quant à moi, ce n’est pas par quelque sagesse qui soit en moi plus qu’en tous les vivants, que ce secret m’a été révélé : c’est afin que l’interprétation soit connue du roi, et que tu connaisses les pensées de ton cœur.
◊ 31 Toi, ô roi, tu voyais, et voici une grande statue : cette statue était grande, et sa splendeur, extraordinaire ; elle se tint devant toi, et son aspect était terrible. ◊ 32 La tête de cette statue était d’or pur ; sa poitrine et ses bras, d’argent ; son ventre et ses cuisses, d’airain ; ses jambes, de fer ; ◊ 33 ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile. ◊ 34 Tu vis, jusqu’à ce qu’une pierre se détacha sans mains ; et elle frappa la statue dans ses pieds de fer et d’argile, et les broya ; ◊ 35 alors furent broyés ensemble le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or, et ils devinrent comme la balle de l’aire d’été ; et le vent les emporta, et il ne se trouva aucun lieu pour eux ; et la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne qui remplit toute la terre. ◊ 36 C’est là le songe, et nous en dirons l’interprétation devant le roi.
◊ 37 Toi, ô roi, tu es le roi des rois, auquel le Dieu des cieux a donné le royaume, la puissance, et la force, et la gloire ; ◊ 38 et partout où habitent les fils des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux des cieux, il les a mis entre tes mains et t’a fait dominer sur eux tous. Toi, tu es cette tête d’or. ◊ 39 Et après toi s’élèvera un autre royaume, inférieur à toi ; puis un troisième [et] autre royaume, d’airain, qui dominera sur toute la terre. ◊ 40 Et le quatrième royaume sera fort comme le fer. De même que le fer broie et écrase tout, et que le fer brise toutes ces choses, il broiera et brisera. ◊ 41 Et selon que tu as vu les pieds et les orteils en partie d’argile de potier et en partie de fer, le royaume sera divisé ; et il y aura en lui de la dureté du fer, selon que tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse ; ◊ 42 et quant à ce que les orteils des pieds étaient en partie de fer et en partie d’argile, le royaume sera en partie fort et sera en partie fragile. ◊ 43 Et selon que tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse, ils se mêleront à la semence des hommes, mais ils n’adhéreront pas l’un à l’autre, de même que le fer ne se mêle pas avec l’argile. ◊ 44 Et dans les jours de ces rois, le Dieu des cieux établira un royaume qui ne sera jamais détruit ; et ce royaume ne passera point à un autre peuple ; il broiera et détruira tous ces royaumes, mais lui, il subsistera à toujours. ◊ 45 Selon que tu as vu que, de la montagne, la pierre s’est détachée sans mains, et qu’elle a broyé le fer, l’airain, l’argile, l’argent et l’or, le grand Dieu fait connaître au roi ce qui arrivera ci-après. Et le songe est certain, et son interprétation est sûre.
◊ 46 Alors le roi Nebucadnetsar tomba sur sa face et se prosterna devant Daniel, et commanda de lui présenter une offrande et des parfums. ◊ 47 Le roi répondit et dit à Daniel : En vérité, votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et le révélateur des secrets, puisque tu as pu révéler ce secret. ◊ 48 Alors le roi éleva Daniel en dignité, et lui fit beaucoup de grands dons, et l’établit gouverneur sur toute la province de Babylone, et grand intendant de tous les sages de Babylone. ◊ 49 Et Daniel fit une demande au roi, qui établit Shadrac, Méshac et Abed-Nego sur les services de la province de Babylone. Et Daniel [se tenait] à la porte du roi.
Jean
15 ◊ 1 Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le cultivateur. ◊ 2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’ôte ; et tout sarment qui porte du fruit, il le nettoie, afin qu’il porte plus de fruit. ◊ 3 Vous, vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite. ◊ 4 Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne peut pas porter de fruit de lui-même, à moins qu’il ne demeure dans le cep, de même vous non plus [vous ne le pouvez pas], à moins que vous ne demeuriez en moi. ◊ 5 Moi, je suis le cep, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. ◊ 6 Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il sèche ; et on les amasse, et on les met au feu, et ils brûlent. ◊ 7 Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait. ◊ 8 En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit ; et vous serez mes disciples. ◊ 9 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. ◊ 10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ; comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. ◊ 11 Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie. ◊ 12 C’est ici mon commandement : Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. ◊ 13 Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis. ◊ 14 Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi je vous commande. ◊ 15 Je ne vous appelle plus esclaves, car l’esclave ne sait pas ce que son maître fait ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai ouï de mon Père. ◊ 16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ; afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. ◊ 17 Je vous commande ces choses, c’est que vous vous aimiez les uns les autres. ◊ 18 Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. ◊ 19 Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait. ◊ 20 Souvenez-vous de la parole que moi je vous ai dite : L’esclave n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. ◊ 21 Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. ◊ 22 Si je n’étais pas venu, et que je ne leur eusse pas parlé, ils n’auraient pas eu de péché ; mais maintenant ils n’ont pas de prétexte pour leur péché. ◊ 23 Celui qui me hait, hait aussi mon Père. ◊ 24 Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres qu’aucun autre n’a faites, ils n’auraient pas eu de péché ; mais maintenant ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père. ◊ 25 Mais c’est afin que fût accomplie la parole qui est écrite dans leur loi : « Ils m’ont haï sans cause ». ◊ 26 Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi. ◊ 27 Et vous aussi, vous rendrez témoignage ; parce que dès le commencement vous êtes avec moi.
Psaumes
De David.
103 ◊ 1 Mon âme, bénis l’Éternel ! Et que tout ce qui est au-dedans de moi, [bénisse] son saint nom !
◊ 2 Mon âme, bénis l’Éternel, et n’oublie aucun de ses bienfaits.
◊ 3 C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités,
◊ 4 Qui rachète ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de compassions,
◊ 5 Qui rassasie de biens ta vieillesse ; ta jeunesse se renouvelle comme celle de l’aigle.
◊ 6 * L’Éternel fait justice et droit à tous les opprimés.
◊ 7 Il a fait connaître ses voies à Moïse, ses actes aux fils d’Israël.
◊ 8 L’Éternel est miséricordieux, et plein de grâce, lent à la colère et d’une grande bonté.
◊ 9 Il ne contestera pas à jamais, et il ne garde pas sa colère à toujours.
◊ 10 Il ne nous a pas fait selon nos péchés, et ne nous a pas rendu selon nos iniquités.
◊ 11 Car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, sa bonté est grande envers ceux qui le craignent.
◊ 12 Autant l’orient est loin de l’occident, autant il a éloigné de nous nos transgressions.
◊ 13 * Comme un père a compassion de ses fils, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent.
◊ 14 Car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière.
◊ 15 L’homme,… ses jours sont comme l’herbe ; il fleurit comme la fleur des champs ;
◊ 16 Car le vent passe dessus, et elle n’est plus, et son lieu ne la reconnaît plus.
◊ 17 Mais la bonté de l’Éternel est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent, et sa justice pour les fils de leurs fils,
◊ 18 Pour ceux qui gardent son alliance, et qui se souviennent de ses préceptes pour les faire.
◊ 19 * L’Éternel a établi son trône dans les cieux, et son royaume domine sur tout.
◊ 20 Bénissez l’Éternel, vous, ses anges puissants en force, qui exécutez sa parole, écoutant la voix de sa parole !
◊ 21 Bénissez l’Éternel, vous, toutes ses armées, qui êtes ses serviteurs, accomplissant son bon plaisir !
◊ 22 Bénissez l’Éternel, vous, toutes ses œuvres, dans tous les lieux de sa domination ! Mon âme, bénis l’Éternel !
Matthieu
21 ◊ 1 Et quand ils approchèrent de Jérusalem et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples, ◊ 2 leur disant : Allez au village qui est vis-à-vis de vous, et aussitôt vous trouverez une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les et amenez-les-moi. ◊ 3 Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz : Le Seigneur en a besoin ; et aussitôt il les enverra. ◊ 4 Et tout cela arriva, afin que fût accompli ce qui avait été dit par le prophète, disant : ◊ 5 « Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, débonnaire et monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d’une ânesse ». ◊ 6 Et les disciples, s’en étant allés et ayant fait comme Jésus leur avait ordonné, ◊ 7 amenèrent l’ânesse et l’ânon, et mirent leurs vêtements dessus ; et il s’y assit. ◊ 8 Et une immense foule étendit ses vêtements sur le chemin, et d’autres coupaient des rameaux des arbres et les répandaient sur le chemin. ◊ 9 Et les foules qui allaient devant lui, et celles qui suivaient, criaient, disant : Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du *Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! ◊ 10 Et comme il entrait dans Jérusalem, toute la ville fut émue, disant : Qui est celui-ci ? ◊ 11 Et les foules disaient : Celui-ci est Jésus, le prophète, qui est de Nazareth de Galilée.
◊ 12 Et Jésus entra dans le temple de Dieu, et chassa dehors tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; et il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient les colombes ; ◊ 13 et il leur dit : Il est écrit : « Ma maison sera appelée une maison de prière » ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. ◊ 14 Et des aveugles et des boiteux vinrent à lui dans le temple, et il les guérit. ◊ 15 Et les principaux sacrificateurs et les scribes, voyant les merveilles qu’il faisait, et les enfants criant dans le temple et disant : Hosanna au fils de David ! en furent indignés, ◊ 16 et lui dirent : Entends-tu ce que ceux-ci disent ? Mais Jésus leur dit : Sans doute ; n’avez-vous jamais lu : « Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tètent, tu as établi ta louange » ? ◊ 17 Et les ayant laissés, il sortit de la ville [et s’en alla] à Béthanie ; et il y passa la nuit.
◊ 18 Et le matin, comme il retournait à la ville, il eut faim. ◊ 19 Et voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha ; et il n’y trouva rien que des feuilles ; et il lui dit : Que jamais aucun fruit ne naisse plus de toi ! Et à l’instant le figuier sécha. ◊ 20 Et les disciples, le voyant, en furent étonnés, disant : Comment en un instant le figuier est-il devenu sec ! ◊ 21 Et Jésus, répondant, leur dit : En vérité, je vous dis : Si vous avez de la foi et que vous ne doutiez pas, non seulement vous ferez ce qui [a été fait] au figuier, mais si même vous disiez à cette montagne : Ôte-toi et jette-toi dans la mer, cela se ferait. ◊ 22 Et quoi que vous demandiez en priant, si vous croyez, vous le recevrez.
◊ 23 Et quand il fut entré dans le temple, les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple vinrent à lui, comme il enseignait, disant : Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné cette autorité ? ◊ 24 Et Jésus, répondant, leur dit : Je vous demanderai, moi aussi, une chose ; et si vous me la dites, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais ces choses. ◊ 25 Le baptême de Jean, d’où était-il ? du ciel, ou des hommes ? Et ils raisonnaient en eux-mêmes, disant : Si nous disons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc ne l’avez-vous pas cru ? ◊ 26 Et si nous disons : Des hommes, nous craignons la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. ◊ 27 Et, répondant, ils dirent à Jésus : Nous ne savons. Lui aussi leur dit : Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses. ◊ 28 Mais que vous en semble ? Un homme avait deux enfants ; et venant au premier, il dit : [Mon] enfant, va aujourd’hui travailler dans ma vigne. ◊ 29 Et lui, répondant, dit : Je ne veux pas ; mais après, ayant du remords, il y alla. ◊ 30 Et venant au second, il dit la même chose ; et lui, répondant, dit : Moi [j’y vais], seigneur ; et il n’y alla pas. ◊ 31 Lequel des deux fit la volonté du père ? Ils lui disent : Le premier. Jésus leur dit : En vérité, je vous dis que les publicains et les prostituées vous devancent dans le royaume de Dieu. ◊ 32 Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous ne l’avez pas cru ; mais les publicains et les prostituées l’ont cru ; et vous, l’ayant vu, vous n’en avez pas eu de remords ensuite pour le croire.
◊ 33 Écoutez une autre parabole : Il y avait un maître de maison, qui planta une vigne, et l’environna d’une clôture, et y creusa un pressoir, et y bâtit une tour ; et il la loua à des cultivateurs et s’en alla hors du pays. ◊ 34 Et lorsque la saison des fruits approcha, il envoya ses esclaves aux cultivateurs pour recevoir ses fruits. ◊ 35 Et les cultivateurs, ayant pris ses esclaves, battirent l’un, tuèrent l’autre, et en lapidèrent un autre. ◊ 36 Il envoya encore d’autres esclaves en plus grand nombre que les premiers, et ils leur firent de même. ◊ 37 Et enfin, il envoya auprès d’eux son fils, disant : Ils auront du respect pour mon fils. ◊ 38 Mais les cultivateurs, voyant le fils, dirent entre eux : Celui-ci est l’héritier ; venez, tuons-le, et possédons son héritage. ◊ 39 Et l’ayant pris, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. ◊ 40 Quand donc le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces cultivateurs-là ? ◊ 41 Ils lui disent : Il fera périr misérablement ces méchants, et louera sa vigne à d’autres cultivateurs qui lui remettront les fruits en leur saison. ◊ 42 Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les écritures : « La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin ; celle-ci est de par le *Seigneur, et est merveilleuse devant nos yeux » ? ◊ 43 C’est pourquoi je vous dis que le royaume de Dieu vous sera ôté, et sera donné à une nation qui en rapportera les fruits. ◊ 44 Et celui qui tombera sur cette pierre sera brisé ; mais celui sur qui elle tombera, elle le broiera. ◊ 45 Les principaux sacrificateurs et les pharisiens, ayant entendu ses paraboles, connurent qu’il parlait d’eux. ◊ 46 Et, cherchant à se saisir de lui, ils craignaient les foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.
Zacharie
9 ◊ 1 * L’oracle de la parole de l’Éternel [qui vient] dans le pays de Hadrac ; et Damas sera le lieu de son repos (car l’Éternel a l’œil sur les hommes et sur toutes les tribus d’Israël), ◊ 2 et Hamath aussi, [qui] est sur sa frontière, Tyr, et Sidon, bien qu’elle soit très sage. ◊ 3 Et Tyr s’est bâti une forteresse, et elle amasse l’argent comme de la poussière, et l’or comme la boue des rues. ◊ 4 Voici, le Seigneur s’en emparera et brisera sa force dans la mer, et elle sera dévorée par le feu. ◊ 5 Askalon le verra et aura peur ; Gaza aussi, et elle sera fort angoissée ; Ékron aussi, car elle sera honteuse de sa confiance ; et le roi sera retranché de Gaza, et Askalon ne sera pas habitée ; ◊ 6 et un bâtard demeurera à Asdod ; et je détruirai l’orgueil des Philistins ; ◊ 7 et j’ôterai son sang de sa bouche, et ses abominations d’entre ses dents ; mais celui qui restera, lui aussi, sera pour notre Dieu, et sera comme un chef en Juda, et Ékron, comme un Jébusien. ◊ 8 Et je camperai à côté de ma maison, à cause de l’armée, à cause des allants et des venants, et l’exacteur ne passera plus sur eux ; car maintenant j’ai vu de mes yeux.
◊ 9 Réjouis-toi avec transports, fille de Sion ; pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; il est juste et ayant le salut, humble et monté sur un âne, et sur un poulain, le petit d’une ânesse. ◊ 10 Et je retrancherai d’Éphraïm le char, et de Jérusalem, le cheval, et l’arc de guerre sera retranché. Et il annoncera la paix aux nations, et dominera d’une mer à l’autre, et depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre. ◊ 11 Quant à toi aussi, à cause du sang de ton alliance, je renverrai tes prisonniers hors de la fosse où il n’y avait point d’eau. ◊ 12 Revenez à la place forte, prisonniers de l’espérance ! Aujourd’hui même, je le déclare : Je te rendrai le double. ◊ 13 Car j’ai bandé pour moi Juda, d’Éphraïm j’ai rempli mon arc, et je réveillerai tes fils, ô Sion, contre tes fils, ô Javan, et je te rendrai telle que l’épée d’un homme fort. ◊ 14 Et l’Éternel sera vu au-dessus d’eux, et sa flèche sortira comme l’éclair ; et le Seigneur, l’Éternel, sonnera de la trompette, et marchera avec les tourbillons du midi. ◊ 15 L’Éternel des armées les protégera, et ils dévoreront, et ils fouleront les pierres de fronde, et ils boiront, et bruiront comme par le vin, et ils seront remplis comme un bassin, comme les coins de l’autel. ◊ 16 Et l’Éternel leur Dieu les sauvera, en ce jour-là, comme le troupeau de son peuple ; car ils seront des pierres de couronne élevées sur sa terre. ◊ 17 Car combien grande est sa bonté ! et combien grande est sa beauté ! Le froment fera croître les jeunes gens, et le moût, les jeunes filles.
Exode
34 ◊ 1 Et l’Éternel dit à Moïse : Taille-toi deux tables de pierre comme les premières, et j’écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as brisées. ◊ 2 Et sois prêt au matin, et monte au matin sur la montagne de Sinaï, et tiens-toi là devant moi, sur le sommet de la montagne. ◊ 3 Et personne ne montera avec toi, et même personne ne sera vu sur toute la montagne, et ni le menu ni le gros bétail ne paîtra devant cette montagne. ◊ 4 Et Moïse tailla deux tables de pierre comme les premières, et se leva de bon matin, et monta sur la montagne de Sinaï, comme l’Éternel le lui avait commandé, et prit en sa main les deux tables de pierre. ◊ 5 Et l’Éternel descendit dans la nuée, et se tint là avec lui, et cria le nom de l’Éternel. ◊ 6 Et l’Éternel passa devant lui, et cria : L’Éternel, l’Éternel ! *Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, ◊ 7 gardant la bonté envers des milliers [de générations], pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement [celui qui en est coupable] pour innocent, qui visite l’iniquité des pères sur les fils, et sur les fils des fils, sur la troisième et sur la quatrième [génération] ! ◊ 8 Et Moïse se hâta, et s’inclina jusqu’à terre, et se prosterna, ◊ 9 et dit : Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, Seigneur, que le Seigneur marche, je te prie, au milieu de nous ; car c’est un peuple de cou roide ; et pardonne nos iniquités et nos péchés, et prends-nous pour héritage.
◊ 10 Et il dit : Voici, j’établis une alliance : devant tout ton peuple, je ferai des merveilles qui n’ont pas été opérées sur toute la terre, ni en aucune nation ; et tout le peuple, au milieu duquel tu es, verra l’œuvre de l’Éternel ; car ce que je vais faire avec toi est une chose terrible. ◊ 11 — Garde ce que je te commande aujourd’hui : Voici, je vais chasser de devant toi l’Amoréen, et le Cananéen, et le Héthien, et le Phérézien, et le Hévien, et le Jébusien. ◊ 12 Garde-toi de traiter alliance avec l’habitant du pays dans lequel tu vas entrer, de peur qu’il ne soit en piège au milieu de toi. ◊ 13 Mais vous démolirez leurs autels, et vous briserez leurs statues, et vous abattrez leurs ashères. ◊ 14 Car tu ne te prosterneras point devant un autre *dieu (car l’Éternel dont le nom est Jaloux, est un *Dieu jaloux) : ◊ 15 de peur que tu ne traites une alliance avec les habitants du pays, et que lorsqu’ils se prostituent après leurs dieux et sacrifient à leurs dieux, on ne t’invite, et que tu ne manges de leur sacrifice, ◊ 16 et que tu ne prennes de leurs filles pour tes fils, et que leurs filles ne se prostituent après leurs dieux et ne fassent que tes fils se prostituent après leurs dieux. ◊ 17 — Tu ne te feras point de dieu de fonte. ◊ 18 — Tu garderas la fête des pains sans levain : pendant sept jours tu mangeras des pains sans levain, comme je te l’ai commandé, au temps fixé du mois d’Abib ; car c’est au mois d’Abib que tu es sorti d’Égypte. ◊ 19 — Tout ce qui ouvre la matrice est à moi, et tout ce qui naît mâle de ton bétail, le premier-né, tant du gros que du menu bétail. ◊ 20 Et le premier-né de l’âne, tu le rachèteras avec un agneau ; et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Tout premier-né de tes fils, tu le rachèteras ; et on ne paraîtra pas à vide devant ma face. ◊ 21 — Six jours tu travailleras, et le septième jour, tu te reposeras ; tu te reposeras, [même] au temps du labourage et de la moisson. ◊ 22 — Et tu feras la fête des semaines, des premiers fruits de la moisson du froment, et la fête de la récolte, à la fin de l’année. ◊ 23 — Trois fois l’an, tout mâle d’entre vous paraîtra devant la face du Seigneur, l’Éternel, le Dieu d’Israël. ◊ 24 Car je déposséderai les nations devant toi, et j’élargirai tes limites ; et nul ne désirera ton pays, lorsque tu monteras pour paraître devant la face de l’Éternel, ton Dieu, trois fois l’an. ◊ 25 — Tu n’offriras pas le sang de mon sacrifice avec du pain levé ; et le sacrifice de la fête de la Pâque ne passera pas la nuit jusqu’au matin. ◊ 26 Tu apporteras à la maison de l’Éternel, ton Dieu, les prémices des premiers fruits de ta terre. — Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère.
◊ 27 Et l’Éternel dit à Moïse : Écris ces paroles ; car, selon la teneur de ces paroles, j’ai fait alliance avec toi et avec Israël. ◊ 28 Et [Moïse] fut là avec l’Éternel quarante jours et quarante nuits ; il ne mangea point de pain et il ne but point d’eau ; et [l’Éternel] écrivit sur les tables les paroles de l’alliance, les dix paroles.
◊ 29 * Et il arriva que, lorsque Moïse descendit de la montagne de Sinaï (et les deux tables du témoignage étaient dans la main de Moïse lorsqu’il descendit de la montagne), Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu’il avait parlé avec Lui. ◊ 30 Et Aaron et tous les fils d’Israël virent Moïse, et voici, la peau de son visage rayonnait, et ils craignirent de s’approcher de lui ; ◊ 31 et Moïse les appela, et Aaron et tous les princes de l’assemblée revinrent auprès de lui, et Moïse leur parla. ◊ 32 Et après cela, tous les fils d’Israël s’approchèrent, et il leur commanda tout ce que l’Éternel lui avait dit sur la montagne de Sinaï. ◊ 33 Et Moïse cessa de parler avec eux : or il avait mis un voile sur son visage. ◊ 34 Et lorsque Moïse entrait devant l’Éternel pour parler avec lui, il ôtait le voile jusqu’à ce qu’il sortît ; puis il sortait et disait aux fils d’Israël ce qui lui avait été commandé. ◊ 35 Et les fils d’Israël voyaient le visage de Moïse, que la peau du visage de Moïse rayonnait ; et Moïse remettait le voile sur son visage jusqu’à ce qu’il entrât pour parler avec Lui.
Exode
13 ◊ 1 * Et l’Éternel parla à Moïse, disant : ◊ 2 Sanctifie-moi tout premier-né, tout ce qui ouvre la matrice parmi les fils d’Israël, tant des hommes que des bêtes ; il est à moi. ◊ 3 Et Moïse dit au peuple : Souvenez-vous de ce jour, auquel vous êtes sortis d’Égypte, de la maison de servitude, car l’Éternel vous en a fait sortir à main forte ; et on ne mangera point de pain levé. ◊ 4 Vous sortez aujourd’hui, au mois d’Abib. ◊ 5 Et quand l’Éternel t’aura fait entrer dans le pays du Cananéen, du Héthien, de l’Amoréen, du Hévien, et du Jébusien, qu’il a juré à tes pères de te donner, pays ruisselant de lait et de miel, il arrivera que tu feras ce service en ce mois-ci. ◊ 6 Pendant sept jours tu mangeras des pains sans levain, et le septième jour il y aura une fête à l’Éternel. ◊ 7 On mangera pendant les sept jours des pains sans levain ; et il ne se verra point chez toi de pain levé, et il ne se verra point de levain chez toi, dans tous tes confins. ◊ 8 Et tu raconteras [ces choses] à ton fils, en ce jour-là, disant : C’est à cause de ce que l’Éternel m’a fait quand je sortis d’Égypte. ◊ 9 Et cela te sera un signe sur ta main, et un mémorial entre tes yeux, afin que la loi de l’Éternel soit en ta bouche, car l’Éternel t’a fait sortir d’Égypte à main forte. ◊ 10 Et tu garderas ce statut en sa saison, d’année en année. ◊ 11 Et il arrivera, quand l’Éternel t’aura fait entrer dans le pays du Cananéen, comme il l’a juré à toi et à tes pères, et qu’il te l’aura donné, ◊ 12 que tu consacreras à l’Éternel tout ce qui ouvre la matrice, et tout ce qui ouvre la portière des bêtes qui t’appartiendront : les mâles seront à l’Éternel. ◊ 13 Et tout premier fruit des ânes, tu le rachèteras avec un agneau ; et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Et tout premier-né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras. ◊ 14 Et quand ton fils t’interrogera à l’avenir, disant : Qu’est-ce que ceci ? alors tu lui diras : À main forte l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte, de la maison de servitude. ◊ 15 Et il arriva, quand le Pharaon s’obstinait à ne pas nous laisser aller, que l’Éternel tua tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né des hommes jusqu’au premier-né des bêtes ; c’est pourquoi je sacrifie à l’Éternel tout ce qui ouvre la matrice, les mâles, et je rachète tout premier-né de mes fils. ◊ 16 Et ce sera un signe sur ta main et un fronteau entre tes yeux, car à main forte l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte.
◊ 17 * Et il arriva, quand le Pharaon laissa aller le peuple, que Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui est pourtant proche ; car Dieu dit : De peur que le peuple ne se repente lorsqu’ils verront la guerre, et qu’ils ne retournent en Égypte. ◊ 18 Et Dieu fit faire un détour au peuple par le chemin du désert de la mer Rouge ; et les fils d’Israël montèrent en ordre de bataille hors du pays d’Égypte. ◊ 19 Et Moïse prit les os de Joseph avec lui, car il avait expressément fait jurer les fils d’Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera ; et vous ferez monter mes os d’ici avec vous. ◊ 20 Et ils partirent de Succoth, et campèrent à Étham, à l’extrémité du désert. ◊ 21 Et l’Éternel allait devant eux, de jour dans une colonne de nuée pour les conduire par le chemin, et de nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu’ils marchassent jour et nuit : ◊ 22 la colonne de nuée ne se retira point, le jour, ni la colonne de feu, la nuit, de devant le peuple.
2 Samuel
5 ◊ 1 * Et toutes les tribus d’Israël vinrent vers David à Hébron, et parlèrent, disant : Voici, nous sommes ton os et ta chair. ◊ 2 Et autrefois, quand Saül était roi sur nous, c’était toi qui faisais sortir et qui faisais entrer Israël ; et l’Éternel t’a dit : Tu paîtras mon peuple Israël, et tu seras prince sur Israël. ◊ 3 Et tous les anciens d’Israël vinrent vers le roi à Hébron ; et le roi David fit alliance avec eux à Hébron, devant l’Éternel ; et ils oignirent David pour roi sur Israël.
◊ 4 David était âgé de trente ans lorsqu’il devint roi ; il régna quarante ans. ◊ 5 Il régna à Hébron, sur Juda, sept ans et six mois ; et, à Jérusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda.
◊ 6 Et le roi alla avec ses hommes à Jérusalem contre les Jébusiens, habitants du pays ; et ils parlèrent à David, disant : Tu n’entreras point ici ; mais les aveugles et les boiteux te repousseront ; — pour dire : David n’entrera pas ici. ◊ 7 Mais David prit la forteresse de Sion : c’est la ville de David. ◊ 8 Et David dit en ce jour-là : Quiconque frappera les Jébusiens et atteindra le canal, et les boiteux et les aveugles qui sont haïs de l’âme de David… ! C’est pourquoi on dit : L’aveugle et le boiteux n’entreront pas dans la maison. ◊ 9 Et David habita dans la forteresse, et l’appela ville de David ; et David bâtit tout autour, depuis Millo vers l’intérieur.
◊ 10 Et David allait grandissant de plus en plus ; et l’Éternel, le Dieu des armées, était avec lui. ◊ 11 Et Hiram, roi de Tyr, envoya des messagers à David, et des bois de cèdre, et des charpentiers, et des tailleurs de pierres pour les murailles ; et ils bâtirent une maison à David. ◊ 12 Et David connut que l’Éternel l’avait établi roi sur Israël, et qu’il avait élevé son royaume à cause de son peuple Israël. ◊ 13 Et David prit encore des concubines et des femmes de Jérusalem, après qu’il fut venu de Hébron, et il naquit encore à David des fils et des filles. ◊ 14 Et ce sont ici les noms de ceux qui lui naquirent à Jérusalem : Shammua, et Shobab, et Nathan, et Salomon, ◊ 15 et Jibkhar, et Élishua, et Népheg, et Japhia, ◊ 16 et Élishama, et Éliada, et Éliphéleth.
◊ 17 Et les Philistins apprirent qu’on avait oint David pour roi sur Israël, et tous les Philistins montèrent pour chercher David ; et David l’apprit, et descendit à la forteresse. ◊ 18 Et les Philistins vinrent et se répandirent dans la vallée des Rephaïm. ◊ 19 Et David interrogea l’Éternel, disant : Monterai-je contre les Philistins ? Les livreras-tu en ma main ? Et l’Éternel dit à David : Monte, car certainement je livrerai les Philistins en ta main. ◊ 20 Et David vint à Baal-Peratsim ; et là David les frappa, et il dit : L’Éternel a fait une brèche au milieu de mes ennemis devant moi, comme une brèche faite par les eaux ; c’est pourquoi il appela le nom de ce lieu Baal-Peratsim. ◊ 21 Et ils laissèrent là leurs idoles, et David et ses hommes les emportèrent.
◊ 22 Et les Philistins montèrent encore de nouveau, et se répandirent dans la vallée des Rephaïm. ◊ 23 Et David interrogea l’Éternel. Et il dit : Tu ne monteras pas ; tourne-les par-derrière, et tu viendras contre eux vis-à-vis des mûriers ; ◊ 24 et aussitôt que tu entendras sur le sommet des mûriers un bruit de gens qui marchent, alors tu t’élanceras, car alors l’Éternel sera sorti devant toi pour frapper l’armée des Philistins. ◊ 25 Et David fit ainsi, comme l’Éternel lui avait commandé ; et il frappa les Philistins depuis Guéba jusqu’à ce que tu viennes vers Guézer.
Ésaïe
5 ◊ 1 * Je chanterai à mon bien-aimé un cantique de mon bien-aimé, sur sa vigne : Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau fertile. ◊ 2 Et il la fossoya et en ôta les pierres, et la planta de ceps exquis ; et il bâtit une tour au milieu d’elle, et y tailla aussi un pressoir ; et il s’attendait à ce qu’elle produirait de bons raisins, et elle produisit des raisins sauvages. ◊ 3 — Et maintenant, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, jugez, je vous prie, entre moi et ma vigne. ◊ 4 Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? Pourquoi, quand j’espérais qu’elle produirait de bons raisins, a-t-elle produit des raisins sauvages ? ◊ 5 Et maintenant je vous apprendrai ce que je ferai à ma vigne : j’ôterai sa haie, et elle sera broutée ; j’abattrai sa clôture, et elle sera foulée aux pieds ; ◊ 6 et je la réduirai en désert ; elle ne sera pas taillée, et elle ne sera pas sarclée, et les ronces et les épines monteront ; et je commanderai aux nuées qu’elles ne laissent pas tomber de pluie sur elle. ◊ 7 Car la vigne de l’Éternel des armées est la maison d’Israël, et les hommes de Juda sont la plante de ses délices. Et il s’attendait au juste jugement, et voici l’effusion de sang, — à la justice, et voici un cri !
◊ 8 Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, qui joignent champ à champ, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place et que vous habitiez seuls au milieu du pays. ◊ 9 À mes oreilles, l’Éternel des armées [a dit] : Si beaucoup de maisons ne sont désolées, [si] de grandes et belles [maisons ne sont] vides d’habitants ! ◊ 10 Car dix arpents de vigne ne produiront qu’un bath, et un khomer de semence produira un épha.
◊ 11 Malheur à ceux qui, se levant de bonne heure, courent après la boisson, [et] qui, s’attardant jusqu’à la brune, sont enflammés par le vin. ◊ 12 Et la harpe et le luth, le tambourin et la flûte, et le vin, [abondent dans] leurs festins ; et ils ne regardent pas l’œuvre de l’Éternel, et ils ne voient pas l’opération de ses mains. ◊ 13 C’est pourquoi mon peuple est allé en captivité, parce qu’il n’a pas de connaissance ; et ses grands meurent de faim, et sa multitude est asséchée de soif. ◊ 14 C’est pourquoi le shéol élargit son désir et ouvre sa bouche sans mesure ; et la magnificence de Jérusalem y descendra, et sa multitude, et son tumulte, et sa joie ; ◊ 15 et l’homme du peuple se courbera, et le grand sera abaissé ; et les yeux des hautains seront abaissés ; ◊ 16 et l’Éternel des armées sera élevé en jugement, et le *Dieu saint sera sanctifié en justice. ◊ 17 Et les agneaux paîtront comme dans leur pâturage, et les étrangers dévoreront les lieux désolés des [hommes] gras.
◊ 18 Malheur à ceux qui tirent l’iniquité avec des cordes de vanité, et le péché comme avec des cordes de chariot, qui disent : ◊ 19 Qu’il se hâte, qu’il accélère son œuvre, afin que nous la voyions ; et que le conseil du Saint d’Israël s’approche, et vienne, et que nous le connaissions. ◊ 20 Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui mettent les ténèbres pour la lumière, et la lumière pour les ténèbres, qui mettent l’amer pour le doux, et le doux pour l’amer. ◊ 21 Malheur à ceux qui sont sages à leurs propres yeux, et intelligents à leur propre estime ! ◊ 22 Malheur à ceux qui sont forts pour boire du vin, et hommes vaillants pour mêler les boissons fortes ; ◊ 23 qui justifient le méchant pour un présent, et qui ôtent aux justes leur justice ! ◊ 24 C’est pourquoi, comme une langue de feu dévore le chaume, et comme l’herbe sèche s’affaisse dans la flamme, leur racine sera comme la pourriture, et leur fleur montera comme la poussière ; car ils ont méprisé la loi de l’Éternel des armées, et ont rejeté avec dédain la parole du Saint d’Israël. ◊ 25 C’est pourquoi la colère de l’Éternel s’est embrasée contre son peuple ; et il a étendu sa main sur lui, et l’a frappé ; et les montagnes ont été ébranlées ; et leurs cadavres sont devenus comme des ordures au milieu des rues. Pour tout cela, sa colère ne s’est pas détournée, et sa main est encore étendue.
◊ 26 Et il élèvera un étendard devant les nations lointaines : et il en sifflera une des bouts de la terre ; et voici, elle viendra, rapide [et] légère. ◊ 27 En elle, nul qui soit las ou qui bronche ; nul ne sommeille, nul ne dort ; nul n’a la ceinture de ses reins déliée, ou la courroie de sa chaussure arrachée. ◊ 28 Ses flèches sont aiguës, et tous ses arcs tendus ; les sabots de ses chevaux sont comme le caillou, et ses roues comme le tourbillon. ◊ 29 Son rugissement est comme celui d’une lionne ; elle rugit comme les jeunes lions ; elle gronde, et saisit la proie et l’emporte, et il n’y a personne qui délivre ; ◊ 30 et elle mugira sur elle, en ce jour-là, comme mugit la mer ; et on regardera sur la terre, et voici les ténèbres [et] la détresse : la lumière est obscurcie dans son ciel.
Luc
19 ◊ 1 Et il entra dans Jéricho, et traversa [la ville]. ◊ 2 Et voici, un homme, appelé du nom de Zachée : et il était chef de publicains, et il était riche ; ◊ 3 et il cherchait à voir Jésus, quel il était ; et il ne pouvait, à cause de la foule, car il était petit de taille. ◊ 4 Et, courant en avant, il monta sur un sycomore pour le voir ; car il allait passer là. ◊ 5 Et quand il fut venu à cet endroit, Jésus, regardant, le vit, et lui dit : Zachée, descends vite ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. ◊ 6 Et il descendit à la hâte, et le reçut avec joie. ◊ 7 Et voyant cela, tous murmuraient, disant qu’il était entré chez un pécheur pour y loger. ◊ 8 Et Zachée, se tenant là, dit au Seigneur : Voici, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres ; et si j’ai fait tort à quelqu’un par une fausse accusation, je lui rends le quadruple. ◊ 9 Et Jésus lui dit : Aujourd’hui [le] salut est venu à cette maison, vu que lui aussi est fils d’Abraham ; ◊ 10 car le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
◊ 11 Et comme ils entendaient ces choses, il ajouta et [leur] dit une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem, et qu’ils pensaient que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître. ◊ 12 Il dit donc : Un homme noble s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. ◊ 13 Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit : Trafiquez jusqu’à ce que je vienne. ◊ 14 Or ses concitoyens le haïssaient ; et ils envoyèrent après lui une ambassade, disant : Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous. ◊ 15 Et il arriva, à son retour, après qu’il eut reçu le royaume, qu’il commanda d’appeler auprès de lui ces esclaves auxquels il avait donné l’argent, afin qu’il sût combien chacun aurait gagné par son trafic. ◊ 16 Et le premier se présenta, disant : Maître, ta mine a produit dix mines. ◊ 17 Et il lui dit : Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très peu de chose, aie autorité sur dix villes. ◊ 18 Et le second vint, disant : Maître, ta mine a produit cinq mines. ◊ 19 Et il dit aussi à celui-ci : Et toi, sois [établi] sur cinq villes. ◊ 20 Et un autre vint, disant : Maître, voici ta mine, que j’ai gardée déposée dans un linge ; ◊ 21 car je t’ai craint, parce que tu es un homme sévère : tu prends ce que tu n’as pas mis, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé. ◊ 22 Il lui dit : Je te jugerai par ta propre parole, méchant esclave : tu savais que moi je suis un homme sévère, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé ; ◊ 23 et pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque, et quand je serais venu je l’eusse retiré avec l’intérêt ? ◊ 24 Et il dit à ceux qui étaient présents : Ôtez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines. ◊ 25 — Et ils lui dirent : Seigneur, il a dix mines. ◊ 26 — Car je vous dis qu’à quiconque a, il sera donné ; et à celui qui n’a pas, cela même qu’il a lui sera ôté. ◊ 27 Mais ceux-là, mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, amenez-les ici et tuez-les devant moi.
◊ 28 Et ayant dit ces choses, il allait devant eux, montant à Jérusalem.
◊ 29 Et il arriva, comme il approchait de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne appelée des Oliviers, qu’il envoya deux de ses disciples, disant : ◊ 30 Allez au village qui est vis-à-vis ; et y étant entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel jamais aucun homme ne s’assit ; détachez-le, et amenez-le. ◊ 31 Et si quelqu’un vous demande pourquoi vous le détachez, vous lui direz ainsi : Le Seigneur en a besoin. ◊ 32 Et ceux qui étaient envoyés, s’en allant, trouvèrent [tout] comme il le leur avait dit. ◊ 33 Et comme ils détachaient l’ânon, les maîtres de celui-ci leur dirent : Pourquoi détachez-vous l’ânon ? ◊ 34 Et ils dirent : Parce que le Seigneur en a besoin. ◊ 35 Et ils l’amenèrent à Jésus ; et ayant jeté leurs vêtements sur l’ânon, ils mirent Jésus dessus. ◊ 36 Et comme il allait son chemin, ils étendaient leurs vêtements sur le chemin. ◊ 37 Et comme il approchait déjà, à la descente de la montagne des Oliviers, toute la multitude des disciples, se réjouissant, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, ◊ 38 disant : Béni soit le roi qui vient au nom du *Seigneur ! Paix au ciel, et gloire dans les lieux très hauts ! ◊ 39 Et quelques-uns des pharisiens lui dirent du milieu de la foule : Maître, reprends tes disciples. ◊ 40 Et répondant, il leur dit : Je vous dis que si ceux-ci se taisent, les pierres crieront. ◊ 41 Et quand il fut proche, voyant la ville, il pleura sur elle, disant : ◊ 42 Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux. ◊ 43 Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’entoureront de tranchées, et t’environneront, et te serreront de tous côtés, ◊ 44 et te renverseront par terre, toi et tes enfants au-dedans de toi ; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as point connu le temps de ta visitation.
◊ 45 Et il entra au temple, et se mit à chasser dehors ceux qui y vendaient et qui y achetaient, ◊ 46 leur disant : Il est écrit : « Ma maison est une maison de prière » ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. ◊ 47 Et il enseignait tous les jours dans le temple ; et les principaux sacrificateurs et les scribes, et les principaux du peuple, tâchaient de le faire mourir. ◊ 48 Et ils ne trouvaient rien qu’ils pussent faire ; car tout le peuple se tenait suspendu à ses lèvres pour l’entendre.
Matthieu
22 ◊ 1 Et Jésus, répondant, leur parla encore en paraboles, disant : ◊ 2 Le royaume des cieux a été fait semblable à un roi qui fit des noces pour son fils, ◊ 3 et envoya ses esclaves pour convier ceux qui étaient invités aux noces ; et ils ne voulurent pas venir. ◊ 4 Il envoya encore d’autres esclaves, disant : Dites aux conviés : Voici, j’ai apprêté mon dîner ; mes taureaux et mes bêtes grasses sont tués et tout est prêt : venez aux noces. ◊ 5 Mais eux, n’en ayant pas tenu compte, s’en allèrent, l’un à son champ, et un autre à son trafic ; ◊ 6 et les autres, s’étant saisis de ses esclaves, les outragèrent et les tuèrent. ◊ 7 Et le roi, [l’ayant entendu, en] fut irrité ; et ayant envoyé ses troupes, il fit périr ces meurtriers-là et brûla leur ville. ◊ 8 Alors il dit à ses esclaves : Les noces sont prêtes, mais les conviés n’en étaient pas dignes ; ◊ 9 allez donc dans les carrefours des chemins, et autant de gens que vous trouverez, conviez-les aux noces. ◊ 10 Et ces esclaves-là, étant sortis, [s’en allèrent] par les chemins, et assemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, tant mauvais que bons ; et la [salle] des noces fut remplie de gens qui étaient à table. ◊ 11 Et le roi, étant entré pour voir ceux qui étaient à table, aperçut là un homme qui n’était pas vêtu d’une robe de noces. ◊ 12 Et il lui dit : Ami, comment es-tu entré ici, sans avoir une robe de noces ? Et il eut la bouche fermée. ◊ 13 Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-le pieds et mains, emportez-le, et jetez-le dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. ◊ 14 Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
◊ 15 Alors les pharisiens vinrent et tinrent conseil pour l’enlacer dans [ses] paroles. ◊ 16 Et ils lui envoient leurs disciples avec les hérodiens, disant : Maître, nous savons que tu es vrai et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité, et que tu ne t’embarrasses de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. ◊ 17 Dis-nous donc, que t’en semble : est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? ◊ 18 Et Jésus, connaissant leur méchanceté, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? ◊ 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. ◊ 20 Et il leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? ◊ 21 Ils lui disent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu. ◊ 22 Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent.
◊ 23 En ce jour-là, des sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection, vinrent à lui et l’interrogèrent, ◊ 24 disant : Maître, Moïse dit : Si quelqu’un meurt n’ayant pas d’enfants, son frère épousera sa femme, et suscitera de la postérité à son frère. ◊ 25 Or il y avait parmi nous sept frères ; et le premier s’étant marié, mourut, et n’ayant pas de postérité, il laissa sa femme à son frère ; ◊ 26 de la même manière le second aussi et le troisième, jusqu’au septième ; ◊ 27 et après eux tous, la femme aussi mourut. ◊ 28 Dans la résurrection donc, duquel des sept sera-t-elle la femme, car tous l’ont eue ? ◊ 29 Et Jésus, répondant, leur dit : Vous errez, ne connaissant pas les écritures, ni la puissance de Dieu ; ◊ 30 car, dans la résurrection, on ne se marie ni on n’est donné en mariage, mais on est comme des anges de Dieu dans le ciel. ◊ 31 Et quant à la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce qui vous est dit par Dieu, disant : ◊ 32 « Moi, je suis le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob » ? Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. ◊ 33 Et les foules, ayant entendu [cela], s’étonnèrent de sa doctrine.
◊ 34 Et les pharisiens, ayant ouï dire qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, s’assemblèrent en un même lieu. ◊ 35 Et l’un d’eux, docteur de la loi, l’interrogea pour l’éprouver, disant : ◊ 36 Maître, quel est le grand commandement dans la loi ? ◊ 37 Et il lui dit : « Tu aimeras le *Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée ». ◊ 38 C’est là le grand et premier commandement. ◊ 39 Et le second lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». ◊ 40 De ces deux commandements dépendent la loi tout entière et les prophètes.
◊ 41 Et les pharisiens étant assemblés, Jésus les interrogea, disant : ◊ 42 Que vous semble-t-il du Christ ? — de qui est-il fils ? Ils lui disent : De David. ◊ 43 Il leur dit : Comment donc David, en Esprit, l’appelle-t-il seigneur, disant : ◊ 44 « Le *Seigneur a dit à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds » ? ◊ 45 Si donc David l’appelle seigneur, comment est-il son fils ? ◊ 46 Et personne ne pouvait lui répondre un mot ; et personne, depuis ce jour-là, n’osa plus l’interroger.
Matthieu
27 ◊ 1 Or, quand le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir. ◊ 2 Et l’ayant lié, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Ponce Pilate, le gouverneur.
◊ 3 Alors Judas qui l’avait livré, voyant qu’il était condamné, ayant du remords, reporta les trente pièces d’argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, ◊ 4 disant : J’ai péché en livrant le sang innocent. Mais ils dirent : Que nous importe ! tu y aviseras. ◊ 5 Et ayant jeté l’argent dans le temple, il se retira ; et s’en étant allé, il se pendit. ◊ 6 Mais les principaux sacrificateurs, ayant pris les pièces d’argent, dirent : Il n’est pas permis de les mettre dans le trésor sacré, puisque c’est le prix du sang. ◊ 7 Et ayant tenu conseil, ils achetèrent avec cet [argent] le champ du potier, pour la sépulture des étrangers ; ◊ 8 c’est pourquoi ce champ-là a été appelé Champ de sang, jusqu’à aujourd’hui. ◊ 9 Alors fut accompli ce qui avait été dit par Jérémie le prophète, disant : Et ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix de celui qui a été évalué, lequel ceux d’entre les fils d’Israël ont évalué ; ◊ 10 et ils les ont données pour le champ du potier, comme le *Seigneur m’avait ordonné.
◊ 11 Or Jésus se tenait devant le gouverneur ; et le gouverneur l’interrogea, disant : Es-tu, toi, le roi des Juifs ? Et Jésus lui dit : Tu le dis. ◊ 12 Et étant accusé par les principaux sacrificateurs et les anciens, il ne répondit rien. ◊ 13 Alors Pilate lui dit : N’entends-tu pas de combien de choses ils portent témoignage contre toi ? ◊ 14 Et il ne lui répondit pas même un seul mot ; en sorte que le gouverneur s’en étonnait fort. ◊ 15 Or, à la fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier à la foule, celui qu’ils voulaient. ◊ 16 Et il y avait alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. ◊ 17 Comme donc ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus qui est appelé Christ ? ◊ 18 Car il savait qu’ils l’avaient livré par envie. ◊ 19 Et comme il était assis sur le tribunal, sa femme lui envoya dire : N’aie rien à faire avec ce juste ; car j’ai beaucoup souffert aujourd’hui à son sujet dans un songe. ◊ 20 Mais les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent aux foules de demander Barabbas et de faire périr Jésus. ◊ 21 Et le gouverneur, répondant, leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? Et ils dirent : Barabbas. ◊ 22 Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, qui est appelé Christ ? Ils disent tous : Qu’il soit crucifié ! ◊ 23 Et le gouverneur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils s’écriaient encore plus fort, disant : Qu’il soit crucifié ! ◊ 24 Et Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que plutôt il s’élevait un tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, disant : Je suis innocent du sang de ce juste ; vous, vous y aviserez. ◊ 25 Et tout le peuple, répondant, dit : Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! ◊ 26 Alors il leur relâcha Barabbas ; et ayant fait fouetter Jésus, il le livra pour être crucifié.
◊ 27 Alors les soldats du gouverneur, ayant emmené Jésus au prétoire, assemblèrent contre lui toute la cohorte. ◊ 28 Et lui ayant ôté ses vêtements, ils lui mirent un manteau d’écarlate ; ◊ 29 et ayant tressé une couronne d’épines, ils la mirent sur sa tête, et un roseau dans sa main droite ; et fléchissant les genoux devant lui, ils se moquaient de lui, disant : Salut, roi des Juifs ! ◊ 30 Et ayant craché contre lui, ils prirent le roseau et lui en frappaient la tête. ◊ 31 Et après qu’ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, et le revêtirent de ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.
◊ 32 Et comme ils sortaient, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu’ils contraignirent de porter sa croix. ◊ 33 Et étant arrivés au lieu appelé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne, ◊ 34 ils lui donnèrent à boire du vinaigre mêlé de fiel ; et l’ayant goûté, il n’en voulut pas boire. ◊ 35 Et l’ayant crucifié, ils partagèrent ses vêtements, en tirant au sort ; ◊ 36 et s’étant assis, ils veillaient là sur lui. ◊ 37 Et ils placèrent au-dessus de sa tête son accusation écrite : Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. ◊ 38 Alors sont crucifiés avec lui deux brigands, un à la droite, et un à la gauche.
◊ 39 Et ceux qui passaient par là l’injuriaient, hochant la tête, ◊ 40 et disant : Toi qui détruis le temple et qui le bâtis en trois jours, sauve-toi toi-même. Si tu es Fils de Dieu, descends de la croix. ◊ 41 Et pareillement aussi les principaux sacrificateurs avec les scribes et les anciens, se moquant, disaient : ◊ 42 Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même ; s’il est le roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui. ◊ 43 Il s’est confié en Dieu ; qu’il le délivre maintenant, s’il tient à lui ; car il a dit : Je suis fils de Dieu. ◊ 44 Et les brigands aussi qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.
◊ 45 Mais, depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure. ◊ 46 Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ◊ 47 Et quelques-uns de ceux qui se tenaient là, ayant entendu [cela], disaient : Il appelle Élie, celui-ci ! ◊ 48 Et aussitôt l’un d’entre eux courut et prit une éponge, et l’ayant remplie de vinaigre, la mit au bout d’un roseau, et lui donna à boire. ◊ 49 Mais les autres disaient : Laisse, voyons si Élie vient pour le sauver.
◊ 50 Et Jésus, ayant encore crié d’une forte voix, rendit l’esprit. ◊ 51 Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; et la terre trembla, et les rochers se fendirent, ◊ 52 et les sépulcres s’ouvrirent ; et beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent, ◊ 53 et étant sortis des sépulcres après sa résurrection, ils entrèrent dans la sainte ville, et apparurent à plusieurs.
◊ 54 Et le centurion et ceux qui avec lui veillaient sur Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, eurent une fort grande peur, disant : Certainement celui-ci était Fils de Dieu. ◊ 55 Et il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin, qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée, en le servant, ◊ 56 entre lesquelles étaient Marie de Magdala, et Marie, la mère de Jacques et de Joses, et la mère des fils de Zébédée.
◊ 57 Et, le soir étant venu, il arriva un homme riche d’Arimathée, dont le nom était Joseph, qui aussi lui-même était disciple de Jésus. ◊ 58 Celui-ci étant allé auprès de Pilate, demanda le corps de Jésus ; alors Pilate donna l’ordre que le corps fût livré. ◊ 59 Et Joseph, ayant pris le corps, l’enveloppa d’un linceul net, ◊ 60 et le mit dans son sépulcre neuf qu’il avait taillé dans le roc ; et ayant roulé une grande pierre contre la porte du sépulcre, il s’en alla. ◊ 61 Et Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre.
◊ 62 Et le lendemain, qui est après la Préparation, les principaux sacrificateurs et les pharisiens s’assemblèrent auprès de Pilate, ◊ 63 disant : Seigneur, il nous souvient que ce séducteur, pendant qu’il était encore en vie, disait : Après trois jours, je ressuscite. ◊ 64 Ordonne donc que le sépulcre soit gardé avec soin jusqu’au troisième jour ; de peur que ses disciples ne viennent et ne le dérobent, et ne disent au peuple : Il est ressuscité des morts ; et ce dernier égarement sera pire que le premier. ◊ 65 Et Pilate leur dit : Vous avez une garde ; allez, rendez-le sûr comme vous l’entendez. ◊ 66 Et eux, s’en allant, rendirent le sépulcre sûr, scellant la pierre, et y mettant la garde.
Job
11 ◊ 1 * Et Tsophar, le Naamathite, répondit et dit :
◊ 2 La multitude des paroles ne recevrait-elle pas de réponse, et un grand parleur serait-il justifié ?
◊ 3 Tes mensonges doivent-ils faire taire les gens ? Te moqueras-tu, sans que personne te fasse honte ?
◊ 4 Car tu as dit : Ma doctrine est pure, et je suis sans tache à tes yeux !
◊ 5 Oh ! qu’il plût à +Dieu de parler et d’ouvrir ses lèvres contre toi,
◊ 6 Et de te raconter les secrets de la sagesse, comment ils sont le double de ce qu’on réalise ! Et sache que +Dieu laisse dans l’oubli [beaucoup] de ton iniquité.
◊ 7 Peux-tu, en sondant, découvrir ce qui est en +Dieu, ou découvriras-tu parfaitement le Tout-puissant ?
◊ 8 Ce sont les hauteurs des cieux, — que feras-tu ? C’est plus profond que le shéol, qu’en sauras-tu ?
◊ 9 Plus longue que la terre est sa mesure, plus large que la mer.
◊ 10 S’il passe et enferme et fait comparaître, qui donc le détournera ?
◊ 11 Car il connaît, lui, les hommes vains, et il voit l’iniquité sans que [l’homme] s’en aperçoive ;
◊ 12 Et l’homme stupide s’enhardit, quoique l’homme naisse comme le poulain de l’âne sauvage.
◊ 13 * Si tu prépares ton cœur et que tu étendes tes mains vers lui,
◊ 14 Si tu éloignes l’iniquité qui est dans ta main, et que tu ne laisses pas l’injustice demeurer dans tes tentes,
◊ 15 Alors tu lèveras ta face sans tache, tu seras ferme et tu ne craindras pas ;
◊ 16 Car tu oublieras ta misère, tu t’en souviendras comme des eaux écoulées ;
◊ 17 [Ta] vie se lèvera plus claire que le plein midi ; si tu étais couvert de ténèbres, tu seras comme le matin ;
◊ 18 Et tu auras de la confiance, parce qu’il y aura de l’espoir ; tu examineras [tout], et tu dormiras en sûreté ;
◊ 19 Tu te coucheras, et il n’y aura personne pour te faire peur, et beaucoup rechercheront ta faveur.
◊ 20 Mais les yeux des méchants seront consumés, et [tout] refuge périra pour eux, et leur espoir sera d’expirer.
Psaumes
118 ◊ 1 Célébrez l’Éternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours.
◊ 2 Qu’Israël dise, que sa bonté demeure à toujours !
◊ 3 Que la maison d’Aaron dise, que sa bonté demeure à toujours !
◊ 4 Que ceux qui craignent l’Éternel disent, que sa bonté demeure à toujours !
◊ 5 * Dans ma détresse j’ai invoqué Jah ; Jah m’a répondu, [et m’a mis] au large.
◊ 6 L’Éternel est pour moi, je ne craindrai pas ; que me fera l’homme ?
◊ 7 L’Éternel est pour moi entre ceux qui me secourent ; et moi je verrai [mon plaisir] en ceux qui me haïssent.
◊ 8 Mieux vaut mettre sa confiance en l’Éternel que de se confier en l’homme.
◊ 9 Mieux vaut mettre sa confiance en l’Éternel que de se confier dans les principaux.
◊ 10 * Toutes les nations m’avaient environné ; au nom de l’Éternel, certes je les ai détruites.
◊ 11 Elles m’avaient environné, oui, environné ; au nom de l’Éternel, certes je les ai détruites.
◊ 12 Elles m’avaient environné comme des abeilles ; elles ont été éteintes comme un feu d’épines ; au nom de l’Éternel, certes je les ai détruites.
◊ 13 * Tu m’avais rudement poussé, pour que je tombasse ; mais l’Éternel m’a été en secours.
◊ 14 Jah a été ma force et mon cantique, et il a été mon salut.
◊ 15 * La voix de triomphe et de salut est dans les tentes des justes : la droite de l’Éternel agit puissamment ;
◊ 16 La droite de l’Éternel est haut élevée, la droite de l’Éternel agit puissamment ;
◊ 17 Je ne mourrai pas, mais je vivrai, et je raconterai les œuvres de Jah.
◊ 18 Jah m’a sévèrement châtié, mais il ne m’a pas livré à la mort.
◊ 19 * Ouvrez-moi les portes de la justice ; j’y entrerai, je célébrerai Jah.
◊ 20 C’est ici la porte de l’Éternel, les justes y entreront.
◊ 21 Je te célébrerai, car tu m’as répondu, et tu as été mon salut.
◊ 22 * La pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée, est devenue la tête de l’angle.
◊ 23 Ceci a été de par l’Éternel : c’est une chose merveilleuse devant nos yeux.
◊ 24 C’est ici le jour que l’Éternel a fait ; égayons-nous et réjouissons-nous en lui !
◊ 25 Ô Éternel, sauve, je te prie ! Éternel, je te prie, donne la prospérité !
◊ 26 Béni soit celui qui vient au nom de l’Éternel ! Nous vous avons bénis de la maison de l’Éternel.
◊ 27 * L’Éternel est *Dieu, et il nous a donné la lumière. Liez avec des cordes le sacrifice aux cornes de l’autel.
◊ 28 Tu es mon *Dieu, et je te célébrerai, — mon Dieu, je t’exalterai.
◊ 29 Célébrez l’Éternel ! car il est bon, car sa bonté demeure à toujours.