Chapitre 25

« Alors le royaume des cieux sera fait semblable à dix vierges ». Nous avons ici l’aspect général de ceux qui portent le nom de Christ. Le royaume des cieux ici implique une certaine économie à un moment donné du temps. « Alors le royaume des cieux sera fait semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, sortirent à la rencontre de l’époux » (v. 1). « Leurs lampes » parlent de la lumière de la profession. Elles étaient des témoins pour le Seigneur, et leur appel était de rencontrer le Sauveur. C’est ce qui devrait être l’attitude du chrétien depuis le commencement, de sortir à la rencontre de l’Époux. Le christianisme ne veut pas dire que ceux qui le professent restent où ils sont, et attendent Christ ainsi, mais qu’ils quittent tout afin de sortir et de rencontrer l’Époux. Certains des premiers croyants étaient des Juifs, et certains des Gentils ; mais pour Christ, ils abandonnèrent leurs relations précédentes, leur position dans le monde, et tout ce qu’ils appréciaient jusqu’alors. Ils avaient un nouvel objet ; ils savaient que le seul béni au regard de Dieu était le Sauveur ; ils L’attendaient, Lui qui est dans le ciel, et ils sortent pour rencontrer Celui qui a promis de revenir. C’est la véritable attente du chrétien. Il ne doit pas y avoir de dates fixées, mais une certaine espérance que le Seigneur vient — nous ne savons pas quand. Plus une telle espérance sera forte dans nos cœurs, plus nous serons complètement séparés des plans et des projets de ce monde.

« Et cinq d’entre elles étaient prudentes, et cinq folles ». Le royaume des cieux est devenu une affaire de profession. Comme dans le cas des esclaves, il y en avait un méchant aussi bien qu’un fidèle, ainsi ici il y a cinq vierges prudentes et cinq folles. « Celles qui étaient folles, en prenant leurs lampes, ne prirent pas d’huile avec elles ». C’étaient des personnes qui avaient la lampe de la profession, mais pas d’huile. Certains ont pensé que c’étaient des chrétiens qui avaient manqué d’attendre le Seigneur qui venait. Mais je crois que c’est faux, parce que les folles prouvent leur folie par cela — qu’elles ne prirent pas d’huile dans leurs lampes. Qu’est-ce que cela signifie ? L’huile est le type du Saint Esprit. Nous trouvons en 1 Jean 2 une « onction de la part du Saint ». Quelqu’un maintiendra-t-il que ce sont de vrais chrétiens qui n’ont pas cette « onction » ? Les vierges prudentes représentent les vrais croyants, les folles, les simples professants, ceux qui ont pris le nom de Christ, mais rien ne pouvait les rendre propre pour la présence de Christ. Notre puissance pour jouir de Christ vient entièrement du Saint Esprit. L’homme naturel peut admirer Christ, mais seulement à distance, et sans avoir une conscience réveillée et purifiée. Il n’y a pas de relation vivante qui lie le cœur de l’homme naturel à Christ ; et c’est pourquoi l’homme L’a crucifié. Ces vierges folles, n’ayant pas d’huile dans leurs lampes, montraient qu’elles ne possédaient rien qui puisse leur permettre d’accueillir Christ. Le Saint Esprit seul peut rendre les hommes propres pour se tenir debout dans la confession de Son nom, pour faire Son œuvre. L’huile était ce qui alimentait la lampe, et ces vierges folles n’en avaient pas. « Mais les prudentes prirent de l’huile dans leurs vaisseaux avec leurs lampes. Or, comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent » (v. 4, 5). Elles abandonnèrent toutes, en pratique, l’espérance de la venue de Christ : il n’y avait aucune différence en cela. Il y avait de vrais et de faux chrétiens, mais tous étaient, à cet égard, endormis. Ainsi, tandis qu’à l’origine, l’appel des chrétiens était d’attendre le retour de Christ, étant unis à Lui par le Saint Esprit, il devait pourtant y avoir un assoupissement universel quant à l’attente de Christ. Mais le Seigneur ajoute : « Au milieu de la nuit il se fit un cri : Voici l’époux ; sortez à sa rencontre » (v. 6). Clairement, ce cri fut l’œuvre du Saint Esprit Lui-même. C’était la puissance et la grâce de Dieu qu’Il envoyait par les moyens qu’Il jugeait appropriés. Il ne nous est pas dit comment, mais cela révèle clairement un mouvement général parmi les chrétiens professants — un réveil de la vérité de la venue du Seigneur. « Alors toutes ces vierges se levèrent et apprêtèrent leurs lampes » (v. 7). Le cri affecta même celles qui n’avaient pas le Saint Esprit habitant en elles.

Mais alors se manifeste la solennelle différence. « Les folles dirent aux prudentes : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent », ou plutôt, « sont en train de s’éteindre ». Elles avaient allumé leurs mèches, mais il n’y avait pas d’huile. La lumière de la simple nature brûle immédiatement et rapidement, mais il n’y a rien qui implique l’Esprit de Dieu — elles n’avaient pas d’huile. « Mais les prudentes répondirent, disant : Non, de peur qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt vers ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous-mêmes ». Je n’ai pas besoin de dire que les conditions auxquelles Dieu vend et l’homme achète le Saint Esprit, sont « sans argent et sans prix » ; mais le point important ici est que toute âme doit avoir affaire avec Dieu. Le croyant écoute, et s’incline devant Dieu dans ce monde ; l’incrédule tremblera devant Dieu dans le monde à venir. La grâce force les âmes à venir et à avoir affaire avec Lui maintenant, dans ce monde-ci ; mais si je refuse de faire face à Dieu quant à mes péchés ici-bas, je serai perdu pour toujours. Maintenant est le jour du salut ; et ce n’est qu’une tromperie du diable que de persuader le cœur de le reporter à un moment plus favorable. Si je vais à Dieu au sujet de mes péchés, et parce que je crois que Jésus est un Sauveur, je trouverai, non seulement Jésus le Fils de Dieu, mais le Saint Esprit donné, par lequel je pourrai jouir du Sauveur. Les prudentes avaient cette huile, et elles pouvaient attendre en paix la venue du Seigneur. Mais les folles ne connaissaient pas Sa grâce. Et vers qui allaient-elles ? Non pas vers ceux qui vendent sans argent et sans prix. « Comme elles s’en allaient pour en acheter, l’époux vint ; et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces ; et la porte fut fermée ». Après cela, comme nous le voyons dans la triste image des vierges folles, elles viennent, disant : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Mais lui, répondant, dit : En vérité, je vous dis : je ne vous connais pas. Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Les mots « en laquelle le Fils de l’homme vient » n’ont pas d’autorité solide des manuscrits, dans ce verset. Ce n’est pas une vue qui m’est propre, mais c’est le jugement de toute personne compétente qui a examiné les témoignages originaux. Quand le Seigneur est présenté comme venant pour le jugement, il est parlé de Lui comme le Fils de l’homme. Ici, Il est représenté comme l’Époux ; et si les mots « fils de l’homme » devaient réellement être lus ici, il serait de fait difficile de les justifier. Combien il est clair que vous ne pouvez pas ajouter quelque chose à l’Écriture sans la gâter ! Notre Seigneur apparaît ici sous un aspect de grâce envers Ses saints ; et c’est une des raisons pour lesquelles vous ne trouvez aucune description de jugement comme devant tomber sur les vierges folles. Dépeindre l’exécution de la vengeance divine serait incohérent avec Son titre d’Époux. Sans doute, même ici, la porte est fermée ; et notre Seigneur dit aux vierges folles, quand elles L’appellent pour ouvrir : « Je ne vous connais pas » ; mais là-dessus, Il tourne immédiatement la chose pour le profit spirituel de Ses disciples : « Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (v. 13).

Puis vient une autre parabole. « Car le royaume des cieux est [litt. : c’est] comme un homme qui, s’en allant hors du pays, appela ses propres esclaves et leur remit ses biens. Et à l’un, il donna cinq talents ; à un autre, deux ; à un autre, un ; à chacun selon sa propre capacité ; et aussitôt il s’en alla hors du pays » (v. 14, 15). Ici, notre Seigneur est représenté comme quittant ce monde et allant dans un pays éloigné. Cette manière selon laquelle notre Seigneur est représenté ici est remarquable. Dans Matthieu, Sa demeure est supposée être sur la terre, parce qu’Il est le Messie qui vint vers les siens, même si les siens ne L’ont pas reçu. Comme le Messie rejeté, Il quitte Sa demeure, et va, Fils de l’homme souffrant mais glorifié, dans un pays éloigné, qui est clairement le ciel. Et pendant qu’Il est allé là, Il a Ses esclaves à qui Il a confié une partie de Ses biens ; et ils ont à travailler avec ceux-ci. « Or celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla et les fit valoir, et acquit cinq autres talents » (v. 16). Ici, nous trouvons une autre sorte de ministère. Ce n’est pas servir les domestiques de la maison, et leur donner leur nourriture au temps convenable, comme en Matthieu 24, 45. C’est trafiquer, ou sortir vers les autres. C’est une caractéristique du christianisme. Dans le judaïsme, il n’y avait rien de semblable au Seigneur envoyant Ses esclaves ici et là pour gagner des âmes ; mais quand le Seigneur Jésus quitta ce monde et monta au ciel, Il les envoya ainsi. De plus, Il leur laissa les moyens de trafiquer. C’est l’activité de la grâce qui sort pour chercher des pécheurs, aussi bien que pour répandre le témoignage de la vérité de Dieu parmi les saints.

Si le Seigneur appelle à Son service, Il donne aussi selon notre capacité propre. Le caractère du don mis à notre disposition est adapté et au but, et au vase, selon la sagesse du Donateur. C’est une question de souveraineté, et tout est sagement ordonné. Comment pourrait-il en être autrement, en voyant que c’est le Seigneur qui appelle ? C’est en cela aussi que la chrétienté a si grandement manqué. Si un homme, actuellement, se mettait à prêcher et à enseigner sans une sanction humaine quelconque, beaucoup considéreraient cela comme une présomption, voire même une prétention ; alors qu’en vérité, si je recherche l’autorité de la part des églises pour prêcher ou servir le Seigneur, je pécherai contre Christ. Toute nomination par l’homme pour un tel but n’est pas autorisée et est opposée à la pensée de Christ ; et ceux qu’ils considéreraient comme agissant de façon irrégulière, sont en réalité dans l’humble chemin de l’obéissance, et trouveront leur justification dans le grand jour à venir. C’est entièrement une question entre Christ et Ses propres esclaves. Il donne l’un comme prophète, un autre comme évangéliste, un autre comme pasteur et docteur (Éph. 4). Mais il y a deux choses dans le serviteur — toutes deux très importantes. Il leur a donné des dons, mais c’était selon leur capacité propre. Le Seigneur n’appelle pas à un service spécial quelqu’un qui n’a pas la capacité pour la mission qui lui est confiée. L’esclave doit avoir certaines qualifications naturelles ou acquises, outre la puissance de l’Esprit de Dieu. Il leur a donné des talents — à l’un cinq, à l’autre deux, et à un autre un. Là, vous trouvez l’énergie du Saint Esprit — la puissance que le Seigneur donne d’en haut, en plus et au-delà de Son choix pour chacun « selon sa propre capacité ».

Il découle clairement de là qu’il y a certaines qualités dans le serviteur, qui sont indépendantes du don que le Seigneur place en lui. Ses capacités naturelles sont le vase qui contient le don, et dans lequel le don doit être exercé. Si le Seigneur appelle quelqu’un à être un prédicateur, il y a une aptitude naturelle supposée pour cela. De plus, le don peut être augmenté. Tout d’abord, il y a la capacité de l’homme auparavant et quand il est converti ; puis le Seigneur lui donne un don qu’il n’avait jamais eu auparavant ; en troisième lieu, s’il ne met pas en œuvre son don, il peut être affaibli, et même perdu. Il peut devenir infidèle et peut perdre la puissance. Mais si quelqu’un s’attend au Seigneur, il peut lui être accordé, au contraire, une puissance accrue. Beaucoup pensent que la seule qualification du serviteur de Dieu est celle de l’Esprit. C’est, bien entendu, essentiel et des plus bénis ; mais ce n’est pas tout. La vérité est que Christ donne des dons ; mais Il les donne « selon la capacité » de chaque individu. L’union des deux faits, la capacité du serviteur et le don souverainement accordé qui lui est donné pour trafiquer, est à garder bien en vue de façon primordiale.

Mais pour continuer : « Et longtemps après, le maître de ces esclaves vient et règle compte avec eux. Et celui qui avait reçu les cinq talents vint et apporta cinq autres talents, disant : Maître, tu m’as remis cinq talents ; voici, j’ai gagné cinq autres talents par-dessus. Son maître lui dit : Bien, bon et fidèle esclave » (v. 19-21). Au chapitre 24, c’était l’esclave « fidèle et prudent », parce que, quand il est question de la maison, la sagesse est nécessaire. Mais ici, c’est « bon et fidèle esclave ». Tous deux sont appelés « fidèle » ; mais, dans l’exercice des dons que le Seigneur a envoyés dans le monde avec le message de la grâce, la bonté de Dieu est ce qui les caractérise. Quelle est la source de toute grâce, dans le serviteur du Seigneur ? C’est l’appréciation de la bonté de Dieu. Cela se trouve en contraste avec le cas de l’esclave paresseux. Un homme inconverti peut avoir un don de la part du Seigneur. L’esclave paresseux était clairement quelqu’un qui n’avait jamais connu Dieu : ce qui est démontré en ce qu’il ne croyait pas à la bonté du Seigneur ; il n’avait pas confiance dans la grâce qui est dans le Christ Jésus. Le méchant esclave montrait par là ce qu’il était. Il dit : « Je te connaissais, que tu es un homme dur, moissonnant où tu n’as pas semé et recueillant où tu n’as pas répandu ; et, craignant, je m’en suis allé et j’ai caché ton talent dans la terre ; voici, tu as ce qui est à toi. Et son maître, répondant, lui dit : Méchant et paresseux esclave, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que je recueille où je n’ai pas répandu » (v. 24-26). Son seigneur le prend sur son propre terrain. Si le serviteur juge qu’il est dur, sur son propre terrain, il dit : « tu aurais donc dû placer mon argent chez les banquiers, et, quand je serais venu, j’aurais reçu ce qui est à moi avec l’intérêt ». Selon sa propre excuse, il avait complètement manqué ; et il en est toujours ainsi. L’homme qui parle de la justice de Dieu, ne peut se tenir devant elle un seul instant ; alors que celui qui se rejette humblement sur la grâce de Dieu sera trouvé marchant sobrement, et justement, et pieusement, dans ce présent siècle mauvais. Celui qui nie la bonté de Dieu est invariablement lui-même un méchant.

Ainsi en est-il dans notre service : que nous ayons deux ou cinq talents, si nous les employons pour Lui, le Seigneur le rendra à nos âmes, et dans le jour qui vient, nous fera entendre ces paroles bénies : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître ».

Nous en venons maintenant à un sujet considéré, je pense, avec beaucoup de préjugés par bien des personnes. Il a été perverti, j’ai le regret de le dire, même par ceux qui aiment le Sauveur et reconnaissent à la fois la bénédiction générale de ceux qui Lui appartiennent et la perdition assurée de ceux qui Le méprisent. Mais bien que tous les chrétiens doivent être dans l’ensemble d’accord sur ces vérités fondamentales, quand nous en venons à rechercher ce que le Seigneur voulait que nous récoltions du fait qu’Il s’assied sur le trône de Sa gloire ; quand nous voulons déterminer qui sont les partis que le Seigneur a devant Lui dans cette scène, et quelle est la destinée spéciale de ceux qui sont bénis, nous faisons face à des opinions très variées. La racine de la difficulté peut être ramenée en général à une seule pensée — la préoccupation, même chez les chrétiens, de trouver ce qui concerne leur propre sort. N’étant pas pleinement en repos quant à leur acceptation vis-à-vis de Dieu, il y a d’ordinaire une disposition à déformer l’Écriture, en partie pour échapper à ce qu’ils craignent, et en partie pour trouver du réconfort pour leurs âmes troublées. La plus grande partie des enfants de Dieu sont, plus ou moins, en esprit sous la loi ; et partout où ils sont honnêtes dans cette condition, ils doivent être misérables. Comparativement, bien peu connaissent la plénitude de la délivrance en Christ ; peu savent ce que c’est que d’être mort à la loi et marié à un autre, savoir à Celui qui est ressuscité d’entre les morts. Ils peuvent entendre et répéter les paroles de l’Écriture, en pensant qu’elles signifient quelque chose de bon ; mais la véritable signification et la bénédiction d’être mort à la loi et uni à un Sauveur ressuscité, est appréciée de bien peu. C’est la raison pour laquelle autant ne sont pas en état de comprendre la Parole de Dieu. Ne jouissant pas en paix de leur propre position en Christ, ils saisissent chaque promesse, sans bien considérer les objets que Dieu a en vue. Ainsi, recherchant de l’assurance pour leur propre âme, quand le Seigneur parle de certains Gentils comme de « brebis », ils pensent qu’il s’agit de nous, parce que nous sommes appelés ainsi ailleurs, comme en Jean 10. Ils trouvent qu’ils sont bénis du Père, et en concluent donc que cela ne peut être autre chose que notre espérance. Également, il est parlé de certains comme de « frères » du Roi ; et ils prennent pour certain qu’il s’agit de nous — les chrétiens. Avec une telle manière superficielle, l’Écriture est mal comprise, et le réconfort même que les âmes désirent leur échappe tout aussi sûrement. Chaque fois que nous détournons le tranchant de la Parole de Dieu, et nous approprions sans discernement ce qui est dit de personnes dans une position totalement différente, il y a une perte. Dieu a tout arrangé de telle sorte que la meilleure part pour nous est celle que Dieu a donnée. Nous ne pouvons pas changer les conseils de Dieu, ni ajouter aux richesses de Sa grâce. Si nous connaissons l’amour que Dieu a pour nous en Christ, nous connaissons la meilleure chose que nous puissions trouver sur la terre ou au ciel. Du moment que nous tenons ferme cela, et que nous voyons combien nous sommes grandement bénis, nous arrêtons de nous soucier que chaque bonne parole de Dieu converge vers nous ; nous voyons Son objet infiniment plus grand, à savoir Christ, et nous pouvons nous réjouir de ce que d’autres sont bénis, même dans ce que nous n’avons pas. C’est une chose très importante, dans la pratique — que nous soyons ainsi satisfaits de l’amour de Dieu pour nous, et de la part qu’Il nous a donnée en Christ, pour nous réjouir de tout ce qu’il Lui plaît d’accorder à d’autres. Ne sommes-nous pas assurés que notre Père ne nous cache rien, sinon ce qui interférerait avec notre bénédiction ? Ainsi, en lisant cette parabole, ou description prophétique, nous n’avons aucune contrainte. Nous pouvons la comparer à d’autres passages, et déterminer qui le Seigneur a en vue, et nous enquérir de ce que doit être leur part.

« Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations seront assemblées devant lui » (v. 31, 32). Ici, les preuves sont suffisantes quant au temps et aux circonstances dont parle notre Seigneur. Il s’assied sur Son propre trône comme le Fils de l’homme. Il rassemble devant Lui toutes les nations. Quand cela aura-t-il lieu ? Ici, du moins, on ne prétendra pas qu’il s’agit de quelque chose de passé. Le Seigneur Jésus n’est même pas encore assis sur Son trône. Quand Il était sur la terre, Il n’avait pas de trône ; quand Il monta au ciel, Il s’assit sur le trône de Son Père, comme le dit Apocalypse 3, 21 : « Celui qui vaincra, — je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône ». D’après cette promesse, quand elle sera accomplie, Il devra avoir quitté le trône de Son Père et s’être assis sur Son propre trône. C’est une chose future. Tout passage qui parle de la position actuelle de notre Seigneur, montre qu’Il est actuellement assis sur le trône du Père. Mais l’Écriture montre aussi qu’Il doit s’asseoir sur Son propre trône ; et c’est ce que nous avons ici. Toutes choses dans les cieux et sur la terre seront placées sous le gouvernement du Seigneur Jésus. Il sera la tête de toute gloire, céleste et terrestre. De laquelle parle ce passage ? Y a-t-il quelque circonstance dont le Seigneur entoure Son trône et qui rende claire la réponse ? « Toutes les nations seront assemblées devant lui ». Les nations sont-elles dans le ciel ? Clairement, non. Qui peut imaginer une chose aussi grossière ? Quand on franchit la frontière entre les choses visibles et les invisibles, aucune vision terrestre semblable n’abaisse ou ne distrait l’adoration en haut. Quand les hommes seront ressuscités d’entre les morts, ils ne seront plus connus comme anglais ou français : ces distinctions nationales auront pris fin, pour eux. Leur lot à venir est décidé en fonction de leur acceptation ou de leur rejet de Jésus dans la vie actuelle. Ce trône futur du Fils de l’homme est par conséquent en relation avec un état temporel sur la terre. Plus on pèse chaque mot, plus cela sera évident à celui qui est sans parti-pris.

Si nous la comparons, en second lieu, avec une scène de résurrection, leur caractère distinctif apparaîtra clairement. En Apocalypse 20, 11, « je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus, de devant la face duquel la terre s’enfuit et le ciel ; et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux ». Il ne peut y avoir de doute quant à ce trône. Il ne peut rien avoir affaire avec la terre, puisque le passage lui-même nous dit que la terre et le ciel se sont enfuis. J’en déduis immédiatement le contraste positif entre Matthieu et l’Apocalypse. Ce n’est que dans cette dernière que nous entendons parler du ciel et de la terre qui s’enfuient ; dans le premier, nous avons seulement des indications très claires que le Seigneur prend place sur Son trône en gouvernement sur la terre et sur les hommes qui y vivent — et non pas jugeant les morts, quand le royaume est sur le point d’être remis. Ceux qui sont assemblés devant Lui ici sont « toutes les nations » — un terme qui n’est jamais utilisé pour les morts ou pour les ressuscités, mais seulement appliqué aux hommes ici-bas, et de fait appliqué seulement aux Gentils, en tant que distincts des Juifs. Car nous avons déjà trouvé les Juifs en Matthieu 24, et maintenant nous considérons les Gentils ; entre les deux se trouvent les paraboles qui s’appliquent à la profession chrétienne.

Ainsi, rien ne peut être plus en ordre que tout l’ensemble de cette prophétie sur la montagne. Les Juifs viennent en premier, comme de fait les disciples l’étaient encore eux-mêmes ; puis les paraboles de l’esclave de la maison, des vierges et des talents, qui décrivent la position chrétienne, qui sera bientôt développée, quand les Juifs rejetteront le témoignage du Saint Esprit. En dernier lieu, une nouvelle section clôture le tout : ni les Juifs, ni les chrétiens, mais « toutes les nations », ou Gentils, à qui le témoignage du royaume doit être envoyé[21], et parmi lesquelles le Saint Esprit agira (Satan agissant aussi, de peur qu’ils ne soient amenés des ténèbres à la merveilleuse lumière de Dieu). Dans Apocalypse 20, nous trouvons un grand trône blanc. « Et je vis les morts, les grands et les petits, se tenant… ». Ainsi, vous voyez immédiatement le caractère de ce trône. Pas un homme vivant dans sa vie naturelle ne s’y trouve, mais les morts maintenant ressuscités sont convoqués devant le grand trône blanc pour le jugement. En Matthieu 25, il n’est pas parlé d’un seul homme mort ; en Apocalypse 20, pas d’un seul homme vivant. En Matthieu, les personnes appelées devant le trône sont « tous les Gentils », ou nations ; dans l’Apocalypse, nul autres que « les morts ». « Et des livres furent ouverts ; et un autre livre fut ouvert qui est celui de la vie. Et les morts furent jugés d’après les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs œuvres ». Quand nous considérons soigneusement Matthieu 25, le principe du jugement n’est pas selon les œuvres en général, mais seulement une épreuve particulière à laquelle ils ont été soumis — le traitement fidèle ou infidèle envers les frères du roi. « Et la mer rendit les morts qui étaient en elle ; et la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés chacun selon leurs œuvres ». Il n’y a pas un mot de cela en Matthieu 25 ; et, en effet, la mention des « nations » implique, sans doute aucun, la déduction qu’ils n’étaient pas ressuscités des morts. C’est le jugement de ceux qui sont couramment appelés « les vivants » — ceux qui vivent sur la terre à ce moment-là — et ils sont traités en accord avec leur comportement vis-à-vis des messagers de l’évangile du royaume. Cela montre que c’est une grande erreur de supposer que tous les jugements dans la Parole de Dieu signifient une seule et même chose. Nous devons laisser de la place pour des différences, ici comme ailleurs. Dieu en effet est capable de répondre à toutes les difficultés, et de manifester Ses propres perfections en agissant avec tout ce qui se présente devant Lui.

En tenant compte du contraste avec Apocalypse 20, tournons-nous vers la scène finale dans Matthieu 25. Le titre de « Fils de l’homme » vous prépare immédiatement à un jugement en lien avec la terre et avec les personnes qui y vivent. Sans doute, le Fils de l’homme vient sur les nuées du ciel, mais Il vient pour juger le monde et les gens qui y sont. Cela peut même être dit d’églises ou d’assemblées, comme en Apocalypse 1 ; mais quels que soient les objets du jugement, c’est le Seigneur jugeant des personnes encore vivantes sur la terre, et non pas les morts.

« Et toutes les nations seront assemblées devant lui ; et il séparera les uns d’avec les autres, comme un berger sépare les brebis d’avec les chèvres ». C’est une distinction soigneuse et divine — non pas un simple acte de vengeance qui a affaire avec des masses, dans lequel tous peuvent être anéantis dans une ruine commune. Il les sépare les uns des autres. Au grand trône blanc, là où les morts se tiennent pour être jugés, il n’y a pas besoin de les séparer. Mais ici, il y a une compagnie mélangée. Un tel mélange ne se trouve jamais dans le ciel ou dans l’enfer, mais seulement sur la terre. Il les sépare « comme un berger sépare les brebis d’avec les chèvres ». Il s’ensuit que les personnes représentées par « les brebis » et « les chèvres » sont respectivement les justes et les impies parmi les nations vivant alors sur la terre, quand notre Seigneur vient pour juger en Sa qualité de Fils de l’homme. Ce n’est pas alors ce que nous avons vu en Matthieu 24, quand Il brillera soudainement comme un éclair. Ici, c’est le jugement calme, mais très solennel, avec des résultats éternels, selon la distinction que le Seigneur fait entre les individus. Quand le jugement des morts a lieu devant le grand trône blanc, les cieux et la terre se sont enfuis ; de sorte que le Seigneur doit donc être venu auparavant, sinon il n’y aurait plus de terre comme actuellement sur laquelle venir, comme nous confessons tous qu’Il doit venir.

Notre Seigneur sépare alors ici les pieux des impies, parmi ces nations vivantes. Il en dispose ainsi : « Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde » (v. 34). Quelque bénis qu’ils soient, Il ne les décrit pas comme les enfants de leur Père. Je ne nie pas qu’ils sont des enfants de Dieu ; mais Il dit : « enfants de mon Père ». Sans doute, les paroles qui leur sont dites sont très précieuses ; mais atteignent-elles la hauteur de la bénédiction que la grâce de Dieu nous a donnée maintenant en Christ ? Il n’y a rien ici à propos d’être « bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes dans le Christ Jésus ». Ils sont appelés à hériter du royaume préparé pour eux dès la fondation du monde. Quand Dieu posa les fondations de la terre, Il regardait en avant vers ce temps béni. Satan obtenant le pouvoir sur l’homme ne fut qu’une affreuse interruption, mais non pas de manière à avoir des conséquences que le Seigneur ne puisse surmonter et ôter : c’est ce qu’Il entend faire, et avoir ce monde comme la scène d’une bénédiction incomparablement plus grande que sa misère présente du fait de l’œuvre de Satan. Dieu a l’intention de donner le royaume de ce monde à Son Fils — oui, Il placera tout l’univers sous Christ. Notre Seigneur a un droit à toutes choses, dans Sa propre gloire ; mais Il s’est abaissé Lui-même, et a laissé Sa vie pour nous délivrer, nous et la création, de la main de Satan, et pour établir un droit nouveau et juste sur toutes choses, et les ramener à Dieu.

De nouveau, remarquons qu’il n’y a pas un mot ici sur Son Épouse. Il parle comme « le Roi », et Il n’est jamais parlé de Lui ainsi dans Sa relation avec l’Assemblée. Dans Apocalypse 15, l’expression « Roi des saints » devrait être « Roi des nations », citée d’après les paroles de Jérémie. C’est un titre dans lequel nous pouvons nous réjouir, mais ce n’est pas Sa relation avec nous. Nous sommes appelés, par grâce, à être des membres de Son corps, de Sa chair et de Ses os. Ici, dans Sa condition de Roi, le Seigneur sépare les Gentils justes de leurs compagnons injustes — « Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde » ; c’est un choix indépendant de la scène de la création, en relation avec lequel ces Gentils bénis ont leur part. Notre place à nous serait plutôt dite être avec Lui qui a créé toutes choses. Le monde peut disparaître ; mais notre bénédiction est identifiée avec Lui. Le brigand sur la croix avait demandé : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume ». Mais notre Seigneur dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Être avec Christ est meilleur que le royaume — dont nous hériterons aussi. Christ Lui-même est bien au-dessus de toute la gloire manifestée dans et au monde. Son amour va toujours bien au-delà de notre foi, donnant davantage que ce que nous Lui demandons.

La bénédiction donnée à ces saints d’entre les Gentils est l’héritage du royaume préparé pour eux par le Père dès la fondation du monde. Cela montrait qu’ils possédaient la vie éternelle : « J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais infirme, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus auprès de moi » (v. 35, 36). Observez bien ce qu’ils répondent : « Alors les justes lui répondront, disant : Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim, et que nous t’avons nourri ; ou avoir soif, et que nous t’avons donné à boire ? ». Un chrétien pourrait-il dire une telle chose dans le ciel, où nous connaîtrons comme nous sommes connus ? Mais ces Gentils pieux sont évidemment encore dans leur corps naturel. Et le Seigneur les instruit, même après qu’Il est apparu en gloire. Quelque bénie que soit cette scène, c’est toujours le Seigneur comme le Fils de l’homme jugeant toutes les nations et bénissant les justes parmi elles, lesquels, jusqu’à ce moment-là, étaient ignorants du fait qu’en montrant des actes d’amour et de bonté envers les messagers de Christ, ils en faisaient ainsi envers Christ Lui-même. Leur dernière leçon fut la première que Paul apprit sur le chemin de Damas — la vérité qui surpris son âme : « Je suis Jésus que tu persécutes ». Paul fut enseigné par le Seigneur que persécuter les saints vivant sur la terre, c’était persécuter Christ dans le ciel : eux et Christ étaient un. Il est évident que ces brebis gentiles montrent des hommes encore dans la condition qui nécessite et reçoit instruction de la part de Christ.

« Et le roi, répondant, leur dira : En vérité, je vous dis : En tant que vous l’avez fait à l’un des plus petits de ceux-ci qui sont mes frères, vous me l’avez fait à moi » (v. 40). Qui sont « ceux-ci qui sont mes frères » ? Nous avons vu les brebis et les chèvres — les Gentils justes et injustes ; mais qui sont les frères du Roi ? Ceux que le Seigneur enverra avant qu’Il ne vienne dans la gloire du royaume ; des hommes envoyés pour annoncer qu’Il vient dans Son royaume. Les brebis leur ont montré de l’amour, des soins, de la sympathie dans leurs détresses. De telle sorte que ces frères du Roi doivent avoir été exposés à la tribulation avant que le Roi n’apparaisse. La conclusion évidente est que, dans ce jour, la base sur laquelle Il aura affaire avec les nations sera celle-ci — « Comment avez-vous traité mes messagers ? ». Les messagers du Roi, immédiatement avant qu’Il apparaisse en gloire, iront prêcher l’évangile du royaume partout ; et quand le Roi prendra Son trône, ceux qui ont reçu l’évangile du royaume parmi les nations seront reconnus comme des « brebis », et ceux qui s’en sont moqué périront comme des « chèvres ». Ceux qui honorent le message traitent bien les messagers — prenant soin d’eux, et s’identifiant avec eux — « associés à ceux qui ont été ainsi traités ». Le Seigneur s’en souvient, et tient compte de ce qui a été fait à Ses messagers, comme ayant été fait à Lui-même. Ce sera aussi réellement l’œuvre du Saint Esprit que notre entrée dans le témoignage plus complet de Son amour maintenant. Leur étonnement devant Son trône, comme Lui ayant fait quelque chose dans la personne de Ses frères, prouve qu’ils n’étaient pas dans la position chrétienne, quoiqu’étant de vrais croyants.

Mais qui étaient ces « frères » ? D’après les principes généraux de l’Écriture et l’enseignement spécial de ce discours prophétique, il n’y a pas de doute que les frères du Roi seront les Israélites pieux, employés par le Seigneur, après que l’Église aura été enlevée au ciel, pour être les hérauts du Roi et du royaume qui viennent. Nous savons que l’Église doit être enlevée avant le temps de la dernière grande tribulation. « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière, pour éprouver ceux qui habitent sur la terre ». Mais ici, ce sont des saints qui se trouvent sur la terre — non pas gardés de l’heure de l’épreuve, mais vivant sur la terre pendant celle-ci, et prêchant cet évangile du royaume. Et en fonction de la manière dont ils sont reçus, les nations seront maudites ou bénies. Il n’y avait pas d’évangile du royaume prêché avant ou après le déluge, et c’est l’évangile de la grâce de Dieu qui est actuellement prêché. L’évangile du royaume est souvent confondu avec lui. Je ne doute donc pas que les frères du Roi sont une classe d’Israélites pieux, que Christ reconnaîtra comme Ses frères. Il y a certaines bénédictions que les saints juifs auront, que ni vous ni moi ne posséderons ; il y en a d’autres que nous aurons et dont eux ne jouiront jamais.

Mais il y a un arrière-plan très solennel à l’entrée bénie dans le royaume : « Alors il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche : Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (v. 41). Observez qu’Il ne dit pas : Maudits de mon Père, en réponse au « Bénis de mon Père ». Dieu déteste mettre dehors. Aussi, quand vient l’affreux moment pour la malédiction qu’Il a prononcée sur ces méchants Gentils, c’est : « Allez-vous-en loin de moi, maudits ». Je crois que c’est une peine des plus profondes, pour Dieu, et que cela rejette toute la responsabilité de la destruction sur ceux dont c’était le péché, qui ont rejeté Son amour, Sa sainteté et Sa gloire, en rejetant Son Fils. « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges ». Dans l’autre cas, le royaume était dit avoir été « préparé pour vous » ; il n’en est pas ainsi quand il s’agit de la malédiction. L’enfer n’a pas été préparé pour le pauvre homme coupable. Il le mérite ; mais il a été préparé pour le diable et ses anges. Quand les âmes ont rejeté le témoignage, Il les déclare maudites. Il est le Roi, le juge. Mais que ce soit au grand trône blanc, ou à ce trône terrestre, c’est « le feu éternel, préparé pour le diable et ses anges ». Il n’y avait aucun espoir de délivrance pour ces anges tombés — aucune rédemption pour eux. Ils s’étaient délibérément, et sans tentateur, éloignés de Dieu. L’homme fut tenté par un ennemi ; et Dieu compatit avec l’homme coupable, entraîné par un rebelle plus fort, sinon plus coupable, que lui. Combien il est solennel de penser qu’il a été préparé pour d’autres, et que les hommes le partageront avec ces esprits rebelles ! Il n’était pas dans le cœur de Dieu de faire un enfer pour l’homme misérable : il a été préparé pour le diable et ses anges. Mais il y avait ceux qui préféraient le diable à Dieu ; et à de tels, Il dit : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges ». La même mise à l’épreuve leur est appliquée qu’aux saints précédemment — le traitement du Roi et de Ses messagers, ou plutôt de Lui en eux.

Pour nous, bien que le même principe soit impliqué, pourtant, d’un autre côté, ce qui est encore plus profond est introduit. Tout repose sur : Que pensez-vous de Christ ? Croyez-vous au Fils de Dieu ? « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5). Le pécheur est obligé de faire face à la personne du Fils de Dieu, et cela devient une question urgente, prioritaire et éternelle, qui doit être décidée par l’âme : Est-ce que je préfère Christ au monde ? Est-ce que je préfère Christ ou moi-même ? Le Seigneur veuille permettre que nous soyons sages, et sachions comment trouver en Christ et le salut et la puissance de Dieu. Car le même Être béni qui nous donne la vie, nous donne aussi la puissance pour toute difficulté pratique. « C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi ».