Je peux bien comprendre qu’un homme qui a reçu et respecté la Bible comme la Parole du Dieu vivant, se trouve en défaut quand il examine de près les évangiles, qui rapportent le ministère du Seigneur. Un lecteur occasionnel peut ne trouver aucune difficulté ; mais au début, rien n’est plus probable, que celui qui compare soigneusement les différents récits, soit perplexe — je ne dirai pas perturbé, parce qu’il a trop de confiance dans la Parole de Dieu. En comparant les évangiles, il trouve qu’ils diffèrent de façon très considérable dans la manière dont les mêmes faits sont rapportés dans différents évangiles. Il trouve un arrangement dans Matthieu, un autre dans Marc, et un troisième dans Luc ; et pourtant, tous ceux-ci, il en est sûr, sont vrais. Mais il ne peut comprendre comment, si l’Esprit de Dieu a réellement inspiré les différents évangélistes pour donner une histoire parfaite de Christ, il puisse y avoir en même temps ces divergences apparentes. Il est obligé de s’en remettre à Dieu, et de rechercher s’il n’y a pas quelque principe qui puisse rendre compte de ces changements de position, et des différents modes d’après lesquels les mêmes circonstances sont décrites. Du moment qu’il s’approche ainsi de ces évangiles, la lumière se fera dans son âme. Il commence à voir que le Saint Esprit n’a pas seulement donné le témoignage de si nombreux témoins, mais que quoiqu’ils soient tout à fait d’accord sur le fond, le Saint Esprit leur a assigné à chacun un office particulier, de sorte que leurs écrits présentent le Seigneur dans des attitudes variées et distinctes. Il reste à s’enquérir de ce que sont ces différents points de vue, et comment ils peuvent à la fois donner lieu et expliquer la variété des déclarations qui s’y trouvent sans aucun doute.
J’ai déjà montré que dans l’évangile de Matthieu, le Saint Esprit a dépeint Jésus dans Sa relation avec Israël, et que cela explique la généalogie qui nous est donnée au chapitre 1, qui est tout à fait différente de ce que nous avons dans l’évangile de Luc. C’est de façon particulière Sa généalogie comme Messie, ce qui, bien sûr, est important et intéressant pour Israël, qui recherchait un dirigeant de la semence de David. En même temps, le Saint Esprit prit particulièrement soin de corriger les pensées mondaines étroites des Juifs, et montre qu’alors qu’Il était, selon la chair, de la semence d’Israël, Il était aussi le Seigneur Dieu ; et s’Il était Emmanuel et Jéhovah, Son œuvre spéciale comme personne divine était de sauver Son peuple de leurs péchés. Il peut bien aller au-delà de ce peuple et bénir les Gentils tout aussi bien que les Juifs ; mais sauver de leurs péchés était clairement ce qui était attendu du Christ, selon ce qui aurait dû être compris d’après les prophètes. Les Juifs s’attendaient à ce que, lorsque le Messie viendrait, Il soit la Tête exaltée au-dessus d’eux comme nation ; qu’en conséquence, ils deviennent la tête, et les Gentils la queue. Tout cela, ils l’avaient déduit à juste titre de la parole prophétique ; mais il y avait bien davantage qu’ils n’avaient pas discerné. Le Messie tenait à leur bénédiction spirituelle aussi bien que naturelle ; et toute les espérances présentes doivent s’effacer devant la question du péché ; oui, leurs péchés. Jésus accepte Sa réjection de leur part, et accomplit sur la croix, pour eux, cette même rédemption à laquelle ils pensaient si peu.
Combien pleinement aussi s’inscrit dans l’évangile de Matthieu le fait que nous ayons un long discours tel que celui du sermon sur la montagne, sans interruption ; le tout nous étant donné comme une parole continue de notre Seigneur. Toutes les interruptions, s’il y en avait, sont soigneusement exclues, de manière à Le manifester, sur la montagne, comme antithèse directe de Moïse, par qui Dieu avait introduit un royaume terrestre ; mais maintenant, c’est parce qu’Il manifeste le Roi céleste, contraire à tout ce que les Juifs attendaient.
Le Saint Esprit continue, dans cet évangile, à nous donner les faits de la vie de notre Seigneur, toujours en relation avec cette grande pensée. L’évangile de Matthieu est la présentation de Jésus à Israël comme leur Messie divin, leur réjection de Lui sous ce caractère, et ce que Dieu fera en conséquence. Nous verrons si les faits qui nous sont donnés même dans ce chapitre ne sont pas en rapport avec cet aspect spécial de notre Seigneur. De l’évangile de Marc, il serait impossible de le recueillir de la même manière. Dans Matthieu, le simple ordre historique est ici négligé, et des faits sont réunis qui eurent lieu à des mois d’intervalle. Ce n’est pas du tout l’objet du Saint Esprit dans Matthieu, ou même dans Luc, de donner les faits dans l’ordre dans lequel ils se sont produits, comme le fait Marc. Ceux qui examinent l’évangile de Marc avec soin trouveront des indications de temps, des expressions telles que « aussitôt », etc., là où les choses sont laissées dans le vague dans les autres évangiles. Les phrases de transition rapide, ou de suite immédiate, lient bien entendu les différentes occurrences ainsi juxtaposées. Dans Matthieu, il n’en est pas du tout tenu compte ; et de tous les chapitres de cet évangile, il n’y en a peut-être aucun qui mette si entièrement de côté la simple succession des dates, que celui qui est devant nous. Mais s’il en est ainsi, à quoi devons-nous l’attribuer ? Pourquoi, pouvons-nous demander avec respect, le Saint Esprit en Matthieu ne tient-Il pas compte de l’ordre dans lequel les choses se sont succédées ? Était-ce que Matthieu ne connaissait pas la période à laquelle elles se sont produites ? S’il avait été seulement un homme écrivant une histoire pour son propre plaisir, n’aurait-il pas pu déterminer avec une certitude acceptable quand chaque fait s’était produit ? Et quand il eut publié le premier sa déclaration, y aurait-il eu quelque chose de plus facile pour les autres évangélistes que de le suivre, et de donner leur récit en accord avec le sien ?
Mais c’est tout le contraire. Marc suit une direction différente, et Luc une autre, tandis que Jean a un caractère qui lui est propre. Face à cela, nous sommes conduits à l’une des deux suppositions suivantes. Soit les évangélistes étaient des hommes aussi négligents que possible quand ils écrivirent les récits de leur Maître, donnant différents récits comme pour rendre perplexe le lecteur ; soit c’était le Saint Esprit qui présentait les faits de différentes manières, afin d’illustrer la gloire de Christ bien mieux que ne l’aurait fait une simple répétition. La dernière est assurément la vraie. Toute autre supposition est tout autant irrationnelle qu’irrévérencieuse. Car, même en supposant que les apôtres aient écrit différents récits et aient fait des erreurs, ils auraient pu facilement corriger les erreurs les uns des autres ; mais la raison pour laquelle il n’y a eu aucune correction semblable, c’est qu’il n’y avait ni erreur ni défaut humain, mais la perfection divine. C’était l’Esprit Saint qui s’est plu à façonner ces évangiles dans la forme particulière la mieux adaptée pour dévoiler la personne, la mission ou les diverses relations de Christ. L’évangile de Marc prouve que la guérison du lépreux eut lieu à une époque différente de celle que vous pourriez avoir déduite de ce chapitre — en fait, bien longtemps avant le sermon sur la montagne. Au chapitre 1, nous avons le Seigneur décrit comme prêchant dans leurs synagogues par toute la Galilée, et chassant les démons : « Et un lépreux vient à lui, le suppliant… Si tu veux, tu peux me rendre net » (Marc 1, 40-45). Or, nous ne pouvons douter qu’il s’agit de la même histoire qu’en Matthieu 8. Mais si nous lisons le chapitre suivant de Marc, quelle est la première chose mentionnée après cela ? « Et il entra de nouveau dans Capernaüm, quelques jours après, et on ouït dire qu’il était à la maison… et des gens viennent à lui, amenant un paralytique porté par quatre personnes ». Nous avons clairement ici un fait, la guérison de l’homme paralytique, dont Matthieu ne nous parle pas jusqu’à Matthieu 9, après une tempête que Marc décrit en Marc 4, et après le cas du démoniaque, qui n’apparaît qu’en Marc 5 ; de telle sorte qu’il est parfaitement clair qu’un des deux évangélistes doit s’être écarté de l’ordre historique ; et comme Marc, par ses indications strictes de temps, prouve qu’il ne l’a pas fait, il faut conclure que Matthieu a agi ainsi. En Marc 3, nous voyons notre Seigneur monter sur la montagne, et appeler Ses disciples à Lui ; et c’est là le moment, selon cet évangile, où se trouverait le sermon sur la montagne, s’il y avait été inséré. Ainsi, c’est bien après ce qui eut lieu en Matthieu 8, 2 à 4 que le sermon sur la montagne fut prononcé ; mais Marc ne nous donne pas ce sermon, parce que son grand objet était le ministère évangélique et les œuvres caractéristiques de Christ ; et c’est pourquoi les exposés doctrinaux de notre Seigneur sont laissés de côté. Là où de brèves paroles de notre Seigneur accompagnaient ce qu’Il faisait, elles nous sont données ; mais rien de plus.
Cela peut rendre encore plus clair ce que je dis si, dans Marc 1, nous observons de plus près l’ordre réel. Simon et André sont appelés, au verset 16 ; Jacques et Jean, au verset 19 ; et tout de suite, étant allé à Capernaüm, Il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et enseigna. Là, nous trouvons l’homme avec l’esprit immonde : le fait a lieu un peu après l’appel final d’André et de Simon, de Jacques et de Jean. L’esprit immonde fut chassé ; « et sa renommée se répandit aussitôt tout à l’entour dans la Galilée. Et aussitôt, sortant de la synagogue, ils allèrent avec Jacques et Jean dans la maison de Simon et d’André. Or la belle-mère de Simon était là couchée, ayant la fièvre ; et aussitôt ils lui parlent d’elle », etc. Nous avons donc avec une certitude positive, de la propre Parole de Dieu, que la guérison de la belle-mère de Pierre eut lieu peu de temps après l’appel de Pierre et d’André, et bien longtemps avant la guérison du lépreux. En rapportant cela à notre chapitre dans Matthieu, nous en voyons l’importance ; car ici, la guérison de la belle-mère de Pierre n’apparaît qu’au milieu du chapitre. La guérison du lépreux est donnée en premier, puis la guérison du serviteur du centurion, et après cela, celle de la mère de la femme de Pierre ; tandis que, d’après Marc, nous savons avec certitude que la belle-mère de Pierre fut guérie bien longtemps avant le lépreux.
En regardant de nouveau dans Marc, nous trouvons que, le soir de ce même sabbat, après qu’Il eut guéri la belle-mère de Pierre, « on lui apporta tous ceux qui se portaient mal, et les démoniaques ; et la ville tout entière était rassemblée à la porte : et il en guérit plusieurs qui souffraient de diverses maladies, et chassa plusieurs démons… Et s’étant levé sur le matin, longtemps avant le jour, il sortit et s’en alla dans un lieu désert ; et il priait là », ce qui est clairement la même scène que celle décrite en Matthieu 8, et qui viendrait après le verset 17. Le fait qu’Il soit allé dans un lieu désert et ait prié n’est pas mentionné ici ; mais il eut lieu dans le même moment. Puis, en Marc, nous avons Son parcours en Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons ; et après cela, Il guérit le lépreux. Ce que je tire de cela, c’est que, comme Marc nous indique le jour même où ces choses ont eu lieu, nous devons le prendre pour un témoin de leur ordre quant au temps. Quand je reviens à Matthieu, est-ce que je trouve une indication du temps où tous ces événements eurent lieu ? Pas un mot. Il est simplement dit : « Quand il fut descendu de la montagne, de grandes foules le suivirent » (v. 1), et puis nous avons la guérison du lépreux. Il n’y a rien qui prouve que le lépreux vint à ce moment-là. Tout ce qui est dit est : « Et voici, un lépreux, s’approchant », etc. — une forme d’expression de l’Ancien Testament. Si la guérison du lépreux eut lieu avant qu’Il descende, ou après, cela ne nous est pas dit ici. De Marc, nous déduisons que le sermon sur la montagne fut donné bien après, et que la guérison de la belle-mère de Pierre eut lieu avant la guérison du lépreux.
Pourquoi, demandons-nous, n’aurait-il pas convenu à l’évangile de Matthieu de mettre la guérison de la belle-mère de Pierre en premier, puis le lépreux, et enfin le centurion ? — car vous trouverez que temporellement, c’était leur véritable ordre de succession. Le centurion vient après la fin du sermon, quand Christ était à Capernaüm ; le lépreux a été guéri bien longtemps avant, et la belle-mère de Simon encore plus tôt.
Mais quelle est la grande vérité enseignée par ces faits, tels qu’ils sont arrangés dans l’évangile selon Matthieu ? Le Seigneur est rencontré par un lépreux. Vous savez quelle chose répugnante était la lèpre. Il était notoire qu’elle était non seulement des plus actives, mais sans espoir, quant à ce qui concernait l’homme. Il est vrai que, dans le Lévitique, nous avons des cérémonies pour la purification d’un lépreux, mais qui pouvait donner une cérémonie pour la guérison d’un lépreux ? Qui ôtait cette maladie, une fois qu’elle avait infecté un homme ? Luc, le médecin bien-aimé, nous donne l’indication qu’il était « plein de lèpre » ; les autres évangélistes n’indiquent rien que le simple fait qu’il était un lépreux. Cela suffisait. Parce que, pour les Juifs, la question était s’il y avait une lèpre quelconque : si tel était le cas, ils ne pouvaient rien lui dire jusqu’à ce qu’il soit guéri et purifié. L’Esprit de Dieu utilise la lèpre comme type du péché, dans toute la répugnance qu’elle produit. La paralysie fait ressortir l’idée d’impuissance. Tous deux sont vrais du pécheur. Il est sans force, et il est impur dans la présence de Dieu. Jésus aide le lépreux. Cela illustre immédiatement la puissance de Jéhovah-Jésus sur la terre, et plus que cela ; car il n’était pas seulement question de Sa puissance, mais de Sa grâce, de Son amour, de Sa volonté à faire valoir toute Sa puissance en faveur de Son peuple. Car tout le peuple d’Israël était comme ce lépreux. Le prophète Ésaïe l’avait dit, bien longtemps auparavant ; et ils n’étaient pas meilleurs maintenant. Le Seigneur répète la sentence d’Ésaïe : « Engraisse le cœur de ce peuple, et rends ses oreilles pesantes », etc., et ce lépreux était un type de la condition morale d’Israël en présence du Messie. Mais, qu’ils soient peu ou beaucoup, qu’ils se présentent seulement dans toute leur infamie devant le Messie, et comment le Messie les traiterait-Il ? Le Messie est là. Il a la puissance, mais le lépreux n’est pas sûr de Sa volonté. « Seigneur », dit-il, « si tu veux, tu peux me rendre net ». Nous pouvons nous rappeler la détresse du roi d’Israël, aux jours d’Élisée, quand le roi de Syrie lui avait envoyé Naaman afin qu’il soit guéri de sa lèpre ; comment, quand il eut lu la lettre, « il déchira ses vêtements, et dit : Suis-je Dieu, pour faire mourir et pour faire vivre, que celui-ci envoie vers moi pour délivrer un homme de sa lèpre ? ». Dieu seul pouvait le faire : tout Juif le savait ; et c’est ce que l’Esprit Saint est désireux de montrer. Nous avons eu le témoignage que Jésus était un homme, et pourtant l’Éternel — capable de sauver Son peuple de leurs péchés. Mais ici nous trouvons Sa présentation à Israël dans des cas particuliers, où le Saint Esprit, au lieu de donner une simple vue générale historique, comme dans le chapitre 4, prend des exemples particuliers, dans le but d’illustrer la relation du Seigneur avec Israël, et les effets manifestés de celle-ci. Le lépreux est le premier cas où nous avons, en quelque sorte, le microscope appliqué par l’Esprit de Dieu, afin que nous voyions clairement comment le Seigneur se comportait à l’égard d’Israël ; ce qu’aurait dû être la position d’Israël ; et ce qu’était leur conduite effective. En même temps, quand le lépreux reconnaît Sa puissance et confesse Sa personne : « Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net » ; quand il s’agissait simplement de Sa volonté et de Ses affections, immédiatement, la réponse de l’amour divin aussi bien que de la puissance, jaillit : « Je veux, sois net. Et aussitôt il fut nettoyé de sa lèpre ». Il étendit Sa main et le toucha. C’était non seulement Dieu, mais Dieu manifesté en chair — Celui qui entrait pleinement dans l’anxiété du pauvre lépreux, tout en se montrant Lui-même supérieur à la loi. Son toucher — c’était celui de l’Éternel. Le toucher de Dieu ! La loi ne pouvait que mettre le lépreux à distance ; mais si Dieu donne une loi, Il est au-dessus, en grâce, de la loi qu’Il donne. Le cœur de ce lépreux tremblait, de peur que le Seigneur béni ne veuille pas le bénir ; mais Il étend Sa main, Il le touche : nul autre ne pouvait le faire. Le toucher du Seigneur, au lieu de Lui faire contracter la souillure, bannit la souillure du lépreux. Immédiatement, il est nettoyé. Jésus lui dit alors : « Prends garde de ne le dire à personne ; mais va, montre-toi au sacrificateur et offre le don que Moïse a ordonné, pour qu’il leur serve de témoignage ». Il n’y avait aucun désir que soit publié ce que Jésus était : Dieu pouvait parler de Ses œuvres. Il dit : « Prends garde de ne le dire à personne ; mais va, montre-toi au sacrificateur », etc. Rien ne pouvait être plus béni. Ce n’était pas encore le temps où la loi devait être mise de côté. Jésus attend. La croix doit avoir lieu avant que la loi puisse être mise de côté de quelque manière que ce soit. Nous sommes délivrés de la loi par la mort et la résurrection de Jésus. C’est la grande doctrine de l’épître aux Romains — que nous sommes morts à la loi, bien sûr dans Sa mort, afin que nous « soyons à un autre, à celui qui est ressuscité d’entre les morts, afin que nous portions du fruit pour Dieu ». Jusqu’à la résurrection de Christ d’entre les morts, il y a le plus grand soin à garder la loi. Après la résurrection, les saints sont passés dans une autre relation avec Celui qui a été ressuscité d’entre les morts. Ici, nous trouvons un soin diligent à maintenir les exigences de la loi de Dieu ; et c’était toujours le cas jusqu’à la croix. C’est pourquoi Il dit : « Va, montre-toi au sacrificateur ». Également, si l’homme était allé raconter cela à chacun au lieu du sacrificateur, le grand ennemi aurait trouvé moyen de dénaturer l’œuvre, de nier le miracle, d’essayer de faire entendre qu’il n’était pas l’homme qui avait été un lépreux. Hélas ! était-ce le désir du cœur de l’homme de montrer que Jésus n’avait pas opéré un tel miracle ? Mais Jésus dit : « Va, montre-toi au sacrificateur ». Pourquoi ? Parce que le sacrificateur lui-même serait le témoin authentique que Jésus était Jéhovah. Le sacrificateur qui savait que l’homme était auparavant un lépreux, qui l’avait déclaré impur, qui l’avait mis dehors, verrait maintenant que l’homme était guéri. Qui l’avait fait ? Nul autre que Dieu ne pouvait guérir la lèpre. Jésus était donc Dieu ; Jésus était l’Éternel ; le Dieu d’Israël était dans le pays. La bouche du sacrificateur serait obligée de confesser la gloire de la personne de Christ. « Offre le don que Moïse a ordonné, pour qu’il leur serve de témoignage ». Quand y avait-il eu l’offrande d’un tel don ? Ils n’avaient aucune puissance pour guérir la lèpre, et ainsi, ils ne pouvaient offrir le don. De sorte que Jésus s’est plié aux obligations de la loi, et pourtant, a fait ce que la loi ne pouvait pas faire, en ce qu’elle était faible par la chair. Mais ici, il y avait Celui qui était Dieu — Dieu ayant envoyé Son propre Fils « en ressemblance de chair de péché ». Dieu Lui-même, et le propre Fils de Dieu en même temps, Il était là opérant cette œuvre puissante qui prouvait Sa dignité, et Il rendait le sacrificateur lui-même témoin de cela.
Mais maintenant, nous devons entendre un autre récit ; Jésus entre dans Capernaüm. Quand, cela ne nous est pas dit. Il n’y a aucun lien avec l’histoire du lépreux ; mais le Saint Esprit les place ensemble, parce qu’Il introduit les Gentils. Nous avons eu le Juif présenté dans l’histoire du lépreux et le don que Moïse avait commandé comme témoignage à Israël. Mais maintenant, c’est un certain centurion qui vient et parle de son serviteur ; et cela amène une sorte de confession du Seigneur toute nouvelle. Ici, il n’y a pas de toucher — aucun lien avec Christ selon la chair. C’est donc plutôt la manière dont les Gentils connaissent Christ. Le Juif cherchait un Christ qui pourrait étendre Sa main — un Sauveur présent personnellement au milieu d’eux — manifestant cette puissance divine et les guérissant : comme l’Écriture l’a dit : « Je suis l’Éternel qui te guérit ». Et ici, Il était venu ; mais ils ne L’ont pas reconnu comme tel. Et le témoin suivant, que nous voyons réuni ensemble en Matthieu, mais nulle part ailleurs, est le centurion ; parce que Dieu voulait montrer que les enfants naturels d’Abraham, Isaac et Jacob, allaient être retranchés. Ils ne L’adoreraient pas comme l’avait fait le pauvre lépreux. Le témoignage au sacrificateur serait ignoré. Ils deviendraient de plus en plus opposés à Ses droits. Dieu dit, pour ainsi dire : Si vous, Juifs, ne voulez pas de mon Fils, j’enverrai un témoignage aux Gentils, et les Gentils écouteront. Après le rejet de Jésus par les Juifs, après le refus d’Israël de Celui qui avait prouvé être l’Éternel Dieu en pardonnant toutes leurs iniquités et en guérissant toutes leurs maladies, qu’est-ce qui suit alors ? La porte de la foi est ouverte aux Gentils.
Ainsi, nous avons l’histoire du centurion, qui est sortie de sa place et mise ici à dessein. Et même dans les détails de l’histoire, il y a des différences très notables. Vous n’avez pas l’ambassade des Juifs, en lien avec le centurion. Ceci est laissé de côté en Matthieu, mais inséré dans Luc. Ainsi, alors que l’évangile de Matthieu nous donne tout ce qui peut être calculé pour toucher la conscience d’Israël, il s’abstient de donner ce en quoi ils auraient pu se glorifier eux-mêmes. Il était convenable, pour les Gentils, qu’ils entendent parler de l’ambassade de cet homme bon. Il était comme le Gentil posant sa main sur la robe de celui qui était juif, prenant sa place derrière Israël. Mais sa foi va au-delà de cela ; car nous voyons qu’il vient et supplie le Seigneur, et manifeste sa propre foi de la manière la plus bénie. Quand Jésus lui dit : « J’irai, moi, et je le guérirai », immédiatement, son cœur est manifesté. Il répond : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ». Car tout comme lui, le centurion, pouvait dire à quelqu’un : « Va, et il va ; à un autre : Viens, et il vient ; et à son serviteur : Fais cela, et il le fait », combien davantage le Seigneur pouvait « dire seulement une parole, et mon serviteur sera guéri ». Jésus avait en effet l’autorité sur toutes les maladies ; mais était-ce seulement une question de mettre Sa main sur le lépreux ? Pas du tout. Il avait seulement à prononcer une parole, et c’était fait. Le centurion suppose la grande vérité que Jésus était Dieu (non pas seulement le Messie), et de ce fait en pleine capacité de guérir. En bref, il regarde à Lui d’une manière encore plus élevée, non pas comme quelqu’un dont la présence doit être reliée avec l’expression de la puissance, mais comme quelqu’un qui a seulement à prononcer une parole, et c’était fait. Cela introduit le caractère de la parole de Dieu, et l’absence de Jésus d’avec ceux qui désormais profitent de Sa grâce.
Telle est notre position. Jésus est loin et invisible. Nous entendons Sa parole, nous la saisissons, et nous sommes sauvés. C’est la merveilleuse manière par laquelle il nous est donné de voir les agissements différents du Seigneur envers les Juifs et envers les Gentils ; mais nous apprenons, de plus, que la bénédiction serait refusée par Israël, et que les Gentils deviendraient les objets de la miséricorde, comme il est dit ici : « En vérité, je vous dis : je n’ai pas trouvé, même en Israël, une si grande foi. Et je vous dis que plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux » (v. 10, 11), c’est-à-dire, que beaucoup de Gentils viendront. Ce n’est pas tout non plus : « Mais les fils du royaume » — les enfants naturels qui étaient la semence, mais non les vrais enfants selon la foi d’Abraham — ceux-là seront « jetés dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents ». En rejetant leur Messie, les Juifs allaient être rejetés comme nation. Il n’y aurait qu’une lignée de croyants ; mais la masse d’Israël serait rejetée jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée.
Ainsi, nous avons ici une vision merveilleuse de notre Seigneur en accord avec le courant général de l’évangile selon Matthieu. Nous avons Jésus qui démontre qu’Il est Jéhovah-Jésus, prêt à guérir là où il y avait de la foi — mais où était-elle ? Le lépreux peut représenter le résidu pieux ; mais quant à la masse d’Israël, nous avons leur sort prononcé ici, et dans l’incident même qui démontre que la grâce de Dieu qu’Israël refusait, se ferait un canal plus large pour elle parmi les Gentils, qui deviendraient participants des grâces que les Juifs rejetaient. C’est simplement ce qui est réuni ensemble ici dans ces deux histoires. Jésus donne la preuve à Israël qu’Il était un Messie divin. S’ils Le méprisaient, les Gentils L’écouteraient. Mais alors, il y a autre chose d’une grande importance, et qui montre pourquoi la guérison de la belle-mère de Pierre est gardée, dans cet évangile, jusqu’après ces événements, bien que Marc la donne avant. Marc fournit l’histoire du ministère de Christ tel qu’il s’est déroulé. Pourquoi Matthieu ne fait-il pas de même ? La sagesse divine est imprimée là-dessus, comme sur tout dans la Parole de Dieu. Je crois que cet événement est réservé par Matthieu pour cet endroit, parce qu’Israël pourrait avoir l’idée que, quand la miséricorde de Dieu se répandait vers les Gentils, Son cœur pourrait se détourner d’eux. La jeune fille n’était pas morte, mais endormie : voilà l’état d’Israël maintenant. Et, aussi sûrement que le Seigneur la ressuscita, ainsi sûrement, dans un temps futur, Il réveillera la fille de Sion endormie. Nous avons une meilleure bénédiction et une gloire plus grande maintenant. Mais il est nécessaire, pour la vérité de la Parole de Dieu, qu’Israël soit aussi béni ; car si Dieu pouvait manquer à Sa parole à Israël, pourrions-nous nous y confier pour nous-mêmes ? Là, Dieu promet positivement la gloire finale à venir d’Israël sur la terre. La seule chose nécessaire est que nous ne confondions pas ces choses ; que nous ne soyons ignorants, ni de l’Écriture, ni de la puissance de Dieu.
Dans ce cas, nous trouvons placé devant nous un événement qui prouve que (quoique le Seigneur connaissait l’incrédulité d’Israël et l’avait prédite ; et quoiqu’Il ait connu aussi que les Gentils devait maintenant entrer par la foi) Son cœur ne pouvait que s’attarder sur Israël. C’est pourquoi, je pense, le Saint Esprit, pour illustrer cela, introduit ici la guérison de la belle-mère de Pierre. Ce troisième incident, donc, la guérison de la mère de la femme de Pierre, je pense que nous pouvons en déduire que c’était pour le bien de Pierre, quelles que puissent avoir été les autres raisons. C’est une relation naturelle, et vous trouverez que la grande scène pour cela est Israël. Pierre était l’apôtre de la circoncision ; de telle sorte que je n’ai aucun doute qu’une des raisons pour lesquelles cet événement est placé ici, est de montrer que l’incrédulité d’Israël n’aliénerait pas finalement le cœur du Seigneur. Il était là, guérissant encore toutes leurs maladies, comme cela fut témoigné même à la foule à la porte, « en sorte que fût accompli ce qui a été dit par Ésaïe le prophète, disant : Lui-même a pris nos langueurs, et a porté nos maladies ». Le Seigneur, quand Il opérait un miracle, entrait en esprit dans les circonstances de celui qu’Il guérissait. Si le miracle manifestait Sa puissance divine, il y avait aussi la sympathie divine qui entrait dans la profondeur du besoin auquel Il répondait.
Après cela, nous voyons le Seigneur se préparer à aller à l’autre rive. Mais cela fournit l’occasion à certaines personnes d’être manifestées dans leur véritable caractère et leurs voies, et au Seigneur de manifester les siens propres. Mais quand cela eut-il lieu ? Cela met en relief une caractéristique particulière de l’évangile selon Matthieu, et montre combien le Saint Esprit était entièrement au-dessus de la simple routine des dates. Regardez dans l’évangile selon Luc, et vous verrez que la conversation avec ces hommes, qui est rapportée ici, eut lieu après la transfiguration. En Luc 9, il nous est dit qu’après que la transfiguration a eu lieu, le Seigneur dressa Sa face résolument pour aller à Jérusalem ; et puis, au verset 57, il est dit : « Et il arriva, comme ils allaient par le chemin, qu’un certain homme lui dit : Seigneur, je te suivrai où que tu ailles. Et Jésus lui dit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. Et il dit à un autre : Suis-moi ; — et il dit : Seigneur, permets-moi d’aller premièrement ensevelir mon père » (Luc 9, 57-62). Or suis-je trop hardi en pensant que c’était le même incident que celui qui nous est rapporté en Matthieu ? Il n’est guère probable que notre Seigneur ait répété les mêmes choses à différents moments ; nous ne pouvons pas non plus concevoir que deux personnes distinctes se copient ainsi l’une l’autre si exactement. Mais remarquez l’importance de cela, s’il en est ainsi. Cette scène eut lieu bien longtemps après, et pourtant, elle est placée ici par Matthieu. Pourquoi ? Parce qu’elle illustre ceci — que tandis que le Seigneur avait tout cet amour pour Israël dans Son cœur, en dépit de leur incrédulité, il n’y avait pas de cœur pour Lui en Israël. Quelle était désormais Sa condition ? Il n’avait pas même où reposer Sa tête. Quelle chose, pour le Messie d’Israël, d’être obligé de dire, quand un homme offre de Le suivre : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ».
C’est la première fois qu’Il utilise cette expression, « Fils de l’homme ». Ce n’est plus « Fils de David ». « Fils de l’homme » est le titre de Christ comme rejeté et glorifié. Il n’y a aucun doute pour savoir duquel des deux il s’agissait ici. Même Son propre peuple ne Le reçoit pas. Et Il va passer de l’autre côté — Il doit les quitter. Il l’a fait maintenant, comme nous le savons. Mais cet homme propose de Le suivre. Le Seigneur connaissait tout ce qui était dans son cœur — un simple Juif charnel, qui pensait, en suivant Jésus, obtenir une bonne place avec le Messie. Le Seigneur lui dit qu’Il n’avait pas de place à lui donner. Il n’y avait pas même un nid pour le Messie. Qu’y avait-il là à trouver, pour la chair qui offrait de suivre Christ ? Le Seigneur dévoile son cœur, montre qu’il se trompait en cherchant quelque chose pour lui-même, alors que Lui n’avait pas même un endroit tel que la plus insignifiante et la plus malicieuse de Ses créatures puisse en posséder un. Les renards n’avaient-ils pas leurs tanières, et les oiseaux des cieux leurs nids ? Mais le Fils de l’homme n’avait pas même où poser Sa tête. Comment la chair pouvait-elle prétendre suivre notre Seigneur ? À un disciple qui disait : « Seigneur, permets-moi de m’en aller premièrement et d’ensevelir mon père », le Seigneur pouvait dire : « Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts » (v. 21, 22). Remarquez la différence entre les deux. Là où il y a l’appel de Christ, il peut y avoir une grande réticence, la mise à l’épreuve ressentie, et des luttes de la part de la nature ; cependant, la parole est : « Suis-moi ». Quand vous avez un homme entièrement charnel en présence de l’évangile, il n’y a pas ce retard — aucune de ces épreuves. Il pense que tout est merveilleux, mais cela ne s’empare pas de son âme ; et bientôt, les circonstances arrivent qui détournent son cœur vers d’autres choses, et à la fin, l’homme retombe à son propre niveau. Mais là où le Seigneur dit : « Suis-moi », combien souvent l’âme, avant ou au moment même, dit : « Seigneur, permets-moi de m’en aller premièrement et d’ensevelir mon père ». Les relations naturelles ont de très fortes exigences. Son père gisait mort : il devait aller et l’ensevelir. Les gens peuvent dire : Un homme doit faire l’ensevelissement de son père de toute urgence, de sorte que tout le reste passe après. Pas du tout, dit le Seigneur, les droits de Christ doivent être encore plus forts. Si l’appel de Christ est entendu, même si le père gît mort, attendant l’ensevelissement, nous devons passer outre même à cela. Le monde peut dire : Voici un homme qui parle de Christ, et qui pourtant n’aime pas son père. Mais nous devons y être préparé : et si nous ne le sommes pas, c’est parce que nous n’avons pas encore compris la suprême valeur de notre Christ. Vous découvrirez que les liens et les devoirs naturels dans ce monde sont toujours prêts à devenir un obstacle entre Christ et l’âme. Les revendications de la nature sont continuellement imposées à chacun. Mais peu importe qu’il s’agisse de père ou de mère, ou de frère ou de sœur, ou de fils ou de fille, là où l’appel de Christ est clair, veillez à ne pas dire : Permets-moi de faire telle ou telle chose premièrement. La parole de Jésus est : « Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts ».
Alors le Seigneur continue. Nous Le voyons entrer dans une nacelle, et Ses disciples Le suivre. Et alors suit l’histoire de la tempête, et du miracle que Jésus opéra en calmant les vents et la mer. Or quand cela eut-il réellement lieu ? Au soir du jour où les sept paraboles de Matthieu 13 furent prononcées, avant la transfiguration, mais bien longtemps après les autres événements mentionnés dans ce chapitre. Marc nous le fait savoir positivement, dans le chapitre qui rapporte les paraboles (Marc 4) — les mêmes qui nous sont données en Matthieu 13, avec cet ajout : « Par plusieurs paraboles de cette sorte, il leur annonçait la parole, selon qu’ils pouvaient l’entendre ; mais il ne leur parlait pas sans parabole ; et en particulier (quand ils étaient entrés dans la maison, comme cela nous est dit en Matthieu 13) il interprétait tout à ses disciples. Et en ce jour-là, le soir étant venu, il leur dit : Passons à l’autre rive ». Puis suit la même histoire que celle que nous avons ici en Matthieu 8 ; et après qu’ils sont arrivés à l’autre rive, il y a l’homme avec la légion de démons. Il ne fait aucun doute que c’est la même scène, mais présentée dans des relations tout à fait différentes, et qui s’est produite seulement bien longtemps après sa mention ici dans Matthieu.
Qu’est-ce qu’il en découle ? Que le Saint Esprit, dans Matthieu, nous donne seulement l’ordre historique quand il est en accord avec l’objet spécial de l’évangile. Tout cela dénote la parfaite sagesse de Dieu : et nul autre que Dieu n’aurait pu penser à une telle chose. Mais combien peu y songent, ou même le comprennent, actuellement. Cela ne montre-t-il pas la lenteur de nos cœurs à saisir la pleine signification de la Parole de Dieu ? Qu’est-ce que le Seigneur enseigne dans ces deux scènes ? Nous Le voyons ici seul avec Ses disciples. La partie pieuse d’Israël est désormais séparée avec Lui et exposée à tout ce que les ennemis de Dieu pouvaient faire contre eux. Mais cela ne sert qu’à faire agir la puissance du Seigneur en leur faveur. Tout est soumis à Son commandement. Il en est ainsi dans notre propre expérience. Il n’y a jamais une difficulté, une épreuve ou une circonstance douloureuse, dans laquelle nous semblions être totalement submergés par la puissance de Satan dans ce monde, mais où, si notre œil est fixé sur Christ, et que nous faisons appel à Lui, nous verrons Sa puissance s’exercer vraiment en notre faveur. Quand ils réalisent qui ils avaient avec eux dans la même nacelle et qu’ils crient, disant : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons », Il se lève et reprend le vent et la mer. « Et il se fit un grand calme ». De sorte que les personnes mêmes dans la nacelle s’émerveillaient, disant : « Quel est celui-ci, que les vents même et la mer lui obéissent ! ». Les disciples le savaient d’une manière encore plus profonde, mais les autres étaient étonnés.
Mais ce n’est pas tout. Cela peut montrer ce que Christ est pour les fidèles qui étaient avec Lui. Mais il y avait deux hommes, bien éloignés du Messie de fait, car ils étaient parmi les sépulcres, possédés par des démons, extrêmement violents, de sorte que personne ne passait par ce chemin — tout à fait l’image de la puissance la plus désespérante de Satan dans le monde. L’un d’eux, comme il nous est dit ailleurs, était connu sous le nom de Légion, parce que beaucoup de démons étaient entrés en lui. Vous ne pouvez pas avoir pire que cela. La puissance de Satan était plus forte que toutes les chaînes des hommes.
Mais le Seigneur est là. Les démons croient et frissonnent. Ils sentaient Sa présence. Mais le jour n’était pas venu où Satan serait dépossédé de son titre sur le monde. Pour le moment, c’était seulement la preuve de la puissance pour le faire : mais le plein exercice de cette puissance était réservé pour un autre jour. Je ne doute pas que notre évangéliste présente le renvoi des démons comme un témoignage de la puissance de Christ pour délivrer le résidu juif ; et c’est pourquoi le Saint Esprit, ici seulement, parle de deux hommes ; comme, d’un autre côté, le troupeau de pourceaux possédé semble représenter la destruction de la masse impure d’Israël au dernier jour.
L’histoire manifeste aussi ceci — que Satan a pouvoir de deux manières, non seulement dans les excès redoutables de ceux qui sont complètement sous son influence, mais aussi dans la tranquille inimitié du cœur, qui peut conduire les autres à aller à Jésus afin de Le supplier de partir de leur territoire. Quelle chose solennelle que de savoir que l’influence secrète de Satan sur le cœur, qui suscite le désir de se débarrasser de Jésus, est encore plus fatale, personnellement, que quand Satan fait d’un homme le témoin de son affreuse puissance. Mais c’était le cas alors, et c’est ainsi que les hommes périssent maintenant.
C’est l’histoire des hommes qui veulent que Jésus s’éloigne d’eux. Le Seigneur nous accorde cette heureuse connaissance de Lui-même, d’entrer dans ce qu’Il est pour nous maintenant, qui donne à l’âme le calme et le repos dans Son amour, et la certitude de Sa présence avec ceux qui Lui appartiennent : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle ». Que nous puissions savoir ce que c’est qu’avoir Jésus pour prendre soin de nous, et produire un grand calme, quel que puisse être l’effet de la puissance de Satan excitée contre nous. Le Seigneur nous donne de regarder à Jésus. De notre première connaissance du péché à notre dernière épreuve dans ce monde, il s’agit toujours de savoir si je me confie en moi-même ou dans le Seigneur.