Chapitre 2

Nous avons vu, au chapitre 1, quel rafraîchissement était pour l’apôtre l’état des Philippiens, dans son ensemble, car à n’en pas douter, des cas particuliers demandaient correction. Néanmoins leur condition pratique, et plus spécialement celle que manifestait leur communion dans l’évangile, éveillait puissamment les affections de l’apôtre envers eux, de même que les leurs envers lui. Or cette communion même rendait témoignage de l’état sain et fervent de leurs âmes à l’égard du Seigneur, de Ses ouvriers et de Son œuvre. Car la communion dans l’évangile est beaucoup plus que contribuer simplement à la conversion des âmes. Les « petits enfants » qui viennent de naître à Dieu, ceux qui ont fait quelques progrès, si peu que ce soit, dans la vérité, sont capables d’éprouver une grande sympathie pour l’appel d’êtres perdus, pour la bonne nouvelle répandue, pour la joie d’âmes nouvellement vivifiées et pardonnées, amenées à la connaissance de Christ. Mais il y avait bien davantage dans la part que les Philippiens prenaient à l’évangile. L’orientation et la force de leur vie tout entière étaient visiblement celles de personnes qui s’identifiaient totalement avec les conflits et les peines de l’évangile aussi bien qu’avec ses joies. Il n’y avait rien en eux qui arrêtât ou retînt l’Esprit de Dieu, les empêchant d’être dans le même courant que Lui, pour la louange de Christ et la bénédiction des âmes.

Et c’était ainsi qu’ils avaient le privilège d’avoir communion avec l’apôtre lui-même. « Si donc il y a quelque consolation en Christ, si quelque soulagement d’amour, si quelque communion de l’Esprit, si quelque tendresse et quelques compassions, rendez ma joie accomplie en ceci que vous ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose ». Tout cela avait été mis en pratique, et l’apôtre voyait chaque petite offrande qui lui était faite, alors qu’il était en prison à cause de l’évangile, dans la lumière des saintes affections spirituelles de Christ qui l’avaient dictée. Dans le cas des Philippiens, il semblerait qu’il ne s’agissait pas seulement de la manière dont la grâce de Dieu apprécie le service des saints. Paul l’interprétait non pas selon les pensées des saints, mais selon celles de Dieu, y discernant ainsi une valeur beaucoup plus profonde que n’en avait le sentiment humain qui avait été conduit par le Saint Esprit dans ce service.

Prenez par exemple Marie, dans les évangiles, et voyez comment notre Sauveur bien-aimé considéra l’acte de dévouement qui l’avait amenée à répandre sur Sa personne le parfum de grand prix qu’elle avait gardé pour ce moment. Là où l’œil est simple, il y a quelqu’un qui guide les saints, bien qu’ils puissent ne pas s’en rendre compte distinctement. Rien ne permet de supposer que Marie avait nettement conscience qu’elle oignait le Seigneur pour Sa sépulture ; mais Lui, dans Sa grâce divine, a attribué cette valeur à son acte. L’amour qui était dans son cœur sentait instinctivement qu’un terrible danger menaçait le Seigneur ; qu’un lourd et sombre nuage s’amoncelait sur Lui — ce que les autres ne comprenaient que faiblement, ou même pas du tout. Dieu était de fait dans cette intuition d’affection divine.


Mais vous pouvez voir quelque chose d’analogue dans les soins providentiels que Dieu exerce parfois ; et même dans les soins de parents chrétiens envers leur enfant, il entre plus que de la prévoyance consciente. Il y a un sentiment de malaise indéfinissable, mais réel — l’Esprit de Dieu donnant une certaine conscience du péril — et cela stimule souvent l’affection des parents pour l’enfant, de sorte qu’ils cherchent à détourner le danger imminent ou à adoucir les souffrances dans la plus grande mesure possible. Il en était ainsi dans un sens bien plus élevé, dans la manière d’agir de Dieu avec Marie. Hélas ! combien peu les disciples étaient dans le secret, alors qu’ils auraient dû mieux que quiconque savoir ce qui se préparait, étant en rapport constant avec le Seigneur et Le connaissant.


Ils avaient certes eu beaucoup plus d’occasions que n’en avait jamais eues Marie ; mais ce n’est nullement une telle connaissance qui donne la vue la plus pénétrante — ce ne sont pas du tout les circonstances terrestres qui rendent compte des intuitions de l’amour. Il y a une cause qui se situe plus profondément encore, savoir la puissance de l’Esprit de Dieu agissant dans un cœur simple, droit et aimant, intensément sensible à l’égard de l’objet de sa vénération : Christ Lui-même. Si notre œil est fixé sur le Seigneur, nous pouvons être assurés qu’Il agira avec nous et en nous, comme aussi pour nous. Il ne manquera pas de nous donner l’occasion de Le servir de la manière la plus appropriée et au moment voulu. Nous ne savons pas depuis combien de temps Marie conservait ce vase ; mais il y avait quelqu’un qui aimait Marie et qui désirait lui accorder le privilège qu’elle avait à cœur, de témoigner son amour à Son Fils. Lui-même amena Marie (elle que sa sœur, croyante, mais agitée, avait méprisée comme indifférente) à manifester son amour à ce moment précis. Ainsi, à côté de la direction ordinaire, intelligente, il peut y en avoir une autre sous les mains expertes de Celui qui prend soin de nous, et qui agit maintenant — d’une manière plus intime encore — par Son Esprit demeurant en nous.


Dans le cas des Philippiens, il y avait la communion consciente de l’Esprit ; un dévouement et une spiritualité remarquables se manifestaient parmi eux, de sorte que Dieu les honore d’une manière particulière : ils sont en contraste frappant non seulement avec les Galates, mais aussi avec les Corinthiens. Non pas que ceux-ci et ceux-là ne fussent nés de Dieu ; il n’y avait point de différence sur ce point. Il nous est expressément dit que les Corinthiens avaient été appelés à la communion du Fils de Dieu ; ils l’étaient aussi véritablement que les Philippiens. C’est d’eux que le Saint Esprit dit : « Dieu, par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur, est fidèle » (1 Cor. 1, 9). Mais il y avait avec les Philippiens cette très grande différence que la même communion avec l’évangile n’existait pas chez les Corinthiens, et c’est peut-être la raison pour laquelle l’apôtre souhaite qu’ils aient « la communion du Saint Esprit » (2 Cor. 13, 13). Ils ne l’avaient assurément jusqu’alors que pauvrement goûtée (comp. 1 Cor. 3 et 4 ; etc.).


Mais Paul pouvait dire en voyant les Philippiens : « Si donc il y a quelque consolation (ou plutôt encouragement) en Christ, si quelque soulagement d’amour, si quelque communion de l’Esprit »… Toute cette manifestation pratique de Christ était en pleine activité parmi eux : une telle tendresse dans leur esprit, une telle compréhension de la pensée de Dieu au sujet du puissant conflit dans lequel l’apôtre était engagé, qu’ils s’identifiaient, cœur et âme, avec lui. Aussi peut-il leur dire : S’il en est bien ainsi (et il n’en doutait pas) « rendez ma joie accomplie en ceci que vous ayez une même pensée, ayant un même sentiment, pensant à une seule et même chose ». Voilà où ils manquaient ; ils n’étaient pas suffisamment d’une même pensée ; et ils ne nourrissaient pas, comme ils l’auraient dû, le même amour. Aussi y avait-il de la dissension parmi eux à ce moment. Il semble même que ce fût au sujet de l’œuvre du Seigneur dans laquelle ils étaient vraiment zélés. Aussi triste que cela fût en soi, ce n’était toutefois pas aussi vil et indigne que les mesquines querelles dont nous entendons parler parmi les Corinthiens. Non pas que cela dût être traité à la légère, mais le manquement lui-même et sa cause prouvaient qu’ils étaient dans un état plus spirituel que les Corinthiens.


Vous pouvez de même trouver maintenant parmi les enfants de Dieu ce qui répond à l’épreuve d’un Abraham ou d’un Lot. Le juste Lot, qui habitait au milieu des méchants dans les villes de la plaine, tourmentait de jour en jour son âme à cause de leurs actions iniques. Quelle méchanceté sans frein remplissait la scène qui avait d’abord attiré ses regards trop cupides ! Il était étrange qu’un saint pût se trouver là chez lui, ne fût-ce que pour un temps ! Abraham a manqué, sans doute ; mais quel contraste entre la faute d’un Abraham et celle d’un Lot ! Lorsque ce dernier, par manque de vigilance, tomba dans un péché qui devait avoir des suites funestes, ce ne fut pas seulement une tache douloureuse, mais les conséquences en demeurèrent : pour les siècles à venir, ses descendants devaient être les ennemis du peuple de Dieu. Les tristes circonstances de la fin de sa vie ont eu ce résultat honteux, et entraînent une affliction perpétuelle. L’Israël de Dieu l’éprouvera encore dans les derniers jours. Abraham a eu de son côté ses épreuves et ses manquements ; et certes l’Éternel en a pris connaissance et les a repris dans Son juste gouvernement. Mais quoique cela montre qu’il n’y a rien en l’homme qui soit digne de Dieu, qu’il n’y a aucun bien dans l’homme naturel, fût-il un saint, que la chair reste la chair en qui que ce soit, pourtant, en dépit de tout cela, le caractère même des faux-pas et des infidélités d’un Abraham nous dit qu’il était dans une condition spirituelle tout à fait différente de celle de son neveu Lot.


Il en était exactement ainsi, en quelque mesure, des Corinthiens et des Philippiens. Chez ces derniers, se rencontrait un manque d’unité, de jugement et d’intelligence, mais ils étaient remplis de la ferveur de l’Esprit ; ils portaient un ardent intérêt à l’évangile et au bien des enfants de Dieu. Ainsi, même là où le service du Seigneur se trouve être la pensée dominante, la chair trouve toujours occasion d’agir. Rien de pareil si nous avons Christ Lui-même pour objet. C’était là ce que Paul connaissait, en quoi il vivait, et ce qu’il désirait que les Philippiens connussent mieux. Le service met en œuvre l’intelligence, les sentiments et l’énergie de l’homme. Nous sommes en danger d’être trop occupés de ce que nous faisons ou de ce que nous souffrons. Là-dessous se cache encore le danger des comparaisons, avec ce qui s’ensuit : l’envie, la recherche de soi-même, et les querelles. Nous avons déjà vu, au chapitre 1, de quelle manière bénie l’apôtre plaçait devant eux ce qu’il ressentait en présence d’activités propres à l’affecter bien plus profondément et plus douloureusement. Il semble qu’il y avait quelque chose de même sorte à l’œuvre parmi les Philippiens. Aussi leur signifie-t-il ici qu’une chose était nécessaire pour rendre sa joie accomplie : il désirait les voir d’une même pensée, et cela en ayant non pas les mêmes opinions, mais le même amour, leurs âmes étant unies pour penser à une seule et même chose. Son propre esprit jouissait toujours plus de Christ. La terre et les hommes qui la peuplent étaient bien peu de choses à ses yeux ; les pensées du ciel étaient tout pour lui, de sorte qu’il pouvait dire : « Pour moi, vivre c’est Christ ». Cela rendait son cœur sensible à leur égard, parce qu’il y avait en eux quelque chose qui les privait de Christ, des objets autres que Lui. Il désirait pour eux une plénitude de joie.

À des cœurs purifiés par la foi, l’Esprit de Dieu donne un objet : Christ Lui-même. Ce que Paul avait apprécié chez eux le rendait d’autant plus sensible à ce qui était défectueux chez ces saints. Aussi insiste-t-il sur des points qu’il aurait tus s’il avait écrit à d’autres. Dans une assemblée où il y aurait eu beaucoup de choses qui déshonoraient Dieu, il eût été inutile de relever chaque détail. La sagesse aurait consisté à appliquer la grâce de Christ aux maux les plus manifestes ; les points moins importants seraient restés en attente pour être traités plus tard par la même puissance. Mais en écrivant à des saints dans un relativement bon état, une tache même petite prend de l’importance dans la pensée de l’Esprit. Il y avait quelque chose qu’ils pouvaient faire ou à quoi ils pouvaient remédier pour remplir l’apôtre de joie. Combien il aurait été heureux d’apprendre qu’ils brillaient par leur unité d’esprit ! Il reconnaissait et sentait leur amour ; eh bien, il désirait qu’ils cultivent entre eux le même amour ! Comment pouvaient-ils être davantage de la même pensée ? En ayant leurs esprits dirigés sur une seule et même chose ! Dieu a un objet pour Ses saints, et cet objet c’est Christ. Pour Paul, chaque but, chaque devoir était subordonné à Christ ; de même que dans le chapitre suivant, il est dit : « Je fais une chose », ainsi ici il désirait produire cette seule et même pensée chez les saints de Philippes.


Il touche alors le point sur lequel ils avaient à veiller. « Que rien ne se fasse par esprit de parti, ou par vaine gloire ». Il est humiliant, mais trop vrai, que le principe du mal extérieur le plus grossier opère même parmi les saints de Dieu. Les traces en étaient peut-être si faibles que seul l’œil d’un apôtre pouvait les discerner. Mais Dieu rendit Son serviteur capable de déceler en eux ce qui n’était pas de Christ. Aussi l’apôtre place-t-il devant eux les dangers d’être opposés les uns aux autres comme aussi de s’exalter soi-même : les querelles et la vaine gloire. Oh ! combien facilement ces choses peuvent s’introduire et souiller le service de Dieu ! Le chapitre précédent avait démasqué des gens qui, ailleurs, profitaient de l’emprisonnement de l’apôtre pour annoncer le Christ par envie et par esprit de parti. Il avait triomphé par la foi et pouvait se réjouir de ce que, de toute manière, Christ était annoncé. Il met maintenant en garde ses chers Philippiens contre quelque chose de semblable au milieu d’eux. Le principe était là et il ne manque pas de le placer sur leur cœur.

Comment surmonter cet esprit d’opposition et d’élévation de soi ? « Que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même ». Quelle pensée bénie ! Et combien manifestement divine ! Comment les querelles et la vaine gloire pourraient-elles alors subsister ? Lorsque nous pensons à nous-mêmes, Dieu aimerait que nous sentions toute notre propre insuffisance. Avoir des privilèges célestes si doux en Christ, être aimés de Lui, et faire néanmoins ces misérables retours en arrière que même nos propres cœurs savent être tout à fait indignes de Lui, voilà l’amère expérience que nous faisons quant à ce que nous sommes. Tandis que lorsque nous regardons aux autres, nous sentons facilement non seulement combien Christ est en bénédiction pour eux et combien Sa bonté est fidèle ; mais l’amour nous conduit à couvrir les manquements, à voir et à garder sous nos yeux ce qui est aimable et de bonne renommée dans les saints — s’il y a quelque vertu et quelque louange, à penser à ces choses. Cela semble être à la base de l’exhortation et il est évident que cela devient ainsi un devoir simple et heureux. « Que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même ».

En résumé, cet esprit fâcheux est surmonté d’une part en ayant conscience de notre propre bénédiction par pure grâce en présence de la misérable réponse que nous lui donnons dans notre cœur et dans notre marche ; et d’autre part, en reconnaissant avec bonheur les autres comme les objets du tendre amour du Seigneur, avec tous ses fruits, sans penser à leurs imperfections. Le Seigneur ne veut pas que nous soyons occupés de ce qu’il y a de mauvais en eux, mais de ce que Christ est pour eux et en eux. Car ici, il n’est pas question de discipline, mais de l’état ordinaire, heureux, des enfants de Dieu. L’assemblée à Philippes était certainement composée d’hommes au cœur rempli d’ardeur pour étendre les frontières du royaume de Christ, et qui se réjouissaient en Lui. Mais ils avaient besoin d’une plus grande tendresse les uns à l’égard des autres.

En outre, si quelqu’un était maltraité partout, c’était bien l’apôtre Paul. Il était véritablement considéré comme la « balayure du monde ». L’Asie entière s’était détournée de lui. Où y avait-il quelqu’un qui s’identifiât à sa cause ? C’était là évidemment le résultat d’une marche dans l’évangile, fidèle, désintéressée, sainte, qui, de temps en temps, blessait des centaines de personnes, même parmi les enfants de Dieu. Il ne pouvait pas ne pas toucher la mondanité de l’un, la chair d’un autre. Par-dessus tout, il soulevait contre lui les judaïsants d’une part et d’autre part tous les schismatiques, les hérétiques, etc. Tout cela fait qu’un homme est craint et n’est pas aimé ; et personne n’a jamais connu cette amère épreuve plus que l’apôtre Paul. Mais dans le cas des Philippiens, l’effet contraire était produit : leurs cœurs s’attachaient d’autant plus à lui qu’il était emprisonné à Rome, et qu’il connaissait cette douleur, la plus profonde, d’une défection surprenante de la part de beaucoup qui avaient été bénis par son moyen. Ce fidèle amour des Philippiens ne pouvait que réjouir le cœur de l’apôtre.

C’est une chose de se laisser aller à une dépendance charnelle vis-à-vis d’un instrument de Dieu ; c’en est une tout autre que d’avoir les mêmes intérêts que lui, de sorte qu’on lui soit plus intimement attaché que jamais dans un temps de peine. C’était vraiment là de la communion, et dans une mesure qui allait loin, mais pas aussi loin que l’apôtre le désirait pour eux. Il pensait à leurs affaires, non pas seulement aux siennes ; et c’est pourquoi il leur donne maintenant un autre avertissement : « Chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres ». S’ils l’aimaient tant, pourquoi ne pas s’aimer les uns les autres plus qu’ils ne le faisaient ? Pourquoi être tellement occupés de leurs propres pensées ?

Cet égoïsme est une autre source féconde de mal. Nous savons tous que nous sommes enclins à apprécier les qualités que nous possédons nous-mêmes et à faire peu de cas de celle des autres. C’est le fait de la nature non jugée ; car là où il y a la puissance de l’amour, celle-ci opère dans une direction tout opposée. Elle produirait alors la conscience de notre faiblesse et de notre indignité, ainsi que du peu d’usage que nous faisons de ce que Dieu nous donne ; nous apprécierions alors ce que nous voyons chez un autre, et que nous n’avons pas reçu nous-mêmes. Quel bienfait pour l’Église d’avoir tout cela, et bien davantage !

L’apôtre introduit là ce qui est le grand secret pour être délivré de tous ces efforts des « tessons de terre » que nous sommes : « cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus » (v. 5). Vous remarquerez que dans ce chapitre, c’est Christ tel qu’Il a été ; dans le chapitre suivant, Christ tel qu’Il est. Ici, c’est Christ s’abaissant, bien que, évidemment, Il ait été ensuite exalté. L’apôtre insiste sur le fait que nous devrions considérer la pensée de Christ, celle qui a été manifestée en Lui alors qu’Il était ici-bas. Au chapitre 3, ce n’est pas tant la pensée ou le propos moral qui était en Lui, que Sa personne comme objet, un objet glorieux, centre d’attraction maintenant dans le ciel — le prix pour lequel l’apôtre courait : Christ Lui-même en haut, le centre de toute sa joie. Ici (chap. 2) c’est l’esprit d’amour désintéressé qui ne cherche rien pour lui-même, mais veut le bien des autres coûte que coûte. Voilà la pensée qui était en Christ.

L’apôtre insiste ensuite sur l’humilité dans l’amour en plaçant la marche du Seigneur Lui-même devant leurs yeux. C’est là la vraie « règle de vie » pour le croyant depuis Sa manifestation ; non pas seulement toute la Parole écrite, mais cette Parole vue d’une façon vivante en Christ, dont l’Esprit Saint fait une source de puissance pour l’âme qui est occupée de Lui. « Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même »… (v. 5-7).

Quel glorieux témoignage à la divinité vraie, personnelle, intrinsèque de Christ ! Témoignage d’autant plus fort que, comme beaucoup d’autres, il est indirect. Qui, sinon une personne qui a conscience d’être Dieu dans le sens le plus élevé pourrait non seulement affirmer sans équivoque : « Avant qu’Abraham fût, je suis » ; ou : « Moi et le Père, nous sommes un », mais encore revendiquer la divinité d’une manière non moins réelle (quoique cachée) par les paroles mêmes dont l’incrédulité se sert si volontiers contre Lui ? Quel sens y aurait-il pour tout autre homme (et Il était et est véritablement homme) de déclarer : « Mon Père est plus grand que moi » ? Ce serait une bien étrange affirmation dans la bouche, je n’entends pas seulement d’un Socrate ou d’un Bacon, par exemple, mais d’un Moïse ou d’un Daniel, d’un Pierre ou d’un Paul. Mais de Lui, combien elle était convenable et même nécessaire, et cela uniquement parce qu’Il était véritablement Dieu et égal au Père, tout en étant homme, l’Envoyé, et qu’ainsi le Père était plus grand que Lui ! Prenez encore cette déclaration frappante de Jean 17, 3 : « C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». Certes Il était homme ; Il a daigné naître de femme, autrement l’incrédulité n’aurait aucun motif d’argumentation à cet égard. Mais quel homme ordinaire oserait jamais, à moins d’être le plus vil des imposteurs, se mettre calmement au rang de Dieu, oui, oserait parler de la connaissance du seul vrai Dieu, et de Lui-même comme étant la vie éternelle ?

Ainsi en est-il du passage placé devant nous. Rien de plus concluant ne peut être avancé pour prouver Sa propre gloire divine que le simple énoncé de ce verset 6. Ni Gabriel, ni l’archange Michel lui-même n’ont de dignité plus élevée que celle d’être des serviteurs de Dieu, dans la sphère assignée à chacun. Seul le Fils de Dieu eut à s’anéantir Lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes. Tous les autres étaient, au mieux, des serviteurs de Dieu ; et rien ne pouvait accroître cette dignité pour eux ou les élever au-dessus. De Christ seul il pouvait être dit en vérité qu’Il prit la forme d’esclave ; de Lui seul cela pouvait être vrai, parce qu’Il était « en forme de Dieu ». Il subsistait originellement dans cette nature, et cela aussi véritablement qu’Il reçut celle d’esclave ; toutes deux étaient réelles, également réelles — l’une intrinsèque, l’autre celle qu’Il condescendit à prendre, dans Sa grâce infinie.

Et ce n’était pas tout. « Étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (v. 8). C’est là un pas de plus dans Son abaissement en grâce pour glorifier Dieu. En premier lieu il y eut pour Lui l’humiliation de devenir un esclave et un homme ; ensuite, étant homme, Il s’est abaissé Lui-même dans Son obéissance jusqu’à la mort (contraste béni avec la désobéissance d’Adam jusqu’à la mort). Et cette mort a été — outre son caractère expiatoire — le point extrême de la honte humaine. Il nous faut cependant bien garder à l’esprit qu’il serait aussi impossible pour une personne divine de cesser d’être Dieu, que pour un homme de devenir une personne divine. Mais ce fut la joie et le triomphe de la grâce divine que Celui qui était Dieu, égal au Père, lorsqu’il s’agit de devenir homme, ne vint pas ici-bas dans la gloire et la puissance de la déité pour confondre l’homme devant Lui, mais s’anéantit Lui-même ; Sa perfection morale se déployait là par voie de contraste. Il fut ainsi l’homme entièrement dépendant, ne tombant pas une seule fois dans la confiance en soi-même ; mais en toutes circonstances, et en face des pires difficultés, le modèle le plus parfait et la manifestation de quelqu’un qui s’attendait à Dieu, qui avait toujours le Seigneur devant Lui, qui n’agissait jamais de Lui-même, mais dont la viande et le breuvage étaient de faire la volonté de Son Père dans les cieux ; en un mot, Il devint le parfait serviteur. Voilà ce que nous avons ici.

Il est dit de Christ qu’Il a été en forme de Dieu ; c’est-à-dire qu’il n’y avait pas là une simple apparence : Il avait cette forme-là et non point celle d’une créature. La forme de Dieu signifie qu’Il a Sa forme et aucune autre. Il était donc dans cette essence de Son être et rien d’autre. Il n’avait en quoi que ce soit l’être d’une créature quelle qu’elle soit ; Il était simplement et Lui seul, Dieu le Fils. Subsistant dans cette condition, Il n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu. Il était Dieu ; toutefois, dans la place d’homme qu’Il a réellement prise, Il a eu, comme cela convenait, la volonté de n’être rien. Il s’est anéanti Lui-même. Combien cela est admirable ! Combien cela magnifie Dieu ! Il a mis de côté toute Sa gloire. Ce ne fut même pas en majesté angélique qu’Il consentit à devenir un esclave, mais à la ressemblance des hommes. Nous avons ici la « forme d’esclave » aussi bien que la « forme de Dieu » ; mais cela ne veut en aucun cas dire qu’Il n’était pas réellement les deux. En vérité, de même qu’Il était véritablement Dieu, de même Il devint l’esclave le plus véritable que Dieu ou l’homme aient jamais vu.

Mais nous pouvons aller plus loin encore. « Et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ». Remarquez les deux grandes étapes dans la venue et l’humiliation du Fils de Dieu. La première est en rapport avec Sa nature divine, Sa divinité propre ; Il s’est anéanti Lui-même. Il ne voulait pas agir sur un terrain qui l’exemptât de l’obéissance humaine lorsqu’Il prit ici-bas la place d’esclave. En fait, nous pouvons dire qu’Il agissait selon ce que Dieu le Père était pour Lui, non point selon ce que Lui le Fils était pour le Père. D’une part, quoiqu’Il fût Fils, Il a appris l’obéissance par les choses qu’Il a souffertes. D’autre part, s’Il n’avait pas été une personne divine — le Fils, sans doute possible — Il n’aurait pas été l’homme parfait qu’Il fut. Mais Il a marché au travers de la honte, de peines et de souffrances inouïes, comme quelqu’un qui ne cherchait que la volonté et la gloire de Son Père en toutes choses. Il ne décidait de rien Lui-même, pas même pour sauver des pécheurs ou pour recevoir une âme (Jean 6). Il ne faisait rien sans le Père. Il ne voulait recevoir que ceux que le Père tirait. Tous ceux que le Père Lui donne, tous ceux qui viennent à Lui, Il les reçoit ; Il n’en mettra jamais aucun dehors, si mauvais qu’ils soient. Rien ne prouve davantage qu’Il est entièrement serviteur, que le fait que Lui, le Sauveur, renonce entièrement à tout choix quant à ceux qu’Il sauvera ! Lorsqu’Il agit en tant que Seigneur à l’égard de Ses apôtres, Il nous dit qu’Il les a choisis ; mais quand il est question du salut, Il dit virtuellement : Me voici, moi le Sauveur ; quiconque est attiré à moi par le Père, cela me suffit ; quiconque vient à moi, je le sauverai. De qui ou de quoi qu’il s’agît, vous trouvez dans le Seigneur Jésus cette soumission parfaite et ce complet renoncement, et il en était ainsi dans la seule personne qui n’eut jamais la volonté de pécher, ni de rechercher en quoi que ce soit Ses propres désirs. Il a été le seul homme qui n’ait jamais fait Sa volonté propre ; Sa volonté comme homme était soumise sans aucune réserve à Dieu. Mais il y a autre chose : si, lorsqu’Il prit la forme d’esclave, Il s’est dépouillé de Sa déité, une fois devenu homme, Il s’abaissa Lui-même et devint obéissant jusqu’à la mort.

C’est important parce que cela montre aussi, entre autres choses, que la mort n’était pas le lot naturel de notre Seigneur comme homme, mais ce jusqu’à quoi, « étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant ». Il n’y avait pas de mort pour Lui simplement en tant qu’homme, car la mort était les gages du péché, non point de l’homme comme tel sans péché, encore moins du Saint de Dieu. Comment pouvait-Il être assujetti à la mort ? C’était là le contraste entre Lui et le premier Adam. Le premier Adam est devenu désobéissant jusqu’à la mort ; Christ, au contraire, a obéi jusqu’à la mort. Nul autre n’avait ce pouvoir de laisser sa vie. Les pécheurs n’avaient rien à donner ; la vie était due à Dieu et ils n’avaient aucun titre à offrir. Y prétendre eût été un péché. Mais en Christ, tout est renversé. Sa mort dans un monde de péché est Sa gloire — non pas seulement une grâce parfaite, mais la justification de Dieu dans tout Son caractère. « J’ai le pouvoir », dit-Il, « de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre ». En laissant Sa vie, Il rendait la gloire de Dieu accomplie. « Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui » (Jean 13, 31). Si Dieu a été satisfait et exalté par chaque pas de la vie du Seigneur Jésus Christ, la plus grande gloire morale de Dieu brille cependant dans la mort de Christ. Jamais il n’y eut ni ne pouvait y avoir une telle obéissance auparavant ou en aucun autre. Il est « devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ».

Dans ce chapitre, il n’est pas question d’ôter le péché. C’est ignorer les pensées de Dieu que de limiter la mort de Christ, fût-ce même à ce côté merveilleux, tout en admettant pleinement qu’il n’y a rien et qu’il n’y aura jamais rien qui puisse s’y comparer. Mais la mort de Christ embrasse, par exemple, la réconciliation de toutes choses aussi bien que le fait que nous sommes amenés à Dieu, nous qui croyons ; car maintenant que le monde est assujetti à la vanité, rien ne pourrait, sans cette mort, être tiré d’une telle ruine, où tout est manifestement souillé et gâté par la puissance de Satan. De plus, où serait, sans cette mort, la parfaite manifestation de ce que Dieu est ? Où trouver ailleurs toute l’étendue des souffrances et de l’humiliation de Christ, et celle de l’obéissance qu’elles montrent ? La vérité, l’amour, la sainteté, la sagesse et la majesté de Dieu ont toutes été revendiquées au plus haut point dans la croix du Seigneur Jésus Christ. Il n’y a pas un seul caractère de Dieu qui ne trouve — bien que s’exprimant ailleurs en Christ — sa réponse la plus riche et la plus complète dans la mort de Christ. C’est ici le parfait serviteur, qui ne manqua en aucune chose, non pas seulement dans l’amour le plus vrai pour nous, mais de façon absolue pour la gloire de Dieu. C’est à ce point de vue qu’il est fait mention ici de Sa mort ; et l’Esprit de Dieu ajoute (v. 9, 10) : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux ».

Il ne s’agit pas simplement des saints ou d’Israël, mais « tout genou » se ploiera, etc. Cela comprend les anges et les saints, et même ceux qui sont pour toujours sous le jugement de Dieu ; car la pire signification s’attache à l’expression « infernaux ». Ainsi les êtres infernaux, ceux qui sont perdus, apparaissent ici ; le verset renferme aussi bien ceux qui ont rejeté le salut que ceux qui confessent le Sauveur. C’est la soumission universelle de tous à Christ. Jésus en a acquis le droit même comme homme. Si les incrédules Le méprisent comme homme, c’est comme Fils de l’homme qu’Il les jugera. Ils devront se courber devant Lui, comme homme. Le nom d’abaissement qui a été le sien comme nazaréen sur la terre doit être honoré partout ; il y va de la gloire de Dieu. Au nom de Jésus, ou en vertu de Son nom, tout genou se ploiera et toute langue confessera que « Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (v. 11).


Là encore, il ne s’agit pas du fait qu’Il est Fils (ce que, naturellement, Il était de toute éternité), mais du fait qu’Il est aussi Seigneur. Nous savons que le croyant le confesse dès maintenant en esprit. Toute âme qui actuellement est née de Dieu, ploie les genoux en vertu du nom de Jésus et devant Lui. Le chrétien confesse maintenant par le Saint Esprit que Jésus Christ est Seigneur ; mais bientôt cet hommage sera rendu dans une sphère infiniment plus vaste. Il sera alors trop tard pour être sauvé. Le salut est reçu maintenant par la foi qui trouve la félicité et la vie éternelle dans la connaissance de Dieu et de Jésus Christ qu’Il a envoyé. Et personne, en dehors de ceux qui sont sauvés, ne Le confesse comme Seigneur par le Saint Esprit. Mais il y aura bientôt plus que cela. Lorsque le jour de la grâce aura pris fin et que Dieu, non seulement rassemblera Ses élus, l’Église, mais détruira toute autorité adverse, alors le nom de Jésus sera reconnu d’un bout à l’autre de tout l’univers, même par ceux qui le feront par contrainte et qui par cette reconnaissance même confesseront leur propre misère éternelle.

En Éphésiens 1, 10, il nous est parlé du propos de Dieu pour l’administration de la plénitude des temps, « de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre ». Il a souvent été remarqué qu’il n’est rien dit là des choses qui sont « sous la terre », car ici il ne s’agit pas d’une reconnaissance universelle de Christ, de gré ou de force, même par les démons et les perdus, mais simplement la mise de toutes choses sous la seigneurie de Christ. Ni les hommes perdus ni les démons ne seront jamais dans une telle relation avec Christ. Il les jugera certainement et les uns et les autres. Dans les Éphésiens, c’est Christ vu comme chef de toute la création de Dieu, toutes choses, les célestes et les terrestres, étant réunies sous Son administration. Outre cela, Il est le chef de l’Église qui, par conséquent, partagera Sa place d’exaltation sur toutes choses, célestes et terrestres, en tant qu’Épouse du véritable et dernier Adam. Il « l’a donné pour être chef sur toutes choses à l’assemblée, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous ». Christ remplit tout en tous ; mais l’Assemblée est la plénitude de l’homme mystique glorifié, de même qu’Ève était nécessaire à l’accomplissement des pensées de Dieu quant au premier Adam.


L’Assemblée est l’Épouse, la femme de l’Agneau. Ce mystère est grand et il est largement développé dans les Éphésiens ; mais ce n’est pas le sujet de notre épître. Le but de celle-ci est pratique, confirmé par Celui qui est descendu de la gloire infinie et s’est anéanti Lui-même, et qui maintenant est exalté et fait Seigneur de tout, de sorte que toute créature doit se courber. Voilà ce qui est placé devant les Philippiens comme le plus puissant des motifs et l’exemple du plus grand poids pour produire le renoncement au moi, dans l’amour, à la gloire de Dieu.

Dans l’ensemble, nous l’avons vu, l’état des saints à Philippes était bon et sain. Il n’en était pas d’eux comme des Galates dont la chute rapide dans l’erreur — et dans quelle erreur ! — surprenait et affligeait l’apôtre. Dans la doctrine comme dans la pratique, quel recul ! Leur amour, d’abord excessif pourrait-on dire, s’était changé en amertume et en mépris, car la chose la plus douce dans sa nature, une fois corrompue, devient la plus amère de toutes. « Vous savez que dans l’infirmité de la chair je vous ai évangélisé au commencement ; et vous n’avez point méprisé, ni rejeté avec dégoût ma tentation qui était en ma chair ; mais vous m’avez reçu comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus. Quel était donc votre bonheur ? Car je vous rends témoignage que, si cela eût été possible, arrachant vos propres yeux, vous me les eussiez donnés. Je suis donc devenu votre ennemi en vous disant la vérité ? Ils ne sont pas zélés à votre égard comme il faut, mais ils veulent vous exclure, afin que vous soyez zélés à leur égard » (Gal. 4, 13-17). « Mais », ajoute l’apôtre avec une sévérité incisive, « il est bon d’être toujours zélés pour le bien, et de ne pas l’être seulement quand je suis présent avec vous ».

Quel contraste rafraîchissant offrait l’état des Philippiens ! Ce n’était pas seulement que leur amour était vrai et fervent, prouvant leur communion avec l’évangile et leur sympathie de cœur pour ceux qui étaient engagés dans ses travaux et ses souffrances ; mais leur fidélité brillait plus encore alors que l’apôtre n’était pas au milieu d’eux. « Ainsi donc, mes bien-aimés, de même que vous avez toujours obéi, non seulement comme en ma présence, mais beaucoup plus maintenant en mon absence… ». Quelle réserve dans le ton à l’égard des premiers et quel épanchement de ses profondes affections pour les autres ! Et ce n’est pas étonnant. En Galatie, Christ était voilé par la nature ; il y avait peut-être de la religion, mais sans soumission à Dieu, et aussi sans amour, malgré de vains discours sur l’amour. À Philippes, Christ était toujours plus l’objet de leurs pensées ; l’amour était exercé d’une manière vraie et saine ; et l’obéissance s’affirmait toujours plus, parce que la liberté et la responsabilité étaient heureusement réalisées, d’autant plus en l’absence de l’apôtre et sans son aide immédiate.

Aussi les exhorte-t-il en ces termes : « Travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement : car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (v. 12, 13). En Éphésiens 2, les saints sont vus comme assis ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus ; ici ils sont considérés comme travaillant à leur propre salut avec crainte et tremblement. Comment pouvons-nous concilier les deux choses ? Très facilement si nous nous soumettons avec simplicité à la Parole de Dieu.

Si vous cherchez à établir qu’il n’y a qu’une seule signification au mot « salut » dans le Nouveau Testament, vous aurez certes beaucoup de peine, et vous constaterez qu’il n’y a pas moyen de mettre d’accord tous les passages où on le rencontre. En fait, il est facile de démontrer que, dans le Nouveau Testament, le salut est plus fréquemment présenté comme une action encore incomplète, une œuvre non terminée, que comme un but atteint. Il ne s’agit donc pas de rejeter quelque chose, mais de recevoir une idée complémentaire. Prenez par exemple Romains 13, 11 et 12 : il y est parlé du salut comme n’étant pas encore arrivé. « Maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru ». D’après le contexte, nous comprenons qu’il est en rapport avec « le jour » qui « s’est approché » ; ainsi le salut dont il est question dans ce passage est évidemment une chose que nous n’avons pas obtenue présentement ; sans doute, il se rapproche chaque jour davantage, mais il ne sera effectivement nôtre que lorsque le jour sera arrivé. « La nuit est fort avancée, et le jour s’est approché ». Le salut est donc ici manifestement futur.

Dans la première épître aux Corinthiens (chap. 1 ; 5 ; 9 ; 10) il en est de même bien que les expressions soient moins nettes. Prenez encore l’épître aux Hébreux, comme exemple très clair. Il y est dit (chap. 7, 25) que Jésus « peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui ». Le passage est clairement limité aux croyants. « Sauver » s’applique à des personnes qui sont dans une relation vivante avec Dieu. Christ est considéré comme sacrificateur, et Il n’est sacrificateur que pour le peuple de Dieu — les croyants. On ne saurait donc se servir de ce verset pour l’appliquer au salut des pécheurs comme tels. Encore, au chapitre 9 : « Comme il est réservé aux hommes de mourir une fois — et après cela le jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent ». Il ne peut y avoir l’ombre d’un doute qu’ici l’Esprit parle du salut (salut du corps, non pas seulement de l’âme) comme d’une chose qui ne sera effective que lorsque Christ en personne apparaîtra pour nous et qu’Il nous prendra à Lui, dans et à Sa propre gloire.

Sans nous arrêter à toutes les déclarations semblables dans les autres épîtres, permettez-moi de mentionner la première épître de Pierre. Il me semble qu’à l’exception d’une seule phrase en 1 Pierre 1, 9, le salut y est toujours regardé comme une chose non encore accomplie, et qui ne le sera en fait que lors de la rédemption du corps. Cette unique phrase est : « Recevant la fin de votre foi, le salut des âmes ». En effet le salut de l’âme ne sera pas plus complet pour les croyants après que Christ sera revenu qu’il ne l’est maintenant qu’ils croient et qu’ils sont portés à travers le désert : c’est une bénédiction dont ils jouissent déjà en tant que lieu de repos pour la foi. Mais, à cette exception près, le salut, en Pierre, s’applique à la délivrance qui couronne la fin de toutes les difficultés que nous pouvons rencontrer pendant notre passage à travers le désert de ce monde, de même qu’aux soins et à la sollicitude avec laquelle notre Dieu nous garde présentement pour nous le faire traverser en sécurité. C’est un salut qui ne sera parfait qu’à l’apparition de Jésus (voir chap. 1, 5 ; 2, 2 et 4, 18).

C’est là ce que je crois être aussi le sens du mot « salut » dans l’épître aux Philippiens ; nous le verrons plus clairement encore lorsque nous parviendrons au chapitre 3 où il est parlé de notre Seigneur comme d’un « Sauveur » précisément quand Il viendra pour transformer nos corps. « Notre bourgeoisie est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur » — et cela quand Il viendra pour transformer « le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire ». Voilà le caractère du salut ; c’est une question touchant non pas seulement à l’âme, mais à nos corps. Si, recevant cette pensée comme étant la vraie et la réelle portée du mot « salut » dans tout le contexte, nous interprétons ici ce passage d’après l’objet général que le Saint Esprit a en vue, la signification de notre verset 12 devient claire : « Travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement ». C’est comme si l’apôtre disait : Je ne suis plus avec vous pour vous avertir, vous exhorter et vous stimuler lorsque votre courage faiblit ; vous êtes maintenant entièrement rejetés sur Dieu. Vous avez le secours ordinaire des surveillants et des serviteurs, mais il n’y a plus à attendre de soins apostoliques actuels.


Nul doute que l’absence de l’apôtre ne fût une immense perte. Mais Dieu peut changer toute perte en un gain, et pour eux le gain était celui-ci : qu’ils étaient plus consciemment dépendants des ressources de Dieu Lui-même. Lorsque l’apôtre était là, ils pouvaient aller à lui pour toute question qui se présentait, chercher directement ses conseils. Maintenant, son départ les conduit à s’attendre à Dieu Lui-même pour être dirigés. L’effet sur des hommes spirituels devait être de leur faire sentir le besoin de prier davantage et d’être plus vigilants que jamais. « De même que vous avez toujours obéi, non seulement comme en ma présence, mais beaucoup plus maintenant en mon absence, travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement ». Je ne suis pas là pour veiller sur vous, pour vous donner mes conseils, pour vous aider dans les difficultés, les circonstances imprévues et les dangers. Vous avez affaire à un ennemi puissant, subtil, actif. Aussi, levez les yeux non pas vers les montagnes, mais vers Dieu, et travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement. « Car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir ».


Si l’apôtre n’était pas là, mais en prison, bien loin, il leur dit : Dieu est là. Et c’est Dieu qui « opère en vous ». Cela devait donner de la solennité aux sentiments, mais aussi inspirer de la confiance. Il y aurait crainte et tremblement dans leurs cœurs, ils ressentiraient combien c’est une chose amère et douloureuse de compromettre Dieu en quelque manière que ce soit, par manque d’un jugement jaloux du moi dans leur marche — crainte et tremblement à cause du sérieux du conflit. Ils avaient affaire avec Satan qui déployait ses efforts contre eux. Mais d’autre part, Dieu était avec eux, opérant en eux. Ce n’était pas une question d’anxiété et d’effroi ; la peur de faillir et d’être perdus, mais la crainte devant la lutte dans laquelle ils étaient engagés avec l’ennemi, privés de la présence d’un apôtre qui leur aurait apporté son inestimable secours.


Maintenant il en vient aux choses pour lesquelles les Philippiens pouvaient être à blâmer et pour lesquelles certes ils devaient être sur leurs gardes. « Faites toutes choses sans murmures et sans raisonnements, afin que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde ». Il les appelle à ce qui serait manifestement une marche et un esprit irréprochables au yeux de la génération tortue et perverse qui les entourait. Mais en outre il regarde à ce qui devrait les diriger et montrer clairement aux hommes la manière d’être délivrés de leur misère et de leur péché : être des luminaires dans le monde, « présentant la parole de vie ». Et cela avec un motif pour leurs affections : « pour ma gloire au jour de Christ en témoignage que je n’ai pas couru en vain ni travaillé en vain ».

Il place maintenant une autre considération devant eux. Qu’en serait-il si lui, Paul, devait être appelé à mourir dans la carrière de l’évangile ? Jusqu’ici, il leur avait communiqué sa pensée et ses sentiments avec l’idée qu’il allait vivre ; il avait affirmé sa propre conviction que Dieu voulait qu’il reste un peu plus longtemps ici-bas pour le bien de l’Église. Mais il suggère la possibilité de sa mort. En admettant qu’il ait à souffrir jusqu’à la mort, qu’en serait-il alors ? « Mais si même je sers d’aspersion sur le sacrifice et le service de votre foi, j’en suis joyeux et je m’en réjouis avec vous tous » (v. 17). Pour lui, la pensée de servir ainsi de libation sur ce qu’il appelle d’une exquise manière le sacrifice et le service de leur foi était tout l’opposé d’une douleur ou d’une affliction. Bien plus, il les appelle à partager ses sentiments. « Pareillement, vous aussi, soyez-en joyeux et réjouissez-vous-en avec moi » (v. 18). Ainsi l’apôtre triomphe, transformant en un sujet de joie non seulement son emprisonnement, mais aussi la perspective — si telle était la volonté de Dieu — de laisser sa vie pour l’œuvre. Il les invite même à se réjouir de cette joyeuse nouvelle. Combien la puissance de la foi est grande et désintéressée ! Il les exhorte à cette parfaite réciprocité de joie par la foi ; à considérer la chose comme un honneur personnel et à éprouver un intérêt commun dans sa joie, autant que si c’était pour eux. C’est précisément ce que produit l’amour. De même que l’apôtre s’identifiait avec eux, ainsi eux, dans leur mesure, s’identifieraient avec lui. Veuille le Seigneur nous accorder de mieux connaître cela par Sa grâce.

« Or j’espère dans le Seigneur Jésus vous envoyer bientôt Timothée, afin que moi aussi j’aie bon courage quand j’aurai connu l’état de vos affaires » (v. 19). Quel exemple magnifique du même amour désintéressé que l’apôtre avait signalé en Christ et qu’il cherchait à former dans le cœur des Philippiens ! Nous savons ce qu’était Timothée pour l’apôtre ; pourtant, bien que le fait de le perdre, à ce moment spécialement, fût pour lui la plus grande privation, il dit : « J’espère dans le Seigneur Jésus vous envoyer bientôt Timothée ».

L’amour divin pense au bien des autres et la grâce avait opéré cela dans l’apôtre. C’était se mettre lui-même entièrement de côté. Il désirait connaître leur état afin que son propre cœur fût consolé. N’est-ce pas là la pensée qui était aussi dans le Christ Jésus ? L’apôtre prisonnier leur enverrait Timothée dans l’espoir de recevoir de bonnes nouvelles de ces saints qui étaient si chers à son cœur. « Car je n’ai personne qui soit animé d’un même sentiment avec moi pour avoir une sincère sollicitude à l’égard de ce qui vous concerne » — personne qui ait une affection et une sollicitude aussi vraies, non seulement envers moi, mais envers vous. « Parce que tous cherchent leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ. Mais vous savez qu’il a été connu à l’épreuve, savoir qu’il a servi avec moi dans l’évangile comme un enfant sert son père » (v. 21, 22). Il y avait en même temps ce qui était le lien commun. L’amour de Christ les remplissait tous deux et les amenait tous deux à servir. Ils faisaient la même chose. Il y avait de la confiance réciproque pour la même raison : car Christ et les pierres d’achoppement sont incompatibles. « J’espère donc l’envoyer incessamment, quand j’aurai vu la tournure que prendront mes affaires. Mais j’ai confiance dans le Seigneur que, moi-même aussi, j’irai vous voir bientôt » (v. 23).

Qu’ajoute-t-il ensuite ? Il ne pouvait venir lui-même pour le moment ; il retenait Timothée jusqu’à ce que le résultat de son jugement fût connu, afin que les Philippiens eussent les nouvelles les plus récentes sur ce qui leur tenait à cœur, il en était assuré. Mais en attendant les laisserait-il sans un mot ? Loin de là. Il dit : « Mais j’ai estimé nécessaire de vous envoyer Épaphrodite mon frère, mon compagnon d’œuvre » (v. 25). Nous voyons comment l’amour se plaît à tout partager avec les autres. Il choisit des termes qui unissaient Épaphrodite à lui-même — « mon frère, mon compagnon d’œuvre et mon compagnon d’armes » — tout ce qui pouvait l’honorer et le rendre cher aux saints, « mais votre envoyé et ministre pour mes besoins ». Il avait toutes ces marques d’honneur dans la cause de Christ. Rien de plus doux que ce déploiement d’affection ; mais il ne pouvait en être ainsi que parce que l’état des Philippiens était foncièrement sain devant Dieu. Nous ne voyons rien de semblable lorsque l’apôtre écrit aux Galates ou aux Corinthiens. Bien loin d’être dans un bon état, ils n’étaient même pas sains dans la foi. Les Galates, nous le savons, étaient en train d’abandonner la justification. Aussi n’y a-t-il aucune épître plus réservée et plus distante, comme nous le souligne l’absence significative de salutations personnelles. Il leur écrivait par devoir, comme un service urgent suscité par son amour qui désirait leur délivrance, mais il n’avait aucune espèce de liberté pour donner libre cours à ses affections, comme nous le trouvons ici. Dieu Lui-même le conduisait à agir ainsi d’une manière différente.


« Car il pensait à vous tous avec une vive affection, et il était fort abattu parce que vous aviez entendu dire qu’il était malade ; en effet il a été malade, fort près de la mort, mais Dieu a eu pitié de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas tristesse sur tristesse » (v. 26, 27). Je ne peux concevoir un tableau plus admirable d’affections divines s’épanchant sans empêchement envers ces saints. Il s’étend sur ce que Timothée, qu’il espérait leur envoyer, était pour lui, et maintenant sur Épaphrodite qui était venu de chez eux comme leur envoyé. Son cœur brûle et il découvre tous ses sentiments quant à ce lien entre lui et eux. « Il pensait à vous avec une vive affection, et il était fort abattu », non point parce qu’il était lui-même malade ou près de la mort, mais « parce que vous aviez entendu dire qu’il était malade ».

Tel était le cœur d’Épaphrodite ; tel celui de Paul pour le discerner et le rapporter. Tous deux avaient le désir que les Philippiens fussent soulagés en apprenant comment le Seigneur s’était manifesté en leur faveur. « Mais Dieu a eu pitié de lui, et non seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas tristesse sur tristesse » (v. 27). Voyez comment l’apôtre se plaît à relever la bonté de Dieu, non pas seulement à l’égard de la personne qui était l’objet immédiat des soins de Dieu, mais envers lui également. Nulle part l’Écriture ne sanctionne qu’il puisse être dans la pensée de Dieu que la maladie ou la mort de Ses enfants soient considérées froidement. C’est trop souvent le cas parmi nous, comme si cela n’avait pas beaucoup d’importance, ou comme si c’était faire preuve de spiritualité que d’avoir un cœur de pierre.

De fait, l’Esprit de Dieu s’identifie aussi bien avec les affections humaines qu’avec les affections divines. Nous trouvons les affections divines au chapitre 1 et les affections humaines ici au chapitre 2. Le Saint Esprit s’est plu non seulement à apporter ici-bas les affections divines, pour ainsi dire, et à les placer en nous, mais aussi à animer les affections humaines des saints. Christ Lui-même les éprouvait dans Son cœur, car Il était véritablement homme, et maintenant l’Esprit de Dieu donne une valeur autre et plus élevée à ces affections dans les saints de Dieu. Cela est aussi simple qu’important. Le Saint Esprit, peut-on dire, intervient en tout. « Je l’ai donc envoyé avec d’autant plus d’empressement, afin qu’en le revoyant vous ayez de la joie, et que moi j’aie moins de tristesse » (v. 28). L’apôtre ne dit pas : et que j’aie, moi aussi, de la joie. Il n’y a là nulle affectation, mais une sincérité transparente, ainsi que l’amour le plus béni. C’est afin que « vous ayez de la joie, et que moi j’aie moins de tristesse ». Il ressentait la vive douleur de se séparer d’Épaphrodite, mais il pouvait se réjouir qu’un tel aide allât vers eux, parce qu’ils en auraient de la joie ; et lui-même serait moins triste. C’était une perte pour lui, mais ce serait un gain certain pour eux.

« Recevez-le donc dans le Seigneur avec toute sorte de joie, et honorez de tels hommes » (v. 29). Remarquez quel soin il met à recommander son compagnon d’œuvre à l’estime des saints. Épaphrodite ne semble pas avoir été un homme très marquant extérieurement. Mais les hommes hautement doués devraient avoir à cœur le bien de ceux qui le sont moins. L’apôtre, pour sa part, au lieu d’être jaloux des autres, s’attache à relever leur valeur aux yeux des saints. « Honorez de tels hommes ». D’autres auraient pu craindre pour Épaphrodite ou pour d’autres comme lui qu’ils ne s’enorgueillissent. « Recevez-le », dit-il, « avec toute sorte de joie, et honorez de tels hommes ; car, pour l’œuvre, il a été proche de la mort, ayant exposé sa vie, afin de compléter ce qui manquait à votre service envers moi ». Il ne nous est pas rapporté grand chose de ce qu’il avait fait, en prêchant ou en enseignant ; mais ce bien-aimé homme de Dieu accomplissait le service sincère et désintéressé de l’amour ; c’était suffisant pour l’apôtre Paul, et cela devrait l’être aussi pour les enfants de Dieu.

Le Seigneur veuille que nous soyons ainsi prompts pour discerner, et zélés pour apprécier ce qui est de Christ dans les autres, quels qu’ils soient. Cultivons bien moins une vision aiguë de ce qui est affligeant et inconséquent chez les saints, qu’un constant désir de tout ce qui place Christ devant l’âme, de tout ce qui rend le son du métal pur, de tout ce qui porte le sceau de l’Esprit de Dieu.