Chapitre 20

Les principaux sacrificateurs et les scribes sont les premiers à interroger Jésus ; ils demandent par quelle autorité Il fait ces choses, et quelle est la source de cette autorité. Mais Jésus les interroge Lui-même : « Le baptême de Jean était-il du ciel, ou des hommes ? ». Les scribes étaient sans connaissance dans leurs raisonnements. Ils reconnaissent leur incompétence plutôt que de reconnaître Jésus comme le Messie. Le simple enfant de Dieu reçoit la Parole avec la même certitude avec laquelle Christ la donne : la confiance en la Parole de Dieu est le seul terrain sûr et ferme. Mais comment pouvez-vous avoir cette certitude dont vous parlez ? — Dieu l’a dit : « Il est écrit » ! Si ce que Dieu dit a besoin de preuve, il faut qu’il y ait quelque chose de plus sûr et de plus vrai que Dieu. Serait-ce l’Église peut-être ? — Hélas ! nous savons à quoi nous en tenir sur ce point. Si Dieu ne peut pas parler de manière à revendiquer l’autorité pour ce qu’Il dit, sans qu’il y ait besoin de quelqu’un pour l’accréditer, c’en est fait de la foi, elle n’est plus.

La parabole du cultivateur (v. 9 et suiv.) nous présente les voies de Dieu à l’égard d’Israël auquel la vigne avait été d’abord louée, et, après que l’héritier a été rejeté, le don que Dieu en fait à d’autres. Mais il y a plus. La pierre rejetée devient la maîtresse pierre du coin. Quiconque tombera sur cette pierre, sera brisé ; mais elle broiera celui sur qui elle tombera. Les péchés passés de Jérusalem nous présentent le premier de ces cas ; pour le second, il faut attendre l’exécution du jugement lors de l’apparition du Seigneur.

Verset 21. — La question concernant le tribut à payer à César était très subtile. Ceux qui tendaient ce piège au Seigneur usaient pour cela de l’effet de leur propre iniquité. En effet, les Juifs, abstraitement, n’auraient pas dû être asservis aux nations ; de plus le Messie, le Libérateur d’Israël, était venu. Si Lui disait qu’il fallait obéir aux nations, où était Sa puissance libératrice ? S’Il poussait à la rébellion, ils auraient eu un prétexte pour le livrer à Pilate. À cause du péché d’Israël, Dieu a jeté par terre la clef de voûte des nations, et a donné la puissance aux Gentils. Le Juif a été rebelle sous la sentence et a toujours soupiré après la délivrance du joug qui avait été mis sur lui. Mais le Seigneur répond avec une sagesse divine ; Il place les Juifs exactement là où leur péché les avait placés ; les choses de César, il faut les rendre à César, et les choses de Dieu à Dieu.

Après avoir vidé la question touchant ce monde entre Dieu et le peuple, le Seigneur rencontre l’incrédulité sadducéenne touchant le monde à venir (v. 27-38). Il montre la place des saints ressuscités en contraste avec le monde. Il met de côté l’idée d’une résurrection générale. Si tous ressuscitent ensemble, il y a incertitude, un jugement commun, etc. ; mais si les saints sont ressuscités à part, parce qu’ils sont « fils de Dieu », laissant le reste des morts derrière eux pour une autre résurrection spéciale, une « résurrection de jugement » (comp. Jean 5, 29), tout est changé. La résurrection distingue plus que toute autre chose, et pour toujours. Elle est le grand témoignage rendu à la différence qu’il y a entre les bons et les méchants. Les saints seront ressuscités à cause de l’Esprit de Christ qui habite en eux (Rom. 8) ; leur résurrection sera l’application à leurs corps de cette puissance de vie en Christ qui a déjà vivifié leurs âmes : c’est une « résurrection d’entre les morts », comme l’a été celle de Christ. Ils seront « estimés dignes d’avoir part à ce siècle-là », car il est tel, « et à la résurrection d’entre les morts ». « Ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection ». Luc ajoute un caractère que nous ne trouvons pas ailleurs : « car pour lui tous vivent ». Témoignage important qui s’applique à tous les morts, aux méchants comme aux justes, tous morts quant à leurs relations avec les hommes dans le corps ; mais, quant à leurs âmes, vivant encore pour Dieu. L’âme restait toujours en vie devant Lui.

Dans les versets 41 à 44, Jésus soulève la question : Comment le Fils de David est-Il Seigneur de David ? Les Juifs n’y comprenaient rien. C’était le point auquel se rattachait et tenait le changement dans le système moral tout entier. Jésus avait pris la place d’homme saint, obéissant, dépendant, pèlerin comme d’autres ; et Il avait bu du torrent par le chemin (Ps. 110, 7) ; Il s’en allait dans la débonnaireté et la paix, mais vivant par les eaux rafraîchissantes qui venaient de Dieu Son Père. Ainsi s’étant anéanti Lui-même, abaissé Lui-même, Il est maintenant souverainement élevé par Dieu. Le grand principe universel que celui qui s’abaisse sera élevé et que celui qui s’élève sera abaissé, est illustré dans les deux Adam. Le premier Adam, la nature de l’homme, a voulu s’élever pour être « comme Dieu », jusqu’à ce que, dans sa pleine maturité, l’antichrist « s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénération » (2 Thess. 2, 3-4). Satan tenta l’homme au commencement, l’excitant à devenir comme Dieu ; et à la fin, Dieu enverra aux hommes une énergie d’erreur pour croire au mensonge (2 Thess. 2, 11). Satan ne pouvant pas s’élever dans le ciel, cherchera à le faire par la semence de l’homme ; mais la fin sera l’abaissement (És. 14, 12-15). Dans le second Adam, nous voyons Celui qui était Dieu s’humiliant Lui-même, s’abaissant, devenant obéissant jusqu’à la mort, même la plus ignominieuse, et puis nous Le voyons, Lui qui s’humilia, reprenant la place de puissance à la droite de Dieu, mais comme homme aussi bien que comme Dieu. Dieu L’élève souverainement, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou (Phil. 2, 5-11). Ayant été obéissant d’un bout à l’autre de Son sentier dans l’humiliation, Il est exalté pour être le Seigneur de David. Il sort ainsi des limites des promesses juives, quoique comme Fils de David Il les possédât assurément. Les Juifs ne comprenaient pas les Écritures et les accomplissaient en ne les comprenant pas. Les voies de Dieu ont suivi leur cours en dépit de tout, manifestant Sa grâce et Sa patience envers l’homme. Dieu avait placé l’homme sur la terre ; Il avait ensuite envoyé la loi, des prophètes, etc., jusqu’à ce que l’homme arrive à la fin en rejetant tout. Dieu met l’homme à l’épreuve, et ensuite Il introduit le nouvel homme qui est l’accomplissement de tous Ses glorieux conseils — le second Adam ; et puis, Il élève le second Adam comme homme céleste à une place céleste, et tout dépend maintenant non de la responsabilité de l’homme, mais de la stabilité de Dieu. La vie, la justice et la gloire descendent du ciel Est-ce la vie qu’il faut ? Dieu donne la vie de Christ en résurrection. Est-ce la justice ? Dieu donne la justice divine. Est-ce un royaume ? C’est le royaume des cieux. Tout descend, non pas simplement de Dieu en grâce, mais de la place que l’homme occupe en gloire, des conseils de Dieu au sujet de l’homme céleste dans la gloire. Dieu L’a d’abord élevé ; et d’où Il L’a placé, la bénédiction descend. L’homme Christ Jésus a pleinement satisfait à toutes les responsabilités de l’homme. C’est la raison de la plénitude de la bénédiction de l’évangile, et aussi de la bénédiction du royaume qui vient. L’évangile est la puissance de Dieu, et le royaume doit être établi dans les cieux. Le Roi s’en est allé dans un pays éloigné, et quand Il reviendra, ce sera afin d’introduire le royaume des cieux. Tous les conseils de Dieu ont maintenant leur centre et leur siège dans les cieux. Ainsi, dans le sens le plus étendu, le centre de tous les plans et de tous les conseils de Dieu, c’est l’élévation de Jésus à la droite de Dieu. Le caractère tout entier, et toute la stabilité et la perfection de notre bénédiction, tirent leur source de Jésus glorifié. Le caractère de cette bénédiction est céleste ; elle tire sa stabilité de ce que Dieu a fait ; et la justice, qui me rend capable d’y avoir part, est la justice de Dieu.

L’Esprit de Dieu, le Saint Esprit, est venu pour rendre témoignage de Christ, sur qui la paix de l’âme repose ; elle repose sur la justice accomplie de Celui qui a été élevé dans la gloire. L’office du Saint Esprit est d’agir au-dedans de nous, et de nous manifester ce que Dieu est, ici-bas. Et nous jouissons de tout cela comme résultat de ce que Christ a fait en introduisant les promesses comme le Seigneur de David, au lieu de les accomplir comme le Fils de David.

Remarquez la beauté et la bénédiction morale de ce principe général : « Celui qui s’abaisse sera élevé ». Christ s’abaissa Lui-même ; Il ne fut pas humilié, Il s’humilia Lui-même, ce qui est tout autre chose. « Celui qui s’abaisse sera élevé ». Voilà ce que nous avons à faire : prendre la dernière place. Nous ne pouvons pas faire ainsi avant que nous soyons chrétiens, mais c’est notre gloire de prendre la place la plus basse, et d’entendre Christ nous dire : « Monte plus haut ». Il nous a laissé un modèle, afin que nous suivions Ses traces (1 Pier. 2, 21). Le Seigneur Jésus a été rejeté comme Fils de David ; Il reviendra comme Seigneur de David.

Or dans l’intervalle, pendant qu’Il est ainsi caché, nous voyons la place de l’Église. Nous sommes cachés « avec Christ en Dieu », et notre part est d’être unis à Lui pendant qu’Il est caché à nos yeux. Le Saint Esprit étant descendu nous donne une place et une part avec Lui dans toute la béatitude de la maison du Père, et dans toute la gloire qui doit être révélée bientôt.

La place d’Ève était d’être unie à Adam dans la domination que Dieu lui avait donnée sur toutes choses (Gen. 1, 26-28 ; 5, 2). L’Église aussi, dans la manifestation de la gloire de Christ, n’apparaît que comme l’Épouse et la compagne de Christ par grâce, jamais comme une partie de l’héritage. Envisagés même individuellement, nous sommes « cohéritiers de Christ » (Rom. 8, 17 ; comp. Gal. 4, 7). Il est de la plus haute importance pour les saints, dans ces derniers jours, de saisir la place particulière qui nous appartient comme étant un avec Christ, l’homme céleste.