Chapitre 11

Jean, maintenant en prison, soulève la question de savoir si Jésus était bien le Christ, puisque aucune délivrance n’était opérée pour Israël. Ce n’était pas un manque de confiance dans la parole du Seigneur, puisque Jean s’en rapporte à cette parole ; mais tout est changé dans les relations entre Jean et Christ et Israël. Quant à l’intelligence, Jean, probablement, comme individu, était embarrassé, et l’effet de cet embarras était d’échanger son rôle de prophète contre une question de foi individuelle. La tournure que prennent les choses et que Jésus leur donne, est selon la sagesse divine. Pleinement reconnu de Jésus comme plus que prophète, Jean doit croire individuellement en Jésus, selon le témoignage que Jésus donne de Lui-même : puissant pour tout accomplir, plein de grâce pour penser aux pauvres, pour leur apporter l’évangile, mais déjà rejeté, tandis qu’un petit résidu est reconnu par ces paroles : « Et bienheureux… quiconque n’aura pas été scandalisé en moi ». De sorte que nous avons encore ici l’Éternel, pierre d’achoppement en Israël, mais sanctuaire pour ceux qui se confieraient en Lui. Jean doit recevoir Jésus sur ce témoignage ; ensuite c’est l’Éternel qui reconnaît Son serviteur ; c’est Christ qui rend témoignage à Jean, et non pas Jean à Jésus.

Le témoignage des deux avait été rendu ; les chants lugubres de Jean et le son attrayant de la flûte avaient été entendus sur la place publique, mais Israël ne voulait ni s’humilier pour les premiers, ni se réjouir de l’autre. Tout cela avait pris fin. Seulement il y avait un résidu selon la grâce, et la sagesse de Dieu avait été justifiée dans ces deux genres de témoignage, et cela au moyen « des enfants de la sagesse ». Jésus restait seul dans Sa grâce : l’Éternel dans le monde (dans un monde où l’homme avait montré qu’il ne voulait rien de Lui), pour manifester ce qu’Il était en Lui-même, relativement aux besoins de ceux qui, dans un monde pareil, avaient fait la découverte de ces mêmes besoins et de leurs misères. Le monde avait été mis pleinement à l’épreuve par Jésus. Lui-même savait qu’il n’y avait rien ici-bas pour consoler un cœur éprouvé ; Il savait que Son esprit avait été comme la colombe envoyée par Noé, dans une grâce qui brillait avec d’autant plus de splendeur que le monde était plus ténébreux. Alors Jésus se présente à toute âme travaillée, comme la ressource, mais comme une ressource parfaite pour ses besoins. Il donne le repos dans la révélation de l’amour du Père en Sa personne ; puis, dans la parfaite soumission d’un cœur incliné sous la volonté de Dieu, Il donne le repos dans la vie pratique. Mais les détails demandent un peu plus d’attention.

Le Seigneur n’était nullement insensible à Son rejet ; Il le sentait profondément, bien que ce fût dans un esprit de grâce. On Le voit pleurer plus tard sur l’obstination finale de Jérusalem ; Son cœur, rempli d’amour, pensait avec douleur à l’endurcissement de Jérusalem, en voyant la cité bien-aimée, mais méchante, rejeter le dernier effort de Dieu pour la ramener et la bénir. Ici (v. 20-24), le sentiment de Son cœur était un peu différent. Il avait déployé Sa puissance en bénédictions et en témoignage, mais tout avait été en vain. Il leur reprochait la dureté de leur cœur. Il s’était dépensé pour eux, mais leur cœur était resté insensible. Ni Tyr, ni Sidon, ni Sodome, ni Gomorrhe, ne seraient restées insensibles dans les mêmes circonstances ; elles se seraient repenties, depuis longtemps, sous le sac et la cendre. Leur jugement en serait d’autant plus terrible ; mais alors, et dans la même heure, Il accepte tout de la main de Son Père. Soumission parfaite ! Son Père, ayant trouvé bon d’humilier l’orgueil de l’homme, avait caché ces choses aux sages et aux intelligents, et les avait révélées à de petits enfants. Aux yeux de Dieu, ces voies étaient bonnes, et Jésus les accepte sans question.

Alors, dans cette parfaite soumission de l’homme, s’ouvre devant Lui toute la vérité de Sa gloire, de la position relative d’Israël et de Lui, ainsi que de Sa propre position vis-à-vis des hommes. Le Fils de Dieu était là ; toutes choses Lui étaient données de la part du Père, et personne ne connaissait le Fils, si ce n’est le Père. Il était selon la vérité de Sa personne, que personne ne Le connût. La divinité du Fils est sauvegardée, dans Son humiliation, par l’inscrutabilité de Sa personne. Le témoignage rendu à ce que les hommes en Israël étaient appelés à croire, avait été accepté par ceux auxquels le Fils avait voulu le révéler. Cependant la pleine vérité allait beaucoup plus loin ; elle sortait de l’obscurité, maintenant que le témoignage de Jean, de Christ et de Ses œuvres, était rejeté. Lui était inconnu ; mais c’était Lui qui révélait le Père. La grâce souveraine de Dieu dans cette révélation est alors manifestée. On n’avait qu’à venir au Fils et on aurait le repos. Ce n’était plus le royaume en Israël, mais, par la révélation du Père, le repos de l’âme fatiguée. Ainsi c’était Dieu en grâce pour celui qui en avait besoin — le Fils révélant le Père.

Mais il y avait un autre élément dans ce touchant tableau de la grâce. La soumission parfaite d’un homme humble de cœur avait été l’occasion de la révélation de la gloire et de la grâce dans Sa personne : il en est de même en Jean 12 ; il en est toujours ainsi. La soumission aux voies de Dieu ouvre la porte à la connaissance de Sa grâce et de Sa gloire. Or il en était ainsi de Jésus homme, et Il engage Ses auditeurs à prendre ce joug qu’Il avait porté Lui-même, et à apprendre de Lui, dans cette manifestation de soumission et de pauvreté d’esprit ; ils trouveraient ainsi le repos de leurs âmes. C’est la grâce parfaite, la révélation du Père dans le Fils, qui donne le repos aux cœurs fatigués de ce monde de péché. C’est la soumission parfaite de la volonté qui donne la paix pratique du cœur, pendant qu’on traverse ce monde. C’est Christ-Fils révélant le Père, Christ homme parfaitement soumis au joug, qui donne le repos et la paix.