Chapitre 12

Dans ce chapitre, nous trouvons le rejet final du système judaïque et de ceux qui étaient à sa tête. Christ rompt avec le système, Il en juge les chefs ; Il se place au-dessus du sabbat, qui était le sceau de l’alliance, annonce la ruine complète de la génération perverse d’Israël, et refuse de reconnaître Ses liens selon la chair avec ce peuple. Il ne veut reconnaître que les disciples amenés par la Parole et qui avaient suivi cette Parole. Mais il faut étudier le chapitre de plus près.

Les pharisiens blâmaient les disciples de ce qu’ils avaient cueilli des épis et les frottaient entre leurs mains. Le Seigneur répond que, lorsque David, l’oint de Dieu, avait été rejeté, la loi de Moïse avait perdu sa force. Les sacrificateurs aussi, quand l’occasion le demandait, violaient le sabbat. Enfin, il y avait là quelqu’un de plus grand que le temple : le Dieu vivant Lui-même, faisant de l’homme Son temple. Ensuite, ils auraient dû comprendre ce qui est dit, que la miséricorde se glorifiait en se mettant au-dessus du jugement. De plus, le Fils de l’homme était Seigneur du sabbat ; Il était au-dessus du système qu’Il avait établi Lui-même comme l’Éternel, et Son caractère de Fils de l’homme Le plaçait en dehors et au-dessus des droits que l’ancienne alliance avait sur l’homme, ainsi que du repos qu’elle exigeait, mais qu’elle ne pouvait donner. Au reste, Il montre leur hypocrisie en ces choses, dans le cas de l’homme qui avait la main sèche : l’amour et la bonté de Dieu sont au-dessus des cérémonies, quelque saintes qu’elles soient. Ainsi, Sa personne rejetée, comme l’avait été David, est au-dessus du système judaïque ; et la bonté de Dieu ne peut pas céder les droits souverains de Sa grâce divine envers l’homme. Mais le temps du jugement n’était pas encore là. On n’entend pas Sa voix dans la rue, jusqu’au moment où Il l’élèvera en jugement dans le temps de Sa gloire, et où Il enverra ce jugement, victorieux de toute opposition ; jusqu’au moment enfin où les Gentils se confieront en Lui. Il chasse encore un démon. Alors l’hostilité sans conscience et sans cœur des pharisiens éclate ; ils ne peuvent pas nier le miracle, mais, plutôt que de reconnaître Jésus, ils l’attribuent à un démon ; c’est-à-dire que, reconnaissant malgré eux que la puissance de Dieu était là, ces adversaires de Dieu appellent le Saint Esprit, par lequel le miracle se faisait, un démon. Pour ceci il n’y avait pas de pardon.

Ensuite, le Seigneur en vient à la condamnation complète des Juifs. Remplis d’incrédulité, ils demandent un signe, eux qui, plutôt que de le croire, venaient d’attribuer le signe au démon ; mais le Seigneur ne leur donne aucun autre signe que celui de Jonas, préfiguration de Son séjour dans la tombe, mais signe que maintenant c’était trop tard pour eux ; que Celui qu’ils avaient déjà rejeté était le Fils de Dieu ; enfin, que toute relation avec cette génération était terminée pour toujours. Il cite les gens de Ninive et une reine du Midi qui se lèveraient en jugement contre cette génération, car un plus grand que Jonas ou que Salomon était là.

Il me semble qu’un sentiment de profonde affliction perce à travers les paroles de Jésus, à la vue de l’incrédulité des conducteurs d’Israël ; d’aveugles qui prétendaient conduire des aveugles. Mais le temps du jugement était venu, et le Seigneur prononce ce jugement. L’esprit immonde était sorti de ce peuple : l’esprit d’idolâtrie, je n’en doute point, car, depuis la captivité de Babylone, ils n’étaient pas tombés dans l’idolâtrie. Néanmoins le démon avait besoin, pour ainsi dire, de ce peuple où le nom de Dieu se trouvait, mais où Dieu n’était plus, car ils L’avaient rejeté lorsqu’Il était venu au milieu d’eux dans la personne de Jésus. La maison était vide, balayée et ornée ; les formes religieuses et la piété extérieure s’y trouvaient ; mais Dieu n’y était pas. L’esprit immonde rentrerait avec sept esprits plus méchants que lui-même et y demeurerait, et le dernier état serait pire que le premier. L’état final du peuple, au moins de la génération perverse, serait plus mauvais que lors de ses péchés précédents. Déjà, après la mort du Seigneur, ils se sont montrés comme les porcs de Génésareth, mais ces paroles-ci auront leur accomplissement à la fin du siècle, lorsque les Juifs seront de nouveau idolâtres, et que toute la puissance du démon sera développée sous l’Antichrist.

Il est bon qu’on comprenne, chacun pour soi-même, que si un vice est vaincu sans Dieu, rien n’est réellement gagné. On peut chasser un vice grossier par un péché plus subtil : si ce n’est pas vraiment l’œuvre de Dieu dans le cœur, celui-ci peut en être endurci et Satan y régnera plus que jamais. Le Seigneur applique ce qu’Il dit ici à la génération qui L’a rejeté, aux Juifs incrédules et pervers auxquels Dieu a caché Sa face pour en voir la fin (Deut. 32, 20).

Ensuite (v. 46) ceux qui étaient l’expression du lien par lequel Il était attaché selon la chair au peuple juif, viennent en faisant valoir ce lien. Le Seigneur ne veut pas les reconnaître ; mais, indiquant Ses disciples, Il dit : « Voici ma mère et mes frères » ; les relations que je reconnais sont celles qui sont formées par la Parole de Dieu. Quant à l’histoire des Juifs, tout était fini. La grâce pouvait continuer, pouvait relever le peuple dans un résidu reconnu de Dieu ; mais, quant à la responsabilité, l’histoire du peuple était finie.

Le Seigneur ne cherche plus du fruit sur un arbre démontré mauvais ; Il se montre, au bord de la mer, comme un semeur apportant ce qui, reçu dans le cœur, produirait du fruit. Dès lors ceci introduisait le royaume des cieux où les Gentils pouvaient avoir part.