Chapitre 25

La venue du Sauveur donne lieu d’envisager les chrétiens comme dix vierges sorties pour aller à la rencontre de l’Époux. La vraie force du mot est que le royaume des cieux sera alors devenu semblable à dix vierges ainsi sorties. Rien de plus solennel et de plus instructif que cette parabole, quant à l’état des chrétiens. Il s’agit du retour du Sauveur et de ce qui arrivera aux chrétiens, aux membres du royaume, à cette époque-là. Si le serviteur disait : « Mon maître tarde à venir », ce serait sa ruine ; la démonstration de l’état de son cœur. Mais, de fait, l’Époux tarderait ; et c’est ce qui est arrivé. Il importe de remarquer les relations mutuelles dans lesquelles les personnages de la parabole se trouvent. Il ne s’agit pas ici de l’Église comme épouse. Si l’on veut absolument penser à une épouse, c’est Jérusalem sur la terre. Les chrétiens sont envisagés comme des vierges sorties pour aller à la rencontre de Celui qui était l’Époux. Le résidu juif ne sort pas. Quand Jésus reviendra, il se trouvera là, sur la terre, dans les relations dans lesquelles il sera resté ici-bas. L’Époux tardait, et les vierges — les sages comme les folles — s’endormirent, n’attendant plus l’Époux. De plus, elles entrent quelque part pour dormir plus commodément. Toutefois il y en a qui ont de l’huile dans leurs vaisseaux avec leurs flambeaux ; — c’est la grâce divine qui entretient la lumière de la profession chrétienne. Elles ne sont pas surprises ; il s’agit de ceux qui font profession.

L’état moral du royaume consiste en ce que tous se sont endormis : la venue du Sauveur est oubliée de tous. À un moment imprévu, le cri se fait entendre : « Voici l’Époux ! ». Dieu réveille les âmes pour qu’elles y pensent ; mais quel témoignage rendu à l’état des chrétiens ! Ce qui aurait dû les caractériser, la chose pour laquelle, en tant qu’état vivant de l’âme du chrétien ici-bas, on avait été converti — selon qu’il est écrit : Vous avez été convertis pour attendre des cieux son Fils — avait été entièrement oubliée. On n’attendait plus le Seigneur ; et quoiqu’il y eût de l’huile dans les vaisseaux de quelques-uns, les lampes étaient négligées. C’est l’âme qui attend le Seigneur, qui veille pour être prête à Le recevoir. Leurs flambeaux ne brillaient plus convenablement. Il pouvait y avoir de la fumée et de la cendre ; la flamme n’était pas éteinte, soit ; mais il y avait peu de lumière, assez cependant pour bien manifester la négligence et le sommeil. Où était donc l’amour pour le Sauveur, lorsque tous L’oubliaient, ne s’occupant plus de Son retour ? La fidélité et l’amour envers le Sauveur faisaient également défaut.

On se demande quelquefois comment il est arrivé que ces hommes si excellents des temps passés n’eussent pas connaissance de cette vérité, ne fussent pas animés de cette espérance. La réponse est facile : les vierges sages dormaient comme les folles. L’attente du Sauveur était perdue dans l’Église. Et, remarquez-le bien, c’est le cri : « Voici l’Époux », qui réveille de leur sommeil les chrétiens assoupis. Il ne faut pas se faire d’illusions, l’état propre des chrétiens dépend de cette attente : « Vous », est-il dit, « soyez comme des hommes qui attendent leur maître ». Sans doute, la nouvelle nature que le chrétien a reçue produit essentiellement les mêmes fruits, quelles que soient les circonstances dans lesquelles elle se trouve, mais aussi le caractère se forme par l’objet qui gouverne le cœur ; et il n’y a rien qui détache du monde, comme l’attente du Sauveur ; rien qui sonde le cœur comme cette attente, pour qu’il n’y ait rien qui ne convienne à Sa présence. Rien, par conséquent, n’introduit comme elle les sentiments de Jésus dans le jugement que l’on porte sur le bien et sur le mal ; rien non plus n’entretient comme elle l’affection pour Jésus, dans les motifs qui gouvernent notre conduite. Remarquez aussi qu’en réalité c’est l’attente même du Sauveur, le fait de veiller en L’attendant, qui est en question ici ; non point le service que nous avons à accomplir pendant Son absence. Le service et la responsabilité qui s’y rattache, se trouvent dans la parabole suivante (25, 14-30).

La même distinction se reproduit dans le chapitre 12 de Luc. Au verset 37, il est dit : Bienheureux sont ces serviteurs, que « le maître, quand il viendra, trouvera veillant » ; — puis la récompense est qu’ils jouiront des bénédictions du ciel et que Jésus se ceindra pour les rendre heureux ; ensuite, verset 43, il s’agit du service à rendre pendant Son absence, et là, la récompense est l’héritage.

Revenant à Matthieu 25, 1 à 13, je pense que le fait que les autres vierges devaient s’en aller pour acheter de l’huile signifie seulement qu’il était trop tard pour avoir part avec l’Époux, et que les vierges fidèles ne pouvaient alors communiquer de la grâce. Il faut l’avoir à temps, de la source elle-même. J’ajouterai que je ne pense pas que les vierges folles fussent des âmes sauvées. L’Époux leur dit : « Je ne vous connais pas » ; — ce que Jésus ne pourrait guère dire à ceux qui seraient siens.

Dans la parabole des talents (v. 14-30), il s’agit de service. Le Seigneur s’en va et confie à Ses propres serviteurs une partie de Ses biens pour qu’ils les fassent valoir. Ce sont les dons spirituels que le Seigneur Jésus a départis à ceux qui Le suivaient lorsqu’Il s’en est allé. Il ne s’agit pas de ce que la providence nous a donné, ni de tous les hommes, mais des serviteurs de Jésus et de ce qu’Il leur a donné au moment de Son départ. Il y une certaine différence entre cette parabole et celle qui se trouve en Luc 19. Dans ce dernier passage, la même somme est donnée à chacun des serviteurs ; la responsabilité humaine y entre pour davantage dans les pensées de l’Esprit de Dieu ; aussi la récompense est-elle proportionnée à ce que l’amour a gagné. Ici, la somme est en rapport, selon la sagesse divine, avec le vase auquel elle est confiée, et chaque fidèle ouvrier est également appelé à entrer dans la joie de son maître ; il est établi sur beaucoup de choses, mais il entre dans la joie de son maître. Fidèle à Jésus selon ce qui lui avait été confié, Jésus le fait jouir de Sa joie à Lui. Le principe du travail est la confiance que l’ouvrier a dans le maître et l’intelligence spirituelle que cette confiance lui donne. Les talents ne leur avaient pas été confiés pour n’en rien faire ; dans ce cas, le maître aurait pu les garder par-devers lui. Ils comprenaient bien qu’ils leur avaient été remis afin qu’ils en trafiquassent pour le maître pendant son absence ; aussi emploient-ils ces talents — ces dons spirituels — pour le service du maître. Leur cœur le connaissait, ce maître, voulait son profit et son honneur, ne cherchait pas d’autre autorisation ni d’autre garantie pour travailler, que le fait qu’il leur avait confié ces dons, et que le zèle d’un cœur confiant par la connaissance qu’ils avaient de Lui. Ce qui manquait au troisième, c’était justement cette véritable connaissance du maître. À ses yeux, il était un homme austère. Et, remarquez-le bien, lorsqu’il n’y a pas la vraie connaissance de Dieu, tel qu’Il s’est révélé en Christ, on a toujours de Lui une idée entièrement fausse. Le cœur se trahit toujours par l’idée qu’on se fait de Dieu. L’incrédulité fait toujours du vrai Dieu une peinture qui révolte le cœur. Il lui manque la connaissance des droits de Dieu, aussi bien que de Son amour. Si Dieu était tel que l’incrédule l’imagine, et qu’il reconnût Son autorité, il aurait dû agir en conséquence ; mais lorsque Son amour est inconnu, Son autorité est méprisée. Dieu ne se révèle qu’en Christ ; ce n’est qu’en Christ qu’Il peut être réellement connu.

Ce cas du serviteur infidèle dessine encore nettement la différence entre les dons, et la grâce, et l’effet de celle-ci dans le cœur. Nous n’avons pas d’exemple pratique à ce sujet dans le Nouveau Testament ; cependant le principe est clairement constaté en 1 Corinthiens 13. Dans l’Ancien Testament, nous avons des exemples de la puissance de l’Esprit sans qu’il y ait conversion, et même bien loin de cela. C’est ce qui explique aussi Hébreux 6. Ici, la paresse et l’infidélité découlent de l’ignorance dans laquelle se trouve le serviteur touchant le caractère de son maître, ainsi que de l’idée fausse et coupable qu’il s’était faite de lui.

Remarquez, dans nos deux paraboles, un fait important qui se retrouve aussi ailleurs. Le Seigneur, dans les enseignements qui se rapportent à Sa venue, ne dit rien qui puisse donner lieu de croire qu’elle doive tarder au-delà de la vie de ceux auxquels Il s’adresse. Ainsi, les vierges qui se sont endormies sont celles qui se sont réveillées ; les serviteurs qui ont reçu les talents sont les mêmes que ceux dont le travail est estimé à la fin. Nous savons que bien des générations ont paru et disparu depuis le départ du Sauveur, mais Il ne voulait pas qu’on s’attendît d’avance à un retard. De la même manière, lorsqu’Il veut donner l’histoire de l’Église jusqu’à sa fin, l’Esprit de Dieu prend sept églises qui existaient dans ce moment-là, afin de décrire en sept époques les grands traits de cette histoire ; de sorte que, bien que nous puissions reconnaître aujourd’hui ces traits et ces époques, il n’y avait, lorsque l’Apocalypse fut écrite, rien qui annonçât d’une manière formelle une durée quelconque de l’Église sur la terre.

Une autre remarque me reste encore à faire. Ce qui est dit au verset 28 me semble énoncer un principe général. Ceux qui possèdent les privilèges chrétiens sans en jouir d’une manière vitale, sans vraiment connaître le Seigneur Jésus Lui-même, perdent tout ce qu’ils ont (c’est encore le chapitre 6 de l’épître aux Hébreux) ; tandis que ceux qui sont fidèles à la lumière qu’ils possèdent, en acquièrent davantage. Au reste, c’est l’explication donnée au verset 29. Le jugement sur le méchant serviteur s’exécute au verset 30.

Nous avons parcouru, dans ces trois paraboles, le jugement du système chrétien : de l’Église envisagée comme un système divin établi sur la terre, mais exposé aux conséquences d’être établi sur le fondement de la responsabilité humaine ; ensuite des individus qui font profession d’être chrétiens, considérés au point de vue de leur devoir d’attendre la venue du Seigneur, et relativement à leur service pendant Son absence. Au verset 31, le Seigneur reprend le fil de ce qu’Il avait déjà dit à l’égard de l’histoire de la terre et des choses qui vont arriver lors de Sa venue. Ce verset (25, 31) se rattache, ainsi que je l’ai dit, au 24, 31, avant lequel toutes les relations du résidu avec le peuple incrédule et avec les Gentils, premièrement en témoignage, puis en des souffrances sans pareilles, avaient été dépeintes, comme précédant la venue personnelle du Sauveur, qui mettra un terme à ces souffrances. Or, quand le Seigneur apparaîtra dans ces circonstances-là, ce ne sera pas seulement pour briller, puis pour disparaître comme un éclair. Il s’assiéra sur le trône de Sa gloire ; puis, lorsque Son jugement guerrier, à savoir celui qui s’exécute sur Ses adversaires, sera accompli (voir Apoc. 19, 11), le Seigneur, assis sur Son trône, jugera les Gentils du monde entier, auxquels l’évangile du royaume aura été envoyé. Cette mission se trouve annoncée au verset 14 du chapitre 24, qui termine la première partie de la prophétie de ce chapitre. Il s’agit là de l’évangile que Jésus a prêché de Son vivant, ainsi que Jean-Baptiste ; ce n’est point l’évangile de la mort et de la résurrection de Jésus, c’est-à-dire une œuvre de rédemption éternelle pleinement accomplie, mais c’est le fait solennel que le royaume allait s’établir ; c’est « l’évangile éternel ». Le Seigneur allait commencer à briser la tête du serpent par l’établissement de ce royaume, à prendre en main Sa grande puissance et à agir en Roi. — Ce témoignage doit se rendre après l’enlèvement de l’Église et avant la manifestation du Seigneur. Le témoignage rendu aux Juifs se trouve au chapitre 11 de l’Apocalypse, mais ici nous apprenons qu’il se fera entendre aussi dans le monde entier avant que la fin n’arrive.

Lors donc que le Seigneur se sera assis sur le trône de Sa gloire, Il commencera à rendre Son jugement sur les nations et à l’exécuter. La Parole mentionne deux genres de jugement : le jugement guerrier, et celui où le juge est en séance comme autorité suprême et reconnue. Ainsi, Apocalypse 19 est le jugement guerrier. Au chapitre 20 commence la séance judiciaire qui se tient lorsque la puissance du roi a établi son trône, et qu’il y sied pour juger (Apoc. 19, 11 ; 20, 4).

Quant à la destruction de la Bête et de ses armées, elle a lieu par la venue du Seigneur, qui détruit les armées et jette la Bête et le faux prophète en même temps en enfer. Alors, Il établit Son trône à Jérusalem. Ensuite Gog arrive, pensant que tout est à lui ; il trouve le Seigneur Lui-même et périt sur les montagnes d’Israël. Puis, le trône étant établi en paix, le Seigneur s’y assied pour juger les nations auxquelles, auparavant, l’évangile du royaume avait été envoyé. Les termes du jugement nous font voir qu’il ne s’agit nullement d’un jugement général, ainsi qu’on s’en fait communément l’idée. On y est jugé selon la manière dont on a accueilli les messagers de l’évangile du royaume ; c’est de cela uniquement que l’on rend ici compte au juge ; c’est sur cela seul qu’Il les interpelle. Or le plus grand nombre des païens n’ont jamais entendu de tels messagers ; ce jugement ne peut être le leur, il leur est totalement inapplicable. Au reste, au commencement de l’épître aux Romains, le jugement des nations est prononcé, leur culpabilité établie sur des principes entièrement différents, savoir, qu’ils ont renoncé à la connaissance de Dieu quand ils la possédaient ; qu’ils ont méconnu le témoignage de la création ; ensuite celui de la conscience ; enfin qu’ils se sont plongés, à la suite de cette aliénation volontaire de Dieu, dans l’idolâtrie et dans la dissolution, à qui en ferait pis. Ensuite, nous trouvons ici trois classes : les chèvres, les brebis, et les frères du Juge ; c’est-à-dire : ceux qui n’avaient pas accueilli les messagers, ceux qui les avaient accueillis, puis les messagers eux-mêmes. C’est le jugement des vivants, des nations ; un jugement final. Ils s’en vont dans la géhenne, dans le tourment éternel, tandis que les justes possèdent la vie éternelle ici, sur la terre, mais ils en jouissent avec Dieu. C’est le jugement de la vallée de Josaphat, quand l’Éternel aura rassemblé les nations et qu’il y aura des multitudes dans cette vallée de décision. Le jugement des vivants est une vérité scripturaire aussi sûrement que le jugement des morts. Non seulement cela, mais les Juifs étaient bien plus familiers, et cela selon leurs propres écritures de l’Ancien Testament, avec le jugement des vivants qu’avec le jugement des morts. Sans doute il y avait, dans l’Ancien Testament, des paroles qui avaient donné l’intelligence aux pharisiens à l’égard de ce dernier ; aussi le Seigneur les justifie-t-il sur ce point, tandis qu’Il condamne les sadducéens ; cependant ceux-ci étaient tenus pour de bons Juifs ; et le souverain sacrificateur et les siens étaient de cette secte. Personne ne mettait en question leur orthodoxie. Ils avaient tort, nous le savons ; mais quand nous voyons le passage par lequel le Seigneur les convainc, nous comprenons que des personnes qui n’avaient pas l’Esprit de Dieu pussent demeurer dans l’ignorance de la vérité à cet égard. Si l’on ne saisit pas le fait que Dieu envisage l’homme comme ayant un corps aussi bien qu’une âme, de sorte que la vie au-delà de la mort démontre aussi la résurrection, on a encore de la peine à saisir la force de la preuve alléguée par le Seigneur. Pour celui qui sait que le Seigneur est ressuscité et que nous devons Lui être conformes, la chose est simple. La mort ne touche que le corps ; si l’on subsiste après, c’est pour être homme complet. Une chose démontre l’autre. L’âme est heureuse avec Christ en attendant, mais l’homme n’est pas complet. Il vit, l’homme qui mourut ; après la mort, tous vivent pour Dieu, et ne sont morts que pour l’homme ; ce dernier état de mort doit cesser, mais il ne cessera qu’à la résurrection. En attendant, l’âme est avec le Seigneur, témoin, puisque la vie n’est pas terminée, que la mort ne doit pas retenir celui qui y est assujetti.

Maintenant les chrétiens ont de la peine à croire à un jugement sur la terre, bien qu’ils le professent dans le credo. Or la Parole de Dieu est claire là-dessus. La prophétie en parle largement. Il y a un jugement des vivants, comme il y a un jugement des morts, et ce jugement, nous l’avons ici, au moins la partie la plus formelle, celle où le Seigneur sied sur Son trône et juge personnellement les nations. Ailleurs, ils sont détruits subitement par Son apparition glorieuse, étant trouvés, ou rassemblés pour Lui faire la guerre, comme en Apocalypse 17, 14, et chapitre 19, ou environnant le camp des saints et la cité bien-aimée (et ici ils sont subitement détruits par le feu descendu du ciel), comme en Apocalypse 20, 7 à 9. Mais ici, le Seigneur, assis sur Son trône, après être déjà venu comme un éclair sur ceux qui étaient en guerre contre Lui, juge comme roi toutes les nations de la terre, selon l’accueil que chacun aura fait à Ses frères les messagers du royaume, estimant tout ce qu’on leur a fait comme ayant été fait à Lui-même personnellement. C’est là le grand principe de ce jugement ; les brebis désavouent toute prétention d’avoir eu égard au roi personnellement ; mais Il tient pour fait à Lui-même tout ce qu’ils avaient fait à Ses messagers, qu’Il reconnaissait pour Ses frères. Les chèvres, par contre, prétendent n’avoir jamais manqué envers le grand roi ; mais, d’après le même principe, l’indifférence qu’elles avaient montrée à l’égard de Ses messagers compte, dans le cœur du roi, pour indifférence envers Lui. Ainsi, c’est bien le jugement des nations, mais c’est aussi un grand encouragement pour Ses serviteurs, qu’Il enverra vers les nations ; c’est même, comme principe, un encouragement pour tous les temps. Il pense toujours aux siens comme s’ils étaient Lui-même. « Pourquoi », dit-Il à Saul, « me persécutes-tu ? ». Ceci va plus loin, il est vrai, car ceux que Saul persécutait étaient des membres de Son corps, tandis qu’Il était, Lui, dans le ciel ; les autres sont Ses frères sur la terre. Je parle de cela comme témoignage à la grande et précieuse vérité qu’Il porte toujours l’intérêt le plus profond aux siens ; intérêt qui ne fait jamais défaut et ne sommeille pas ; qui peut, sans doute, permettre l’épreuve de la persécution, s’il le faut, mais un intérêt qui, à travers tout, tient les rênes en main et reconnaît les souffrances des siens pour Son nom, comme un titre valable au bonheur du royaume qui leur sera sûrement départi dans son temps.

J’ai encore quelques remarques de détail à faire. Le Seigneur tient compte de toutes les circonstances de la vie des siens. Le grand but de la parabole est de montrer que ce qui est fait à Ses serviteurs, est fait à Lui-même ; mais Il sait qui a faim, qui est en prison, etc. Rien ne Lui échappe. De plus, il est bien entendu que les siens souffrent, non seulement maintenant, mais en tout temps pendant Son absence. Ensuite, c’est devant le Fils de l’homme que les nations sont citées pour rendre compte de leurs voies. Au reste, le Père ne juge personne, mais Il a confié tout jugement au Fils. Ici, c’est le Fils de l’homme venu et assis sur le trône de Sa gloire. Remarquez que, lorsqu’Il s’assied sur le grand trône blanc pour juger les morts (non pas les vivants, comme ici), Il ne vient pas du tout. Le ciel et la terre s’enfuient de devant Sa face. Ce n’est pas là venir. Ici, c’est quand Il vient dans Sa gloire (comparez Joël 3, 11 et suiv.) qu’Il s’assied sur le trône de Sa gloire et qu’Il rassemble les nations. Les bénis mis à Sa droite sont bénis de Son Père, mais ils ne sont pas des enfants, ni des compagnons du Juge, comme les ressuscités et les changés ; ils ne viennent pas avec Lui ; ils étaient mêlés avec les chèvres jusqu’à ce que le roi les eût séparés. Or cela n’est pas vrai des chrétiens, car les morts en Christ ressuscitent à part, puis vont à Sa rencontre avec les transmués. Ils sont ressuscités en gloire. Jésus, qui en est les prémices dans Sa résurrection à Lui, vient et transforme le corps de leur humiliation selon la ressemblance de Son corps glorieux. Leur résurrection est comme une chose tout à fait à part, et seuls les fidèles vont à la rencontre du Seigneur. Ici, Il vient sur la terre, sépare les fidèles et condamne les méchants qui ont méprisé Ses frères, en même temps qu’Il donne à ceux qui les ont reçus le royaume préparé pour eux par Son Père. Ce n’est pas le royaume du Père non plus, comme en Matthieu 13, 43 ; cependant tout découle du Père et de Ses conseils comme source et cause de la bénédiction. C’est un royaume terrestre, dont la bénédiction découle des conseils et de la bonté du Père de Celui qui était là comme Fils de l’homme — un royaume préparé pour eux non avant, mais dès la fondation du monde ; le résultat du gouvernement de Dieu ici-bas, mais selon les conseils de Dieu. Le feu dans lequel les méchants devaient être jetés, était préparé pour le diable et pour ses anges.