Chapitre 26

Or, ayant achevé ce qu’Il avait à dire quand Il avait quitté, ou plutôt abandonné Jérusalem, le Seigneur ramène l’attention et les pensées de Ses disciples à Ses souffrances et à Sa croix. Deux jours plus tard venait la fête de Pâque, et le Fils de l’homme devait être trahi pour être crucifié. Ce n’était pas la pensée des sages de ce monde, des grands et des autorités, qui trouvaient que le moment n’était guère opportun alors qu’il y aurait un tel rassemblement de gens, car ceux-ci, ayant joui en grand nombre des effets de Sa puissance et de Sa bonté, pouvaient soulever un tumulte si les autorités essayaient de se débarrasser de Lui d’une manière violente et injuste ; mais, dans les conseils de Dieu, cela devait avoir lieu à cette époque. Vrai agneau de pâque, Il devait souffrir pour nous en réalisant le type de la délivrance hors de l’Égypte, au moyen d’une rédemption bien autrement excellente. Aussi le Seigneur, dans le calme de Sa perfection, annonce-t-Il à Ses disciples ce qui allait arriver, en employant les complots des conducteurs de la nation, pour accomplir les conseils de Dieu, tandis que toutes leurs précautions étaient réduites à néant. Or l’homme était assez méchant et l’ennemi assez puissant, lorsque Dieu le permettait, pour qu’il n’y eût aucun tumulte. Le monde se montre tout entier sous la puissance de son prince, et ennemi de Dieu. En fait de tumulte, il n’y avait que ces cris : « Ôte, ôte ! crucifie-le ! ». Tout ce qui suit est ce témoignage solennel que, dans ce moment suprême, le Sauveur, victime de propitiation, agneau destiné à la boucherie, brebis muette entre les mains de celui qui la tond, ne doit trouver aucun secours, aucun refuge, aucun appui pour Son cœur, personne pour avoir compassion de Lui, bien qu’Il en cherchât. En même temps Sa perfection, Sa patience, Sa grâce, se montrent d’autant plus qu’Il est plus éprouvé.

Nous allons parcourir un peu en détail le récit de cette grâce et de cette patience : on y apprend la perfection du Sauveur, là où elle se présente de la manière la plus touchante et en même temps la plus admirable. La fin de la vie du Seigneur se distingue en ce qu’Il est envisagé à un point de vue différent, dans chaque évangile, comme aussi tout le reste de Son histoire, bien que Marc et Matthieu présentent le même portrait, avec peu de différences. Mais l’évangile de Jean nous montre la personne du Seigneur, Dieu et la parole faite chair, la vie éternelle dans ce monde ; aussi, en Gethsémané et sur la croix, ne trouve-t-on là ni souffrance, ni humiliation, mais une personne divine qui les traverse dans Sa puissance. En Luc, c’est l’homme qui, en Gethsémané, sent davantage l’épreuve comme homme, mais qui en est victorieux, de sorte que, sur la croix, l’expression de la souffrance ne se trouve pas. En Matthieu, victime de propitiation, Il ne répond rien si ce n’est pour faire une belle confession et rendre témoignage à la vérité, seul motif de Sa condamnation. L’Esprit de Dieu montre ici d’une manière positive l’abandon des hommes et même des disciples, dans lequel le Seigneur ne trouva aucune consolation pour Son cœur ; puis, finalement, l’abandon de Dieu sur la croix quand Il crie à Lui, demandant qu’Il ne se tienne pas loin lorsque les taureaux et les chiens L’environnent. En un mot, nous avons, en Jean, le Fils de Dieu toujours homme ; en Luc, l’homme ; en Matthieu, la victime de propitiation ; mais les circonstances sont d’un profond intérêt et nous voulons y toucher.