Dans ce chapitre nous trouvons l’œuvre du Seigneur, Son caractère en grâce. Au chapitre 8, c’était Sa personne (toutefois spécialement en Israël), mais rejetée. Le Seigneur retourne en Sa propre ville (Capernaüm), loin de la scène qui a clos le dernier chapitre et qui est complète en elle-même : le monde Le rejetant, et, Lui, laissant le monde.
Maintenant on Le voit de nouveau au milieu de Son service en Israël. La foi apporte un homme frappé dans son corps. Le Seigneur est encore ici comme Emmanuel, cependant un homme au milieu d’eux, tandis qu’Il se présente là avec la bénédiction promise de la présence de l’Éternel en grâce. Il ne s’agit point ici de la rédemption, quoique, certes, sans elle il ne saurait y avoir un tel pardon, mais de l’application du pardon en grâce au milieu d’Israël (comme on le voit au psaume 103), car, pour la bénédiction présente, il faut qu’Israël soit pardonné. Le Seigneur vient avec cette bénédiction, ce qui est un témoignage direct du pardon. S’il en eût été autrement, le Seigneur aurait tout simplement guéri le paralytique, comme Il l’a fait en d’autres cas. Ici l’Éternel, venant en grâce, pardonnait tous leurs péchés et guérissait toutes leurs infirmités. Le Seigneur annonce la présence de l’Éternel pour faire la première de ces choses, c’est-à-dire pour pardonner (v. 6). Les scribes murmurent en eux-mêmes. Quel autre que l’Éternel pouvait pardonner ? Mais Celui qui connaît les pensées était là et prouve par l’autre portion du même verset que le Seigneur était là dans la puissance de Sa grâce. Il guérit sur-le-champ l’infirmité du malade.
Nous pouvons remarquer qu’en cela, comme dans le chapitre précédent, Il prend le titre de Fils de l’homme, Son titre de prédilection en amour pour nous, titre d’une plus vaste portée que celui de « Christ », lequel, bien qu’Il fût le Christ, Il n’était pas venu prendre alors et qu’Il ne prend jamais en Israël. Il est là comme Emmanuel l’Éternel, pour sauver Son peuple ; mais sous le nom de Fils de l’homme, titre de toute importance. Celui qui prend le royaume en gloire depuis le ciel, qui même a toutes choses sous Ses pieds, Christ, ne se présente jamais Lui-même comme le Christ. Le Fils de l’homme devait être fort pour Dieu (Ps. 80, 17) ; toutefois, maintenant, il fallait qu’Il souffrît. Quoique au milieu de Son peuple, il faut que Dieu, lorsqu’Il est ici-bas, prenne, dans Sa nature et dans Son œuvre, Sa position en rapport avec les hommes ; une position au-delà de toute relation selon la loi, comme rejeté sur la terre. « Le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés » ; aussi la foule dit-elle que Dieu donne « un tel pouvoir aux hommes » (v. 8).
Le pardon était donc là, ainsi que la grâce pour les pécheurs. Jésus était là dans ce caractère. Il va et mange avec les publicains, après avoir appelé Matthieu qui en était un. Ce n’était pas le dehors qui dirigeait Sa marche. Dieu était là, et l’œuvre devait être l’effet de Sa présence et de Sa grâce ; elle ne dépendait point de ce qu’Il rencontrait. Il connaissait aussi le cœur et les vaisseaux à choisir pour les placer sous l’effet de cette grâce comme Ses instruments. Mais le principe de l’œuvre était le principe de Sa grâce. Il était venu, non pour trouver, mais pour apporter ce qui était nécessaire. Les vaisseaux pour recevoir cela, en vue du service, étaient des vaisseaux choisis, connus de Dieu et disposés par la grâce en instruments nouveaux et appropriés.
Il est donc là, pardonnant les péchés et mangeant avec les pécheurs, mais Il est l’Éternel qui guérit (Ps. 103, 3). Cependant la révélation, quant à l’œuvre, va plus loin. On ne pouvait enfermer celle-ci dans les vieilles formes juives, ni prendre ce qui se trouvait en elles comme des vaisseaux pour la contenir. Un publicain devait être un apôtre ; un pharisien devait apprendre qu’il fallait qu’il naquît absolument de nouveau. Aucune des vieilles formes de justice réellement en rapport avec la chair et l’homme dans la chair, ne pouvait recevoir le vin nouveau ; la doctrine de la grâce en puissance venait par Jésus Christ. Les vieilles outres appartenaient à la chair, mais ce qui était venu maintenant c’était la puissance divine en grâce ; et cette chose, complètement nouvelle, devait avoir ses propres vaisseaux. En outre, l’Époux était là : ce n’était pas, pour les fils de la chambre nuptiale, le temps de jeûner. Le temps pour cela viendrait. C’est une chose frappante de voir comment le Seigneur tient toujours Sa réjection à Lui comme partie intégrante de Son histoire. Il faut que le Fils de l’homme souffre ; que l’Époux soit ôté. C’était l’Éternel là en grâce ; cela ne pouvait s’adapter aux vieilles outres et ne faisait qu’exciter la haine de l’homme et d’Israël ; d’Israël préférant ses outres, qui lui donnaient de l’importance, à Dieu Lui-même, et à Dieu révélé en grâce.
Le récit suivant contient la véritable histoire d’Israël sur le point de mourir[2] ; Christ a affaire avec lui comme mort et Il le peut ; mais ceux qui, en chemin avec Lui, ont foi en Lui, sont guéris complètement alors que tout autre secours faisait défaut. La vertu et la puissance de la vie étaient en Lui, bien qu’en définitive Il eût à vivifier un Israël réellement mort. Telle est l’histoire du ministère du Fils de l’homme — l’Éternel en Israël. Après cela viennent deux effets accessoires de Son pouvoir quant à Son caractère spécial à l’égard d’Israël, lorsqu’un appel Lui est adressé comme au Fils de David. Toutefois (v. 27-34), le caractère général, bien que manifesté en Israël, va, dans sa nature, au-delà d’Israël — l’Éternel et le Fils de l’homme — et ceci est d’un intérêt profond ; mais Il était le Fils de David en Israël.
Au verset 27, nous entrons exclusivement sur le terrain israélite où l’esprit des chefs se manifeste pleinement, tandis que la patience du Seigneur continue encore en grâce. Les aveugles en Israël recouvrent la vue par la foi au Fils de David, et ici Il est dans la maison (v. 28), et alors Il ouvre là aussi la bouche des muets. L’attention de la multitude étant attirée, elle confesse qu’on n’avait jamais rien vu de pareil ; mais, s’Il chasse la puissance du diable, les chefs du peuple appellent Sa puissance celle du diable. L’esprit d’une impardonnable apostasie était déjà manifesté, mais Jésus n’avait pas fini Son œuvre de bonté en Israël. Il va par les villes et par les bourgades, enseignant, prêchant l’évangile du royaume, et opérant des guérisons. Son cœur était ému de compassion pour Israël, pour ces multitudes qui étaient comme des brebis sans bergers. Car, s’Il était l’Éternel dans Sa bonté, Son cœur pouvait être ému de ce qu’Il voyait comme homme, jusqu’à ce que cette bonté ne trouvât plus lieu à son exercice. Son temps, en grâce, ne trouvait pas d’obstacle dans la méchanceté de Ses ennemis ; la moisson était encore abondante, les ouvriers peu nombreux. Oh ! combien, aujourd’hui encore, le cœur peut sentir cela ! Le Seigneur veut encore accomplir Son œuvre, avoir Ses brebis. Notre part à nous est de demander au Maître de la moisson qu’Il envoie Ses ouvriers.
Nous avons vu, dans ce chapitre, la grâce de Son ministère ; son véritable caractère : le ministère de l’Éternel venu en grâce, profitable pour la foi, mais qui aboutit à ressusciter des morts, et qui, en tant que chose actuelle, est rejeté et blasphémé. Sa personne et Son œuvre n’ont pas de place ici, sauf en grâce. Pendant qu’Il peut travailler ainsi, Il continue encore à s’occuper de tous ceux qui peuvent être atteints par Sa grâce.