Écho du Témoignage:Abdias

De mipe
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Dans les prophètes, l’Esprit porte constamment Ses regards au-delà d’Israël et de Juda pour envisager les nations des Gentils. « Un envoyé », comme le dit Abdias, « a été dépêché parmi les nations » mainte et mainte fois. C’est ainsi que Nahum fut envoyé à Ninive et qu’Abdias est maintenant dirigé vers Édom.

Mais dès le commencement l’Éternel avait quelque chose contre Édom, comme de nouveau Il a des reproches à lui adresser par le moyen de Son prophète. « J’ai haï Ésaü et j’ai mis ses montagnes en désolation et son héritage pour les dragons du désert ». Ésaü était un profane. Il vendit pour un mets sa part de droit à la promesse messianique : c’était « un homme de campagne » et « un habile chasseur ». Il prospéra dans son temps ; les champs faisaient ses délices et il sut en tirer profit. Son cœur était affectionné à la vie présente, et toutes ses facultés furent employées à son plaisir et à sa satisfaction personnelle.

L’histoire d’Ésaü devait être singulière. Elle devait aussi, et cela fréquemment, être une occasion de tristesse pour le peuple de Dieu, mais l’on verra que ce fut Israël qui attira sur lui-même cette tristesse ou ces afflictions.

« Le plus grand sera asservi au moindre ». Telles furent les paroles que Dieu prononça en faveur de Jacob avant que les enfants fussent nés. Mais Jacob n’attendit pas avec la patience de la foi que le Seigneur, en Son temps, accomplît Sa promesse, c’est pourquoi la promesse fut accompagnée de difficultés et d’entraves. Sûrement elle se vérifiera à la fin, mais à cause de l’incrédulité et de l’artifice de Jacob, l’aîné inquiéta fortement le plus jeune.

En raison de cela, Ésaü obtint du Seigneur une promesse par le moyen de son père Isaac. « Ton habitation sera en la graisse de la terre et en la rosée des cieux d’en haut. Et tu vivras par ton épée, et tu seras asservi à ton frère ; mais il arrivera qu’étant devenu maître tu briseras son joug de dessus ton cou » (Gen. 27, 39, 40).

Tout cela arriva en effet. David, qui descendait de Jacob, établit plusieurs garnisons en Édom, et les Iduméens lui furent asservis et lui apportèrent des présents. Mais Joram, qui descendait aussi de Jacob, perdit plus tard les Iduméens qui cessèrent d’être ses serviteurs et ses tributaires. Ils se révoltèrent sous son règne et continuent ainsi jusqu’à ce jour (2 Sam. 8, 14 ; 2 Chron. 21, 8, 10).

Mais néanmoins, « le plus grand sera asservi au moindre ». Cette promesse est oui et amen. Amos est pour nous un témoin de cette vérité lorsqu’il dit qu’Israël possédera Édom (chap. 9). Et notre prophète, Abdias, témoigne aussi de la même vérité quand il rapporte que les libérateurs monteront en la montagne de Sion, pour juger la montagne d’Ésaü (voyez le v. 21).

De bonne heure l’Éternel avait donné la montagne de Séhir en héritage à Ésaü ; et ce qu’Il lui avait donné, Il voulait aussi le lui garantir (Deut. 2, 5). C’est pourquoi Il ne permit pas qu’Israël, durant son voyage à travers le pays d’Édom, touchât, d’une main hostile, le moindre fragment de cette possession. Mais longtemps après cela, non seulement après le voyage des enfants de Jacob, mais après les temps de David et de Joram, Édom attira sur lui-même de nouvelles difficultés, comme nous le lisons dans notre prophète. Il s’égaya au jour de la captivité de Jacob, et regarda son frère avec plaisir et malice quand il fut « livré aux étrangers ». Il se réjouit du mal arrivé à Jérusalem par l’épée des Chaldéens. Moab même aurait pu être une retraite pour les captifs de Sion (És. 16, 4), mais Édom se tenait sur le passage pour exterminer ses réchappés[1].

Pour le Seigneur cela suffit. Il a une parole à prononcer contre Édom à cause de cela, et Il le fait par la bouche d’Abdias. Le sujet de l’indignation de Dieu contre les Gentils, c’est qu’au jour où Il dut châtier Son peuple, les nations intervinrent pour aider au mal. Nous lisons cela en Zacharie 1, 15. Combien plus devons-nous nous attendre à trouver l’Éternel indigné contre Édom, le frère de Jacob, pour avoir vu, avec joie, le jour de sa calamité !

Et l’Éternel des armées est ému pour Jérusalem, d’une fort grande jalousie, car Sion est Son siège sur la terre ; Il a lié Son nom à celui d’Israël. « Israël est le lot de son héritage ». Il est « le Dieu d’Israël ». C’est pourquoi, mépriser ce peuple c’est ne faire aucun cas de Sa gloire ou défier Sa puissance. Babylone et Édom peuvent donc bien être considérés ensemble, comme cela a lieu dans le psaume 137. Édom se réjouit de la ruine que Babylone a produite. Nimrod et Ésaü sont tous deux reconnus comme des chasseurs devant Dieu ; l’un défiant avec hardiesse le Dieu de jugement, l’autre méprisant avec impiété le Dieu de bénédiction. Babylone ne fut jamais relevée et Édom non plus. Babylone va être foulée et la montagne de Séhir réduite « en désolations éternelles » (Jér. 51 ; Éz. 35). Nimrod, sorti des reins de Cham, et Ésaü, le circoncis, descendant d’Abraham, selon la chair, sont tous deux plongés dans le même abîme.

Sûrement nous pouvons répéter que s’emparer ainsi d’Israël ou mépriser et haïr Sion, sont des faits pleins de hardiesse qui, soit qu’ils aient été accomplis par l’Assyrie, par Babylone, par Édom ou tout autre, parlent hautement de dédain et de mépris envers Dieu Lui-même, parce que Dieu était avec Israël, comme l’exprime Ézéchiel : « l’Éternel était là » (voyez 35, 10). Et les ennemis d’Israël auraient dû sentir la réalité de ce fait. Même eussent-ils été employés par le Seigneur comme une verge pour châtier Son peuple, ils auraient dû remplir leur mandat dans la conscience de ce qu’était ou de ce qu’avait été Israël, précisément dans le même esprit dont étaient animés les mariniers et le maître du vaisseau, lorsqu’ils jetèrent Jonas dans la mer. Mais il n’en fut point ainsi. L’Assyrien dit aussitôt : « Ne ferai-je pas aussi à Jérusalem et à ses dieux, comme j’ai fait à Samarie et à ses idoles ? ». Le Chaldéen avait emporté « les vaisseaux de la maison de Dieu dans la trésorerie de son dieu ». Et maintenant l’Iduméen était entré dans la porte du peuple de Dieu au jour de sa calamité. Assurément dans toutes ces choses on retrouve le même esprit qui animait l’Égypte apostate, lorsque, dans les premiers jours, elle parla ainsi : « Qui est l’Éternel, pour que j’obéisse à sa voix et que je laisse aller son peuple ? ».

C’est ainsi que les choses sont allées et qu’elles iront encore, comme nous l’apprenons par le jugement du Fils de l’homme, lorsqu’Il est assis sur le trône de Sa gloire : « En tant que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, vous ne me les avez pas faites non plus » (Matt. 25, 45).

Tous les prophètes qui ont parlé d’Édom sont d’accord pour dépeindre le caractère de ce peuple ; ils ont découvert en lui les mêmes causes du déplaisir de Dieu. Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Joël, Amos, Abdias et le psalmiste ont une même charge contre Édom. L’impiété, l’orgueil et une inimitié immortelle contre Israël, telles sont les marques distinctives d’Édom, les taches qui signalent Ésaü. La haine contre Israël se retrace dans l’histoire comme dans les prophètes (voyez 2 Chron. 28, 17). Le monde était la portion d’Ésaü, tandis qu’Israël était encore étranger et voyageur. Ses enfants possédaient leurs duchés et leurs cités, et ils étaient rois ; ils habitaient dans les fentes des rochers où les aigles ont leurs nids, tandis que les enfants de Jacob étaient encore sans demeures, errants dans des pays qui ne leur appartenaient point, ou dans des déserts arides.

Conformément à tout le caractère moral que leur attribue l’Écriture, les Iduméens sont appelés le peuple que Dieu a maudit (És. 34) et « le peuple contre lequel l’Éternel est indigné à toujours » (Mal. 1). S’adressant à Édom, le Seigneur dit encore : « Quand toute la terre se réjouira je te réduirai en désolation » (Éz. 35, 14).

Je ferai observer qu’Amalek descendait d’Ésaü ; et nous savons quelle place Amalek occupe dans les pages inspirées. Agag était Amalékite et Haman Agaguite ; il en était de même de Doëg. Il était Iduméen, et c’est ainsi qu’il est toujours appelé ; sûrement c’était un vrai Iduméen, homme de sang. Et quand le Seigneur se lève pour venger Israël et pour juger la controverse de Son peuple, c’est le pays d’Édom que les prophètes nous présentent comme étant la scène de ce solennel événement, le rendez-vous des nations confédérées contre le Seigneur, le lieu où Il les rencontre en jugement (És. 63).

Nous pouvons, je crois, remarquer dans toute l’Écriture que Dieu a quelque chose de particulier à traiter avec ce peuple. Édom était uni à Israël par les liens du sang. Israël, dans son voyage à travers le désert, avait épargné Édom, d’après le commandement spécial du Seigneur. Les droits de Dieu et aussi ceux d’Israël sur Édom, sont tout particuliers et il me semble que ce peuple est traité comme un serviteur qui a mérité plusieurs coups, ayant connu la volonté de son seigneur et ne l’ayant pas faite.

Mais, quelque courte que soit la prophétie prononcée par Abdias, elle ne se termine pas sans qu’il soit fait allusion au royaume qui doit être introduit après le jugement. Et c’est ce qui a lieu chez tous les prophètes. La résurrection vient après la mort, et le royaume et ses gloires succèdent au jugement. Jésus, notre Seigneur, ne parle jamais de Sa mort seulement, mais aussi de Sa résurrection qui suivit. Ses prophètes qui parlèrent par Son Esprit, ne disent rien des jugements qui doivent purifier la terre, sans parler de la gloire qui apparaîtra ensuite. Fidèle à ce principe, Abdias, comme nous le voyons à la fin, raconte que Sion sera établie et qu’elle deviendra le sujet de l’admiration. Son roi, le roi de gloire, habitera en elle quand Édom sera réduit en désolation. Quand la montagne d’Ésaü aura été jugée, le salut brillera sur la montagne de Sion et la sainteté y trouvera son sanctuaire.



  1. Aucun temps n’est assigné à cette prophétie, mais elle doit avoir été prononcée entre la destruction de Jérusalem et celle du pays d’Édom par les Chaldéens, l’épée de Dieu en ce jour-là.