Livre:Études sur la Parole — Habakuk

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destinées à aider le chrétien dans la lecture du saint LivreJ.N. Darby

Que le développement des voies de Dieu, dans la Parole, est divin et parfait ! On y trouve non seulement les grands faits qui constatent Son gouvernement et le caractère de ce gouvernement, les preuves de Sa fidélité envers Son peuple et l’appréciation du mal qui a amené son jugement, mais aussi la réponse à tous les sentiments que la série d’événements par lesquels Il les châtie, peut faire naître, le soulagement de l’angoisse que doit produire dans le cœur des fidèles l’affliction du peuple bien-aimé de Dieu, en même temps que l’exercice profitable de sa foi. D’un côté, les voies parfaites de Dieu sont déployées, et de l’autre, le cœur est formé à l’intelligence de ces voies et à la jouissance du plein effet de la fidélité d’un Dieu d’amour ; tandis que, en attendant cet effet, la confiance en Dieu Lui-même est établie et les liens du cœur avec Lui, abondamment fortifiés.

C’est de cette dernière partie, de ce développement de la foi et des affections spirituelles au milieu de l’épreuve, que traite la prophétie d’Habakuk. Elle parle de l’exercice du cœur de celui qui, rempli de l’Esprit, est affectionné au peuple de Dieu. Toujours est-il que c’est Israël qui est en scène.

Premièrement, le prophète se plaint de ce que le mal qui existe au milieu du peuple est insupportable. C’est l’effet naturel de l’œuvre de l’Esprit de Dieu agissant dans un cœur jaloux pour Sa gloire et détestant le mal. Le cœur du prophète formé à l’école de la loi, parle peut-être du mal selon l’esprit de la loi. L’Esprit de Dieu ne le fait pas sortir de cette position, qui était celle du prophète devant Dieu, et il juge le mal saintement, selon les sentiments d’un cœur fidèle aux bénédictions de l’Éternel.

Là-dessus, l’Éternel lui fait voir le jugement terrible par lequel Il veut châtier le peuple, à cause du mal auquel il se laissait aller. Il susciterait les Chaldéens contre eux, ces types d’orgueil et d’énergie qui, réussissant dans toutes leurs entreprises, ne cherchaient leur gloire que dans l’opinion qu’ils avaient d’eux-mêmes. Leur chef, abandonnant le vrai Dieu qui leur avait donné leur force, adorerait son[1] Dieu à lui. Mais tout ceci réveille, chez le prophète, un sentiment opposé à ce qu’il avait éprouvé auparavant. Son Dieu était renié ici par l’instrument de Sa vengeance, et le peuple bien-aimé était foulé aux pieds de celui qui était plus méchant que lui. Mais la foi sait que son Dieu, le vrai Dieu, est le seul et unique Seigneur[2], et au moins reconnaît (c’est déjà une profonde consolation, assurant le cœur de son salut) que l’Éternel a établi ces méchants en puissance pour le châtiment de Son peuple. Mais doivent-ils toujours remplir leur filet avec des hommes comme si c’étaient des poissons ?

Là, le prophète s’arrête pour que Dieu, en Son temps, lui explique les voies qui agitent son cœur. Il est là attentif et veille comme une sentinelle, pour avoir la réponse de son Dieu qui calme l’anxiété de son cœur. Dieu, pour consoler le prophète et tout Son peuple fidèle, veut qu’il écrive la réponse clairement, pour que tout en courant on puisse la lire. Il tient compte des affections de Son peuple ; Il les apprécie, car elles sont données, en effet, selon Son cœur par l’Esprit. Il veut même avant la délivrance consoler le cœur peiné par les sentiments que la foi même faisait naître ; si la foi les produisait, la réponse à cette foi ne manquerait pas. La délivrance ne viendrait pas encore ; la vision était pour un temps déterminé ; mais certainement la délivrance de Dieu arriverait. Dieu qui tenait compte de la foi, interviendrait Lui-même. Si la délivrance tardait, le fidèle devait l’attendre. Elle viendrait assurément et ne tarderait pas. Pour le cœur de l’homme, cela tardait ; la patience devait avoir son œuvre parfaite ; celle de Dieu avait été longue et parfaite. Le temps de la délivrance ne tarderait pas un instant après le moment ordonné dans Sa sagesse.

Dieu avait jugé l’esprit d’orgueil, dont les effets accablaient le cœur du prophète. L’oppresseur n’était pas droit, mais la portion du juste était de vivre par la foi, et par la foi il vivrait. On aurait voulu une délivrance du peuple, qui, pour ainsi dire, n’exigeât pas cette foi ; mais Dieu voulait cet exercice de cœur. Le juste devait y passer et apprendre à s’appuyer sur l’Éternel, à compter sur Lui à travers tout, à connaître ce qu’Il était Lui-même, quoi qu’il en fût.

Cependant, si Dieu permettait que Son peuple fût écrasé par l’injustice et l’oppression, à cause de ses péchés, la conduite de l’oppresseur criait à Lui et appelait le jugement sur sa tête. Malheur à lui, car en dehors même des relations de Dieu avec Son peuple, Il est Celui qui juge la terre et la délivre de l’oppresseur et du méchant. Son image taillée ne lui profiterait de rien. Que pouvait la pierre muette pour celui qui l’avait placée là ? Mais l’Éternel était dans le lieu saint, dans Son temple ; toute la terre devait se taire devant Lui. Elle serait remplie de la connaissance de Sa gloire, comme le fond de la mer des eaux qui le couvrent. Le peuple du monde travaillerait de par l’Éternel comme dans le feu ; en pure perte, car Il remplirait le monde de Sa connaissance.

Cette réponse fait sentir au cœur du prophète la solennelle présence de Dieu, l’engageant à chercher un réveil du travail de Dieu en grâce au milieu de Son peuple ; elle le renvoie à l’ancienne faveur de Dieu et lui rappelle toute la gloire de l’Éternel, lorsqu’Il a paru pour Son peuple au commencement, lorsqu’Il est sorti de Son lieu et qu’Il a renversé tous les obstacles, pour établir Son peuple dans la bénédiction.

À cette pensée de Sa puissance le prophète tremble, mais dans la conscience que c’est la source d’un repos parfait et assuré au jour de la détresse, lorsque le dévastateur monterait et envahirait le peuple.

Il termine sa prophétie avec le beau résultat de toutes ces précieuses leçons, savoir, l’expression d’une parfaite confiance dans l’Éternel. Il se réjouirait et s’égayerait en Lui, si toute bénédiction venait à manquer. L’Éternel Lui-même était sa force, sa joie et son soutien ; aussi, Il le mettrait sur les hauts lieux de Sa bénédiction, en lui donnant comme des pieds de biche pour y monter par Sa faveur.

Rien de plus beau que ce développement des pensées de l’Esprit de Dieu, ses tristesses, ses inquiétudes, la réponse de Dieu pour donner de l’intelligence et affermir la foi, afin que le cœur soit parfaitement en rapport avec Lui.

On remarquera qu’ici c’est l’oppresseur idolâtre qui est particulièrement en scène, quoique la première invasion soit signalée, car c’est là ce qui donne surtout de l’angoisse au cœur. C’est pourquoi les Chaldéens sont distinctement nommés ; ce sont eux, nous le savons, qui ont réduit en captivité le peuple de Dieu. En somme, dans ce prophète, nous avons la réponse de Dieu qui explique Ses voies à la foi, et la certitude de Sa fidélité à Ses promesses. Le cœur fidèle qui aime le peuple de Dieu, parce qu’il est à Lui, y trouve sa consolation, en même temps qu’il est affligé de la méchanceté qui se trouve parmi eux, parce qu’ils sont à Lui, et encore plus du jugement qui tombe sur eux. Dieu connaît l’oppresseur, mais le juste vivra par sa foi.



  1. Juste effet de l’orgueil, auteur, à son insu, de la faiblesse. L’homme ne peut pas se soutenir lui-même, et l’orgueil, qui ne veut pas le vrai Dieu, doit en faire un autre, ou adopter ce que ses pères ont fait, car l’orgueil ne peut pas se tenir dans la présence du Dieu suprême. L’homme se fait un dieu, c’est bien encore de l’orgueil ; mais il ne peut s’en passer, et le cœur naturel est, après tout, l’esclave de ce dont il ne peut se passer.
  2. Pour Habakuk, il était certainement l’Éternel ; à nous, le Père s’est révélé dans le Fils, et ainsi nous avons un seul Seigneur, Jésus Christ.