Livre:Études sur la Parole — Proverbes

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destinées à aider le chrétien dans la lecture du saint LivreJ.N. Darby

Le livre des Proverbes nous fournit l’application aux détails de la vie, dans ce monde de confusion et de mal, de la sagesse qui a créé les cieux et la terre. Cette pensée fait ressortir la grande grâce qui s’y déploie. Dieu daigne appliquer Sa sagesse aux circonstances de notre vie pratique, et nous montrer, avec Sa propre intelligence, les conséquences de toutes les voies dans lesquelles l’homme peut marcher. Car souvent les vérités du livre des Proverbes sont présentées, non sous forme de préceptes, mais pour donner la connaissance. C’est une grande grâce que d’être pourvu d’un livre qui, dans le labyrinthe de ce monde où un faux pas peut amener des résultats si amers, nous montre le chemin de la prudence et de la vie, et cela en rapport avec une sagesse qui vient de Dieu.

Il est bon de se souvenir que le livre des Proverbes s’occupe de ce monde et du gouvernement de Dieu, selon lequel l’homme moissonne ce qu’il a semé. Ceci reste toujours vrai, quelle que soit la grâce souveraine qui nous accorde des choses en dehors de ce monde et infiniment supérieures à ce monde.

Salomon a été rempli d’une sagesse d’en haut, mais cette sagesse s’exerçait dans ce monde, c’est-à-dire qu’elle y appliquait la manière de voir de Dieu, en discernant la vérité de toutes les choses qui s’y déployaient jour par jour. Nous avons ici les voies de Dieu, le chemin divin pour la conduite humaine, le discernement de ce que le cœur de l’homme produit et de ce qui en est la conséquence, ainsi que le moyen — pour l’homme soumis à la Parole — d’éviter le chemin de sa volonté propre et de la folie de son propre cœur (qui est incapable de comprendre la portée d’une foule d’actes qu’il lui suggère) et cela, non pas en le ramenant à la perfection morale — car le livre des Proverbes n’a pas pour but de la développer — mais à cette sagesse et à cette prudence qui le rendent capable d’éviter bien des écarts et de conserver une marche sérieuse devant Dieu et une soumission habituelle à Ses pensées. Les préceptes de ce livre établissent le bonheur pratique dans ce monde par le maintien, dans leur intégrité selon Dieu, des relations qui subsistent sur la terre. Or ce n’est pas la prudence et la sagacité humaines qui sont recommandées ; ce dont il est question ici, c’est la crainte de l’Éternel[1], qui est le commencement de la sagesse.

Ce livre a deux parties très distinctes :

Les neuf premiers chapitres qui donnent des principes généraux ; et les proverbes proprement dits, ou aphorismes moraux, ou sentences indiquant le chemin où l’homme sage doit marcher. Il y a aussi, à la fin du livre, un recueil de ces derniers, fait par Ézéchias.

Examinons la première partie. Un grand principe y est posé d’emblée. La crainte de l’Éternel, d’un côté, et, de l’autre, cette folie de la volonté qui méprise la sagesse et l’instruction qui la brident. Car, outre la connaissance du bien et du mal à l’égard duquel la crainte de l’Éternel opérera, il y a cet exercice de l’autorité dans l’ordre que Dieu a créé qui est un frein à la volonté (cette origine de tout désordre), comme ce qui est confié aux parents et à ceux qui sont dans leur position. Et l’Esprit insiste soigneusement sur ces choses, comme étant la base du bonheur et de l’ordre moral dans le monde, en contraste avec l’indépendance. Ce n’est pas seulement l’autorité de Dieu donnant des préceptes, ni même exposant la conséquence des actions, mais c’est l’ordre qu’Il a institué dans les relations qu’Il a établies au milieu des hommes, surtout celles qui se rapportent aux parents. Se soumettre aux parents, c’est réellement reconnaître l’ordre institué de Dieu. C’est le premier commandement avec promesse.

Le péché ou l’activité de la volonté de l’homme se produit sous deux formes : la violence et la corruption. C’est ce qui a eu lieu au temps du déluge. La terre était corrompue devant Dieu, et elle était remplie de violence. Satan est menteur et meurtrier. Les désirs corrompus sont même, dans l’homme, une source plus abondante de mal.

Au chapitre premier, la violence est signalée comme la violation des obligations auxquelles nous sommes assujettis par la volonté de Dieu. Or, la sagesse crie haut pour faire entendre sa voix, en proclamant le jugement de ceux qui méprisent ses voies.

Chapitre 2. — La soumission du cœur aux paroles de la sagesse et l’ardente recherche de cette sagesse, ont pour effet la connaissance de la crainte de l’Éternel, et la connaissance de Dieu Lui-même. Celui qui s’applique à ces choses sera gardé : non seulement il n’aura pas de part avec le méchant, mais il sera gardé de la femme trompeuse — de la corruption. Le jugement de la terre et la prospérité du juste sont annoncés.

Ce dernier principe étant posé, le chapitre 3 fait voir que ce ne sont ni la sagacité humaine, ni la prudence de l’homme, qui donnent la sagesse dont il est question. Ce n’est pas non plus le désir ardent de la prospérité et du bonheur, désir qui se manifeste dans des voies détournées : mais c’est la crainte de l’Éternel et la soumission à Sa Parole, qui seules nous donnent le fil conducteur nécessaire pour traverser en sûreté un monde méchant qu’Il gouverne.

Le chapitre 4 insiste sur la nécessité de poursuivre à tout prix la sagesse. C’est le chemin qui aura sa récompense assurée. L’Esprit exhorte à éviter toute association qui entraînerait dans un sens contraire et dans la ruine, ajoutant qu’il faut veiller sur son cœur, sur ses lèvres et sur ses pieds.

Le chapitre 5 revient en détail sur la corruption du cœur qui porte un homme à abandonner pour une autre la femme de sa jeunesse ; ce qui démoralise l’homme tout entier. Or, les yeux de l’Éternel sont sur les voies de l’homme.

Chapitre 6. — La sagesse ne se rend pas responsable pour autrui. Elle n’est ni paresseuse, ni violente, ni trompeuse. La femme étrangère doit être évitée comme le feu. Il n’y a pas de réparation pour l’adultère.

Chapitre 7. — La maison de la femme étrangère est le chemin du sépulcre. Se brider soi-même, être ferme pour résister aux séductions, en regardant à l’Éternel et en écoutant les paroles du sage, voilà les principes de la vie donnés dans ces chapitres.

Chapitre 8. — La sagesse de Dieu est active. Elle crie, elle appelle les hommes à elle. Trois principes la distinguent : la discrétion ou la juste considération des circonstances, au lieu de se laisser aller à sa volonté ; la haine du mal qui manifeste la crainte de l’Éternel ; et la haine de l’arrogance et de l’hypocrisie dans l’homme. C’est par la sagesse que les rois et les princes dominent ; c’est en elle que sont la force, le conseil, le savoir-faire et les biens permanents. Mais encore l’Éternel Lui-même a agi avec le parfait discernement qu’Il a des justes relations des choses entre elles ; c’est-à-dire qu’Il les a créées selon la perfection de Ses propres pensées. Mais ceci nous conduit plus loin, car Christ est la sagesse de Dieu. Il est le centre de toutes les relations selon les perfections de Dieu, et Il est en Lui-même l’objet des délices éternelles de Dieu. La sagesse éternelle de Dieu se révèle et se déploie en Lui. Mais ce n’est pas le seul chaînon. Si Christ, comme centre et comme plénitude de toute sagesse, a été l’objet des délices de Dieu le Père, les hommes, ainsi que les parties habitables de la terre de l’Éternel, ont fait les délices du Christ. C’est en rapport avec les hommes, que Christ est envisagé comme réunissant et déployant en Lui-même tous les traits de la sagesse et des conseils de Dieu. La vie qui était en Lui était la lumière des hommes. Christ est donc l’objet des délices de Dieu le Père. Christ a toujours trouvé Sa joie en Dieu le Père, et Ses délices dans les enfants des hommes[2] et dans la terre habitée par les hommes. C’est là, par conséquent, que cette sagesse doit se déployer : c’est là que la perfection des voies de Dieu doit se manifester ; c’est là que la sagesse divine doit être le guide de la conduite d’un être soumis à Sa direction. Or, c’est en Christ, la sagesse de Dieu, que cela se trouve. Quiconque L’écoute trouve la vie. Remarquez ici que tout importante que soit cette révélation du déploiement de la sagesse de Dieu en rapport avec les hommes, la nouvelle place de l’homme en Christ, ni l’Assemblée, ne s’y trouvent. Elle est appelée à se retirer de ce présent siècle mauvais pour être à Jésus dans le ciel. De fait, Christ ne peut pas encore se réjouir dans les enfants des hommes, si nous tenons compte de leur état. Cela s’accomplira pleinement quand Il prendra possession de la terre, ce sera le règne de mille ans. En attendant, Il invite les hommes à écouter Sa voix. Le principe d’un chemin à suivre en écoutant la sagesse, est de la plus grande importance et de la plus haute portée dans ce monde. Il y a un chemin de Dieu dans lequel on Le connaît, et il n’y en a qu’un. Si l’on n’y marche pas, on en portera la conséquence, même si l’on aime réellement le Seigneur.

Chapitre 9. — En effet, la sagesse a fait plus que cela. Elle a formé un système, établi une maison qui lui appartient, soutenue par la perfection d’une solidité bien réglée et bien coordonnée. Elle est fournie de viande et de breuvage, la table y est dressée, et la sagesse invite, de la manière la plus ouverte, les simples à y venir et à y participer, et cela en leur montrant le chemin droit où se trouve la vie. Il y a une autre femme ; mais, avant d’en parler, l’Esprit fait voir que l’instruction est perdue pour le moqueur ; il ne fera que haïr celui qui le reprend. La sagesse est sage, même dans ses relations avec ses ennemis. Pour le sage et pour le juste, il y a progrès ; mais le commencement, c’est la crainte de l’Éternel. C’est le principe fondamental de la sagesse.

L’esprit moqueur, toutefois, n’est pas le seul caractère du mal. Il y a la femme folle. En elle, ce n’est pas l’activité de l’amour qui cherche le bien de ceux qui ne connaissent pas le bien. Elle est bruyante ; assise à l’entrée de sa maison, dans les lieux élevés, elle cherche à détourner ceux qui vont droit leur chemin et à attirer dans le sentier de la ruse et du péché les hommes dépourvus de sens qui ne savent pas que ses conviés sont les victimes de la mort. Voilà les instructions générales que, sous forme d’avertissements, la sagesse prévenante de Dieu nous donne.

Au chapitre 10, commencent les détails qui indiquent à celui qui y prête l’oreille, comment on peut éviter les pièges où le simple pourrait tomber, la marche à suivre en bien des circonstances, et les conséquences des actions des hommes ; en un mot, ce qui, en détail, caractérise la sagesse, ce qui peut être prudence pour l’homme et discrétion divine pour les enfants de Dieu, et aussi, le fruit du gouvernement de Dieu, quelles que puissent être pour un temps les apparences. Il est bon de remarquer qu’il ne s’agit ni de rachat, ni de propitiation dans ce livre ; mais qu’il propose une marche conforme à la sagesse du gouvernement de Dieu.

Dans ce dernier chapitre, nous avons le caractère du roi selon la sagesse, et celui de la femme dans sa maison. Le roi ne se permet pas ce qui, en obscurcissant son discernement moral par l’indulgence envers ses convoitises, le rendrait impropre à gouverner. Dans la femme, on trouve ces soins suivis et dévoués qui garnissent la maison de biens et en rendent les habitants honorables, et qui ôtent tous les soucis et toutes les inquiétudes qu’enfante la paresse. L’application typique de ces deux spécialités de sagesse se dessine assez nettement pour ne pas exiger d’explication. Quant à l’esprit de la chose, l’exemple de la femme est d’une grande utilité pour celui qui travaille dans l’Assemblée.

Quoique ce livre ne traite que d’une application à ce monde de cette sagesse que donne la crainte de l’Éternel, il est par là même d’une grande utilité pour le chrétien qui, en vue de ses privilèges célestes, pourrait plus ou moins oublier le gouvernement continuel de Dieu. Il est très important que le chrétien se souvienne de la crainte du Seigneur et de l’effet de la présence de Dieu sur les détails de sa conduite. Et je répète ce que j’ai dit en commençant, que c’est une grande grâce que celle qui daigne appliquer la sagesse divine à tous les détails de la vie de l’homme, au milieu de la confusion que le péché a produite. Occupé des choses célestes, le chrétien est moins en mesure, par ses propres expériences, de trouver le fil qui peut le guider à travers le labyrinthe du mal par lequel il passe. Dieu a pensé à cela, et Il a posé ce premier principe : « Sages quant au bien, et simples quant au mal ». Ainsi le chrétien peut ignorer le mal (pour un mondain, ce serait peut-être y tomber) et, en même temps, l’éviter par la connaissance qu’il a du bien, et que la sagesse de Dieu lui donne ; le gouvernement de Dieu pourvoit à tout le reste. Or, dans les Proverbes, nous avons ces choses en principe et en détail.

Je ne me suis pas arrêté sur le caractère figuré des formes du mal. Ce sont plutôt des principes que des figures : mais l’homme violent, à la fin des temps, se retrouve constamment dans les Psaumes, et Babylone est le plein accomplissement de la femme qui prend les simples dans son filet et les conduit à la mort, tandis que Christ est la sagesse parfaite de Dieu qui mène à la vie. Mais c’est du cœur de l’homme que sortent en tout temps, depuis la chute, ces deux choses qui manifestent le mal : la corruption et la violence. Seulement nous avons vu qu’il y a un développement actif des ruses de la méchante femme, qui a sa maison et son arrangement à elle. Ce n’est pas simplement le principe de la corruption, c’est un système organisé, ainsi que la souveraine sagesse a le sien.



  1. J’ai laissé ici « l’Éternel », comme une expression d’application générale, mais Jéhovah est toujours Son nom en Israël, et Son nom gouvernemental, sauf dans quelques cas où l’on trouve Adonaï (Éternel, dans son emploi propre appellatif). Mais il faut remarquer que Jéhovah est employé dans les Proverbes, parce que l’instruction y est donnée avec autorité dans une relation connue : il n’a jamais cet emploi en Ecclésiaste, où c’est Dieu en contraste avec l’homme, ayant sa propre expérience comme tel sur la terre. « Dieu », d’une manière abstraite, ne se trouve qu’une fois dans les Proverbes (25, 2). Nous avons « son Dieu », au chapitre 2, 17.
  2. Ainsi Il devint un homme, et le témoignage désintéressé des anges à Sa naissance, c’est : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! ». L’homme ne se souciait pas de Lui, alors la relation spéciale de Sa place comme homme ressuscité auprès de Dieu, « Mon Père et votre Père… mon Dieu et votre Dieu », et celle de l’Assemblée, furent formées, mais Ses délices étaient dans cette race ; pour le moment il y avait la division et non la paix sur la terre, mais après le millénium le tabernacle de Dieu sera avec les hommes ; là où nous avons et la relation spéciale et la bénédiction générale.