Livre:Études sur la Parole — Généralités sur le Nouveau Testament

De mipe
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destinées à aider le chrétien dans la lecture du Saint LivreJ.N. Darby

Avant-propos

C’est avec une certaine crainte que j’aborde la partie des Études qui se rapporte au Nouveau Testament, quelle que soit la bénédiction qui puisse accompagner ce travail. La concentration et en même temps le développement de la lumière divine dans ce précieux don de Dieu ; l’immense portée des vérités qui s’y trouvent renfermées ; la variété infinie des aspects et des applications vraies d’un seul et même passage, et la variété des rapports de ce même passage avec tout le cercle des vérités divines ; l’importance immense aussi de ces vérités considérées soit en elles-mêmes, soit à l’égard de la gloire de Dieu, soit en rapport avec les besoins de l’homme ; enfin la manière dont elles révèlent Dieu et répondent à ces besoins… ; toutes ces considérations que je ne sais exprimer que bien imparfaitement, concourent ensemble à faire reculer une personne humble devant la prétention de donner une idée vraie, et (même en principe) adéquate de l’intention du Saint Esprit dans les livres du Nouveau Testament. Et plus la vérité elle-même est révélée, plus la vraie lumière luit ; plus l’homme sent son incapacité d’en parler, plus il a peur d’obscurcir ce qui est parfait… De même, plus la vérité à laquelle nous avons affaire est pure (et ici c’est la vérité elle-même), plus il nous est difficile de nous en occuper pour l’exposer aux autres, sans en altérer en quelque sorte la pureté ; et cette altération devient d’autant plus funeste. En méditant tel ou tel passage, nous pouvons, pour le profit d’autrui, communiquer la mesure de lumière qui nous est accordée ; mais si quelqu’un se propose de donner une idée de l’ensemble du Nouveau Testament, toute la perfection de la vérité elle-même et l’universalité de l’intention de Dieu dans la révélation qu’Il en a faite, se présentent à l’esprit ; et on tremble à la pensée qu’on entreprend de donner de cette intention une idée vraie et générale, si elle n’est pas complète, ce que certainement aucun chrétien ne prétendra faire.

L’interprétation de l’Ancien Testament peut paraître à quelques personnes plus difficile que celle du Nouveau Testament, et il se peut que cela soit vrai de passages isolés ; mais quoique les écrivains de l’Ancien Testament révèlent les pensées de Dieu qu’Il leur avait communiquées (et l’on peut admirer la sagesse qui se développe dans cette partie des Écritures), Dieu Lui-même reste toujours caché derrière le voile. On peut méconnaître le sens d’une expression, ou ne pas le remarquer ; on y perd sans doute, car Dieu a parlé ; mais dans le Nouveau Testament on trouve Dieu Lui-même, doux, débonnaire, humain : dans les évangiles, Dieu sur la terre ; Dieu éclairant par une lumière divine, dans les communications subséquentes de l’Esprit. C’est cependant Dieu Lui-même qui se manifeste. Mais s’Il nous donne ainsi dans le Nouveau Testament plus de lumière pour nous guider et pour Le connaître Lui-même, il n’en est que plus sérieux de mal interpréter ces communications vivantes, ou de déguiser par nos propres pensées ce qui est la vérité même. Car il faut se souvenir que Christ est la vérité ; Il est la Parole ; c’est Dieu qui parle dans la personne du Fils qui, étant un vrai homme, manifeste aussi le Père.

En fait d’exégèse même, la vérité, la lumière, la vie éternelle se trouvant dans ce qui est révélé dans le Nouveau Testament, on peut envisager celui-ci sous tant d’aspects que la difficulté pratique est beaucoup plus grande. On peut, en effet, considérer cette vérité dans sa valeur intrinsèque et essentielle ; on peut la considérer comme la manifestation de la nature éternelle de Dieu ; on peut la considérer dans sa manifestation en vue de la gloire du Fils ; on peut examiner aussi ses rapports et ses contrastes avec les communications partielles de l’Ancien Testament qu’elle accomplit et éclipse par son propre éclat, avec l’économie du gouvernement terrestre de Dieu, lequel elle met de côté pour introduire ce qui est éternel et céleste. Enfin, on peut considérer cette vérité dans ses rapports avec l’homme, car « la vie était la lumière des hommes », Dieu ayant voulu se manifester et se glorifier dans l’homme, se faire connaître à lui et l’établir comme moyen de se révéler Lui-même à Ses autres créatures intelligentes. Sur chaque passage du Nouveau Testament il y aurait ainsi quelque chose à dire sous tous ces différents rapports, car la vérité est une, comme elle est de Dieu ; mais elle luit sur toutes choses et en montre le vrai caractère.

Malgré toutes ces difficultés, deux choses cependant me rassurent ; nous avons à faire à un Dieu de bonté parfaite, qui nous a donné ces merveilleuses communications pour que nous en profitions ; et en second lieu, quoique la source de la vérité soit infinie et parfaite, quoique ces révélations découlent de la plénitude de la vérité de Dieu, et que la communication en soit parfaite selon la perfection de Celui qui nous l’a donnée ; néanmoins cette communication est faite par le moyen de divers instruments, en eux-mêmes d’une capacité limitée, employés de Dieu pour en communiquer telle ou telle partie. Cette eau vive et pure n’a été nullement altérée ; mais dans chaque communication elle a été limitée par l’intention de Dieu dans l’instrument employé par Lui pour la distribuer, tout en étant en rapport avec l’ensemble selon la parfaite sagesse de Celui qui a communiqué toute vérité. Le canal n’est pas infini ; l’eau qui y coule est infinie, mais ne l’est pas dans sa communication. Ils ont prophétisé en partie, et nous connaissons en partie.

L’aspect et l’application de la vérité ont même un caractère particulier selon le vase par lequel Dieu l’a communiquée. L’eau vive est là dans sa parfaite pureté, elle jaillit de la source telle qu’elle s’y trouve. La fontaine au travers de laquelle elle est produite devant les hommes tient sa forme de la sagesse de Celui qui l’a faite pour être Son instrument à cet effet. Le Saint Esprit agit dans l’homme, vase préparé exprès pour cela, vase que Dieu avait créé, formé, façonné, adapté moralement et intellectuellement pour tel ou tel service à l’égard de la vérité ; et Dieu agit dans ce vase selon le but pour lequel Il l’avait préparé. Christ était, Il est, la vérité. Les autres l’ont communiquée, chacun selon ce qui lui a été donné, et cette communication a été en rapport avec les éléments avec lesquels Dieu les avait mis respectivement en relation par l’intelligence et le cœur, et selon le but pour lequel le Saint Esprit les avait préparés.

Laissant mes craintes, je me mets donc avec confiance à l’accomplissement de ce service, mon cœur appuyé sur la parfaite bonté de Dieu qui aime à nous bénir. Puisse le juste sentiment de ma responsabilité me garder d’avancer quoi que ce soit qui ne soit pas selon Dieu ; et que le Seigneur Lui-même, dans Sa grâce, daigne me diriger et me fournir ce qui sera en bénédiction pour le lecteur.

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Le Nouveau Testament a un caractère évidemment très différent de l’Ancien, et ce que j’ai dit plus haut à ce sujet forme l’essentiel de cette différence. Le Nouveau Testament traite de la révélation de Dieu Lui-même et montre l’homme amené en justice dans la gloire en la présence de Dieu. Précédemment Dieu avait fait des promesses, avait exécuté des jugements. Il avait gouverné un peuple sur la terre ; Il avait agi à l’égard des nations, ayant en vue ce peuple comme centre de Ses conseils pour la terre. Il lui avait donné Sa loi, lui avait accordé, par le moyen des prophètes, une lumière croissante, annonçant comme toujours plus prochaine l’arrivée de Celui qui devait tout leur dire de la part de Dieu. Mais la présence de Dieu Lui-même, homme au milieu des hommes, a tout changé. Ou l’homme aurait dû recevoir, comme couronne de bénédiction et de gloire, Celui dont la présence devait bannir tout mal, développer et amener à la perfection tout élément de bien, en donnant en même temps un objet qui serait centre de toutes les affections rendues parfaitement heureuses par la jouissance de cet objet ; ou bien en rejetant ce Christ, notre pauvre nature devait se montrer ce qu’elle est, inimitié contre Dieu, et rendre évidente la nécessité d’un ordre de choses complètement nouveau, où le bonheur de l’homme et la gloire de Dieu seraient fondés sur une nouvelle création.

Nous savons ce qui en a été. Celui qui était l’image du Dieu invisible a dû dire après l’exercice d’une parfaite patience  : « Père juste, le monde ne t’a pas connu », et davantage encore, hélas ! « Ils ont… haï et moi et mon Père » (Jean 17, 25 ; 15, 24).

Cet état de l’homme cependant n’a nullement empêché Dieu d’accomplir Ses conseils ; au contraire, ce misérable état Lui a fourni l’occasion de le faire. Dieu n’a pas voulu rejeter l’homme jusqu’à ce que l’homme L’eût rejeté (comme dans le jardin d’Éden l’homme, conscient du péché, ne pouvant supporter la présence de Dieu, s’éloigna de Lui avant qu’Il l’eût chassé du jardin). Mais quand l’homme de son côté eut entièrement repoussé Dieu venu en bonté au milieu de sa misère, Dieu fut libre — si l’on ose parler ainsi, et l’expression est moralement juste — Dieu fut libre de poursuivre Ses desseins éternels. Or ici Dieu n’exécute pas le jugement comme en Éden, lorsque l’homme s’éloignait déjà de Lui : c’est la grâce souveraine qui, lorsque l’homme est manifestement perdu et s’est déclaré ennemi de Dieu, poursuit son œuvre pour faire éclater Sa gloire aux yeux de l’univers dans le salut des pauvres pécheurs qui L’avaient rejeté[1].

Mais afin que la sagesse parfaite de Dieu se manifestât même dans les détails, cette œuvre de grâce souveraine dans laquelle Dieu se révélait Lui-même, doit se voir comme ayant une juste relation avec toutes Ses voies précédentes révélées dans l’Ancien Testament et en laissant aussi toute sa place à Son gouvernement du monde.

Tout ceci fait qu’en dehors de la grande idée qui domine tout, il y a dans ce merveilleux livre quatre sujets qui se déroulent aux yeux de la foi. D’abord le grand sujet, le fait par excellence, c’est que la lumière parfaite est manifestée : Dieu Lui-même se révèle.

Mais cette lumière est révélée en amour, l’autre nom essentiel de Dieu. Christ, qui est la manifestation de cette lumière et de cet amour, qui, s’Il avait été reçu, aurait été l’accomplissement de toutes les promesses, Christ est présenté à l’homme et en particulier à Israël envisagé sous le point de vue de sa responsabilité ; Christ est présenté à Israël avec toutes les preuves personnelles, morales, et de puissance, qui ont laissé ce peuple sans excuse. Secondement, étant rejeté, Son rejet devient le moyen par lequel le salut s’accomplit ; et le nouvel ordre de choses — la nouvelle création, l’homme glorifié, l’Assemblée participant avec Christ à la gloire céleste — est placé sous nos yeux.

Ensuite, les rapports entre l’ancien ordre de choses et le nouveau sur la terre à l’égard de la loi, des promesses, des prophéties ou des institutions divines sur la terre, sont mis au clair ; ils le sont, soit en présentant le nouvel ordre comme accomplissement et mise de côté de ce qui était vieilli, soit en constatant le contraste qui existe entre l’ancien et le nouvel ordre, soit en démontrant la sagesse parfaite de Dieu dans tous les détails de Ses voies.

Enfin le gouvernement du monde de la part de Dieu est prophétiquement mis en évidence ; et la reprise des relations de Dieu avec Israël, en jugement ou en bénédiction, est brièvement mais clairement constatée, à l’occasion de la cessation de ces relations par le rejet du Messie.

On peut ajouter que tout ce qui est nécessaire à l’homme pèlerin sur la terre jusqu’à ce que Dieu accomplisse les desseins de Sa grâce en puissance, lui est abondamment fourni. Sorti à l’appel de Dieu de ce qui est rejeté ou condamné, et non encore mis en possession de la portion que Dieu lui a préparée, l’homme qui a suivi cet appel a besoin d’une direction et de ce qui lui révèle les sources de la force nécessaire pour marcher vers le but de sa vocation et les moyens pour s’approprier cette force. Dieu, en l’appelant à suivre son Maître que le monde a rejeté, ne l’a pas laissé sans lui fournir toute la lumière et toutes les directions propres à l’éclairer et à l’encourager dans son chemin, ni sans lui indiquer les sources de la force et le moyen d’en être pourvu.

Tout lecteur de la Bible entend bien que ces sujets ne sont pas traités méthodiquement et chacun à part dans le Nouveau Testament ; s’il en était ainsi, ils seraient compris d’une manière beaucoup moins parfaite. C’est en vie, en puissance soit de Christ, soit du Saint Esprit dans les auteurs inspirés, qu’ils se développent devant nos cœurs.

Les évangiles, en général, nous manifestent Christ lumière et grâce, non pas, toutefois, sous forme de doctrine, comme Dieu Lui-même présenté aux hommes dans ce monde, Christ aussi comme Celui en qui les promesses faites à Israël s’accompliraient, et alors ouvertement comme une personne divine dans laquelle les desseins du Père s’exécuteraient, les Juifs étant considérés comme réprouvés dans leur état d’alors. L’Apocalypse montre l’introduction du gouvernement de Dieu sur ce monde en rapport avec la responsabilité sous laquelle ses relations avec un Dieu révélé l’ont placé. Les écrits de Paul enfin présentent l’acceptation de l’homme par Dieu et sa place devant Lui par la rédemption, la nouvelle création et l’Assemblée selon les conseils de Dieu, le mystère de Dieu. Divers sujets en rapport avec ceux-ci se retrouvent cependant partout dans les épîtres, et chaque développement isolé de l’un de ces sujets fait jaillir de la lumière sur tous. À cela on peut ajouter que les écrits de Jean traitent particulièrement de la manifestation de Dieu et de la vie divine en Christ, et alors dans l’homme vivifié, correspondant, comme ils le doivent, l’un à l’autre ; ceux de Pierre, du pèlerinage du chrétien fondé sur la résurrection de Christ, aussi bien que du gouvernement moral du monde.

Mais, je le répète, soit dans la personne de Christ, soit dans les communications du Saint Esprit (la vie de Christ étant d’une manière ou d’une autre la lumière des hommes), la vérité est mise en évidence par la manifestation vivante de Dieu et dans son application vivante aux hommes ; elle est aussi en rapport avec le développement[2] progressif inhérent à la vérité, lorsqu’elle est communiquée à l’homme et adaptée aux besoins particuliers et à la capacité spirituelle de ceux auxquels elle était adressée.

Sans doute, les communications du Nouveau Testament sont pour les saints dans tous les siècles, mais elles furent adressées, historiquement parlant, à des hommes vivants, et mises en rapport avec leur état. Cette circonstance n’affaiblit nullement la vérité qui est communiquée, et qui est de Dieu ; et c’est là ce que l’apôtre Paul exprime en disant : « Nous ne sommes pas comme plusieurs, qui frelatent la parole de Dieu ; mais en sincérité, comme de la part de Dieu, devant Dieu, nous parlons en Christ » ; et encore : « Ne falsifiant point la parole de Dieu, mais, par la manifestation de la vérité, nous recommandant nous-mêmes à toute conscience d’homme devant Dieu » (2 Cor. 2, 17 ; 4, 2). Paul n’ajoute rien à ce vin pur, il ne le frelate pas. Ce qu’il a reçu sort de lui pur comme il l’a reçu[3].

Mais adressée aux hommes, la Parole de Dieu a même beaucoup plus de réalité qu’une simple vérité abstraite ; elle est plus immédiatement de Dieu. Ce ne sont pas des idées de l’homme à l’égard de Dieu, ni des raisonnements de l’esprit de l’homme, lors même que la vérité en serait le sujet ; ce n’est pas même la vérité telle qu’elle est en Dieu, soumise d’une manière abstraite à la capacité de l’homme pour qu’il en juge. C’est Dieu qui s’adresse à l’homme, qui lui parle, lui communique Ses pensées, comme étant siennes. Car si l’homme doit en juger, ce ne sont pas les paroles de Dieu, annoncées comme telles. « Vous avez accepté, dit Paul, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu » (1 Thess. 2, 13).

On a confondu souvent l’effet produit sur l’homme, l’effet qui lui fait reconnaître la vérité et l’autorité de la Parole, avec un jugement porté par l’homme sur cette Parole, comme sur une matière qui lui est soumise. La Parole ne peut jamais se présenter ainsi. Ce serait renier sa propre nature ; ce serait dire : « Ce n’est pas mon Dieu qui parle » ; et Dieu pourrait-Il dire qu’Il n’est pas Dieu ? Et s’Il ne le peut, Il ne saurait parler non plus et admettre que Sa Parole n’a pas une autorité propre.

La Parole est adaptée à la nature de l’homme ; « la vie est la lumière des hommes ». Il est bien des choses qui produisent un effet d’après la nature d’un objet auquel elles sont appliquées, sans qu’elles soient jugées par cet objet. C’est ce qui a lieu dans toute action chimique. On m’administre un remède ; j’en éprouve l’effet selon ma nature. Ainsi je suis convaincu et de l’effet et de la puissance du remède, sans que j’aie à porter un jugement sur le remède lui-même, comme si j’en avais la capacité. Il en est de même, par grâce, de la révélation de Christ, sauf ceci que la méchante volonté de l’homme repousse cette révélation et la rejette, de sorte qu’elle devient une odeur de mort pour la mort. La Parole de Dieu n’est jamais jugée ; lorsqu’elle produit son effet, elle juge les pensées et les intentions du cœur (Héb. 4, 12). L’homme lui est soumis, il ne la juge pas.

Quand l’homme a, par grâce, reçu la parole de vérité qui s’adresse à lui comme telle, il est en état de comprendre toute la portée de cette Parole par le secours du Saint Esprit ; et, dans ce cas, les circonstances des personnes auxquelles la Parole a été adressée historiquement deviennent un moyen pour comprendre l’intention de la pensée de Dieu dans la partie de la Parole dont il est question. Ces circonstances, ainsi que nous l’avons vu, ne changent rien à la divine pureté de la Parole ; mais puisque Dieu s’adresse aux hommes suivant leur état, cet état, tel qu’il nous est présenté dans la Parole même, nous facilite à un haut degré l’intelligence de ce qui est dit. Cet état lui-même n’est compris que par la Parole et le secours du Saint Esprit (soit comme l’effet de la méchanceté du cœur de l’homme, soit comme dépendant en partie des dispensations de Dieu).

Quoi qu’il en soit du reste, la grâce s’adresse aux hommes selon leur état[4], selon la fidélité de Dieu à Ses promesses ; et en rapport avec Ses voies qu’Il leur a déjà enseignées. Ce n’est pas que la vraie lumière étant venue, cette lumière soit faussée ou rabaissée pour l’adapter aux ténèbres. Si cela était, elle ne serait plus elle-même, ni propre à relever l’homme en le délivrant de l’état où il se trouve ; mais la vraie lumière est communiquée de manière à être à la portée des hommes et applicable à leur état. C’est à la fois ce dont ils avaient besoin, et ce qui était digne de Dieu : Dieu seul aussi pouvait le faire.

Tout ceci est également vrai comme étant applicable aux sujets dont le Seigneur traite et à ceux dont le Saint Esprit parle par Ses apôtres. Le Seigneur peut s’adresser aux Juifs convertis, mais attachés encore au système judaïque, pour faire ressortir quelles étaient à l’égard de ce peuple les intentions de Dieu (toujours fidèle à Ses promesses), comme aussi étant élevé en haut, Il peut communiquer par Son Esprit toutes les conséquences de l’union de l’Église avec Lui dans les lieux célestes, en dehors de toutes les voies de Dieu sur la terre. Christ peut montrer aux âmes qui se nourrissent des éléments mondains contraires à cette élévation céleste, et qui ne saisissent pas en elle ce qui les délivre de leur tendance mondaine et charnelle — Il peut leur montrer les preuves du mal dans lequel elles tombent. Il peut leur montrer ce mal par des moyens qui mettent ces âmes en rapport avec les vérités éternelles de Dieu d’une manière qui, bien qu’élémentaire, juge cette disposition charnelle qui existe dans tous les temps dans ceux qui ne s’élèvent pas à la hauteur des intentions de Dieu. L’Esprit aussi peut montrer la vérité plus simplement dans l’élévation qui est propre à cette vérité. Il peut appuyer sur les caractères essentiels de la nature de Dieu pour juger tout ce qui, sous les formes les plus plausibles, prétendait à la lumière chrétienne, mais qui péchait contre cette nature dans les choses les plus simples ; elle peut ainsi lier les âmes les plus simples et les moins avancées aux qualités les plus élevées de Dieu Lui-même, dans l’essence de Sa nature.

L’intelligence de la position des personnes auxquelles les écrits sont adressés, intelligence puisée dans ces écrits mêmes, aide beaucoup, sous la conduite du Saint Esprit, à saisir la vérité divine qui s’y trouve ; vérité absolue, mais, par la grâce de Dieu, vérité appliquée, vérité pratique, réalisée dans l’âme par la puissance de Dieu agissant dans cette âme, et la garantissant, par le moyen de cette vérité, de la tendance charnelle du cœur à tomber dans les excès qui ont donné lieu aux écrits qui nous en parlent. Cette vérité descend jusqu’à nous, quel que soit notre état, non pas en s’altérant pour s’accommoder à nous, ni en revêtant une forme qui dépende de notre état, bien que s’y appropriant, mais pour nous élever jusqu’à la source d’où elle est descendue et de laquelle elle ne se sépare jamais (car la vérité qui nous est communiquée est toujours la vérité en Dieu et en Christ, afin de nous élever moralement jusqu’à la hauteur de la nature divine). « Ce qui est vrai en Lui et en vous, parce que les ténèbres s’en vont et que la vraie lumière luit déjà » (1 Jean 2, 8). C’est l’effet de l’intervention de Christ auquel nous sommes unis par le Saint Esprit et qui est un avec Dieu le Père.

La même vérité de l’adaptation des communications de Dieu à la position de ceux qui les ont reçues historiquement, nous introduit dans l’intelligence de tous les conseils de Dieu, car Il se révèle dans Son autorité, Sa sagesse et Sa souveraineté, dans Ses conseils, comme Il se fait connaître dans Sa nature par la révélation de Lui-même en Christ. Christ est le centre de Ses conseils, mais toute famille, dans les cieux et sur la terre, se range sous le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Anges, principautés, puissances, Juifs, Gentils, tout ce qui se nomme, tous seront placés sous Son autorité (l’Église étant unie à Lui dans la gloire). Or les conseils de Dieu à notre égard sont révélés dans Sa Parole ; et, quoique Dieu ne nous parle pas pour satisfaire à notre curiosité, il y a bien des sujets, en dehors du salut proprement dit, qui se rattachent à cette suprématie de Christ, et aussi à ce que Dieu nous présente comme développement de Ses voies ici-bas pour notre propre instruction.

Ainsi, bien que les intentions de Dieu à l’égard des Juifs soient naturellement beaucoup plus développées dans l’Ancien Testament, cependant les rapports de leur histoire avec les sujets du Nouveau Testament, la transition historique de l’ancienne économie à la nouvelle, la conciliation des promesses faites aux Juifs avec l’universalité de l’économie évangélique, tous ces sujets doivent nécessairement trouver une place dans le Nouveau Testament, si les voies de Dieu doivent nous être connues. Je dis les voies de Dieu, car ne pensons pas aux Juifs seulement ; c’est Dieu qui agit dans Ses voies et qui s’y fait connaître. Ainsi, quoique la pleine lumière se révèle dans le Nouveau Testament, nous y trouvons des choses qui s’adressent aux Juifs et aux disciples qui avaient fait partie de ce peuple, choses qui révèlent les voies de Dieu à leur égard. Sans ces révélations, et si elles ne se rapportaient pas à la position de ce peuple, il n’y aurait pas d’harmonie dans les voies de Dieu ; au moins cette harmonie nous serait cachée et n’existerait pas moralement. Ces observations ont rapport à la doctrine, à l’histoire (c’est-à-dire à la présentation du Messie), à la prophétie qui montre la fidélité de Dieu, et aux jugements sur ce peuple.

Pour que nous connaissions Dieu — le Dieu qui a daigné intervenir dans les affaires de ce monde — la simple lumière ne suffit pas. Il faut connaître ce Dieu non seulement tel qu’Il est dans Sa nature, bien que ce soit la chose essentielle et principale, mais aussi tel qu’Il s’est révélé Lui-même dans toutes Ses voies, dans ces détails dans lesquels nos cœurs petits et étroits peuvent apprendre à connaître Son amour fidèle, patient, condescendant, dans ces voies où se développe l’idée abstraite de Sa sagesse, de manière à la rendre accessible à notre intelligence limitée, qui peut retrouver cette sagesse dans des choses qui se sont réalisées au milieu des hommes — tout en étant entièrement en dehors et au-dessus de toutes leurs prévisions, mais qui ont été annoncées de Dieu, de sorte que nous savons qu’elles sont de Lui. Par-dessus tout, Dieu a voulu se lier d’une manière particulière à l’homme dans toutes ces choses : merveilleux privilège de Sa faible créature ! La philosophie — insensée, bornée, et même essentiellement stupide dans tous ses raisonnements — veut que le monde soit trop petit pour que Dieu se dépense ainsi sur une faible créature comme l’homme, sur ce qui n’est qu’un point dans l’univers immense. Méprisable folie ! comme si l’étendue matérielle du théâtre était la mesure des manifestations morales qui s’y opèrent et des combats de principes qui s’y livrent. Ce qui se passe dans ce monde est le spectacle qui déploie aux yeux de toutes les intelligences de l’univers les voies, le caractère, et la volonté de Dieu. Il nous appartient à nous d’en recevoir, par grâce, l’intelligence et la puissance pour en jouir, et afin que Dieu soit glorifié en nous, qu’Il soit glorifié, non seulement par nous — ce qui sera vrai de toutes choses — mais en nous. C’est là notre privilège par la grâce qui est en Christ, et par notre union avec Lui qui est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu. Plus nous sommes de petits enfants obéissants et humbles, plus nous réalisons cette glorieuse position : un jour, nous connaîtrons comme nous avons été connus.

En attendant, plus Christ est objectivement notre portion et notre occupation, plus nous Lui ressemblerons subjectivement. Grâces à Dieu, le Seigneur a caché ces choses aux sages et aux intelligents et les a révélées aux petits enfants. « Or, dit l’apôtre, nous parlons sagesse parmi les parfaits, sagesse toutefois non pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle qui s’en vont ; mais nous parlons la sagesse de Dieu en mystère, la sagesse cachée, laquelle Dieu avait préordonnée, avant les siècles, pour notre gloire » (1 Cor. 2, 6-7).

Introduction

Avant de nous occuper de chaque livre en particulier, nous allons présenter d’abord une idée générale du contenu du Nouveau Testament ou plutôt de l’ordre de la révélation des vérités qui s’y trouvent renfermées.

Nous n’avons pas besoin pour cela de sortir de l’ordre habituel des livres, sans cependant y attacher d’importance[5].

Le premier sujet qui se présente est l’histoire et la personne du Seigneur Jésus Lui-même, sujet qui est contenu dans les quatre évangiles.

Puis, vient l’établissement de l’Assemblée, et la propagation de l’évangile dans le monde, après l’ascension du Seigneur Jésus. L’histoire nous en est donnée dans les Actes des apôtres.

Ensuite nous avons le développement de la vraie doctrine de Christ, les soins des apôtres pour les assemblées et les âmes individuellement, avec les directions nécessaires pour une marche qui glorifie le Seigneur en attendant Son retour ; la réfutation des erreurs par lesquelles l’ennemi cherchait à corrompre la foi ; et les instructions nécessaires pour garantir les fidèles des séductions des instruments de sa malice.

Ces sujets, spécialement le premier, renferment toute la gloire personnelle du Seigneur. Nous parlons évidemment du contenu des épîtres.

En dernier lieu, nous trouvons les prophéties ; elles constatent le mal qui devait ternir et altérer le témoignage rendu à Christ dans le monde, mal qui, lorsqu’il serait pleinement développé, amènerait le jugement. Les prophéties nous révèlent aussi le progrès des jugements de Dieu, qui finiront par la destruction des ennemis qui oseront se mettre en rébellion ouverte contre l’Agneau, Roi des rois et Seigneur des seigneurs ; elles nous révèlent de même la gloire et la bénédiction qui auront lieu à la suite de ces jugements. Ce sujet lie l’enseignement chrétien à la révélation des voies de Dieu à l’égard du gouvernement du monde ; il se trouve longuement développé dans l’Apocalypse ; mais ses rapports avec la décadence de l’Église sont exposés dans diverses épîtres.

Nous nous occuperons naturellement d’abord des évangiles, qui nous racontent l’histoire de la vie du Seigneur et Le présentent à nos cœurs soit par Ses actes, soit par Ses discours, dans les divers caractères qui Le rendent, sous tous les rapports, précieux aux âmes des rachetés, selon la mesure d’intelligence qui leur est accordée et selon leurs besoins — caractères qui, bien que le Seigneur soit vu ici dans Son humiliation[6], forment ensemble la plénitude de Sa gloire personnelle, en tant que nous sommes capables de la saisir, tandis que nous sommes dans ces vases d’argile ici-bas[7].

Le Seigneur, cela est évident, a dû réunir en Lui-même sur la terre, selon les conseils de Dieu et selon les révélations de Sa Parole, plus d’un caractère pour l’accomplissement de Sa gloire et pour le maintien et la manifestation de celle de Son Père. Mais, pour que cela eût lieu, Il a dû aussi être quelque chose, afin qu’Il fût vu dans la lumière de Sa vraie nature, comme marchant ici-bas. Christ a dû accomplir le service qu’il Lui appartenait de rendre à Dieu, comme étant Lui-même le vrai serviteur ; et cela comme servant Dieu par la parole au milieu de Son peuple, selon le psaume 40 (par exemple v. 8, 9, 10) ; Ésaïe 49, 4, 5, et d’autres passages.

Une foule de témoignages avaient annoncé que le fils de David siégerait de la part de Dieu sur le trône de son père ; et l’accomplissement des conseils de Dieu à l’égard de Son peuple terrestre se rattache dans l’Ancien Testament à Celui qui devait ainsi venir, et qui, sur la terre, aurait la relation du Fils de Dieu avec l’Éternel Dieu.

Le Christ, le Messie, ou, ce qui n’en est que la traduction, l’Oint, devait paraître et se présenter à Israël selon la révélation et les conseils de Dieu. Et cette semence promise devait être Emmanuel, Dieu avec Son peuple.

Les Juifs bornaient leur attente à peu près à ce caractère de Christ, et cela même à leur façon, n’y voyant que l’élévation de leur nation, sans avoir le sentiment de leurs péchés et des conséquences de ces péchés. Ce caractère de Christ cependant n’était pas tout ce que la parole prophétique, qui avait déclaré les conseils de Dieu, annonçait à l’égard de Celui que le monde même attendait.

Christ était le Fils de l’homme — titre que le Seigneur Jésus aime à se donner — titre d’une grande importance pour nous. Le Fils de l’homme est, il me semble, selon la Parole, l’héritier de tout ce que les conseils de Dieu destinaient à l’homme comme sa portion en gloire, de tout ce que Dieu devait donner à l’homme selon ces conseils (voyez Dan. 7, 13, 14 ; Ps. 8, 5, 6 ; 80, 17, et Prov. 8, 30-31). Mais pour être héritier de tout ce que Dieu destinait à l’homme, Christ devait être homme. Le Fils de l’homme était vraiment de la race de l’homme — précieuse et consolante vérité ! — né d’une femme, réellement et véritablement un homme, et, participant au sang et à la chair, fait semblable à Ses frères.

Dans ce caractère Il a dû souffrir et être rejeté, afin qu’Il pût hériter toutes choses dans un état complètement nouveau, ressuscité et glorifié ; Il a dû mourir et ressusciter, l’héritage étant souillé, et l’homme en rébellion, Ses cohéritiers aussi coupables que les autres.

Jésus devait donc être le grand prophète, quoique le serviteur, le Fils de David et le Fils de l’homme ; et, par conséquent, réellement homme sur la terre, né sous la loi, né d’une femme, de la postérité de David, héritier des droits de la famille de David, héritier des destinées de l’homme selon l’intention et les conseils de Dieu. Mais relativement à cela Il a dû glorifier Dieu, selon l’état où se trouvait l’homme comme tombé quant à sa responsabilité, et satisfaire à cette responsabilité de manière à y glorifier Dieu, mais rendant pendant qu’Il était ici-bas, le témoignage d’un prophète, Lui, le fidèle témoin.

Mais qui est-ce qui réunirait tous ces caractères ? Cette gloire était-elle seulement une gloire officielle dont l’Ancien Testament avait dit qu’un homme devait hériter ? L’état de l’homme, manifesté sous la loi et sans loi, démontrait l’impossibilité de le faire participer tel qu’il était à la bénédiction de Dieu. Le rejet du Christ mettait le comble à ces preuves. Et en effet, l’homme avait par-dessus tout besoin d’être lui-même réconcilié avec Dieu, en dehors de toute économie et du gouvernement spécial d’un peuple sur la terre. L’homme avait péché ; il fallait qu’une rédemption s’accomplît pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Mais qui l’accomplirait ? L’homme en avait besoin lui-même. Un ange devait garder sa place à lui, la remplir, et ne pouvait faire davantage ; il ne pouvait pas être un sauveur. Et qui d’entre les hommes pouvait être héritier de toutes choses, et avoir toutes les œuvres de Dieu placées sous sa domination, selon la Parole ? C’était le Fils de Dieu qui devait les hériter ; c’était leur Créateur qui devait les posséder. Celui donc qui devait être le serviteur, le Fils de David, le Fils de l’homme, le Rédempteur, était le Fils de Dieu, le Dieu créateur[8].

Les évangiles

Les évangiles, en général, développent ces caractères de Christ, non pas d’une manière dogmatique (celui de Jean seul ayant cette forme jusqu’à un certain point), mais ils racontent l’histoire du Seigneur, de manière à Le présenter dans ces divers caractères d’une manière beaucoup plus vivante que s’ils nous avaient été communiqués seulement sous forme de doctrine. Le Seigneur parle selon tel ou tel caractère ; Il agit dans l’un ou dans l’autre ; de sorte que nous Le voyons Lui-même, accomplissant ce qui appartenait aux diverses positions que nous savons être siennes selon la Parole.

Non seulement le caractère de Christ est ainsi beaucoup mieux connu dans ses détails moraux, aussi bien selon sa vraie portée scripturaire, selon le sens et l’intention de Dieu qui s’y révèlent ; mais Christ Lui-même devient, dans ces caractères, plus personnellement l’objet de la foi et des affections du cœur. C’est une personne que nous connaissons, et pas seulement une doctrine.

Par ce moyen précieux que Dieu a daigné employer, les vérités à l’égard de Jésus sont également beaucoup plus liées avec tout ce qui a précédé, avec l’histoire de l’Ancien Testament. Le changement dans les voies de Dieu se rattache à la gloire de la personne de Christ, et c’est en rapport avec cette gloire que la transition des relations de Dieu avec Israël et avec le monde, à l’ordre céleste et chrétien, a eu lieu. Ce système céleste, tout en ayant un caractère plus entièrement distinct du judaïsme qu’il n’aurait eu si le Seigneur n’était pas venu, n’est pas une doctrine qui, en le contredisant, annule ce qui l’avait précédé. Christ, en venant, s’est présenté aux Juifs d’un côté comme soumis à la loi, et d’un autre comme la semence en qui les promesses devaient s’accomplir. Il a été rejeté, de sorte que le peuple juif a non seulement violé la loi, ce qu’il avait fait à Sinaï[9], mais a perdu tout droit aux promesses, et à des promesses sans condition, toujours distinctes (voyez Rom. 10). Dieu a pu introduire alors la plénitude de Sa grâce. En même temps les types, les figures ont eu leur accomplissement ; la malédiction de la loi a été exécutée ; les prophéties qui se rapportent à l’humiliation de Christ se sont accomplies ; et les relations de toutes les âmes avec Dieu — relations toujours attachées nécessairement à Sa personne une fois qu’il était apparu — ont été liées à la position que le Rédempteur a prise dans le ciel. Ainsi la porte est ouverte aux Gentils, et le conseil de Dieu à l’égard de l’Assemblée, corps de Christ monté en haut, pleinement révélé. Fils de David selon la chair, et déclaré Fils de Dieu en puissance par le moyen de la résurrection d’entre les morts (Rom. 1, 3-4), « Jésus Christ a été serviteur de la circoncision, pour la vérité de Dieu, pour la confirmation des promesses faites aux pères, et pour que les nations glorifiassent Dieu pour sa miséricorde » (Rom. 15, 8-9). Il était le premier-né d’entre les morts, la Tête de Son corps, l’Assemblée, afin qu’en toutes choses Il eût la prééminence (Col. 1, 18).

La gloire du nouvel ordre des choses était d’autant plus excellente, d’autant plus élevée au-dessus de tout l’ordre terrestre qui l’avait précédée, qu’elle était attachée à la personne du Seigneur Lui-même, et à Lui comme homme glorifié auprès de Dieu Son Père. En même temps, ce qui était introduit mettait son sceau sur tout ce qui avait précédé, comme sur un ordre de choses qui avait été à sa place, et ordonné de Dieu ; car le Seigneur s’était présenté sur la terre en rapport avec le système qui existait avant Sa venue.

Les trois premiers évangiles nous montrent la présentation de Christ à l’homme responsable, et particulièrement à Israël. Jean nous offre le caractère divin et éternel du Seigneur Lui-même, Israël étant dès le premier chapitre, considéré comme L’ayant rejeté, lui-même Israël endurci et rejeté, et le monde insensible à la présence de son Créateur ; c’est pour cela qu’on voit pleinement dans cet évangile, la grâce efficace et souveraine, la nouvelle naissance, et la croix comme fondement des choses célestes.



  1. Voyez Tite 1, 2 ; 2 Tim. 1, 9, 10, et comp. Prov. 8, 22-31, surtout 30, 31, et Rom. 16, 25, 26 (lisez « écrits prophétiques »). Sous la loi Dieu ne sortait jamais, et l’homme ne pouvait pas entrer. Dans le christianisme Dieu est sorti, et l’homme est entré. Ces choses appartiennent à l’essence de chacune de ces deux économies. Auparavant il y avait des promesses. Ce sont des relations caractéristiques.
  2. Je parle ici, bien entendu, de la vérité révélée dans le Nouveau Testament. La communication qui en est faite dans cette révélation a été de plus en plus claire, le Saint Esprit ayant été donné après que le Seigneur eut été glorifié. L’apôtre a pu dire, en parlant de la nature de Dieu Lui-même : « Ce qui est vrai en lui (Christ) et en vous, parce que les ténèbres s’en vont et que la vraie lumière luit déjà ». C’est un Christ qui est la sagesse de Dieu. En Lui habite toute la plénitude de la déité corporellement. Toute la plénitude s’est plu à habiter en Lui. Il s’est sanctifié Lui-même, afin que nous soyons sanctifiés par la vérité. Le Saint Esprit a conduit les apôtres dans toute la vérité, ayant pris de ce qui était à Christ et le leur ayant annoncé. Or tout ce que le Père a est à Christ ; c’est pourquoi Il a dit que le Saint Esprit prendrait de ce qui était à Lui et le leur annoncerait.
    Les choses étant ainsi, la question d’un développement subséquent est jugée. Y a-t-il quelque chose de plus que « la plénitude de la déité » ? que « tout ce que le Père a » ? quelque chose de plus clair que la « vraie lumière » ? Or c’est cela qui est révélé. Si l’on pense à l’homme dont les idées proviennent de lui-même, comme l’araignée tire son fil de sa propre substance, on peut sans doute parler de développement, mais s’il s’agit de la révélation de Christ, par le don de la lumière qui est déjà venue, Christ ne croît pas. Et, assurément, nous ne trouverons rien de bon en dehors de « tout ce que le Père lui a donné ». Voilà ce que nous possédons par révélation. Le développement inhérent à la communication de la vérité à l’homme, tient à sa capacité de réception (en cela il y a progrès pour chacun de nous) et à la manifestation de Christ, depuis le temps de Jean le baptiseur jusqu’à Sa pleine révélation par le Saint Esprit — révélation qui nous est donnée dans le Nouveau Testament. Aucune tradition ne peut rien ajouter à la révélation de ce que Christ est. Aucun développement ne peut nous donner une seule vérité nouvelle à l’égard de la plénitude de Christ. Mais c’est tout. C’est ainsi que les orgueilleuses prétentions de l’homme sont anéanties.
  3. L’exposé de 1 Corinthiens 2 est très frappant à cet égard, et de toute importance pour nos jours. « Ce que l’œil n’a pas vu, et que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (c’est l’état qu’on trouve dans l’Ancien Testament), « mais Dieu nous l’a révélé par son Esprit » ; c’est la révélation. « Choses… desquelles aussi nous parlons, non point en paroles enseignées de sagesse humaine, mais en paroles enseignées de l’Esprit », c’est la communication, l’inspiration. Troisièmement  : « Elles se discernent spirituellement », c’en est la réception. La révélation, le témoignage inspiré et la réception de ces choses par la grâce et la puissance de l’Esprit seul, sont tous nettement affirmés.
  4. C’est Dieu venu en grâce au milieu du mal — grâce appropriée à l’homme dans ce mal. Elle révèle Dieu comme rien autre ne le fait, mais est appropriée à l’homme quelque mauvais qu’il soit, oui, vraiment mauvais. De sorte que, tandis qu’elle donne ce qui est purement céleste et divin, elle le fait d’autant plus qu’elle est ainsi appropriée, en faisant face au mal ici-bas. Ce fait, quoiqu’il révèle Dieu tel qu’Il sera connu dans le ciel, est, quant à son opération, inconnu dans un paradis terrestre ou céleste — le bien au milieu du mal. Les anges désirent y regarder de près. En outre, c’est la souveraineté, la grâce et la sagesse, ce que le simple bien ne peut être, quoique y conduisant sous sa forme la plus haute.
  5. Dans les Bibles allemandes, ainsi que dans plusieurs éditions catholiques et dans beaucoup de manuscrits, l’ordre est différent. Mais, pour le but que je me propose, cette différence n’a aucune importance. Tout le monde sait que cet arrangement des livres ne se rattache pas à la révélation elle-même.
  6. Comp. 1 Cor. 2, 8.
  7. Peut-être, pour être clairement compris, devrais-je excepter les relations de Christ avec l’Assemblée ; — sujet qui se trouve traité dans les épîtres ; mais je n’embrasse pas cette partie si précieuse de la doctrine de Christ dans l’expression  : « Sa gloire personnelle ». Sauf le fait qu’Il bâtirait une Assemblée sur la terre, ce n’est que par le Saint Esprit, envoyé après Son ascension, qu’Il a donné aux apôtres et aux prophètes la révélation de ce précieux mystère.
  8. L’acte de la création, quand il n’est pas question de Dieu en général, mais en distinguant les personnes de la divinité, est toujours attribué au Fils ou à l’Esprit.
  9. Il est solennel, mais instructif, de remarquer que la première chose que l’homme a faite a été de ruiner tout ce que Dieu a établi. Ainsi Noé, le nouveau chef du monde, s’est enivré. Ainsi le veau d’or, lorsque la loi fut donnée ; les sacrificateurs offrant un feu étranger le premier jour ; Salomon tombant dans l’idolâtrie et ruinant le royaume ; Nebucadnetsar dressant la statue d’or et persécutant les serviteurs du vrai Dieu. Dieu vint en grâce, mais le système était ruiné. Il en est ainsi de l’Église, je n’en doute pas. Tout sera réparé d’une manière plus glorieuse dans le dernier Adam.