Traité:Pensées sur la cène

De mipe
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Pourquoi — Quand — Où et comment participez-vous à la table du SeigneurE.H. C. 1929

Après le souper pascal, la nuit en laquelle Jésus fut livré, « il prit un pain, et ayant rendu grâces, il le rompit, et le donna à ses disciples, disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ; — de même la coupe aussi, après le souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous » (Luc 22, 19, 20).

Jésus était sur le point d’aller à la croix, et de monter vers Son Père, laissant ainsi Ses bien-aimés disciples dans le monde. Il allait leur préparer une place, et revenir ensuite pour les prendre auprès de Lui, afin qu’ils fussent avec Lui dans la maison du Père. Et, sachant combien le cœur est oublieux, et combien l’influence de ce monde est froide, Il leur laissa, avant Son départ, cette simple et affectueuse recommandation : « Faites ceci en mémoire de moi ».

S’étant offert Lui-même, Lui, la vraie Pâque, sur la croix, et ayant été placé dans le tombeau, Il a été ressuscité par la gloire du Père, et a pris Sa place à la droite de Dieu (Rom. 6, 4). Depuis la gloire, Il parle encore aux cœurs de Ses rachetés par Son serviteur Paul (voy. 1 Cor. 11, 23). Or les écrits des apôtres sont des paroles enseignées par le Saint Esprit (1 Cor. 2, 13).

Voilà dix-neuf siècles que le Seigneur attend, usant de grâce et de miséricorde envers les pécheurs ; et c’est par cette grâce, cher lecteur chrétien, que vous et moi, nous avons pu être sauvés. Quelle réponse donnerons-nous donc à Celui qui est notre Sauveur et notre tout ? Ce n’est pas une chose difficile qu’Il nous demande, mais seulement de nous souvenir de Lui-même qui nous a aimés, et qui s’est donné pour nous (Éph. 5, 25). Il a fait la paix par Son sang précieux, et maintenant Il fait appel à nos cœurs. Quelqu’un de Ses bien-aimés pourrait-il Lui refuser cette joie, en négligeant de répondre à Son désir ?

Il est de toute importance, pour chaque chrétien, de connaître la pensée du Seigneur concernant cette institution bénie ; car la chrétienté en général s’est grandement détournée de la simplicité de l’Écriture, ôtant au souper du Seigneur sa vraie signification, de telle manière que plusieurs sont dans la plus grande confusion à cet égard. Les uns avec la messe, d’autres avec les sacrements, en ont dénaturé le vrai caractère et la vraie place dans l’Église. Les premiers considèrent la cène comme un nouveau sacrifice, reniant ainsi le sacrifice de Christ, accompli une fois pour toutes ; les autres font souvent de la cène un moyen pour obtenir le salut. Et il arrive aussi que les personnes inconverties y sont admises. Cependant nous voyons clairement, par la Parole de Dieu, que la participation au souper du Seigneur est le privilège des vrais chrétiens. Et les vrais chrétiens sont ceux qui croient en Jésus, ceux-ci ont la vie éternelle et le Saint Esprit (Jean 6, 47 ; 1 Cor. 6, 19). La cène ne doit jamais être prise comme moyen d’obtenir la bénédiction, mais comme un repas de culte et d’actions de grâces en mémoire de Celui qui nous a déjà bénis. Une foi vraie, une doctrine pure et une conduite pieuse, donnent droit aux membres du corps de Christ de prendre place à la table du Seigneur. C’est le privilège de tous les enfants de Dieu dont la marche est selon l’Écriture.

Il y a quatre points que nous désirons placer maintenant devant le lecteur : Pourquoi — quand — où et comment devons-nous prendre la cène du Seigneur ? Nous répondrons premièrement à ces quatre questions, par des citations de la Parole, et nous essayerons ensuite de les expliquer.

Pourquoi ?

« Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22, 19). « Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11, 26).

Quand ?

« Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain, etc. » (Act. 20, 7) ; « car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11, 26).

« Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (Act. 2, 42).

Où ?

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matt. 18, 20).

« Si donc l’assemblée tout entière se réunit en un même lieu » (1 Cor. 14, 23) ; « quand nous étions assemblés pour rompre le pain… or il y avait beaucoup de lampes dans la chambre haute où nous étions assemblés (Act. 20, 7, 8).

Comment ?

« Car moi, j’ai reçu du Seigneur ce qu’aussi je vous ai enseigné : c’est que le Seigneur Jésus, la nuit qu’il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâces, il le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même, il prit la coupe aussi, après le souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang : faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain, et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11, 23-26).

« Je parle comme à des personnes intelligentes : jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps du Christ ? Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain » (1 Cor. 10, 15-17).

Nous voudrions maintenant, cher ami chrétien, attirer votre attention sur les passages que nous venons de citer. Que le Seigneur vous donne de répondre à Son désir dans une heureuse soumission, en faisant ce qui Lui est agréable !

1. Pourquoi devons-nous prendre le souper du Seigneur ?

C’est en souvenir de Jésus. La fraction du pain nous parle de Son corps donné pour nous sur la croix ; la coupe nous parle de Son sang qui a été répandu pour nous. En participant au mémorial de Son amour nous annonçons la mort du Seigneur. En présence de Dieu et des saints anges ; entourés des puissances invisibles des ténèbres et des méchancetés — Satan et ses anges ; au milieu d’un monde coupable et des pécheurs perdus, nous annonçons le fait merveilleux que le Seigneur de gloire, Jésus, le Christ de Dieu, a souffert et est mort sur la croix du Calvaire. Nous annonçons l’événement le plus merveilleux qui soit arrivé dans l’univers, comment le tout-puissant Créateur, comme homme (sans péché), a enduré la honte et le jugement afin que Dieu fût glorifié, la puissance de Satan annulée, et la question du péché réglée une fois pour toutes.

Mais Dieu L’a ressuscité d’entre les morts et Lui a donné la gloire, montrant ainsi toute la valeur que cette offrande parfaite a à Ses yeux. Celui qui a remporté une si éclatante victoire est maintenant à la droite de la majesté dans les cieux, attendant le moment glorieux que Dieu seul connaît, où Il descendra dans les airs pour appeler Ses bien-aimés et les introduire dans la maison du Père (1 Thess. 4, 15-18). Les chrétiens sont donc appelés à répondre à Son désir, prenant la cène en mémoire de Lui, annonçant ainsi Sa mort jusqu’à ce qu’Il vienne.

« Si quelqu’un m’aime il gardera ma parole, etc. » (Jean 14, 23).

« Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles » (Jean 14, 24).

2. Quand devons-nous prendre la cène du Seigneur ?

Le Seigneur n’a pas donné pour cela de commandement positif ; mais, dans Sa Parole, Il a parfaitement indiqué quelle est Sa pensée à cet égard, et le croyant spirituel, dont la conscience est exercée, ne manquera pas de la discerner. Et sa réponse sera certainement : « Je désire me souvenir de lui souvent ».

Voyons ce que nous trouvons dans la Parole à cet égard. Dans les Actes, chapitre 2, 42, nous lisons que les trois mille âmes qui avaient été ajoutées, « persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain[1], et les prières ». Ce passage montre clairement comment les disciples comprenaient les paroles de leur Seigneur ; pour eux la fraction du pain n’était pas un acte d’occasion, mais un acte souvent répété.

En Actes 20, 7, il est dit : « Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain, Paul… leur fit un discours, etc. ».

Le premier jour de la semaine, ou le jour du Seigneur, c’est le jour qui suit le sabbat (Matt. 28, 1 ; Apoc. 1, 10). Notre Seigneur sortit ce jour-là du tombeau. Ce passage nous apprend que c’était l’usage des premiers disciples de se réunir en ce jour pour rompre le pain en mémoire du Seigneur. C’était là le but de leur rassemblement. Paul, comme on le voit dans le verset cité plus haut, se trouvait là pour rompre le pain, et il leur fit un discours. Les chrétiens n’étaient pas réunis pour entendre Paul prêcher, mais pour rappeler la mort de leur Seigneur.

En lisant ces lignes, quelqu’un pourra peut-être penser qu’il n’y a rien dans ce passage qui montre que les chrétiens doivent se réunir chaque premier jour de la semaine. Mais, cher lecteur, laissez-moi vous rappeler que, quand nous nous réunissons le premier jour de la semaine, c’est pour annoncer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne, et que cela peut être pour la dernière fois. La venue de Christ est ainsi présentée dans la Parole afin que les rachetés soient gardés dans l’attente de Sa venue (Luc 12, 35, 36 ; 1 Thess. 1, 9, 10). Et, tant que vous serez dans ce monde, si vous ouvrez votre Bible en Actes 20, 7, vous trouverez qu’il est écrit : « Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain ».

Nous trouvons aussi, en Jean 20, 19-26 : « ce jour-là, le premier de la semaine… et huit jours après… Jésus vient, les portes étant fermées, et il se tint au milieu d’eux, et dit : Paix vous soit, etc. ».

Et encore, en 1 Corinthiens 11, 25, 26, nous lisons : « Faites ceci toutes les fois que vous la boirez en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain, et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ».

Dans plusieurs endroits l’importance de la cène a été perdue de vue, étant considérée comme une chose secondaire. L’exposition de la Parole a la prééminence, et le souvenir béni du Seigneur est relégué à l’arrière-plan, comme une chose venant après le service une fois par mois, ou moins souvent encore. Que Dieu, dans Sa grâce, conduise tout chrétien qui lira ces lignes, à sonder la Parole de Dieu, et à suivre ses enseignements au lieu des traditions des hommes !

Nous voyons donc par les passages déjà cités que le désir du Seigneur est que Ses rachetés rompent le pain au moins chaque premier jour de la semaine, et aussi souvent que l’occasion s’en présente, et qu’ils persévèrent en cela.

3. Où devons-nous prendre la cène du Seigneur ?

Nous lisons en Matthieu 18, 20 : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Que mon lecteur veuille bien peser ces paroles ; elles renferment une signification plus profonde qu’on ne le croit généralement.

Christ a quitté ce monde, et durant Son absence Il désire avoir les siens rassemblés en Son nom. Notez ces mots : « en mon nom ». C’est seulement là que le Seigneur a promis Sa présence bénie. Où ? « Là où deux ou trois » (ou deux ou trois cents, suivant le cas) « sont assemblés en mon nom ». Cela exclut toute association humaine, et toute indépendance. Christ n’a pas promis de se trouver au milieu de telles choses. Les hommes ont fait des sectes, des partis, des systèmes et des organisations sans nombre ; c’est réellement Babel d’un bout à l’autre de la chrétienté. Mais comme a dit quelqu’un : « Que les noms, les sectes et les partis tombent et que Jésus Christ soit tout ».

Au milieu de toute la confusion, notre ressource est en Dieu et dans la Parole de Sa grâce ; et la promesse est vraie aujourd’hui comme au jour où Jésus l’a faite. Sa présence est au milieu des deux ou trois rassemblés en Son nom. En Son nom, et en nul autre — le nom du Saint de Dieu. Être réunis comme membres d’une église établie, ou d’une société religieuse, quelque bonne que soit l’intention, n’est pas la même chose que d’être assemblés au nom de Christ ! Mais, répondra-t-on peut-être : « Nous avons cependant la présence du Seigneur avec nous ». Comme individus, je l’accorde. Cela est vrai de tout chrétien, et il peut y avoir une certaine réalisation de la chose quand il entend la prédication de la Parole de Dieu, et le chant de Ses louanges, etc. Mais la présence de Christ, au milieu des deux ou trois réunis en Son nom, est tout à fait distincte de cela. Et, à moins que vous ne soyez parmi ces deux ou trois, vous ne connaîtrez jamais la réalité de cette précieuse vérité. Il n’y a rien de semblable ailleurs pour le peuple de Dieu sur la terre. Êtes-vous ainsi réunis en Son nom ?

Permettez-moi d’ajouter que le premier acte, quand nous sommes réunis au nom du Seigneur, doit être de nous souvenir de Lui dans Sa mort. Les deux ou trois, ou vingt, ou trente, ou deux ou trois cents réunis en Son nom se trouvent ainsi sur le terrain de l’Assemblée de Dieu, et Christ est là. La chose est vraie pour toutes les réunions de chrétiens assemblés ainsi sur la surface du globe. Bien qu’il y ait des milliers de réunions ayant chacune une responsabilité locale comme représentant le tout, cependant ce sont toutes ces réunions ensemble qui forment l’Église de Dieu sur la terre. Tous les chrétiens forment l’Église de Dieu ; mais ceux-là seuls qui sont assemblés au nom de Christ se trouvent sur le vrai terrain de l’Église de Dieu.

Christ est mort afin de rassembler en un les enfants de Dieu dispersés (Jean 11, 49-52). « Celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (Matt. 12, 30). « Le loup ravit et disperse les brebis » (Jean 10, 12).

Malgré la chute, la volonté propre de l’homme, et la confusion générale de la chrétienté, la Parole immuable de Dieu dit encore : « Il y a un seul corps et un seul Esprit » (Éph. 4, 4) ; et la responsabilité du chrétien pour garder l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix ne cessera pas tant qu’il sera sur la terre (Éph. 4, 3). Tous les chrétiens sont un avec Christ, et unis les uns aux autres ; ils forment un seul corps (Col. 3, 15) ; appartenir à une secte c’est être sectaire ; être charitable, et très large (comme on dit), et aller partout où il y a des chrétiens, c’est être encore sectaire. Se réunir au nom du Seigneur, reconnaissant, pratiquement qu’il n’y a qu’un seul corps et qu’un seul Esprit, persévérant dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières, c’est être non sectaire. Cher lecteur, quel est votre cas ?

4. Comment devons-nous prendre la cène du Seigneur ?

Laissons répondre la Parole de Dieu : « Car moi, j’ai reçu du Seigneur ce qu’aussi je vous ai enseigné : c’est que le Seigneur Jésus, la nuit qu’il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâces, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ». Pareillement aussi, après le souper, il prit la coupe en disant : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi ». Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11, 23-26).

Si vous considérez soigneusement ce passage, vous verrez qu’il n’y est nullement question (comme aussi partout ailleurs dans le Nouveau Testament) d’un homme établi, soit pape, cardinal, archevêque, évêque, curé ou pasteur, pour présider à la table du Seigneur.

C’est la table du Seigneur et la cène du Seigneur.

Le Seigneur Lui-même était à la tête de la table quand Il institua la cène, et elle est essentiellement Sa table encore. Un homme qui préside là, sous n’importe quelle forme, quelles que soient ses intentions, méconnaît les droits de Christ. Le Seigneur engage Ses disciples à dresser Sa table, et les invite comme Ses hôtes honorés, à y participer en mémoire de Lui. Il se rencontre là avec eux. Les siens étant assis autour de la table, jouissant de Sa communion, le Saint Esprit qui demeure dans l’Assemblée de Dieu, produit dans les cœurs la louange et les actions de grâces, ce culte qui est agréable à Dieu (Jean 4, 23 ; Héb. 10, 19-22 ; 13, 15 ; 1 Pier. 2, 5). Il est Lui-même pleinement suffisant, et Il conduit qui Il veut à rendre grâces, et à rompre le pain auquel tous participent, se le faisant passer l’un à l’autre, et de même pour la coupe. Si nous dépendons du Seigneur, le Saint Esprit dirigera tout pour la gloire de Dieu. « Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre mais de paix, comme dans toutes les assemblées des saints » (1 Cor. 12, 7-11 ; 14, 23-40).

De plus, l’apôtre dit : « Je parle comme à des personnes intelligentes : jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps du Christ ? Car nous qui sommes plusieurs sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain » (1 Cor. 10, 15-17).

L’apôtre s’adresse aux chrétiens comme à des personnes intelligentes, les exhortant à juger de ce qu’il disait ; et les versets qui précèdent montrent clairement comment nous devons participer à la table du Seigneur. Le pluriel est constamment employé, montrant ainsi qu’il n’est nullement question d’un homme ayant l’office de président : c’est la coupe que nous bénissons, le pain que nous rompons ; car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps. Le pensée de Dieu est que le pain et le vin de la cène passent de l’un à l’autre, montrant ainsi un intérêt commun dans la mort de Christ.

Il est important de remarquer aussi que l’apôtre, écrivant aux Corinthiens, dit : « la coupe que nous bénissons, le pain que nous rompons », non, que vous bénissez, que vous rompez, comme si l’assemblée de Corinthe eût été indépendante. Et il continue disant : « car nous qui sommes plusieurs sommes un seul pain, un seul corps », ce qui montre clairement l’unité de tous les saints partout. Christ est la tête du corps, l’Église (Col. 1, 18). « Car de même que le corps est un, et qu’il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ. Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, etc. » (1 Cor. 12, 12, 13).

Le Seigneur, aux jours de Paul, avait une seule table, et tous les saints partout n’étaient qu’un ; et ceux qui étaient fidèles, se souvenaient du Seigneur à cette table. L’homme a dressé depuis plusieurs tables ; mais la chute et la volonté propre de l’homme n’ont en rien altéré la Parole de Dieu ; et chaque chrétien est responsable, au milieu de la ruine actuelle, de voir où se trouve la table du Seigneur pour y rappeler Sa mort.

Mais n’oublions pas, en jouissant de ce précieux privilège, de nous juger nous-mêmes. Participer au mémorial de l’amour de Christ sans cela, c’est manger indignement, ne distinguant pas le corps, et être coupable à l’égard du corps et du sang du Seigneur (1 Cor. 11, 27-29). Une telle indifférence attirerait sûrement sur nous le jugement gouvernemental de Dieu, comme dans le cas des Corinthiens ; car Il ne veut pas nous condamner avec le monde (1 Cor. 11, 30-32). « Mais que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe » (1 Cor. 11, 28).

Nous pourrions donner beaucoup plus de détails en rapport avec cette importante vérité, mais ce qui précède suffira au but que nous avons devant nous. — Cher lecteur chrétien, que le Seigneur vous donne de méditer ce sujet, et, comme les Béréens d’autrefois, sondez les Écritures pour voir si les choses sont ainsi : et étant persuadé de la pensée du Seigneur à cet égard, répondez-y coûte que coûte pour Sa gloire.

« Si ton œil est simple, ton corps tout entier sera plein de lumière » (Matt. 6, 22).



  1. Rompre le pain était le terme employé communément pour un repas ordinaire, et nous l’avons quelquefois avec cette signification (voyez Luc 24, 30-35 ; Act. 20, 11 ; 27, 35, 36) ; mais il est employé d’autres fois pour le souper du Seigneur.