Messager Évangélique:Explication de passages (enfer)

De mipe
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Il est temps que nous répondions quelques mots aux demandes de notre frère S., que l’on peut relire à la page 80 ci-dessus.

Au fond, le mot enfer ne se trouve pas dans l’Écriture ; il vient du latin et veut dire : les lieux bas ou inférieurs. Toutefois si le mot n’est pas dans les Écritures, la réalité d’un lieu de tourments y est présentée fréquemment.

Les termes du texte original, qui ont été rendus quelquefois par enfer sont, dans l’hébreu shéol. Or shéol se trouve soixante-cinq fois dans l’Ancien Testament : Martin le traduit cinquante-six fois par sépulcre ; deux fois par gouffre (Nomb. 16, 30, 33) ; deux fois par bas lieux ou lieux les plus bas de la terre (Deut. 32, 22 ; Amos 9, 2) ; deux fois par l’abîme ou les abîmes (Job 11, 8 ; 26, 6) ; deux fois par fosse (Job 14, 13 ; Ps. 55, 15) et une seule fois par les enfers (És. 57, 9).

Le mot corrélatif, dans le Nouveau Testament, est hadès, qui s’y trouve onze fois, savoir : Matt. 11, 23 ; 16, 18 ; Luc 10, 15 ; 16, 23 ; Apoc. 1, 18 ; 6, 8 ; 20, 13, 14, où Martin l’a rendu par enfer ; et Actes 2, 27, 31 et 1 Cor. 15, 55, où il l’a traduit par sépulcre.

La Version nouvelle, avec beaucoup de raison, a conservé partout le mot hadès, qui signifie proprement lieu invisible. Nous avons encore, pour désigner ce que l’on a appelé enfer, le mot géhenne, qui vient des mots hébreux Gué-Hinnom, vallée de Hinnom (Jos. 15, 8) ou Gué-Ben-Hinnom (même verset de Josué ; 2 Rois 23, 10, etc.). C’était une vallée délicieuse au sud-est de Jérusalem. Agréable et fertile, elle était couverte d’arbres verdoyants, et l’on y trouvait les jardins des rois. Plus tard Jérusalem rebelle, idolâtre et adultère, sacrifia sous ses ombrages, et entendit les cris des enfants qu’on y brûlait dans les bras de Moloc. Josias le réformateur mit fin aux abominations qui s’y commettaient ; il profana cette vallée, dit l’auteur sacré, et on ne la nomma plus qu’avec horreur (Topheth) ; cf. Jérémie 19, 13. Elle devint une place maudite, un lieu d’exécution pour les criminels, et la grande voirie de Jérusalem. Son nom de Gué-Hinnom, ou en grec Gehenna, que l’on a traduit par géhenne, servit à désigner les malheurs temporels et éternels les plus affreux. Vous le trouverez douze fois dans le Nouveau Testament : Matt. 5, 22, « la géhenne de feu », 29, 30 ; 10, 28 ; 18, 9, « la géhenne du feu » ; 23, 15, « fils de la géhenne », 33, « jugement de la géhenne » ; Marc 9, 43, 45, 47, « la géhenne de feu » ; Luc 12, 5 ; Jacq. 3, 6, « la langue… est enflammée de l’enfer » (grec : de la géhenne).

Il est aussi question de l’abîme ou d’un abîme. Luc 8, 31 : Légion conjurait le Seigneur de ne pas leur commander de s’en aller dans l’abîme. Rom. 10, 7 : La justice par la foi parle ainsi : Ne dis pas en ton cœur… : « Qui descendra dans l’abîme… pour faire monter Christ d’entre les morts ? ». Apoc. 9, 1, 2 : « La clef du puits de l’abîme » est donnée à un ange, qui ouvre le puits de l’abîme, et il en monte une fumée, par laquelle le soleil et l’air sont obscurcis ; et de la fumée sortent des sauterelles sur la terre… Ces terribles sauterelles ont sur elles un roi (v. 11), l’ange de l’abîme, dont le nom en hébreu est Abaddon, et en grec Apollyon. — Au chap. 11, 7, la bête qui monte de l’abîme, fait la guerre aux deux témoins et les tue. chap. 17, 8 : La bête… était et n’est pas, et va monter de l’abîme et aller à la destruction. Enfin le chapitre 20, 1-3 nous montre un ange ayant la clé de l’abîme, qui lie Satan d’une grande chaîne et le jette dans l’abîme.

Quant aux souffrances ou aux tourments de l’enfer, ils sont désignés par diverses expressions, telles que : « le feu éternel » (Matt. 18, 8), « le feu inextinguible, où le ver ne meurt point et où le feu ne s’éteint point » (Marc 9, 45), « les peines éternelles » (Matt. 25, 46), « le jugement éternel » (Marc 3, 29), « une punition éternelle » (2 Thess. 1, 9), « des chaînes éternelles » (Jude 6) ; « les ténèbres du dehors où seront les pleurs et les grincements de dents » (Matt. 8, 12, etc.), « l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort » (Apoc. 20, 14 ; 21, 8).

Ces images indiquent assez que l’enfer sera un séjour affreux et que les tourments n’y cesseront jamais. Mais sont-ce là seulement des images, des figures ? C’est ce que nous n’oserions certes pas affirmer.

Voilà ce que l’Écriture nous apprend sur cette redoutable vérité. Aller plus loin, discuter, comme plusieurs l’ont fait, sur la nature du feu de l’enfer, etc., ce serait s’exposer à substituer les rêves de l’imagination humaine aux enseignements de la Parole. Arrêtons-nous donc ici, et bénissons Dieu, de ce qu’il nous a choisis dès le commencement pour le salut… pour que nous obtenions la gloire de notre Seigneur Jésus Christ (2 Thess. 2, 12, 13). « Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus Christ, qui est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui » (1 Thess. 5, 9, 10).



(voir complément ici et ici)