Traité:L’assurance du salut

De mipe
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

W. Trotter 1878

L’importance d’être assuré de son salut est, semble-t-il, tellement évidente, qu’il peut paraître superflu de s’arrêter à la démontrer. Cependant, parmi ceux qui pourront lire ces pages, combien n’y en aura-t-il pas, peut-être, qui sont encore privés d’une telle assurance ! C’est à ces derniers que les lignes suivantes sont tout spécialement adressées.

Examinons d’abord cette question, chers lecteurs, relativement à votre sûreté et à votre paix. Je suppose naturellement que vous croyez à l’existence de Dieu et que vous reconnaissez que la Bible est la Parole de Dieu ; que vous croyez à un jugement à venir et désirez être prêts pour ce moment solennel ; en un mot, que vous appartenez à cette nombreuse classe de personnes qui admettent, d’une manière générale, toutes les vérités du christianisme, et qui sont, plus ou moins souvent, préoccupées des réalités éternelles, mais pour qui la grande question de l’éternité n’est pas encore définitivement résolue. Quelquefois vous espérez être chrétiens, et d’autres fois vous craignez de ne pas l’être. Mais si, en quelque temps que ce soit, l’on vous demandait : « Savez-vous si vous êtes chrétiens ? Êtes-vous assurés de votre salut ? » vous sentiriez aussitôt que c’est là un point non encore réglé pour vous. C’est à la conscience de chacun de ceux qui liront ces paroles de juger si elles décrivent fidèlement son état intérieur.

Comment, cher lecteur, pouvez-vous supporter de vivre dans l’incertitude sur un tel sujet ? Si vous étiez systématiquement incrédule, vous moquant — comme, hélas ! tant d’hommes le font — du nom de Christ et de la majesté de Dieu, traitant légèrement le péché, et vous riant de l’idée de l’éternité ; quoiqu’on pût déplorer votre condition, cependant on ne s’en étonnerait pas. Si vous ne croyiez pas en Dieu, il ne serait pas surprenant que vous n’éprouvassiez aucune inquiétude à ne pas être assuré de Sa faveur. N’attendant rien après cette vie, il serait naturel que vous ne vous missiez nullement en peine de vous préparer pour un avenir auquel vous ne croiriez pas. Ou même, si vous étiez, sinon ouvertement incrédule, du moins tellement insoucieux des choses qui se rapportent à l’éternité, et si entièrement, si exclusivement adonné aux plaisirs de ce monde que vous ne pensiez ni à votre âme, ni à l’éternité, ni à Dieu, ni à Christ, ni au jugement à venir — on pourrait s’affliger de votre aveuglement et de votre folie, mais non s’étonner de vous voir demeurer dans l’incertitude sur des sujets qui ne réveillent en vous que la plus grande indifférence. Mais croire à ces choses, dire que vous y croyez, ou même témoigner un intérêt réel pour votre avenir éternel, paraître quelquefois désirer sérieusement le salut ; puis passer des semaines, des mois, des années dans l’incertitude à ce sujet — voilà, certes, une énigme, un mystère incompréhensible !

S’il s’agissait d’autre chose, vous ne pourriez ainsi demeurer en suspens. Vous savez ce que c’est que de veiller auprès du lit d’une personne aimée, d’un père ou d’une mère, d’un enfant ou d’une épouse, par exemple, lorsque, dans l’angoisse, vous attendez, comme suspendu aux lèvres du médecin, l’arrêt qui doit ranimer ou détruire vos espérances, confirmer ou dissiper vos craintes. Pourriez-vous supporter longtemps une pareille incertitude ? Qui n’a pas été témoin de l’intérêt mêlé d’appréhension (même chez de simples spectateurs), avec lequel l’audience d’un tribunal attend le verdict du jury dans une question de vie ou de mort ? Et si telle est l’attente de personnes étrangères, qui peut concevoir l’agonie du prisonnier lui-même, ou, plus encore, des personnes qui lui sont le plus attachées, et qui, les yeux fixes et le cœur défaillant, cherchent à lire sur la physionomie de chacun des jurés quel sera le sort du prévenu, avant même qu’un seul mot de la sentence ait été prononcé ? Quelque solennelles que soient de semblables scènes, elles ne peuvent cependant (à moins d’impliquer la destinée éternelle de ceux qu’elles concernent) être comparées avec l’affaire de votre éternel salut. Oh ! si seulement vous croyiez réellement qu’il y a un Dieu, un ciel, un enfer, un Sauveur, comment pourriez-vous vivre tranquilles sans être assurés que ce Sauveur est aussi le vôtre, que l’enfer est fermé pour vous et que les joies éternelles des demeures célestes vous sont réservées ? Ce qui est étonnant, c’est que vous puissiez prendre votre nourriture, ou reposer sur votre oreiller, ou vous occuper de quoi que ce soit, avant que la grande question de l’éternité soit résolue pour vous.

Souvenez-vous aussi, bien-aimé lecteur, que vous êtes ou dans la faveur ou dans la défaveur de Dieu, et que le sentier le long duquel vous précipitez vos pas conduit infailliblement ou au ciel ou en enfer. Votre doute sur ce que peut être l’issue de votre course, n’apporte pas le moindre changement au fait. Vous entrez dans un wagon de chemin de fer au moment où le train quitte la métropole. Peu après, un passager s’informe du lieu de votre destination. « Je compte arriver à Marseille », répondez-vous. — « À Marseille, monsieur ? Vous allez directement à Bruxelles ! » — « Sûrement vous vous trompez, dites-vous ; j’ai bien eu quelques doutes, je ne suis pas même encore bien certain de la chose, mais je pense pourtant que j’arriverai à Marseille ». — « Monsieur », réplique votre compagnon, « vous tournez le dos à Marseille, et chaque nouveau kilomètre que vous faites vous en éloigne d’autant et vous rapproche de Bruxelles. Soyez-en persuadé et descendez à la première station que nous atteindrons ». Je pense, cher lecteur, que vous agiriez plus prudemment en pareille circonstance. Vous savez bien que, si vous voyagez dans une mauvaise direction, votre incertitude sur la question de savoir si vous êtes sur la bonne ou sur la fausse voie ne change absolument rien à la chose, et c’est pourquoi vous vous en assurez avant de partir. Mais dans cette question si importante d’une vie éternelle ou d’une mort éternelle, vous vous contentez d’incertitudes. Vous avancez, avec une rapidité plus grande que celle d’un convoi de chemin de fer, ou bien vers l’éternelle félicité ou bien vers d’éternels tourments. Lequel des deux ? « Je n’en suis pas bien certain », dites-vous. S’il en est ainsi, il se peut donc, suivant votre propre aveu, que vous vous trouviez sur la voie large qui mène à la perdition. « J’espère bien qu’il n’en est rien », répondez-vous. Cette espérance peut-elle donc modifier ou changer le fait lui-même ? Si vous êtes sur le chemin de la mort, votre fausse espérance peut vous endormir dans une funeste illusion, mais elle ne peut faire de la voie large qui mène à la ruine le sentier étroit qui aboutit à la vie. D’un autre côté, si vous êtes réellement sauvé et que vous tendiez vers la cité céleste, combien ne vous sera-t-il pas avantageux, pour votre paix et votre avancement, d’être dans une entière certitude à cet égard !

En réalité, si votre conscience est tout à fait réveillée, si vous vous voyez en présence de Dieu et que vous sentiez le poids de la culpabilité et de la condamnation que votre nature pécheresse et vos actions mauvaises font peser sur vous, vous ne pourrez demeurer sans assurance au sujet de votre salut. Il se peut que vous ne la possédiez pas immédiatement ; mais jusqu’à ce que vous l’ayez en partage vous ne connaîtrez pas la véritable paix. Plût à Dieu qu’il y en eût davantage qui sentissent ainsi le tourment du péché, le fardeau de leurs fautes et de leur condamnation ! La conversion, ou ce qui en usurpe le nom, ne serait pas alors quelque chose de superficiel, de vide et de passager, comme ce n’est que trop souvent le cas de nos jours.

Lecteur, je t’en conjure, ne demeure pas plus longtemps sans l’assurance de ton salut. S’il n’était pas possible de l’obtenir, et que Dieu l’eût ainsi déclaré, ce serait autre chose. L’éternité est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux chances d’un « peut-être » ou d’un « j’espère ». Ne te contente pas de pouvoir dire : « J’ai l’espérance d’être sauvé », ou : « Je pense que je suis sur le chemin du ciel ».

Ou bien nous sommes pardonnés, ou bien nous ne le sommes pas. Nous sommes ou « enfants de Dieu par la foi dans le Christ Jésus », ou « des enfants de colère comme les autres ». Vous devez pouvoir dire avec certitude quel est votre état. Oh ! n’ayez pas de repos jusqu’à ce que vous le puissiez. Si votre maison brûlait et que vous ne sussiez pas si les flammes pourront être arrêtées, quelle sorte de paix auriez-vous avant d’en être assuré ? Si vous receviez une lettre qui, jusqu’à l’arrivée d’un second courrier, vous laissât dans l’indécision sur la question de savoir si vous êtes en état de faillite, si votre femme et vos enfants sont réduits à la mendicité, quelle paix pourriez-vous éprouver dans l’intervalle ? Si vous appreniez qu’un navire, à bord duquel se trouvait quelque ami ou quelque parent bien-aimé, vient de faire naufrage, que la plupart des passagers ont péri, mais que quelques-uns, dont on n’a pas spécifié les noms, ont pu être sauvés, avec quelle impatience mêlée d’angoisse n’attendriez-vous pas que d’autres nouvelles plus complètes vinssent mettre fin à votre incertitude ! Un chrétien pourra, il est vrai, demeurer en paix dans de telles circonstances et même dans de pires, précisément parce qu’il est chrétien et que, par conséquent, il connaît son Sauveur et son Dieu. Mais que sont toutes ces choses comparées à la question touchant laquelle vous êtes encore dans l’incertitude ? Regarder à Dieu, et ne pas savoir s’Il est votre Père en Christ ; lever les yeux vers le ciel, et ne pas savoir si vous y avez un héritage ; penser à l’enfer, avec la conscience que vous l’avez mérité et que vous êtes exposé à y entrer, et ne pas savoir si vous êtes délivré de la colère à venir ! Penser de même à l’incertitude de la vie et à la certitude que, dans peu de temps, soit que vous viviez ou non jusque-là, Christ viendra en puissance et en gloire ! Penser à cela et, s’Il venait subitement, ne pas savoir si ce serait pour vous prendre auprès de Lui ou pour vous infliger une peine éternelle loin de la présence du Seigneur et de la gloire de Sa force ! Vous coucher le soir, et ne pas savoir si vous ne vous réveillerez pas dans la perdition ! Comment peut-il y avoir aucune paix pour vous, tant que de pareilles questions restent encore sans solution ? Le Seigneur veuille qu’elles agissent avec une telle force sur votre conscience, que vous ne vous donniez plus un seul instant de repos jusqu’à ce que vous sachiez, comme une chose certaine, que vous êtes « passé de la mort à la vie ».

I

Il n’y a rien, dans le Nouveau Testament, qui ressemble à cette incertitude si générale de nos jours parmi ceux qui se nomment chrétiens, sur la question de savoir s’ils sont sauvés ou non, ou, en d’autres termes, s’ils sont chrétiens ou non.

Les épîtres sont adressées à des chrétiens sachant bien qu’ils étaient chrétiens et que, comme tels, ils étaient sauvés. Toutes les instructions qui y sont contenues tendent à les affermir dans cette assurance de leur salut. Toutes les exhortations qui leur sont adressées dans les épîtres présupposent qu’ils sont chrétiens et qu’ils ont la certitude de l’être. Tous les motifs à une conduite chrétienne sont basés là-dessus. Les deux ou trois passages qu’on pourrait alléguer pour prouver que les premiers chrétiens n’étaient pas si certains de ce fait, prouvent en réalité le contraire, quand on les examine avec leur contexte. Sans cette assurance, il ne peut y avoir ni paix durable, ni puissance sur le péché, ni force pour glorifier Dieu, ni joie dans l’attente de la venue du Christ.

Aussitôt que notre adorable Sauveur eut rassemblé autour de Lui un certain nombre de disciples, enseignés de Dieu le Père à discerner et à reconnaître en Lui le Christ, le Fils du Dieu vivant, Il se mit à leur adresser des paroles pleines de lumière, de joie et d’encouragement, telles que les suivantes : « Ne crains point, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume » (Luc 12, 32). « Toutefois, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont assujettis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux » (Luc 10, 20). « En vérité, en vérité, je vous dis, que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne viendra pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5, 24). « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent ; et moi je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main » (Jean 10, 27-28). Ces déclarations ne sont-elles pas décisives ? Puis, après Sa résurrection, voici comment Il se les associe : « Mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20, 17). Ceux qui recevaient un pareil message pouvaient-ils avoir le moindre doute quant à leur salut ? Le Sauveur ressuscité les appelant Ses frères et leur déclarant que Son Père était leur Père et Son Dieu leur Dieu — comment auraient-ils encore pu douter ?

Les épîtres sont écrites à des gens qui avaient la certitude d’être chrétiens. La première est adressée : « À tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, saints appelés »[1] (Rom. 1, 7). Maintenant, qui étaient ceux qui pouvaient recevoir cette épître comme leur étant adressée ? Qui, sinon ceux qui avaient la conscience d’être ainsi appelés par Jésus Christ, d’être les bien-aimés de Dieu ? De même, la première épître aux Corinthiens est adressée : « À l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le Christ Jésus, saints appelés »[1] (1 Cor. 1, 2). La seconde épître est : « À l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, avec tous les saints qui sont dans toute l’Achaïe ». Certainement ces personnes savaient qu’elles formaient cette assemblée de Dieu à Corinthe, ou qu’elles faisaient partie de « tous les saints qui sont dans toute l’Achaïe ». Mais nous n’avons pas besoin de nous arrêter sur chacun de ces exemples ; il suffira de les indiquer brièvement. L’épître aux Éphésiens est adressée « aux saints et fidèles dans le Christ Jésus, qui sont à Éphèse » ; celle aux Philippiens, « à tous les saints dans le Christ Jésus qui sont à Philippes » ; et celle aux Colossiens, « aux saints et fidèles frères en Christ qui sont à Colosses ». Aux saints de Thessalonique, Paul s’adresse ainsi : « À l’assemblée des Thessaloniciens, en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ ». Évidemment, dans chacun de ces cas, il faut admettre des gens qui savent que c’est bien à eux que l’épître s’adresse, et les titres qui leur sont donnés indiquent qu’ils avaient la conviction d’être chrétiens.

Mais ce ne sont pas uniquement ces espèces de formules dédicatoires qui présentent ce caractère ; nous trouvons, dans le corps de chacune de ces épîtres, une foule de passages démontrant que ceux qui les écrivaient et ceux à qui elles étaient écrites avaient cette conviction. « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ ». « Il n’y a donc, maintenant, aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus ». « L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu ». Ces passages, tirés d’une seule épître, sont cités, en passant, parmi nombre d’autres, comme les premiers qui se présentent à l’esprit. Et dans une autre épître : « Pour nous, nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu ». « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit, qui est en vous, et que vous avez de Dieu ? Et vous n’êtes point à vous-mêmes ». Que signifierait une telle question et où en serait la force, si l’apôtre ne posait pas en fait que ceux à qui il écrivait savaient qu’ils étaient, comme il le dit, le temple du Saint Esprit, qu’ils appartenaient à Christ et n’étaient pas leurs propres maîtres ? — « Or celui qui nous lie fermement avec vous à Christ et qui nous a oints, c’est Dieu, qui aussi nous a scellés, et nous a donné les arrhes de l’Esprit dans nos cœurs ». Être affermi par Dieu en Christ, avoir l’onction qui nous instruit de toutes choses (1 Jean 2, 27) et par conséquent aussi de celle-là ; être scellé ou avoir la marque attestant que nous appartenons en propre à Dieu, et avoir l’Esprit non seulement comme onction et sceau, mais aussi comme arrhes — comme avant-goût actuel des joies futures et éternelles — comment tout cela pourrait-il se faire sans l’assurance du salut ? « Car nous savons que si notre maison terrestre, qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de main, éternelle dans les cieux ». Lecteur, n’est-ce pas là de l’assurance ? L’assurance pourrait-elle s’exprimer d’une manière plus positive et plus absolue ? Qu’elle est différente de cette incertitude qui est si générale, et des paroles de doute qu’on entend si communément ! Ce n’est pas : « Je pense que tout se terminera bien » ; ou : « Je ne suis pas entièrement sans espérance ». L’apôtre ne dit pas qu’il « ne peut parler avec certitude — qu’il craint de montrer de la présomption en parlant ainsi ». Non ; mais : « Nous savons que nous avons un édifice de la part de Dieu » ; telle est sa déclaration simple, positive, aussi claire que décidée.

En écrivant aux saints de Colosses, l’apôtre, en son propre nom et au leur, dit : « Rendant grâces au Père, qui nous a rendus capables de participer au lot des saints dans la lumière ; qui nous a délivrés du pouvoir des ténèbres, et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés ». Il n’y a point là de si ni de mais. Il n’y a là aucune incertitude, mais l’assurance la plus positive. Il nous a rendus capables — Il nous a délivrés — Il nous a transportés — en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés ! Assurance bénie ! Heureuse certitude ! Puisse-t-elle habiter sans nuages dans les cœurs et de ceux qui lisent ces pages et de celui qui les a écrites !

La première épître aux Thessaloniciens nous présente des déclarations tout aussi claires et convaincantes. « Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (1, 10). « Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut, par notre Seigneur Jésus Christ » (5, 9). De même dans la seconde épître : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, dans la sainteté de l’Esprit et la foi de la vérité » (2, 13). Et encore : « Or notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par grâce, veuille consoler vos cœurs », etc. (2, 16-17). Ainsi, ce que l’apôtre témoigne de lui-même et des croyants de Thessalonique, c’est que Jésus les a délivrés de la colère à venir, qu’ils n’ont pas été destinés à la colère, mais à la possession du salut, c’est qu’ils étaient dès le commencement élus de Dieu pour le salut, c’est que le Seigneur Jésus Christ et Dieu leur Père les a aimés et leur a donné une éternelle consolation et une bonne espérance par grâce. Y a-t-il là l’ombre d’un prétexte pour ces doutes continuels et ces craintes si communes parmi les chrétiens et qui, hélas ! sont par plusieurs entretenus avec complaisance comme des marques d’humilité, comme de bons signes d’une œuvre de la grâce dans l’âme ?

Si nous continuons l’examen des épîtres, nous verrons Paul parler avec assurance de Timothée comme étant son « véritable enfant dans la foi ». C’est sans le moindre doute que ce même apôtre parle de sa propre conversion, se déclarant lui-même « le premier des pécheurs », mais ajoutant : « À cause de ceci miséricorde m’a été faite, afin qu’en moi, le premier, Jésus Christ montrât toute sa patience, afin que je fusse un exemple de ceux qui viendront à croire en lui pour la vie éternelle ». Voici en quels termes il exhorte et encourage Timothée : « Prends part aux souffrances de l’évangile, selon la puissance de Dieu, qui nous a sauvés, et nous a appelés d’un saint appel ». Qui nous a sauvés. Telle était l’assurance dans laquelle Paul se tenait ferme et dans laquelle il pose en fait que Timothée était aussi. Il écrit à Tite avec une confiance tout aussi formelle : « Dieu nous sauva, non sur le principe d’œuvres accomplies en justice, que nous, nous eussions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint, qu’il a répandu richement sur nous par Jésus Christ, notre Sauveur, afin que, ayant été justifiés par sa grâce, nous devinssions héritiers selon l’espérance de la vie éternelle » (3, 5-7).

Si nous abordons maintenant les écrits d’un autre apôtre, nous n’y trouverons pas un témoignage différent. La première épître de Pierre commence par un essor d’actions de grâces et d’expressions de joie, qui ne nous permettent pas de douter qu’il n’eût lui-même, ainsi que ceux à qui il écrivait, la pleine et entière assurance d’être sauvé. « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une espérance vivante par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage incorruptible, sans souillure, inflétrissable, conservé dans les cieux pour vous, qui êtes gardés par la puissance de Dieu, par la foi, pour un salut[2] qui est prêt à être révélé au dernier temps ». Leur assurance était si triomphante que, en elle, ils pouvaient se réjouir quoique attristés pour un peu de temps par diverses tentations. L’apôtre, leur parlant du Christ, dit : « lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse, recevant la fin de votre foi, le salut des âmes ». Ces paroles prouvent assurément, d’une manière tout à fait péremptoire, que ceux à qui elles étaient adressées n’avaient pas le moindre doute au sujet de leur salut. Et d’ailleurs, si l’on y trouvait quelque chose à désirer, le chapitre suivant comblerait la lacune. — « C’est donc pour vous qui croyez, qu’elle a ce prix ». Et encore : « Mais vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ; vous, qui autrefois n’étiez point un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous, qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde ».

Le témoignage de Jean, du disciple bien-aimé, vient ensuite. Touchant sa propre assurance, lisez ses paroles d’introduction. Elles parlent, il est vrai, d’une chose infiniment plus précieuse que l’assurance de son propre salut ; elles parlent de Celui qui est à la fois le salut et le Sauveur, et elles témoignent du merveilleux fait de Sa manifestation parmi les hommes. D’ailleurs l’apôtre n’aurait jamais pu écrire comme il le fait, s’il n’eût pas été pénétré de l’assurance la plus absolue de son salut par ce précieux Sauveur. Comme, de nécessité, le plus grand renferme le moindre, en témoignant qu’il possédait plus que l’assurance du salut, il rend doublement évident qu’il possédait cette dernière. Mais écoutez-le lui-même : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, et que nos mains ont touché, concernant la parole de la vie ; (et la vie a été manifestée ; et nous avons vu, et nous déclarons, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père, et qui nous a été manifestée) ». — « Oui, sans doute, dira peut-être le lecteur, je comprends comment le disciple qui reposait sur le sein de Jésus a pu écrire ainsi ; je le comprends même de la part de tout autre apôtre ; j’admets aussi que des chrétiens éminents et distingués peuvent, même de nos temps, être parvenus en quelque mesure à une pareille certitude. Mais est-ce bien là un privilège commun à la généralité des chrétiens ? ». Voici la réponse de l’apôtre : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons ». Pourquoi ? Est-ce peut-être afin que nous puissions le considérer, lui et les autres apôtres, comme jouissant de privilèges auxquels le commun des chrétiens ne pourrait jamais prétendre ? Non, c’est justement le contraire. « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi vous ayez communion avec nous ». Ensuite, pour montrer ce qui rendrait cette communion, ou participation avec eux, désirable, il ajoute cette étonnante déclaration : « Or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ ». On reconnaîtra bien maintenant que nous avions raison de dire, que nous avons ici quelque chose d’infiniment supérieur à la simple assurance du salut. Nous aurions pu avoir cette assurance sans rien savoir d’un privilège tel que la « communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ ». Mais Jean et les autres disciples le possédaient, et il nous déclare ce qu’il avait vu et entendu, afin que nous y participions et que nous ayons communion avec eux : « et (nous répétons ses paroles) notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ ». Puis, comme s’il voulait mettre hors de doute que c’est là notre privilège aussi bien que le sien, il ajoute : « Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit accomplie ».

À proprement parler, ce n’est qu’au chapitre 2 que le sujet de l’assurance du salut est abordé. Et qui sont ceux qui sont représentés comme en jouissant ? Sont-ce les chrétiens âgés et avancés que l’apôtre appelle « pères » ? Non. Sont-ce les chrétiens actifs, zélés, énergiques, qui, au milieu de la chaleur du combat et sous la pression de l’épreuve, reçoivent de l’apôtre le titre de « jeunes gens » ? Non. Ces deux classes de chrétiens possédaient certainement l’assurance du salut, mais il n’en dit rien ni aux uns ni aux autres. Voici ses paroles : « Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom ». Et encore : « Je vous écris, petits enfants, parce que vous connaissez le Père ». Nous voyons par là que le pardon des péchés et la connaissance du Père sont les attributs des « petits enfants » — des nourrissons en Christ. N’est-il donc pas évident que ce doit être le privilège, la part de tous les croyants ?

Le chapitre 3 s’ouvre par cette exclamation : « Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu ! ». Et l’apôtre dit ensuite : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est ». Cette certitude pouvait-elle être plus fortement exprimée ? « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ». Ainsi, en dictant cette épître, le Saint Esprit avait, entre autres choses, pour objet, de sanctionner l’assurance et de fortifier la foi de ceux qui croyaient au nom du Fils de Dieu. Il écrit à ceux qui croient ainsi, afin qu’ils continuent de croire et que leur croyance s’affermisse. Bien plus, il leur écrit afin qu’ils sachent qu’ils ont la vie éternelle : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier gît dans le méchant. Or nous savons que le Fils de Dieu est venu ; et il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, dans son Fils Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle ». Pourrait-il y avoir une assurance plus absolue ? Il n’est pas étonnant que celui qui l’exprime ainsi, s’écrie ailleurs, au commencement du dernier livre des Écritures, par rapport à lui-même et à ses frères : « À Celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; — et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; — à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen ». Il est aisé, à la lumière d’une assurance si parfaite, de comprendre ce que nous trouvons à la fin du livre de l’Apocalypse, où Jésus ayant annoncé Sa prochaine venue, l’apôtre, au nom de l’Église entière, répond : « Amen ; viens, Seigneur Jésus ! ». Qui pourrait invoquer ainsi le prompt retour et l’arrivée du Seigneur Jésus, sans connaître avec assurance ce même Jésus comme son Sauveur ? Et qui est-ce qui, considérant attentivement les passages qui ont été cités, pourra encore ignorer ou mettre en doute que l’Écriture enseigne positivement que l’état vrai, le privilège spécial du chrétien est d’être entièrement assuré de son salut ?

II

Toutes les exhortations contenues dans les épîtres supposent comme un fait, que ceux à qui elles sont adressées sont chrétiens et qu’ils le savent. Tous les mobiles d’une conduite chrétienne ont cette assurance pour base. Faut-il donc s’étonner de la marche misérable et mondaine des chrétiens en général, lorsqu’un si grand nombre d’entre eux sont privés d’une assurance sereine et ferme de leur salut ?

Aussi longtemps qu’une personne, intérieurement travaillée et inquiète de son salut, n’est pas assurée de le posséder, le salut n’est encore pour elle qu’un objet de recherche ; quiconque aussi connaît la propre justice du cœur humain ne peut ignorer qu’en une telle personne l’espérance d’obtenir le salut sera le premier mobile de la plupart de ses efforts, sinon de tous, pour servir Dieu. N’est-ce pas là le christianisme le plus commun de nos jours ? Accomplir des devoirs, se conformer à des ordonnances, dans l’espérance de se ménager ainsi une part aux mérites de Christ et à la faveur de Dieu ! Mais à quoi peut aboutir une telle religion ? Si nous sommes trompés par notre propre justice, au point de supposer que la faveur de Dieu puisse être achetée et qu’on puisse gagner une part aux mérites du Christ, l’égoïsme de nos cœurs nous conduira à faire, pour ainsi dire, trafic de nos craintes. Nous nous efforcerons de nous procurer le ciel ou un titre à sa possession, à un prix aussi bas que possible. Les Juifs, en cherchant à établir leur propre justice, donnaient bien plus d’importance à la loi cérémonielle qu’à la loi morale, et ils ajoutaient à l’une et à l’autre nombre de traditions qui annulaient les commandements de Dieu. Il en est de même parmi les chrétiens de nos jours. Pourquoi les questions si souvent répétées : « Est-il mal d’agir ainsi ou ainsi ? — Telles ou telles choses sont-elles essentielles au salut ? ». Qu’est-ce que de pareilles questions prouvent, sinon que l’un des deux yeux est dirigé vers le ciel, l’autre vers la terre, et que le cœur cherche à retenir des choses du monde autant qu’il peut le faire sans préjudice pour le droit qu’il croit avoir de posséder le ciel ? Comment le dévouement chrétien est-il produit ? « L’amour du Christ nous étreint », voilà la réponse. Si nous savons réellement que Dieu nous a sauvés gratuitement, par Sa grâce ; que le Christ est mort pour nous, qu’Il est ressuscité et qu’il y a un héritage conservé pour nous dans les cieux, nous avons un nouveau mobile d’activité et un nouvel objet en vue. Le mobile vient d’être indiqué ; quant à l’objet, il nous est présenté par l’apôtre dans le même passage : « Car l’amour du Christ nous étreint, en ce que nous avons jugé ceci, que si un est mort pour tous, tous donc sont morts, et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité » (2 Cor. 5, 14-15). Ceux qui vivent ! Oui, sans doute ; tous ceux qui possèdent réellement cette précieuse assurance, ont une nouvelle vie (à la vérité tous ceux qui sont sauvés possèdent cette vie, mais tous n’en ont pas la conscience), et cette vie se manifeste en demandant, non pas : « Par quelle petite mesure de dévouement puis-je gagner le ciel ? Ceci ou cela est-il essentiel au salut ? » mais : « Comment puis-je glorifier Celui qui mourut et ressuscita pour moi ? Que puis-je donner en retour à Celui qui m’a aimé et m’a lavé de mes péchés dans son propre sang ? ». Quel contraste ! L’égoïsme fait tout juste ce qui lui paraît suffisant pour s’assurer l’objet qu’il a en vue. L’amour ne demande pas combien peu il devra faire, mais il fait tout ce qu’il peut pour le service et pour la gloire de l’objet de sa gratitude et de ses délices. C’est sur cette base que reposent toutes les exhortations, tous les préceptes chrétiens : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements ».

La loi étant, en réalité, la pierre de touche de la capacité de l’homme à subsister par sa propre justice, avait un fondement tout opposé. Elle exigeait l’amour et tous les fruits de l’amour, faisant dépendre la vie ou la mort de la manière dont on satisfaisait à cette exigence. « L’homme qui aura pratiqué ces choses vivra par elles ». Voilà son langage. Son premier effet était d’engager l’homme à gagner la vie par ses œuvres ; le second, de le convaincre, d’une manière écrasante, que tous ses efforts étaient inutiles. « S’il avait été donné une loi qui eût le pouvoir de faire vivre, la justice serait en réalité sur le principe de la loi » (Gal. 3, 21). Mais il n’y en eut point et il ne pouvait point y en avoir. Toute loi, émanant d’un Dieu saint, doit condamner des pécheurs impies et souillés, et comme c’est là ce que nous sommes tous, il n’y a pour nous, sur une pareille base, aucune espérance de vie. « L’Écriture a renfermé toutes choses sous le péché, afin que la promesse, sur le principe de la foi en Jésus Christ, fût donnée à ceux qui croient ». Si nous avions été sans péché, nous n’aurions pas eu besoin d’un Sauveur. Penser à obtenir la vie par des œuvres revient à dire qu’il n’était pas nécessaire que le Christ mourût. « Si la justice est par la loi, Christ est donc mort pour rien » (Gal. 2, 21). La condamnation, la malédiction et la mort sont tout ce que la loi peut nous procurer. La justice, la bénédiction et la vie sont ce que nous recevons en Celui et par Celui qui mourut et ressuscita pour nous. « Les gages du péché, c’est la mort ». Le péché étant la seule œuvre que nous ayons accomplie, la mort est le seul salaire que nous ayons mérité. Ce salaire, Dieu en soit béni, a été payé en entier par un autre, par Celui qui s’interposa pour nous en amour ; et maintenant « le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur ». C’est comme ayant reçu ce don, et connaissant dès lors la sécurité de notre position, aussi bien que la riche et libre grâce qui nous l’a assignée, que nous sommes exhortés par les épîtres à marcher d’une manière digne de notre appel. Passons maintenant aux preuves qu’en donne la Parole de Dieu.

L’épître aux Romains en fournit une frappante. Cette épître est divisée en trois parties. La première, comprenant les chapitres 1 à 8, est un exposé complet de notre état naturel et de l’application, à cet état, de la sainte loi de Dieu ; puis de la rédemption par le Seigneur Jésus Christ et de tous les glorieux résultats de cette rédemption. Cette partie du livre se termine par ces accents si connus et si triomphants : « Que dirons-nous donc à ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?… Qui intentera accusation contre des élus de Dieu ? — C’est Dieu qui justifie ; qui est celui qui condamne ?… Car je suis assuré que ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni choses présentes, ni choses à venir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus, notre Seigneur ». C’est là certainement l’assurance du salut ! Si le langage peut exprimer une pareille assurance, nous en avons ici l’expression.

La seconde partie de l’épître, à savoir les chapitres 9 à 11, traite de l’application du contenu de la première aux relations spéciales de Dieu avec Israël, Son peuple terrestre ; et la troisième division, du chapitre 12 à la fin, contient de nombreuses exhortations au dévouement pratique et à l’obéissance. Mais comment ces exhortations sont-elles amenées ? « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent ». Les compassions de Dieu, Ses compassions envers nous, développées dans les chapitres 1-8 et résumées dans le passage déjà cité ; Ses compassions envers Israël, décrites dans les chapitres 9-11 — voilà sur quoi il se fonde pour nous exhorter, nous, « ses frères », à nous dévouer à Dieu dans le sentier de l’obéissance, clairement indiqué dans les exhortations qui viennent ensuite. Comment puis-je sentir la force d’un pareil appel, si je mets en doute que j’aie part à ces compassions de Dieu, qui en sont le fondement ? Comment ces exhortations peuvent-elles avoir une bonne influence sur moi, si je n’ai pas l’assurance d’être un de ces « frères » en Christ à qui elles sont adressées ?

Mais ce n’est pas là toute la preuve fournie par cette épître aux Romains. Il y a des exhortations dans la première partie aussi bien que dans la troisième. Qu’est-ce qui sert de base à toutes ? « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrons-nous encore dans le péché ? ». « Sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé pour que nous ne servions plus le péché ». Quelle influence de tels appels peuvent-ils avoir sur le cœur de celui qui doute s’il est uni à Christ et, par conséquent, mort au péché ; si son vieil homme est crucifié avec Christ ? Écoutez encore : « De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus. Que le péché donc (remarquez cette expression) ne règne point dans votre corps mortel, pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci ». Puis, au verset suivant : « Livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme d’entre les morts étant [faits] vivants — et vos membres à Dieu, comme instruments de justice. Car le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce ». Il est évident que de pareilles exhortations ne sont intelligibles que pour ceux qui non seulement sont chrétiens, mais encore qui savent qu’ils le sont. Toute l’argumentation du chapitre pose en fait que ceux à qui elle est adressée sont assurés de leur salut.

Ensuite, si nous en venons aux détails des exhortations contenues dans la dernière division du livre, nous trouverons qu’elles sont aussi empreintes du même caractère. Sommes-nous exhortés à l’humilité et à un emploi diligent des dons qui nous ont été confiés ? C’est comme étant « un seul corps en Christ, et chacun individuellement membres l’un de l’autre ». Nous sommes exhortés à être, « quant à l’amour fraternel, pleins d’affection les uns pour les autres ». Qui sont ceux que l’apôtre désigne par ces paroles : « les uns pour les autres » ? Ce sont assurément les « frères » mentionnés dans le premier verset du chapitre, lesquels jouissent tous de la commune assurance d’être frères et membres les uns des autres, en étant frères et membres du Christ. « Se réjouissant dans l’espérance », voilà ce que ne pourraient faire ceux qui ne sont pas certains de posséder un droit à ce qui est l’objet de l’espérance. Nous sommes exhortés à nous recevoir les uns les autres ; mais de quelle manière ? « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». Qui peut douter que cela n’établisse l’assurance du salut comme existant en ceux à qui l’apôtre s’adresse ? Si cela n’était pas, ces exhortations seraient dénuées de sens, sans but et sans efficace.

Dans 1 Corinthiens 3, 21-23, l’apôtre exhorte les saints de Corinthe à ne pas se glorifier en l’homme. Pourquoi ? « Car toutes choses sont à vous, soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit monde, soit vie, soit mort, soit choses présentes, soit choses à venir : toutes choses sont à vous, et vous à Christ, et Christ à Dieu ». Ici, de même qu’ailleurs, les chrétiens sont présentés comme le peuple de Dieu et comme Lui appartenant, par opposition aux inconvertis qui sont « du monde ». Quel effet une parole comme celle-ci : « Vous êtes à Christ », pourrait-elle avoir sur les cœurs de ceux qui n’auraient pas la certitude de Lui appartenir ? En les mettant en garde contre le danger de porter un même joug avec les infidèles, toutes les considérations dont il appuie cet avertissement impliquent que ceux à qui il s’adresse ont la conscience d’être eux-mêmes des croyants, des justes, des enfants de lumière, des membres du Christ. Enfin il dit : « Et quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, selon ce que Dieu a dit : J’habiterai au milieu d’eux, et j’y marcherai, et je serai leur Dieu et eux seront mon peuple » (2 Cor. 6, 16).

Si nous consultons l’épître aux Éphésiens, nous verrons que les trois premiers chapitres traitent de la merveilleuse vocation de l’Église, et que les trois derniers exposent la marche qui est en rapport avec cette vocation. Cette dernière partie de l’épître commence ainsi : « Je vous exhorte donc, moi, je prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés ». Les exhortations contenues dans cette dernière partie, sont si complètement basées sur la jouissance consciente des privilèges développés dans la première, que chaque point de doctrine, dans l’une, sert, dans l’autre, de base à un précepte ou à une recommandation. Si, dans la première partie, nous lisons : « En qui (Christ) nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes » ; dans la dernière nous trouvons cette exhortation correspondante : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné ». Dans la première partie nous lisons : « (Dieu) nous ayant prédestinés pour nous adopter à soi par Jésus Christ » ; et dans la seconde : « Soyez donc imitateurs de Dieu, comme de bien-aimés enfants ». Dans la première partie : « Auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse » ; et dans la dernière : « N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption ». Si, dans le premier chapitre, il est parlé des richesses de la grâce de Dieu, « laquelle il a fait abonder envers nous en toute sagesse et intelligence, nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté » ; dans le chapitre 5, nous trouvons cette exhortation : « Prenez donc garde de marcher soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages » ; et encore : « C’est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur ». Ainsi, tout le long de l’épître, nous ne voyons pas : « Faites ceci ou cela, afin que vous soyez bénis », mais : « Dieu vous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ », afin que vous marchiez « selon sa volonté ». « Car vous étiez autrefois ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez comme des enfants de lumière ». Sur qui donc, sinon sur ceux qui avaient la conscience d’être ainsi bénis, d’être ainsi enfants de lumière, ces exhortations pouvaient-elles produire de l’effet ?

Dans l’épître aux Colossiens, nous retrouvons la même chose : « Comme donc vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en lui ». « Vous êtes accomplis en lui ». « C’est en lui aussi que vous avez été circoncis ». « Ayant été ensevelis avec lui dans le baptême, dans lequel aussi vous avez été ressuscités ensemble par la foi en l’opération de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts ». « Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans l’incirconcision de votre chair, il vous a vivifiés ensemble avec lui, nous ayant pardonné toutes nos fautes ». Nous voyons par là ce qu’ils étaient et ce qu’ils avaient été. Or, quelles sont les conclusions que tire de tout ceci l’apôtre, ou plutôt le Saint Esprit ? Écoutez : « Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde, établissez-vous des ordonnances ? ». Puis encore : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ». Puis : « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, qui est votre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire. Mortifiez donc vos membres qui sont sur la terre, la fornication, l’impureté, les affections déréglées, la mauvaise convoitise, et la cupidité, qui est de l’idolâtrie ». Vous le voyez, il n’y a pas : « Il vous faut mourir pratiquement au monde, à vous-mêmes et au péché, et vivre pratiquement à Dieu, afin que vous soyez morts avec le Christ et que vous puissiez vivre avec Lui ». Non ; mais il y a : « Vous êtes morts » ; — « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ; — mortifiez donc vos membres qui sont sur la terre ». Maintenant, si c’est parce que « je suis mort avec le Christ » que je dois en pratique mourir aux choses d’en bas ; si c’est parce que « je suis ressuscité avec Lui » que je dois rechercher les choses d’en haut, alors, évidemment, je dois savoir que je suis mort avec Lui et ressuscité avec Lui, ou bien la marche qui m’est ici prescrite, comme résultant de ces deux faits, ne sera jamais qu’illusoire. De plus, si nous en venons aux détails de cette épître, nous trouvons la même chose : « Ne mentez point l’un à l’autre, ayant dépouillé le vieil homme avec ses actions, et ayant revêtu le nouveau », etc. « Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité, vous supportant l’un l’autre, et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ». Assurément, ceci est concluant. Comment puis-je être engagé à pardonner à mon frère, parce que Christ m’a pardonné, si je doute encore que Christ m’ait pardonné ?

Les écrits de l’apôtre Pierre établissent cette vérité et la développent d’une manière complète. « C’est pourquoi, ceignant les reins de votre entendement, et étant sobres, espérez parfaitement dans la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus Christ — comme des enfants d’obéissance, ne vous conformant pas à vos convoitises d’autrefois pendant votre ignorance ; mais comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; parce qu’il est écrit : Soyez saints, car moi je suis saint ». Ceci implique nécessairement deux choses, savoir qu’ils étaient sauvés, puis aussi, qu’ils en avaient la connaissance. Plus loin il est dit, au sujet de l’amour fraternel : « Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un cœur pur, vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu ». Puis encore : « Rejetant donc toute malice et toute fraude, et l’hypocrisie et l’envie, et toutes médisances, désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut, si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon ». Tout dépend de cela. Mais écoutez encore : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme forains et étrangers, à vous abstenir des convoitises charnelles, lesquelles font la guerre à l’âme ». Plus loin, parlant de la conduite à observer dans des relations humaines, Pierre dit : « Pareillement, vous, maris, demeurez avec vos femmes selon la connaissance, comme avec un vase plus faible, [c’est-à-dire] féminin, leur portant honneur comme étant aussi ensemble héritiers de la grâce de la vie, pour que vos prières ne soient pas interrompues ».

Les épîtres de Jean présentent le même témoignage : « Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom ». « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est. Et quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur ». Voilà une assurance de salut hors de toute espèce de doute, et quant à ses résultats touchant la conduite, ils sont clairement et positivement établis. Quiconque possède cette assurance et l’espérance qui en découle, d’être semblable à Christ lorsqu’Il paraîtra, se purifie comme Lui est pur. Non, ce n’est pas la servitude légale ou des efforts de propre justice qui peuvent produire une marche vraiment chrétienne. C’est lorsque nous connaissons la liberté par laquelle Christ nous a rendus libres, l’amour dont le Père nous a aimés, et la glorieuse et bienheureuse espérance d’une parfaite conformité à l’image de Jésus lorsqu’Il apparaîtra, que nos cœurs sont sevrés de la terre, de nous-mêmes et du péché ; et alors « nous tous, contemplant, à face découverte, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit ».

III

Quant au moyen d’obtenir cette assurance du salut, l’Écriture déclare que, comme c’est « par grâce, par la foi », que nous sommes sauvés, c’est de même « par grâce, par la foi », que nous recevons l’assurance du salut. Dans cette partie de notre sujet, il y a deux choses concernant la foi, qui réclament notre attention.

D’abord, dans l’affaire de notre salut, la foi se borne à recevoir. C’est-à-dire que celui qui croit, ou dont la foi est en exercice, ne fait rien, mais reçoit. En second lieu, ce que nous recevons ainsi, c’est le témoignage de Dieu touchant Son Fils Jésus Christ. Le manque d’intelligence de l’un ou de l’autre de ces points, est la cause de la plupart des difficultés qu’éprouvent des chrétiens au sujet de l’assurance de leur salut.

D’abord, quand il est question de notre salut, la foi se borne à recevoir. Je dis quand il est question de notre salut, car lorsque nous sommes sauvés, la foi devient un principe d’action, et c’est pourquoi, quant aux chrétiens, il est parlé de « l’œuvre de la foi », du « combat de la foi », et de la « marche de la foi ». Toutes ces expressions et d’autres semblables qui se rapportent à la foi, concernent des chrétiens réels, savoir ceux qui ont été justifiés par la foi ; mais nous ne considérons maintenant la foi que dans ses rapports avec le salut et l’assurance du salut ; dans ce cas elle se borne à recevoir.

Cher lecteur, vous avez probablement considéré ce sujet d’une autre manière. Vous avez probablement cherché la foi en vous-même, comme si elle pouvait y être discernée ; ou bien, la considérant comme une œuvre à faire, vous vous êtes, d’un côté, efforcé de l’accomplir, et, de l’autre, vous vous êtes fatigué et angoissé pour savoir si vos efforts avaient été couronnés de succès. Rappelez-vous qu’il n’est pas dit : « Celui qui croit être croyant a la vie éternelle » ; mais : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ». Vous faites comme si le salut devait dépendre de ce que vous vous reconnaissez vous-même comme chrétien, au lieu de reconnaître le Christ comme l’unique Sauveur, le Sauveur pleinement suffisant. Il est, sans doute, important que nous ayons la conscience d’être croyants ; mais comme, dans le sujet qui nous occupe, le propre de la foi est de recevoir, nous obtiendrons cette certitude en dirigeant notre attention sur l’objet de la foi, sur ce que reçoit la foi, et non en séparant la foi de son objet et en recherchant si nous l’avons reçue. La foi n’a pas d’existence à part de son objet ; et si elle en avait ou pouvait en avoir une, elle serait sans valeur. C’est le Christ qui est le Sauveur ; et la foi sauve seulement en tant qu’elle Le reçoit. C’est Dieu qui nous rend témoignage du Christ ; et la foi sauve seulement en tant qu’elle reçoit ce témoignage. L’efficace salutaire n’est pas en notre foi, mais en ce que la foi reçoit.

Et telle est cette efficace salutaire de l’objet béni de la foi, que, sans les questions interminables que soulève une doctrine erronée, vous, cher lecteur chrétien, vous auriez une parfaite paix et une heureuse assurance en regardant simplement à Lui. Tournez donc vos regards vers l’Agneau de Dieu. Cessez, pour quelque temps du moins, ces questions sur vous-même, et voyez si elles ne se résolvent pas toutes par un simple regard porté sur Jésus. Qui est Jésus ? Il est le Fils de Dieu et le Fils de l’homme. De toute éternité, Sa place est dans le sein du Père ; cependant Il s’est abaissé jusqu’à devenir l’enfant sans tache d’une vierge. Quelle était Sa mission ? Faire connaître le Père, et payer la rançon de l’homme. Qu’est-ce que nous disent la naissance, la vie et la mort de Jésus touchant le cœur du Père ? Qu’est-ce que Ses regards, Ses accents, Ses paroles, Ses actions, Ses voies nous révèlent ? Tout ne se résume-t-il pas dans ces mots : « grâce et vérité » ? Oui, sans doute ; vérité, en effet, car si Dieu est plein de grâce, Il ne peut mentir. Dieu ne pourrait souffrir que Sa sainteté reçût aucune atteinte, non, pas même pour assurer l’effusion et l’exercice de Sa grâce. Ce n’eût pas été Sa grâce, si Sa sainteté eût été ternie et Sa justice compromise dans son déploiement. Mais tout cela donne d’autant plus d’assurance au cœur du croyant. La vérité, la sainteté, la justice se trouvent réunies en Jésus, comme elles ne le sont nulle part ailleurs. Dans Sa conception et Sa naissance, Il est déclaré « l’Être saint » qui devait naître de Marie. Sa vie fut l’expression parfaite et constante de l’infinie sainteté de Dieu. Cependant, dans Sa mort, Il fut fait « péché pour nous » ; et dans ce qu’Il endura comme chargé de nos péchés, la justice de Dieu, aussi bien que Sa sainteté, a trouvé une réponse pleinement satisfaisante à toutes Ses exigences vis-à-vis des hommes les plus coupables et les plus impies ; tandis que, par un tel sacrifice, la sainteté et la justice de Dieu étaient manifestées et glorifiées d’une manière si éclatante, si transcendante et si infinie, qu’elles sont et seront l’éternelle admiration des cieux et de la terre.

Mais est-ce que Dieu accepta seulement ce merveilleux sacrifice ? Est-ce qu’Il ne le prépara pas Lui-même dans Son amour ? Pourquoi Jésus a-t-Il dû revêtir un corps ? Il était un don de l’amour de Dieu, et quel don ! « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle ». Croyez-vous réellement que Jésus est le Fils de Dieu ? Qu’est-ce qui nous aurait procuré un pareil don, sinon l’amour, l’amour pour les pécheurs ? Quel autre motif que l’amour aurait pu amener dans ce monde Jésus, le témoin, le messager, le don, l’expression de l’amour de Dieu le Père ? Êtes-vous désireux de savoir ce qu’éprouve à votre égard le cœur du Père ? Voici la réponse : « Il n’a pas épargné son propre Fils ». Pourriez-vous demander une plus grande preuve de Sa compassion ? Qui aurait osé penser à une telle preuve, jusqu’à ce que Dieu Lui-même l’eût donnée ? Êtes-vous désireux de savoir ce qu’éprouve le cœur de Jésus pour vous ? C’est ce que vous dira l’histoire tout entière de Sa vie. L’amour ne rayonnait-il pas dans Ses yeux, ne se manifestait-il pas dans tous Ses accents, dans toutes Ses paroles, dans tous Ses actes, pendant Sa mission de patience et de résignation ici-bas ? A-t-Il jamais repoussé quelqu’un ? A-t-Il jamais dit qu’il y eût quelqu’un de trop vil pour être reçu ? Auriez-vous pu assister avec Lui au festin dans la maison de Lévi le péager, et mettre en doute s’Il vous recevrait ? Auriez-vous pu être assis avec la femme samaritaine près du puits de Jacob et entendre Jésus parler du Père (de ce Père qui cherche, pour en faire Ses adorateurs, des êtres tels que cette pauvre femme coupable), puis, en réponse aux questions de cette femme touchant le Messie, l’entendre dire : « Je le suis, moi qui te parle » — l’auriez-vous pu, dis-je, et douter encore de l’amour du Christ pour les pauvres pécheurs ? Pensez-vous que cette malheureuse femme, apprenant qui était Celui qui lui parlait, eût besoin d’une autre preuve de Son amour ? La seule présence du Créateur de l’univers, qui s’abaissait jusqu’à demander à une pauvre femme pécheresse un peu d’eau pour se rafraîchir, et qui le faisait uniquement pour ouvrir le cœur de cette femme et l’amener à s’adresser à Lui, afin qu’Il pût lui donner, à elle-même, de l’eau vive : comment tout cela a-t-il pu se faire, sinon par la grâce infinie qui rassure d’elle-même le cœur dès qu’elle est réellement comprise ?

Eh bien ! c’est le Sauveur qui est reçu par la foi. « À tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom ». On est sauvé en Le recevant. Mais c’est uniquement à cause de ce qu’est Celui qui est ainsi reçu, car l’acte de Le recevoir n’a en soi-même aucune efficace. L’œil qui se repose sur Jésus, voit en Lui l’image du Dieu invisible et discerne en Lui que Dieu est amour. L’oreille qui écoute Jésus reçoit de Lui l’assurance d’un amour, au bénéfice duquel tous sont invités à participer, et dont les plus vils et les plus coupables ne sont pas exclus. Le cœur qui reçoit Jésus reçoit le salut et la vie éternelle. Si seulement vous pouviez faire abstraction de vous-même et bien comprendre ce qu’est Jésus, et quel est le message pour lequel Il est venu ici-bas (ce qui déjà suffirait pour vous faire sentir que tous ceux qui vont à Lui sont les bienvenus, et que personne ne s’adresse à Lui en vain), alors votre cœur serait délivré et vous vous sentiriez pleinement à l’aise en présence d’une grâce et d’un amour si ineffables.

« Oui », dites-vous, « si seulement j’étais en sa présence ! Si seulement j’avais pu me trouver parmi la foule, lorsque la femme malade Le toucha, ou près de la croix lorsque le malfaiteur mourant mettait en Lui sa confiance » ! Cher lecteur, ce n’était pas la vue des yeux ni l’ouïe des oreilles qui alors, pas plus qu’aujourd’hui, avaient en soi la moindre efficace salutaire. Combien n’y eut-il pas de gens qui, alors, virent et entendirent Jésus, et qui n’aperçurent rien en Lui qui Le leur fît désirer, pas plus, hélas ! que les multitudes qui entendent maintenant parler de Lui, ou qui lisent ce qui Le concerne ! L’œil naturel a pu voir Jésus ; l’oreille naturelle a pu L’entendre ; les pensées même ont pu être occupées de Lui ; mais ce n’était que la foi qui Le voyait réellement, qui L’entendait réellement, qui Le recevait réellement, qui discernait réellement ce qu’Il était. Et c’est cette foi seule qui peut donner la paix, cette paix véritable dont on a conscience.

Supposez que les habitants de certain pays se soient soulevés contre leur légitime souverain. Celui-ci, ne consultant que son cœur généreux, s’abstient de prendre immédiatement des mesures rigoureuses pour les forcer à se soumettre ; au contraire, il use de tous les moyens qu’un amour patient peut suggérer pour les ramener à l’obéissance. Il leur envoie des messagers, plus ou moins élevés en dignité, pour les avertir, les exhorter, les conjurer de rentrer dans le devoir. Mais tout est inutile. Ils persistent dans leur rébellion et s’endurcissent de plus en plus. À la fin, le roi se décide à tenter encore un effort. Il envoie son propre fils, non pas avec une puissante armée pour les punir de leur désobéissance et les faire périr par le fer et le feu ; non ; il l’envoie pour qu’il subvienne à tous leurs besoins. Lui, le fils, prend le vêtement le plus humble, et se montre envers les rebelles plein de douceur et de débonnaireté. Il calme leurs souffrances, guérit leurs blessures, pourvoit de toute manière à leurs besoins et ne cesse de leur déclarer combien le roi, son père, est ému de compassion envers eux, combien il est disposé à recevoir en grâce, avec une entière amnistie pour tout le passé, quiconque posera les armes et voudra accepter son pardon. En même temps, il ne leur cache pas non plus que tous ceux qui persisteront dans leur rébellion devront périr. Maintenant, quel sera l’effet d’une pareille mission ? Il dépendra entièrement de la manière dont le fils du roi sera envisagé. Adonnés au mal, endurcis dans la rébellion et méprisant la forme humble et les manières sans prétention de leur prince, la plupart nieront qu’il soit le fils du roi et prendront occasion de sa débonnaireté, de son humilité et de son amour même, pour le mépriser et l’injurier. Peut-être quelques-uns ont-ils désiré déjà auparavant sortir des rangs des rebelles, tout en doutant, jusqu’à l’arrivée du fils du roi, qu’il y eût pour eux aucune perspective de pardon. Ceux-ci liront dans ses regards, reconnaîtront à ses paroles et à toutes ses voies qu’ils peuvent mettre en lui toute leur confiance, et que, par lui, ils obtiendront du roi, son père, le pardon de leurs offenses. Mais, pour que cela ait lieu, il est indispensable qu’ils reconnaissent réellement en lui le fils du roi. Ah ! qui a jamais connu Jésus comme Emmanuel, Dieu avec nous — qui a jamais discerné, dans Sa mission d’amour et de miséricorde auprès d’un monde de rebelles, que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes » — sans sentir sa conscience déchargée, son cœur allégé et son âme fortifiée pour confesser Jésus comme son Sauveur, sa part, son tout !

Mais nous n’avons guère fait encore qu’aborder notre sujet. Presque tout ce qui vient d’être dit pourrait s’appliquer à Jésus, aussi bien lorsqu’Il était ici-bas, que maintenant qu’Il est à la droite de Dieu. Cependant, non seulement Jésus vécut, mais Il mourut ; bien plus, Il ressuscita d’entre les morts et monta au ciel où Il est toujours vivant pour faire intercession pour nous, et d’où le Saint Esprit a été envoyé par le Père en Son nom, pour publier les vertus de ce nom et annoncer un salut certain et éternel à tous ceux qui y croient. Christ avait une œuvre à accomplir pour l’homme, aussi bien qu’un message à lui apporter de la part de Dieu. La conscience, en laquelle le sentiment du péché est réellement éveillé, sait parfaitement bien que le péché est péché et qu’il faut en être délivré, sinon il n’y a point de place pour nous en la présence du Dieu saint. Si nos yeux sont ouverts, nous voyons, sans doute, en Dieu un amour et en Jésus une grâce, qui gagnent notre confiance et subjuguent nos cœurs. Mais Dieu est saint, et Jésus est la parfaite manifestation de la sainteté de Dieu, aussi bien que de Sa grâce. Or, comment des pécheurs, tels que nous le sommes, pourront-ils subsister devant Dieu ou soutenir l’éclat de Sa présence ? — Voilà une question qui doit être résolue, pour que la conscience soit en paix et que le cœur soit délivré de toute inquiétude. La réponse est en Jésus ; non dans Sa vie, mais dans Sa mort ; non pas dans la grâce vivante qui rayonnait dans toutes Ses œuvres, dans toutes Ses paroles, dans toutes Ses voies ; mais dans l’aspersion de Son sang et dans la preuve fournie par Sa résurrection, que Son sang a été accepté et qu’Il a aboli le péché par le sacrifice de Lui-même. Oui, Jésus a non seulement révélé l’amour du Père pour les pécheurs ; — mais, de plus, Il s’est présenté à Dieu comme substitut des pécheurs, et Il a terminé Sa vie d’obéissance et de soumission en étant fait péché pour nous, en recevant dans Son âme et en Sa personne sainte et sacrée les coups de la justice que méritaient nos péchés, et en buvant jusqu’à la lie la coupe de la sainte et juste colère, cette coupe qui devait, pour ainsi dire, être ôtée de nos mains pour être mise dans celles de Jésus. En tout cela, le Fils a parfaitement glorifié le Père. Ô Sauveur béni ! jusqu’où ne t’es-tu pas abaissé ! À quelles angoisses, à quelles inexprimables douleurs ton cœur n’a-t-il pas été en proie ! Et cependant tu es demeuré sans tache, ineffablement, infiniment parfait au milieu de tant de souffrances ! Cher lecteur, voilà la réponse à votre question sur le péché. C’est sous le poids écrasant du péché que Jésus a été à l’agonie et qu’Il a rendu l’esprit. « Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli. Et ayant baissé la tête, il remit son esprit ». C’est accompli ! Telles furent les paroles que notre divin Jésus prononça en expirant. Ne pensez-vous pas, cher lecteur, qu’Il connaissait toute l’étendue de l’œuvre qui Lui avait été assignée, qu’Il savait ce qu’Il devait endurer et faire en accomplissant le salut de tous ceux qui, par grâce, croient en Lui ? Il dit : « C’est accompli », et Dieu mit Son sceau sur cet accomplissement, en Le relevant victorieusement du tombeau. C’est pour nos offenses que Jésus a été livré ; si elles n’avaient pas été expiées, si tout n’eût pas été accompli ainsi que Jésus le dit, comment Dieu aurait-Il ressuscité Jésus d’entre les morts ? Or Dieu L’a ressuscité pour notre justification, puis Il L’a fait voir à des témoins choisis dans ce but, à des hommes qui mangèrent et burent avec Lui après Sa résurrection pendant l’espace de quarante jours, et qui, ensuite, dépensèrent le reste de leur vie en rendant témoignage à ce fait ; témoignage qu’un grand nombre d’entre eux scellèrent de leur sang. Ils ont pu certifier ce qu’ils avaient vu et entendu ; mais, pour tout ce qui était au-delà, il fallait encore un autre témoin, lequel vint aussi en Son temps. Les disciples avaient vu leur Seigneur ressuscité et entendu Sa voix sur la terre ; ils L’avaient vu monter au ciel. Ce qui suivit Son entrée dans les lieux très hauts devait être annoncé par le Saint Esprit qui était seul capable d’en rendre témoignage. Et qu’est-ce qu’Il nous dit ? C’est de Jésus qu’Il parle, car Son office est de Le glorifier ; or, parlant de Jésus, Il dit que, « après avoir fait par lui-même la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la Majesté dans les lieux hauts ». Il parle de l’espérance qui est devant nous et que nous tenons « comme une ancre de l’âme, sûre et ferme, et qui entre jusqu’au-dedans du voile, là où », ajoute-t-Il, « Jésus est entré comme précurseur pour nous, étant devenu souverain sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec ». Il nous dit que « Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait » (que le tabernacle des Juifs), « qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle ». En un mot, Il nous assure que le sang de Jésus, versé sur la terre, a été agréé dans les cieux comme ayant un tel prix et une telle efficace, que les iniquités et les péchés de tous ceux qui croient sont non seulement pardonnés, mais encore entièrement oubliés. « Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés. Et l’Esprit Saint aussi nous en rend témoignage ; car, après avoir dit : C’est ici l’alliance que j’établirai pour eux après ces jours-là, dit le Seigneur : en mettant mes lois dans leurs cœurs, je les écrirai aussi sur leurs entendements, il dit : Et je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés, ni de leurs iniquités » (Héb. 10, 14-17).

Tel est, cher lecteur, le témoignage de Dieu touchant la personne et l’œuvre de Son bien-aimé Fils. C’est en croyant ce témoignage que nous avons l’assurance du salut. On l’a observé avec justesse, la difficulté que nous éprouvons à croire une déclaration, le degré d’évidence ou d’authenticité qu’il faut pour nous satisfaire, est proportionné au degré d’importance immédiate que cette déclaration peut avoir pour nous. Supposez que quelqu’un vous dise : « Telle ou telle personne est morte dernièrement en Russie, en laissant une immense fortune dont elle a disposé par testament ». Vous écoutez cette nouvelle avec bien peu d’intérêt, et vous n’avez aucune difficulté à la croire, précisément parce qu’elle ne vous concerne personnellement en aucune manière. Mais on ajoute : « C’est à vous que cette fortune a été léguée ». Vous voilà maintenant tout oreilles, tout attention. Cependant, plus votre intérêt est excité par la nouvelle que cette déclaration se rapporte directement à vous, plus aussi vous avez de peine à y ajouter foi : « Qui y avait-il en Russie qui pût me laisser des biens ? Je n’y ai ni parents, ni amis, ni aucune connaissance. Cela ne peut être vrai ». Voilà ce qui ne manquerait jamais d’arriver en pareil cas. Ce que vous avez appris peut être vrai, mais vous resterez dans le doute tant que vous n’aurez pas une meilleure garantie de la vérité du fait que celle du porteur de cette nouvelle. Il en est précisément de même par rapport à l’évangile. Vous entendez proclamer les précieuses vérités qu’il contient, et vous les admettez d’une manière générale mais indifférente, aussi longtemps que vous ne les considérez pas comme se rapportant directement à vous-même. Si, au contraire, votre conscience réveillée vous fait voir votre péché et votre ruine, si vous sentez le fardeau de votre culpabilité et que cela devienne ainsi pour vous une question de salut personnel, alors vous éprouvez toute la difficulté que vous avez à croire l’évangile, et vous sentez que la plus haute autorité vous est nécessaire pour que cet évangile puisse donner un vrai repos à votre âme. C’est justement, chers lecteurs, quand nous en sommes là, que Dieu vient à nous dans Sa grâce. Il nous faut la garantie la plus haute et la plus positive quand il s’agit de déclarations comme les suivantes : Dieu a donné Son Fils ; Christ est mort pour nos péchés ; Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts et L’a fait asseoir à Sa droite ; par Lui, nous (qui croyons ces faits ainsi révélés) sommes pardonnés et reçus en grâce, et nous avons la vie éternelle. Il nous faut, dis-je, la garantie la plus haute pour ajouter foi à de telles révélations. Quelle garantie voudriez-vous donc ? Pourriez-vous en avoir une plus haute que celle de Dieu Lui-même ? Et n’est-ce pas Dieu Lui-même qui déclare ces choses dans Sa Parole ? Aussi vrai que « Dieu est fidèle », dit l’apôtre, « notre parole que nous vous avons adressée, n’est pas oui et non. Car le Fils de Dieu, Jésus Christ, qui a été prêché par nous au milieu de vous, savoir par moi et par Sylvain et par Timothée, n’a pas été oui et non, mais il y a oui en lui » (2 Cor. 1, 18-19). C’était Jésus Christ, le Fils de Dieu, qu’ils prêchaient, et ces mots : « Dieu est fidèle », étaient la sanction, l’attestation de tout ce qu’ils déclaraient. Vous faudrait-il quelque chose de plus que Jésus Christ, le Fils de Dieu, pour objet de votre foi ; quelque chose de plus, pour garantie et fondement de votre croyance, que la véracité de Dieu Lui-même qui l’atteste ? « Dieu est fidèle » ! Assurément, si quelqu’un avait dix mille âmes à sauver, elles pourraient toutes être, sans crainte, confiées aux chances d’une telle déclaration.

Il est bon de rappeler que la foi est la réception du témoignage de Dieu. Il doit être reçu comme Son témoignage, autrement ce n’est pas la foi en Lui. La foi écoute ce que Dieu dit, et déclare que ce qu’Il dit est véritable, et que non seulement ce que Dieu dit, mais que Dieu Lui-même, de qui émane le témoignage, est véritable. C’est sur la vérité, ou plutôt sur la fidélité, sur la véracité de Dieu Lui-même, que l’âme se repose. Dieu rend témoignage de Jésus ; celui qui reçoit ce témoignage a scellé que Dieu est vrai. Quelle base solide, quelle sûre garantie de paix et de repos pour l’éternité !

Ce fut ainsi que, en ses jours, Abraham crut. Dieu lui parla, et « Abraham crut Dieu ». Un homme peut croire qu’il existe un Dieu et que le Dieu d’Israël ou des chrétiens est le vrai Dieu. Mais ce n’est pas là le point important. Dieu parle et la foi donne créance à la Parole de Dieu et reçoit Son témoignage, parce qu’elle croit Dieu. Voilà la différence. Je puis croire toutes les vérités du christianisme, parce que ma mère me les a enseignées dès le berceau, ou parce qu’elles sont adoptées par l’église dans laquelle j’ai été élevé, ou parce que mon ministre de prédilection les proclame, ou parce que je les trouve exposées dans les ouvrages d’auteurs chrétiens, ou, enfin, parce qu’elles se présentent à mon intelligence comme étant la vérité. Mais tout cela n’est pas la foi ; ce n’est pas, du moins, la foi qui vient de Dieu et qui sauve. Ce peut être la foi en mes parents, en l’église, en mon ministre, en mes livres, en ma propre intelligence, mais ce n’est pas la foi en Dieu, et, par conséquent, elle ne donne pas la paix. C’est avec Dieu que j’ai affaire dans tout ce qui se rapporte à mon salut ou à ma condamnation ; ce n’est donc que la voix même de Dieu qui peut me donner paix et assurance. Ce n’est pas à mes parents, à l’église, à mon ministre ou à ma propre raison que j’ai à rendre compte, mais à Dieu. Il n’y a donc que la voix de Dieu Lui-même qui puisse me mettre en assurance. Où puis-je l’entendre, cette voix ? — « Dans la parole de sa grâce ». C’est par la puissante opération de Son Esprit, il est vrai, que cette parole parvient jusqu’à mon âme et que mon cœur est ouvert pour l’écouter comme la propre voix de Dieu ; mais c’est par la Parole que l’Esprit opère. « La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu ». Aussi est-il parlé de « l’ouïe de la foi » (Gal. 3, 2). Qu’est-ce que l’ouïe de la foi ? C’est l’ouïe de la Parole de Dieu — de son témoignage touchant le Christ, comme étant la propre Parole, le propre témoignage de Dieu. « C’est pourquoi aussi nous, nous rendons sans cesse grâces à Dieu de ce qu’ayant reçu de nous la parole de la prédication qui est de Dieu, vous avez accepté, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu, laquelle aussi opère en vous qui croyez » (1 Thess. 2, 13). Un apôtre, un ministre, un parent, un ami, un livre ou un traité peuvent être employés comme moyens de communiquer ou de faire connaître la Parole ; mais c’est le fait de la recevoir comme étant véritablement la Parole de Dieu et non une parole d’homme, qui constitue la foi, cette foi efficace qui procure l’assurance du salut.

« Fort bien », me direz-vous peut-être ; « mais tout cela suppose que nous sommes croyants ; or c’est précisément ce qui n’est point encore résolu pour moi. Je crains de n’être pas un croyant ».

Alors vous vous méprenez tout à fait sur mes paroles, et cela de diverses manières. Premièrement, la majeure partie de ce que nous avons considéré ne suppose rien, sinon que vous êtes un pécheur coupable, perdu, ruiné et sans espérance. Il vous a été dit que Dieu a aimé des pécheurs tels que vous ; qu’Il a envoyé Son Fils au monde pour de tels pécheurs ; qu’Il a accepté le sang, la mort de Jésus comme un sacrifice expiatoire pour de tels pécheurs ; qu’Il pardonne gratuitement, qu’Il justifie pleinement et éternellement tous ceux d’entre eux qui, reconnaissant n’être autre chose que des pécheurs, mettent uniquement leur confiance en ce que Dieu a fait. Dieu n’a pas attendu que nous fussions des croyants pour montrer combien Il nous aimait, ou pour donner le Christ afin que nous fussions sauvés. « Car Christ, alors que nous étions sans force, au temps convenable, est mort pour des impies. Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous ». C’est lorsque nous étions entièrement éloignés de Lui et en état d’hostilité contre Lui, qu’Il nous a donné la plus grande preuve de Son amour.

En second lieu, qu’est-ce qu’être croyant ? Il semble que vous voudriez faire, du caractère de croyant, quelque chose de spécial, de particulier à vous-même, afin de trouver ensuite de la consolation et du repos en vous fondant sur l’idée que vous êtes un croyant. Serait-ce là la foi en Christ ? La paix qui résulterait de là serait-elle la paix de Christ ? Ne serait-ce pas plutôt une espèce de propre justice plus raffinée ? Ce n’est pas, il est vrai, vous persuader en vous-même d’être juste, comme le faisaient les pharisiens ; mais n’est-ce pas vous confier en vous-même, vous persuader vous-même d’être croyant, fondant ainsi votre paix sur le fait que vous êtes un croyant, au lieu de la faire découler de Jésus en qui vous vous confiez, et du témoignage de Dieu que vous croyez ? S’il en est ainsi, permettez-moi de vous rappeler encore une fois que, dans l’affaire de notre salut, la foi se borne à recevoir. Un croyant est, par lui-même, un pécheur coupable, perdu, ruiné et sans espérance ; mais un pécheur dont le cœur a été ouvert pour voir, en la naissance, en la vie, en la mort, en la résurrection, en l’ascension de Jésus, et dans le témoignage de Dieu au sujet de Jésus, des preuves attestant que Dieu l’aime, lui pécheur, tel qu’il est, que Christ mourut pour lui tel qu’il est ; que ce Christ qui mourut pour lui tel qu’il est, est ressuscité d’entre les morts et qu’Il est maintenant assis à la droite de Dieu. Cette exaltation de Jésus Christ sur le siège de la souveraine puissance, est pour nous la preuve manifeste que les péchés de Son peuple, lesquels Il a portés sur la croix, ont été ôtés pour toujours. Un croyant est assuré de tout cela, parce que Dieu l’a dit et qu’il a foi au témoignage de Dieu.

Troisièmement, vous dites que vous ne pouvez déterminer si vous êtes croyant. Peut-être ne l’êtes-vous pas ; c’est alors sans doute une grâce pour votre âme que vous en soyez réellement convaincus.

Croyez-vous ou ne croyez-vous pas tout ce qui vient d’être exposé ? — « Oh oui ! Je crois que Dieu a envoyé Son Fils, que Jésus est le Fils de Dieu, qu’Il est mort pour nos péchés et qu’Il est ressuscité d’entre les morts. Je crois tout cela, mais… » — Ah ! ne vous inquiétez pas pour le moment de ce que vous alliez ajouter. Pour le moment, ce que vous avez dit suffit. Vous dites que vous croyez ces précieuses vérités, ou plutôt ces faits. Mais pourquoi les croyez-vous ? Qu’est-ce qui vous en garantit l’authenticité ? Est-ce la circonstance que vos parents, ou votre ministre, ou l’église à laquelle vous appartenez, les ont adoptées ? Vous répondez : « Non ; je crois ces choses, parce que Dieu a déclaré qu’elles sont vraies ». Croyez-vous aussi que Dieu dit toujours la vérité, et que toutes Ses déclarations sont aussi dignes d’être reçues les unes que les autres ? — « Assurément ! Il est impossible que Dieu mente ! » — Eh bien ! lisez maintenant dans Actes 13, 38-39. Vous affirmez que vous croyez que Jésus est le Fils de Dieu, qu’Il est mort pour vos péchés, puis ressuscité d’entre les morts ; vous dites que vous ajoutez foi à ces choses simplement parce que Dieu les a dites. Écoutez maintenant quelle autre déclaration, fondée sur la même autorité, nous trouvons dans le passage qui vient d’être indiqué : « Sachez donc, hommes frères, que, par lui, vous est annoncée la rémission des péchés, et que de tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui ». Êtes-vous encore incertain, indécis ? Avez-vous encore des doutes après une telle déclaration ? La Parole de Dieu n’a-t-elle pas la même autorité pour un fait que pour un autre ? Ne venez-vous pas de convenir qu’il en est ainsi ? Si c’est simplement et réellement parce que Dieu l’a dit, que vous croyez l’une de ces déclarations, c’est à vous que l’autre s’adresse. C’est à vous que Dieu déclare que, comme croyant, vous êtes justifié. Dieu veuille, si c’est seulement un manque de clarté dans votre esprit qui vous a jusqu’à présent empêché de comprendre ces choses, qu’il soit maintenant dissipé. Mais si vous vous êtes trompé vous-même en supposant que vous étiez croyant, tandis qu’en réalité vous n’avez jamais été réveillé pour vous considérer comme un pécheur perdu, coupable et justement condamné devant Dieu, Dieu veuille que vos yeux soient maintenant ouverts à la vérité ! Il est effrayant de penser que les yeux de milliers de gens, dans les contrées soi-disant chrétiennes, ne seront ouverts que quand il sera trop tard. Cher lecteur, puisse le Saint Esprit vous convaincre de péché, parce que vous n’avez pas cru en Christ !

« Bien », direz-vous ; « mais si je possédais réellement le Saint Esprit, il me semble que je ne devrais pas trouver en moi une telle absence de fruits de cet Esprit. Je vois en moi, d’un côté, un tel éloignement, une telle incapacité pour tout ce qui est bien, puis, de l’autre, un tel penchant au mal et tant d’œuvres mauvaises, que je crains réellement de n’être pas du nombre des croyants ». Cher lecteur, il est parfaitement vrai qu’un homme en qui habite le Saint Esprit, vit autrement qu’un inconverti ; cependant, quelque évidente que fût en vous la manifestation des fruits de l’Esprit, ce n’est pas sur ces fruits que pourraient se fonder votre paix et votre assurance. Si quelqu’un a vraiment à cœur les intérêts de votre âme, il ne cherchera pas à vous convaincre de votre salut en vous persuadant que vous produisez les fruits de l’Esprit. L’évangile n’est pas un message adressé à ceux qui ont l’Esprit, pour leur certifier qu’ils sont sauvés ; c’est un message envoyé de Dieu aux pauvres pécheurs, pour leur faire annoncer Jésus comme leur Sauveur ; lorsque nous avons réellement reçu ce message comme venant de Dieu, nous recevons le Saint Esprit, cet Esprit qui, agissant par le message et pénétrant avec lui dans nos âmes, en assure ainsi la réception. Alors seulement nous comprenons aussi la merveilleuse beauté du message lui-même, de la grâce de Dieu qui l’a envoyé, et de l’amour du Christ dont il nous révèle l’œuvre et la personne.

Il y a deux effets produits dans une âme par la présence de l’Esprit, savoir la sainteté et la liberté. Cependant ce n’est pas la sainteté qui est produite la première ; l’Esprit produit d’abord la liberté. « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ». Un homme en qui l’Esprit demeure, ou, en d’autres termes, un croyant, voit Dieu tellement manifesté en Christ, et tellement glorifié par le sacrifice parfait que Jésus a offert, que (quelque indigne, souillé et méchant qu’il soit en lui-même) il se sent à l’aise et en liberté en la présence de Dieu. Par la foi, il contemple « la gloire de Dieu dans la face de Jésus Christ » ; ce qui en résulte d’abord, c’est la paix et la liberté ; mais cette grâce a aussi un effet sanctifiant : « Et nous tous, contemplant, à face découverte, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3, 18). Tel est, je le répète, l’ordre dans lequel ces effets de la présence de l’Esprit sont produits. D’abord la liberté, ensuite la sainteté. Vous cherchez à renverser cet ordre. Vous aspirez à la sainteté afin de jouir de la liberté. Portez donc, par la foi, vos yeux sur Jésus à la droite de Dieu ; la présence, en ce lieu, de Celui qui a porté tous vos péchés, vous fera comprendre que ces péchés sont complètement effacés et que vous êtes devant Dieu dans un état de parfaite acceptation. Si vous persévérez à regarder à Jésus, vous serez, par l’Esprit qui vous rend capable de contempler l’objet de votre foi et qui vous le révèle, transformé graduellement à la même image. Quel que soit le degré de cette transformation, ce ne sera jamais en détournant les yeux de Jésus pour les porter sur Son image en vous-même, que vous réaliserez la liberté qui est votre privilège : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». En Le contemplant, vous êtes libre ; et si vous persévérez dans votre contemplation, vous recevrez toujours quelque reflet de la gloire qui resplendit en Sa personne.

N’y a-t-il pas, direz-vous, des signes bibliques, par lesquels on distingue les chrétiens des inconvertis ? — Oui, sans doute, il y en a. Toutefois un homme n’obtient pas la paix de l’âme et l’assurance du salut, en croyant qu’il est un chrétien, mais en reconnaissant qu’il est, par nature, un pécheur perdu sans espoir ; puis, que Jésus est un Sauveur pleinement suffisant pour ceux qui sont tels. L’Écriture indique des marques auxquelles on peut reconnaître les vrais chrétiens. Quelquefois ces marques sont données pour démasquer les hypocrites : « Mes frères, quel profit y a-t-il, si quelqu’un dit qu’il a la foi, et qu’il n’ait pas d’œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? ». Si quelqu’un dit qu’il a la foi. Sans doute un homme peut dire qu’il a la foi, tandis que ses œuvres prouvent le contraire. Une pareille foi peut-elle le sauver ? — Ces marques sont aussi données quelquefois pour prémunir de vrais chrétiens contre ceux qui voudraient les séduire. Combien de fois ne sommes-nous pas, par exemple, attaqués par des personnes, qui veulent absolument qu’un homme appartienne à la vraie église, c’est-à-dire à la leur, ou qu’il ait passé par certaines formalités ou reçu certains sacrements des mains de ceux qui sont charnellement autorisés à les administrer ! Qu’il est précieux de trouver dans les Écritures que la foi et l’amour sont les seules marques essentielles au chrétien. « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus » (Gal. 3, 26). Puis encore : « Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères ». « … Car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jean 3, 14 ; 4, 7). Ce ne sont pas des miracles ou des ordonnances, ou de nouvelles visions et révélations qu’il faut, mais simplement la foi et l’amour. Alors souvenez-vous aussi que Jean dit : « Je vous ai écrit ces choses touchant ceux qui vous égarent ».

Mais ne nous est-il pas dit : « Examinez-vous vous-mêmes, [et voyez] si vous êtes dans la foi » (2 Cor. 13, 5) ? Lisez ce passage avec son contexte ; vous verrez que la question n’était pas de savoir si les Corinthiens étaient des croyants, mais si Paul était un apôtre. Lisez comme une parenthèse, ce qui évidemment en forme une, savoir depuis le milieu du troisième jusqu’à la fin du quatrième verset, et vous verrez aussitôt que le passage en question n’a point du tout la signification que vous lui attribuez : « Puisque vous cherchez une preuve que Christ parle en moi,… examinez-vous vous-mêmes, si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas à l’égard de vous-mêmes que Jésus Christ est en vous ? à moins que vous ne soyez des réprouvés ! ». Il en appelle à leur propre christianisme comme étant la preuve de son apostolat, car ils étaient le fruit de ses travaux dans le Seigneur. S’ils pouvaient mettre en doute qu’ils fussent chrétiens, ils pouvaient aussi mettre en doute que Paul fût un apôtre. Mais comme vous le voyez, cela établit le fait qu’ils avaient la certitude d’être chrétiens.

Mais n’est-il pas dit encore : « Que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe » ? Assurément ; des vrais chrétiens sont ainsi exhortés, non pas à s’examiner eux-mêmes pour savoir s’ils sont chrétiens, mais si, étant chrétiens, ils se sont laissés aller à quelque chose d’incompatible avec la sainteté de la table à laquelle ils prennent part.

« Mais », direz-vous peut-être encore, « il faut bien qu’un homme sache qu’il a cru en Christ, pour savoir qu’il est sauvé ». Quant à moi, je n’oserais le dire ; c’est ainsi et même le plus souvent ainsi qu’on en acquiert la connaissance ; c’est un moyen tout à fait scripturaire ; mais je n’oserais dire que ce soit ni l’unique, ni le meilleur moyen.

« Qu’entendez-vous par là ? Quel autre moyen peut-il y avoir ? » — Supposez un cas. Un prévenu de haut rang et de noble origine se trouvant sous le poids d’une condamnation à mort pour crime de haute trahison, voit que, au lieu de le conduire au supplice, on lui présente un document portant la signature et le sceau de son monarque et contenant un pardon complet et gratuit ; il apprend, en même temps, qu’il sera immédiatement relâché, s’il accepte ce document. Il n’hésite pas longtemps, comme vous pouvez le comprendre. Il saisit le papier et le presse contre son cœur. Les portes de sa prison sont immédiatement ouvertes, et il est conduit de là en la présence de son souverain, qui le reçoit cordialement, le fait asseoir à table à ses côtés, entre en conversation familière avec lui, lui confère des charges plus élevées qu’il n’en eût jamais remplies auparavant, et le comble d’honneurs. Pourriez-vous dire, en pareil cas, que ce dignitaire à la certitude d’être pardonné, uniquement parce qu’il sait qu’il a accepté le document qu’on lui avait apporté dans la prison ? Ne pouvons-nous pas raisonnablement supposer, que les nombreux témoignages d’affection qu’il a reçus, que la série non interrompue de faveurs étonnantes et inattendues dont il a été l’objet depuis sa mise en liberté, l’ont tellement pénétré et convaincu de la bonté de son souverain, que le simple acte d’avoir accepté le document ne lui est pas même revenu à l’idée ? Doute-t-il, pour cela, de la faveur de son souverain ? Tout ce qui l’entoure le proclame ; il en voit chaque jour les preuves qui ne lui permettent pas d’en douter. Il en est de même, pour quelques-uns, quant au sujet qui nous occupe : l’évangile de la grâce de Dieu parvient jusqu’à eux dans la sombre et lugubre prison du péché, de la culpabilité et de la condamnation où ils se trouvent ; alors, la jouissance de leur élargissement et du pardon que cet évangile proclame, par le moyen de Christ, dépend naturellement de la disposition de leurs cœurs à le recevoir. Alors, les nouvelles qu’il apporte, les choses qu’il annonce sont si opportunes, si bien adaptées à son état, si précieuses ; elles satisfont si pleinement la conscience et le cœur ; ceux qui les reçoivent y découvrent de plus en plus de si grandes merveilles ; ils sont si bien revêtus des propres perfections du Christ pour être introduits en la présence de Dieu ; ils y sont entourés d’un tel éclat de lumière et d’amour ; Dieu jette sur eux, Ses enfants, des regards d’une si ineffable tendresse, que le cri de : « Abba, Père », s’échappe spontanément de leurs lèvres, poussé par l’Esprit d’adoption qui est en eux. En effet, tout ce que la foi contemple leur apprend d’une manière certaine qu’ils sont plus que sauvés, qu’ils sont adoptés, scellés, oints, couronnés — en sorte que leur dire qu’ils ne sont sauvés que parce qu’ils savent qu’ils ont cru en Christ, serait vraiment hors de question.

Cependant il y a un moyen meilleur et d’un ordre plus élevé, de s’assurer qu’on possède le salut, que celui que vous spécifiez en disant : « Il faut qu’un homme sache qu’il a cru en Christ pour savoir qu’il est sauvé ». Ce dernier moyen est sans doute parfaitement conforme à l’Écriture ; mais comment un homme saura-t-il qu’il est un croyant ? Comment saurai-je si j’ai la faculté de voir ? Sera-ce en tournant mes prunelles du côté de l’orbite intérieure de mes yeux et en cherchant à y plonger mes regards ? Nous n’agissons pas d’une manière si absurde dans les choses naturelles que dans les spirituelles. Nous savons parfaitement bien qu’en agissant ainsi, nous nous priverions de la lumière et tournerions les organes de la vision vers une région de complète obscurité. Que fais-je donc ? J’ouvre les yeux à la lumière du ciel ; puis, jouissant par mes yeux de la perception des choses qui sont en haut, je sais que je les vois. Cher lecteur, c’est Christ qui est l’objet de la foi ; mais Christ tel qu’Il est révélé dans la Parole de Dieu. Je lis cette Parole ; j’écoute ce témoignage. Ne sais-je pas alors si je le crois ? Il faut nécessairement que je le sache. Il peut y avoir un grand nombre de questions qui m’inquiètent, qui m’agitent, et privent ainsi mon âme de la paix que, par lui-même, ce témoignage lui procurerait ; mais je dois savoir si je crois, oui ou non, ce témoignage. « Celui qui croit au Fils de Dieu, a le témoignage au-dedans de lui-même ». Cette foi peut être plus ou moins ferme, plus ou moins vivante, suivant les individus ; mais partout où elle existe, quelque faiblement que ce soit, elle est accompagnée de la vie éternelle. À l’appui de ceci, je citerai encore une fois un passage déjà cité, et qui est intimement lié avec celui que vous venez de lire ; le voici : « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5, 13). L’apôtre pose en principe que ceux à qui il s’adresse, ont la certitude de croire au nom du Fils de Dieu, et il leur écrit afin qu’ils sachent qu’ils ont la vie éternelle.

Dieu veuille que ce soit là l’effet béni de ces pages sur tout chrétien entre les mains de qui elles pourraient tomber et qui ne posséderait pas encore l’assurance du salut !



  1. 1,0 et 1,1 C’est-à-dire « saints par appel [divin] ». (Trad.)
  2. Le terme salut a un sens très étendu dans les Écritures. Il embrasse la condition du pécheur qui croit, sous différents aspects et dans diverses circonstances. C’est pourquoi il est aussi très diversement appliqué. Et d’abord, si le pécheur croit au témoignage de Dieu concernant la rédemption accomplie par Son Fils, il reçoit « la fin de sa foi (c’est-à-dire l’objet pour lequel il a cru), à savoir le salut d’âmes » (1 Pier. 1, 9), « prêt à être révélé au dernier temps » (v. 5). Il est alors, dans le sens le plus strict, sauvé de la perdition ; il reçoit la rémission de ses péchés ; il est passé de la mort à la vie et ne viendra point en jugement. Étant ainsi agréé de Dieu, il a la perspective certaine d’être éternellement avec Lui ; et pendant son pèlerinage ici-bas, et en attendant d’être introduit en Sa présence, il est « gardé par la puissance de Dieu », et préservé de la crainte d’être accablé par les dangers, les difficultés, les épreuves ou les ennemis du dedans et du dehors. — Cette préservation est aussi appelée salut. « Car si, étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, beaucoup plutôt, ayant été réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (Rom. 5, 10). « Nous espérons dans le Dieu vivant, qui est le conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles » (1 Tim. 4, 10). Il est « lui-même le Sauveur du corps » (Éph. 5, 23). « Il peut sauver entièrement » (Héb. 7, 25). À la résurrection, lorsque le croyant est revêtu d’un corps spirituel et glorieux et qu’il est introduit dans le royaume préparé pour lui, son salut est consommé, car alors il est sauvé non seulement des œuvres de sa propre chair, des tentations du monde et de Satan, mais de la puissance du tombeau. — Cette condition éternelle est aussi spécialement appelée « salut » dans la Parole (Héb. 9, 28 ; 1 Pier. 1, 5 ; Apoc. 12, 10).